Le coin du polar

Un nouveau – nouvelle – Détective.

Annelie Wendeberg, née es Allemagne de l’Est, est microbiologiste. Elle se sert de sa matière pour construire des romans policiers qui pourraient s’intituler « scientifiques », comme il en est historique. Elle réunit les deux caractéristiques situant son environnement dans les années de règne de la Reine Victoria, fin du 19e siècle.
Elle décrit la manière de construire des vaccins, ceux du choléra et du tétanos en l’occurrence dans cette Grande-Bretagne victorienne. La structure de cette société ne reconnaît pas aux femmes le droit d’être médecin. Anna Kronberg, notre détective, est obligée de se transformer en Anton Kronberg, le prénom de son père, pour pouvoir exercer son art. Lire la suite

Le coin du polar


Visite du nouveau 36 quai des orfèvres…

Le siège de la Police Judiciaire à Paris est un lieu mythique, rempli de toutes ces histoires de policiers et de truands, plus ou moins légendaires à commencer par Vidocq créateur de cette police après avoir été un truand, un lieu aussi agréable avec vue sur la Seine, le Tribunal et le quartier latin. Cette année 2017 verra la fin du « 36 » pour un transfert dans la ZAC de Batignolles, dans le 17e arrondissement. Un changement difficile pour tous les personnels. A voir les photos, le bâtiment est fait d’un grand rectangle en forme d’un Titanic et d’une structure ressemblant à trois voiles allant de la plus petite en haut à la plus grande en bas. Il ne donne pas l’impression de respecter les lois de l’équilibre ou, plus exactement, d’un équilibre flottant comme dans un tableau de la peinture abstraite. Sous un autre angle il prend les traits d’une forteresse qui se veut imprenable, un petit air de château fort stylisé. Lire la suite

Le coin du polar

Au cœur de New York

La cathédrale Saint-Patrick est un curieux monument, réplique d’une Eglise de la vieille Irlande du côté du Rockefeller Center, en plein Manhattan au milieu des gratte-ciel qui la surplombent. A Noël, elle fait le plein de curieux et de croyants. C’est dans ce cadre et à cette période que Stéphanie Pintoff situe son « Preneur d’otages » pour un thriller étrange fait de secrets qui relient Eve Rossi, l’agent profileuse du FBI et le preneur d’otages sur fond des effets de la guerre en Afghanistan ou en Irak. En bonne raconteuse d’histoire, elle égrène les révélations et les personnages qui s’agglutinent autour d’elle. Un retournement final à la fois attendu et retors avec ce qu’il faut de « bavures » nécessaires. Une sorte de description des Etats-Unis d’aujourd’hui, de cette folie paranoïaque, de cette colère qui ne trouve pas de débouchés qui se sont vues à l’œuvre avec l’élection de Trump.

Jeux de la vie et jeux d’échecs

Ingrid Astier s’est décidée à se pencher, sans tomber, sur la « Haute Voltige », titre de son dernier roman où passe une pléiade de personnages – elle les présente à la fin – pour répondre à une interrogation centrale qui agite autant le flic, Suarez, que le personnage principal, Ranko, « Qu’est ce que vivre ? » qui passe par comment se sentir vivant. Par le jeu d’échecs jusqu’au mat final ou le pat ? Les noms des personnages sont à clé. Passe un Mesplède – spécialiste du polar – ou d’autres, un petit jeu supplémentaire pour ce gros volume qui est aussi une sorte de « road movie » européen. Elle s’est laissée porter par son imagination. Une manière de se sortir de la poussière qui envahit notre monde. En plus un bonheur d’écriture pour une histoire d’amour impossible qui se termine mal…

« Être ou ne pas Être »

