UIA Économie du 20 novembre 2017

Bonjour,

Aujourd’hui le thème sera « L’endettement »

Comment se pose la question de l’endettement public ? Quel lien avec les déficits publics ? Faut-il rembourser la dette ?

Le monde de la finance souhaite, malgré les dictats du libéralisme – plus exactement des théories néo-classiques – que l’État, les collectivités territoriales s’endettent. Pourquoi ? Parce que c’est un placement sur.
Pourquoi les États se trouvent dépendants des marchés financiers ? Est-ce inéluctable ?

Pourquoi ne parle-t-on pas plus de l’endettement privé ?

Quelques questions auxquelles nous tenterons de répondre.

Lundi 17h Campus 2

Nicolas.

Illustrations du « Souffle de la révolte », avant première

Bonjour,
Puisque retard il y a, profitons pour publier quelques photos en référence à cette période qui va de la fin de la première guerre à 1939.

« Congo square, », la place du marché aux esclaves à la Nouvelle-Orléans. Sur cette place aussi, les tambours du vaudou et les danses le dimanche.

Un dessin pour rappeler le marché aux esclaves à la Nouvelle Orléans, à « Congo Square », une place qui sera aussi dévolue à la danse. Barbara Hambly dans les enquêtes de Benjamin Janvier, pianiste qui joue Mozart, Chopin et dont la sœur est prêtresse vaudou, raconte cette Nouvelle Orléans sous domination française jusqu’en 1830. Je cite souvent ses ouvrages parce qu’ils participent du travail de mémoire. Pour l’histoire littéraire Hambly écrit surtout des romans de science fiction. C’est dommage qu’elle n’ait pas continué. Elle pratique l’union des contraires avec une certaine dextérité.
Benjamin a été affranchi par son père blanc (et Français) qui lui a payé des études pour devenir médecin. Mais il est Noir noir et comme tel soumis à l’arbitraire de tous les Blancs. Il se balade avec ses papiers collés à la peau. Une préfiguration de l’après guerre de Sécession.

Un livre de photos qui entent toute la puanteur de cette guerre et des tranchées. Une coédition Gallimard/le ministère des Armées

Des photos provenant des archives du ministère des armées qui permettent de capter l’environnement des soldats, de ces jeunes gens partis la fleur au fusil et qui se retrouvent dans ces véritables trous à rats que sont les tranchées. la sortie c’est la mort assurée. Des milliers de jeunes gens y laisseront leur peau ou des membres et seront les handicapés, les « gueules cassées », de cet après guerre gagné par la folie de l’Âge du jazz.
Le sentiment de cette boucherie sue de ces photos.
Pas seulement les jeunes français mais aussi les Australiens, les Américains (plus tard), les régiments venant des colonies…
En 1917, les assassinats des déserteurs réels ou pas seront légions. « L’arrière », ceux qui ne se battent pas, abattront sans vergogne ces combattants atteints par l’inutilité d’une telle boucherie.

Pour le centenaire, Gallimard en coédition avec le Ministère de la Défense a voulu rendre vivants ces combattants étranges et étrangers.

« L’Inde dans la grande guerre », sous titré « Les Cipayes sur le front de l’Ouest » est un autre recueil de photos issu de la collaboration Gallimard et le Ministère de la Défense qui porte témoignange de l’engagement de ces troupes venus combattre pour la liberté, l’égalité et la liberté alors que, colonisés, ils étaient en butte à la répression dans leur pays par la puissance coloniale britannique. « La révolte des Cipayes » n’était pas si loin dans le temps. Dans les années 1860, ils s’étaient révoltés. Ces photos font état, comme le montre la couverture de la curiosité des Européens face à cette arrivée. Ils seront aussi dans les tranchées…
La même curiosité touchera les trouoes noires d’Afrique venues combattre et bien sur, le régiment d’infanterie conduit par James Europe.

Deux couvertures pour une période similaire. Claude Izner, dans cette nouvelle saga, nous plonge dan sle Paris des années 20 – exactement en 1921, après la grippe espagnole et la couverture du livre de Florence Martin sur Bessie Smith retrace les années « Minstrels » de l’impératrice du blues, dans les premières pages de cette bio superbe.

Bessie Smith dans sa plénitude, photo de Van Vechten reproduite dans le livre de Florence Martin, aux éditions Parenthèse, « Bessie Smith ».

