UP Jazz du 13 décembre 2017

Bonjour,

Comme annoncé, pour cette dernière de l’année civile, l’année scolaire elle continue et nous avons rendez-vous en 2018, nous ferons la part belle à deux natifs de San Francisco, Dave Brubeck – en fait né à Concord le 6 décembre 1920 – et Paul Desmond. Le premier, pianiste, a étudié avec Darius Milhaud – il a prénommé un de ses fils Darius, devenu lui aussi musiciens de jazz – et quelques autres. Il a été » souvent dénigré par la critique de jazz française qui le trouvait trop « raide » pour dire qu’il ne swinguait pas, qu’il n’avait pas le « feeling » du jazz, trop marqué par sa formation. Critiques qui ne savaient pas que Darius Milhaud avait été fortement influencé par le jazz, celui du début des années 1920, que Darius voulait réaliser une musique sauvage, dans l’air de ce temps de révolte.
Paul Desmond – né Breitenfeld, le 25 novembre 1924 – est associé à Dave. Il disait que le mec accoudé au piano de Brubeck, c’était lui. Nonchalance affectée, le son de son saxophone alto doit autant à Johnny Hodges – le saxophoniste alto de l’orchestre de Duke Ellington, un des inventeurs de l’alto avec Benny Carter, Willie Smith – qu’à Charlie Parker dont il fallait se séparer pour exister. Un son moelleux non dépourvu d’aspérités qui détonne sur des métriques étranges pour le jazz.
Ensemble, ils feront leurs premiers pas à San Francisco – nous en avons déjà parlé et écouté – pour s’émanciper à New York. Ils enregistrent pour Columbia en 1959, pour le même studio, une ancienne Église, qui accueille Miles Davis pour cet album mythique « Kind of Blue ». Pour Dave et Paul, ce sera « Time Out » lequel commence pat « Blue Rondo A La Turk » – tout est dans le titre, même le blues que Paul joue comme personne – et « Take Five », un composition qui rendra riche Paul Desmond. Comme le « Blue rondo » l’indique c’est la multiplication des métrique, 5/4, 4/4, 7/4 qui fait l’originalité de ces compositions. Difficile à jouer pour tous et toutes les musiciens-ne-s de 1959. Le travail est immense. Cet album est pourtant un succès. Paul surtout réussit à faire passer toutes ces découvertes comme évidentes. La décontraction apparente, qu’il tient de Lester Young la grande influence de tous les saxophonistes de la Côte Ouest, arrive à convaincre le public.
C’est un grand succès de cette année 1959 (voir « Le souffle bleu », C&F éditions).

L’un des grands succès du « crooner ».

Le building de la firme Capitol surnommé le building construit par Nat « King » Cole

Pour les « fêtes », pour qu’elles soient vraiment une fête, nous terminerons avec un chanteur qui redevient à la mode via Gregory Porter qui lui rend hommage, Nat « King » Cole.
A vous voir.
Nicolas Béniès.

Une froide chaleur

Le festival PAN une réussite.
Le trio O.R.B.I.T.