Le Barde, William Shakespeare, est au cœur de cette intrigue se situant dans les derniers moments de vie de la reine Elisabeth, première du nom. Nous sommes à Londres en 1603 et deux comédiens interprétant des ambassadeurs danois dans « Hamlet », sont assassinés. Pourquoi ? Qui est visé ? Les comédiens ou les ambassadeurs aussi présent lors de cette représentation ? « La conspiration du Globe » est la deuxième aventure du capitaine Kassov, Hongrois, ici accompagné de son neveu Mattheus. Le complot n’est pas la partie la plus intéressante. Il faut prêter attention aux descriptions des sortilèges commandés par Shakespeare pour faire apparaître les spectres dont il a besoin pour rendre crédibles les délires de Hamlet. Comme de son théâtre, celui du Globe. Une leçon d’histoire de cet art étrange…
Nicolas Béniès
« Preneur d’otages », Stéphanie Pintoff, traduit par Maxime Shelledy, Mercure Noir ; « Haute Voltige », Ingrid Astier, Série Noire/Gallimard ; « La conspiration du Globe », Thierry Bourcy et François-Henri Soulié, 10/18/Grands détectives.

Le coin du polar.

Un monde barbare

Un monde à feu et à sang
2 mai 2014, Odessa, une opération commando, un dérapage ? Des morts, entre quarante et plus de deux cents… Que s’est-il passé ? Qui a commandité des assassinats ? Ces questions restent, pour l’instant sans réponse. Ces faits réels servent de décors à cette enquête étrange d’un jeune journaliste Web au journal belge « Le Soir ». Fred, au passé douloureux qu’il cherche à transcender, reçoit un coup de téléphone…d’un mort. Sa volonté de savoir le conduira à Odessa pour offrir une solution à l’énigme… et résoudre ses problèmes…
Malgré une écriture un peu relâchée et une résolution pas assez travaillée, « Zanzara » – moustique en italien – se lit d’une traite. Lire la suite

Polar

Polar et Histoire.

Ariana Franklin – morte en 2011 à 78 ans – nous projette, par le biais de la traduction française des aventures de sa jeune « médecin légiste », Adelia Aguilar, dans le royaume de Henri II Plantagenet qui n’en finit pas de guerroyer pour préserver son unité. En 1176, au moment où commence la troisième aventure de cette jeune femme « qui fait parler les morts », il est au pays de Galles pour réduire la rébellion. Il a besoin de prouver que Arthur – celui des chevaliers de la table ronde – est bien mort pour éviter les superstitions qui alimentent les révoltes contre son pouvoir.
L’Abbaye de Glastonbury, associée à la légendaire Avalon du roi Arthur, vient de subir un incendie et on a retrouvé les cadavres d’un couple qui pourrait être Arthur et la reine Guenièvre. De nouveau, Adelia est sollicitée par Henri pour émettre une hypothèse sur l’identité du couple. Elle est en compagnie de son fidèle Maure qui fait semblant, pour éviter les accusations de « sorcière », d’être le médecin et elle retrouve, comme à chaque fois, le père de sa fille, l’évêque Rowley. Il lui faudra découvrir « Le secret des tombes » et on verra que le pluriel s’impose. Lire la suite

Polar, Qui mène l’enquête : le tueur ou la police ?

Un tueur en série sympathique.

Kate Watterson est une auteure originale. Elle nous met face aux conséquences de l’éducation, de la formation de ces enfants, orphelins, placés en famille d’accueil. Le meurtrier « en série » – parce qu’il tue plusieurs fois mais pour la même raison – est présenté comme un justifier. On le serait à moins. Un pasteur pédophile et d’autres maltraitances dans ces familles « propres sur elles ». Lire la suite

Polar, Promenade dans Paris, 1944

« L’affaire Petiot » revue et corrigée.