Bessie Smith, à gauche et à droite. La couverture de la biographie de Bessie par Florence Martin (aux éditions Parenthèses) et de l’autre une photo extraite du même ouvrage pour voir deux facettes de l’impératrice du blues.
De son côté les deux sœurs réunies sous le pseudonyme de Claude Izner ont ouvert, avec « Le pas du renard » – autrement dit le « fox trot » – une nouvelle saga qui se déroule désormais dans le Paris de l’année 1921. (voir ma chronique). Intéressant d’entendre la musique à laquelle fait référence Izner, celle des comédies musicales de Broadway, et les blues de Bessie. Le blanc et le noir se marient en s’opposant.
Comme un résumé de mon livre, « Le souffle de la révolte », qui s’appuie sur les publications – de disques en l’occurrence) tout en tenant compte des dates d’enregistrement pour indiquer les musiques écoutées par rapport à celles ignorées qui seront découvertes plus tard. Pour parler comme Sartre, il s’agit ici de décrire « l’esthétique de l’auditeur » et non pas d’une histoire objective qui s’appuie sur les enregistrements. Ainsi s’explique la confusion sartrienne dans « La Nausée » entre le Noir et le Blanc – la Noire et la Blanche – à propos de Sophie Tucker et du compositeur de « Some Of these days », chanson enregistrée sur 78 tours – élément très important dans cette « esthétique de l’auditeur » lorsqu’il s’agit de jazz.
Nicolas Béniès.

JAZZ, un trio

Plénitude.

Un trio, rien qu’un trio pour s’approprier les compositions de Billy Strayhorn, compagnon et alter ego du Duke à son entrée dans l’orchestre en 1938. Billy Strayhorn est un maître du spleen, une sorte de Baudelaire du jazz. Ses compositions mélancoliques, quel que soit le tempo, parlent d’un monde jamais trouvé, de ce monde qui se perd dans la ligne de l’infini.
Un trio, disais-je, alors qu’à l’origine, la plume de Strayhorn est au service de l’orchestre et de sa palette faite de musiciens spécifiques, autant de prima donna. Lire la suite

Mémoire vivante.

Au revoir, Fats Domino.

« Fats » Domino, Antoine Dominique pour l’état civil, né le 26 février 1928 à la Nouvelle-Orléans nous quittés le 24 octobre 2017 après avoir résisté vaillamment à Katrina qui n’a pas eu raison ni de lui ni de son piano. Il a été » obligé, comme beaucoup d’habitants de cette ville, de reconstruire. Mais la résistance a son prix.
Il fallait bien un monument pour lui rendre cette vie qu’il savait communiquer dans chacun de ses concerts où il ne craignait de « faire le spectacle » en poussant son piano avec son ventre. Frémeaux l’a fait avec ce coffret de 6 CD couvrant les années 1949 à 1962, les années de gloire.
Le label Imperial Records créé par Lew Chudd refusait tous les classements et voulaient se tourner vers toutes les musiques particulièrement celles appelées aujourd’hui « musiques du monde. Grâce au trompettiste, arrangeur, chef d’orchestre Dave Bartholomew, Chudd allait découvrir Fats Domino qu’il allait abondamment enregistrer dés 1950. Il faut dire, comme le rappelle Bruno Blum dans le livret, que le show de Fats Domino était déjà au point.
En même temps, 1947 voit la création de la première radio « noire » qui diffusait, à la Nouvelle Orléans, ces musiques étranges qui faisaient danser. Lire la suite

Université populaire jazz, Côte à Côte

Bonjour,

Cette année donc comme annoncé dans le livret et lors de la première session, nous allons naviguer de la Côte Ouest vers la Côte Est. Il nous faudra sans doute un voyage d’au moins deux ans. Un voyage au long cours donc avec des étapes non prévues à l’avance. Ne pas craindre donc de faire des détours, des escales bizarres, d’improviser pour découvrir la musique, les musiques de ces villes américaines.

Ce 8 novembre 2017 pour la séance inaugurale – u peu gâchée par des problèmes de parking – nous avons commencé par rendre un hommage à « Fats » Domino. Antoine Dominique Domino Jr est né le 26 février 1928 à La Nouvelle-Orléans et mort le 24 octobre 2017 à Harvey (Louisiane) soit dans sa 90e année. Pas mal pour ce survivant de Katrina (2005). Durant l’ouragan, son club avait été détruit et les sauveteurs l’avaient retrouvé flottant dans l’eau. Les plaisanteries furent nombreuses sur son embonpoint qui lui avait permis de flotter même si cette version ne résiste pas à l’analyse. Même si il réussissait sur scène à pousser son piano avec son ventre proéminent tout en continuant à jouer. Le boogie woogie était, bien sur, son rythme de base avec une once – un peu plus peut être – d’afrocubanisme et tous les rythmes dont ce port regorge. Il faut dire qu’il bénéficiait du soutien d’un autre grand musiciens de la Nouvelle Orléans, trompettiste, Dave Bartholomew, né le 24 décembre 1920. Ci contre représenté en 1977. Ils sont à l’origine d’un son particulier qui deviendra celui de la Nouvelle-Orléans, enfin en partie et celui des débuts du rock, avant que le rock soit le rock.. Dave a multiplié les collaborations et les genres musicaux. C’est un des grands arrangeurs représentatifs de la Nouvelle-Orléans des années 50. Fats comme lui ont su surfer sur le rock sans abandonner leur singularité, enfin pas toujours.