Ce soir, 8 décembre 2017, « La fermeture éclair » a connu un moment de grâce. C’est rare. Le trio O.R.B.I.T. était sur scène. Tom Rainey est un batteur qui sait remplir nos rêves de rythmes brisés alliés à une pulsation qui assure la continuité du propos. Le voir est un spectacle réjouissant. Les batteurs ne sont pas morts, tués par les percussions. Au plaisir des yeux qu’il ne faut pas bouder s’ajoute celui de l’oreille. Il sait se faire soliste tout en laissant croire qu’il accompagne.
Sébastien Boisseau, comme ses illustres prédécesseurs – ce soir, il m’a fait penser à Eddie Gomez et à quelques autres contrebassistes plus ou moins connus qui ont su se faire les hérauts d’un jazz qui s’est appelé libre – sait faire chanter la contrebasse ou la transformer en instrument rythmique capable de rivaliser avec la batterie tout en la faisant pleurer ou rire et même crier.
Stephan Oliva, le denier à se mettre en orbite, allie colère et émotions rentrées en une élégance du toucher qui donne à cet instrument la capacité de se transformer. C’est le troisième instrument percussif de ce trio pour permettre à chacun de s’envoler vers d’autres cieux. L’art de Stéphane tient dans l’éventail des possibilités qu’il laisse entrevoir pour en choisir une à un moment donné. Tous les styles sont convoqués à cette table où il ned manque aucun ingrédient. Intégrer Bill Evans, Cecil Taylor, Don Pullen, toutes celles, tous ceux qui ne viennent pas à l’esprit est un petit miracle.
Comment croire que ces trois là ne se voient pratiquement pas. Le batteur est à New York, le bassiste à Nantes et le pianiste à Montpellier… Ils donnent l’impression de se connaître de toute éternité, comme si le jazz venait juste d’abolir les distances.
Dans cet endroit voué à être détruit en 2018, le froid s’appliquait à se montrer envahissant. On pourrait même parler de harcèlement. Pourtant la chaleur de la musique envahissait les esprits ce pendant que les corps restaient quasi sans vie. Cet engourdissement a-t-il favorisé la réception d’une musicale original faite de composition de Stéphan ou de Sébastien dans des arrangements nouveaux dus à la plume de Stéphan.
CE concert, même dans le froid, avait le goût des grands étés, des grandes chaleurs sympathiques qui obligent le corps comme à l’esprit à devenir un peu liquides pour trouver de nouvelles portes d’entrée face à un monde qui semble ne connaître que la guerre pour régler ses problèmes.
Cette musique ne donne pas de leçons, elle ouvre le cœur et l’esprit. Une fois entendue, elle ne laisse provisoirement plus de place à d’autres.
Que le dernier groupe trouve aussi mes excuses. Je ne voulais pas rompre le charme. Ce charme là est devenu tellement rare que j’ai voulu le garder le plus longtemps possible.
Pour l’instant ce trio ne trouve pas de producteur…

Nicolas Béniès.

Festival PAN, le 8 décembre 2017

Un festival détonnant

Le festival PAN aura lieu en partenariat avec « La fermeture éclair », lieu où se produira le festival, quoi François Mitterrand, à Caen.
Il annonce ci-après les changements dans sa présentation. Avant, tous les mois, il proposait un groupe ou deux, désormais il se transforme en un festival d’un jour et ce, tus les trimestres.
Je suppose que les contraintes budgétaires ne sont pas étrangères à ces changements.
La programmation est alléchante. Le travail de programmation est bien fait. Trois groupes se partagent l’affiche

« Ciel mes bijoux » à 19 heures, un groupe à découvrir que j’avoue ne pas connaître…

Le clou, à mon avis, le trio O.R.B.I.T. à 20h30 avec le pianiste Stephan Oliva, dans la lignée de Bill Evans mais aussi influencé par Cecil Taylor, une sorte de synthèse de tous ces jazz conduite par une sensibilité à fleur de peau. Il fait passer un frisson par un jeu de piano fait de ruptures, de surprises dans une sorte de continuité étrange.
Si vous ne connaissez pas ce pianiste, il faut vous presser à la Fermeture éclair pour une mise en orbite garantie.

La soirée se terminera avec « April Fisches », prévu à 21h30

N’hésitez pas.

Nicolas BENIES

Le communiqué de PAN :

La saison du Collectif PAN change de formule !

Pour cette saison 17/18 la programmation sera trimestriel, pour chaque saison nous vous préparons une grosse soirée pour découvrir la variété du jazz; une en hiver, une au printemps et une en été. La première aura lieu le 8 décembre prochain avec au programme :

Ciel! Mes Bijoux! à 19h

Trio O.R.B.I.T à 20h30

April Fishes à 21h30

En Partenariat avec :

TARIFS :
10 € plein
7€ réduit
gratuit moins de 12 ans