Jean-Pierre de Lucovich poursuit son investigation du Paris de la guerre. « Satan habite au 21 » fait clairement référence aux crimes de Marcel Petiot. Le 21 de la rue Lesueur était un petit château aménagé par Petiot pour se débarrasser de ses victimes, attirés là par la perspective d’un voyage vers l’Argentine pour fuir les nazis et la milice. Petiot, un as du déguisement, a longtemps échappé – comme son trésor – à toutes les polices. Il se fera prendre en 1946, victime du péché d’orgueil, et guillotiné malgré une plaidoirie de 6 heures de Maître René Floriot – sa carrière commence -, le 25 mai 1946. Beaucoup de zones d’ombre restent. Le trésor de Petiot, sa fuite, ses identités successives… De quoi broder pour présenter des hypothèses. Qui portent même sur la mort de Petiot… Lire la suite

Polar, Pour commencer l’année 2017

Le retour de Lacenaire.

« Les enfants du Paradis » doit vous servir de boussole. Le film de Prévert et Carné mettait en scène ce Paris des années Louis-Philippe, ce roi-bourgeois de nos livres d’Histoire caricaturé par Daumier sous forme de poire, un roi qui maniait aussi la répression contre les Républicains et les anarchistes. Le film racontait les saltimbanques mais présentait aussi ce criminel étrange aux mœurs révoltantes pour les biens pensants, Lacenaire, poète et écrivain. Lire la suite

Polar

Écrire oui, mais pour qui ?

Adam Langer le contrat salingerAdam Langer est à la fois l’auteur et le personnage principal de ce roman, « Le contrat Salinger » qui transporte des interrogations sur les conséquences de l’écriture, surtout lorsqu’il s’agit de vraies-fausses ou fausses-vraies autobiographies. Pour comprendre le titre, il faut savoir que J.D. Salinger est un auteur qui a suscité l’émoi aux Etats-Unis. Auteur de « L’attrape-cœurs », un grand roman sur l’adolescence, il s’est refusé pendant une grande partie de sa vie à publier le moindre texte et à éviter toutes les interviews. On dit qu’il a vécu en reclus.
Adam Langer risque une hypothétique explication, Salinger aurait continué à écrire pour une seule personne avec l’impossibilité contractuelle de le faire savoir. Il met en, scène un autre écrivain, un auteur de polar cette fois, Conner Joyce, victime du même type de contrat. Sauf que son roman sera plus vrai que vrai. Le payeur est aussi un cambrioleur qui se sert des descriptions du romancier pour effectuer le casse. Qui réussit. Tenu au secret, Conner ne peut informer personne même pas sa propre femme qui part…
Adam Langer qui a écrit une autobiographie qui l’a fâchée avec sa mère et une grande partie de sa famille se demande si ce n’est pas LA solution, écrire – en étant payé – pour une seule personne…
Une sorte de négation de la fiction qui laisse un peu sceptique sur l’avenir de la littérature… J’avoue ma déception devant cette conclusion…
Nicolas Béniès.
« Le contrat Salinger », Adam Langer, traduit par Émile Didier, 10/18

Le coin du polar

La Chine, l’amour et le polar

Peter May vient de Glascow et vit aujourd’hui dans le Lot. A la fin du siècle dernier, il s’était lancé dans une « série chinoise » mettant en scène un couple étrange aux yeux de leurs deux communautés, Margareth Campbell, américaine, médecin légiste et Li Yan, commissaire de police à Pékin. Tout les sépare saut l’amour et les enquêtes policières. Peter May a réussi à unir l’information sur la société chinoise, les préjugés des deux côtés et le roman policier. Une grande réussite que ces 6 enquêtes Peter May La série chinoise 1menées conjointement, mêlant astucieusement vie privée et enquêtes. Les éditions du Rouergue ont décidé de les rééditer en deux Peter May la série chinoise 2forts volumes. C’est un plaisir de les retrouver plongés chacun leur tour dans l’univers de l’autre. Pour appréhender les enfermements dus au rejet de l’Autre simplement parce qu’il est Autre. Peter May participe à une lutte intransigeante contre tous les rejets sans fondements. L’ironie en plus et le rire, le propre de l’être humain, pour dialectiquement réunir les négations. La fin n’est pas réjouissante mais juste. A lire de toute urgence. Lire la suite