Trois extraits de cette œuvre datant des premiers temps.
« The Fat man » (1949), titre d’un feuilleton radiophonique basé sur une nouvelle de Dashiell Hammett, un succès immédiat; « Mardi Gras in New Orleans »(10 novembre 1952) et « Hey La-Bas » (1950) le tout sur le label Imperial.



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Compléments ou prolégomènes du « souffle de la révolte » à paraître

A la fin du 19e début du 20e, les partitions représentent l’essentiel des revenus des compositeurs. Il faudra attendre 1917 et le 78 tours pour que se vende la musique enregistrée.

Le ragtime est le premier nom du jazz. Tout est ragtime avant les années 1920 pour qualifier la musique syncopée. La syncope, venue d’Afrique, est un élément clé de différenciation entre la musique dite classique et le futur jazz. On l’entend bien chez Scott Joplin. A l’époque, il faut dire que les compositeurs font éditer leurs partitions qu’ils vendent via les maisons d’édition que, souvent, ils créent. Ce sera le cas pour W.C. Handy, trompettiste et premier éditeur de blues.
Su le côté droit deux photos de Scott Joplin que l’on trouve partout – là c’est la pochette d’un album « Jazz Anthology » -, compositeur d’opéras dont les partitions ont été retrouvées tardivement, dans les années 1970. Pour les amateur-e-s de coïncidences, Scott Joplin meurt le 11 avril 1917 en même temps que paraît le premier disque de jazz, de l’Original Dixieland Jass (sic) Band enregistré, ce 78 tours, le 26 février 1917. La date de parution, initialement prévue en mars fut retardée en avril.

« The Entertainer », de et par Scott Joplin

Thomas « Fats » Waller, le plus grand des pianistes « stride » dont le fondateur fut James P. Johnson. Le « stride » est le style particulier des pianistes de Harlem, de New York de manière générale. Les premiers enregistrements de James P. Johnson datent de 1921. Sa composition la plus célèbre, « Carolina Shout », a été reprise par Waller. « Fats » Waller fut aussi le professeur de « Count » Basie.
Reproduite ci-contre la couverture du livre que Alyn Shipton, producteur à la BBC, a consacré à Fats Waller. Le titre, « The Cherful little Earful » pourrait se traduire par le bon vivant un peu critique et c’est pas mal vu. L’aspect débonnaire de Thomas cache une critique de cette société raciste. Il la tourne en dérision et arrive, comme tout bon humoriste à faire rire. L’angoisse n’est jamais absente de ce rire.

Carolina Shout de et par James P. Johnson, enregistrement de 1921

« Handful of Keys » de et par Fats Waller (1929)

A suivre

Nicolas Béniès.

Jazz ou pas ? A vous de voir. Claudia Solal et Benjamin Moussay posent la question.

Beurré ?

« Butter in my Brain » est un titre qui ne peut qu’interroger. Fernand Raynaud aurait dit « C’est étudier pour », bien évidemment. Un titre original introduit à un monde bizarre, étrange, onirique. Si on se risque à une traduction pour épaissir le mystère, on trouve littéralement « du beurre dans le cerveau ». Pour graisser les rouages d’un muscle le plus mystérieux de notre anatomie. Il en a besoin. La communication dégouline, la publicité envahit les neurones, la place et la plasticité manquent pour de nouvelles visions, de nouveaux paysages. To butter veut dire aussi « passer de la pommade à quelqu’un ». Faudrait-il donc passer de la pommade à notre cerveau pour lui demander d’avoir l’obligeance de s’ouvrir à des expériences inédites ? Lire la suite

Jazz. Retrouver Ben Webster


Un souffle brutalement amoureux

Qui écoute encore Benjamin Francis Webster ? Le saxophoniste ténor a d’abord appris le violon pour jouer du piano dés l’âge de 11 ans. Il nous reste un enregistrement qui ne nous dit rien de Ben Webster. Il passera au saxophone sous l’égide Budd Johnson après avoir entendu Frankie Trumbauer qui influença tous les saxophonistes à l’exception, peut-être, de Coleman Hawkins. Sa reconnaissance date de son entrée à la fin des années trente dans l’orchestre de Duke Ellington, en même temps que le libérateur de la contrebasse Jimmy Blanton et du compositeur Billy Strayhorn. Duke était ainsi paré pour réaliser ses compositions marquées du sceau du génie.
Ben Webster fait partie de la cohorte qui inventa le saxophone ténor dans le jour. Un trio, Coleman Hawkins le précurseur, Lester Young deuxième inventeur et Ben. Comme les trois mousquetaires, il faut rajouter d’Artagnan en l’occurrence Frankie Trumbauer déjà cité, compagnon de Bix Beiderbecke. Bix et Tram n’ont pas été reconnus comme des références à part entière par les critiques alors que les musicien-ne-s ne tarissaient pas d’éloges sur eux. Lire la suite

Compléments au « Souffle de la révolte »

Un retard.

La parution du « Souffle de la révolte » est retardé. Les délis sont plus logns que prévus. Pour faire attendre je vous propose quelques spots, photos et musiques.

Reproductions de « Blind » Lemon Jefferson (coin gauche), de Charley Patton (en haut à droite), Bessie Smith (en bas à droite) et au milieu des reproductions de 78 tours dont « Saint Louis Blues » enregistré par Bessie Smith en 1925 avec Louis Armstrong comme accompagnateur. C’est elle qui, à l’époque, est la plus connue. Louis est en train de faire ses premières armes à New York dans l’orchestre de Fletcher Henderson. Sur les instances de la pianiste du King Oliver Creole Jazz Band, Lil Hardin, il quitte l’orchestre à regret. Lil deviendra la deuxième Madame Armstrong et restera liée à Satchmo au-delà de son divorce. Elle restera à Chicago. Comme pianiste, arrangeure et vocaliste, elle aura une très grande influence. (Comme d’habitude, il faut cliquer sur la photo pour la voir en entier)

Saint Louis Blues, Bessie Smith avec Louis, 1925, Porter Granger est à l’harmonium.

Il faut souligner, une fois encore, que ces enregistrements sont uniquement destinés au public Noir sous le nom de « Race Series ». Ils ne sont pas diffusés. En France particulièrement ils ne sont jamais cités parce qu’inconnus.

Une photo publicitaire de Bix Beiderbecke dont l’influence a été longtemps sous estimée. Pourtant Miles Davis comme Chet Baker ont reconnu que ce style leur avait ouvert d’autres portes.
Bix s’est aussi reconnu dans les compositions de Maurice Ravel dont témoigne son « In the Mist », dans le brouillard, une sorte de définition de son monde un peu brouillé par le Moonshine, le mauvais alcool de contrebande qui le fera mourir à 28 ans. Il jouera « In A Mist » au piano et non pas au cornet. Il est l’un des premiers à construire un solo de manière à raconter une histoire et non pas à associer des morceaux de phrases entendues ici ou là comme le faisaient la plupart des jazzmen de son temps.

« In A Mist » (titré parfois « Bixology »)

Cette photo parue dans le livre, recueil de souvenirs revus et non corrigés, « Jazzmen » est reprise dans tous les livres sur le jazz des origines. C’est tout ce qui reste de « Buddy » Bolden et de son groupe. Les noms sont indiqués en légende. Cette photo a été reproduite « l’envers » dans le livre précité. Du coup, elle a fait l’objet d’intenses spéculations dénuées de tout fondement mais favorisant la légende. C’est l’essentiel. Donald Marquis, dans le livre déjà cité dans un autre article, « Buddy Bolden, le premier musicien de jazz » (Denoël pour la traduction française), revient sur cette photo. Il en propose une seconde

avec les signatures de ces musiciens pour donner de la chair à cette photo historique. Il n’existe malheureusement pas d’autres études du même genre pour les autres villes américaines. Il devient évident que le jazz, comme le blues ou le gospel n’est pas né uniquement à la Nouvelle-Orléans.

Trois évocations de Buddy Bolden
Celle de Jelly Roll Morton en 1939, avec Sidney Bechet

Celle de « Baby » Dodds, batteur, en 1946 avec Albert Nicholas à la clarinette.

Et… Nina Simone

Nicolas Béniès
(à suivre)