Les curiosités du système judiciaire américain.

Polar et revendications des Africains-Américains

Attica Locke a choisi le roman pour exprimer la réalité de la société américaine d’aujourd’hui qui a permis à Donald Trump de remporter l’élection présidentielle en 2016 alors que lui-même se donnait perdant. Les déchirements, les éclatements, le racisme via des groupes fascistes qui reprennent vie comme les « suprématistes » de la race blanche. Les « bavures » assassines des policiers dans les villes américaines ont donné naissance à des nouveaux mouvements profonds de révolte nourris des « tweets » de Trump qui blessent toutes les sensibilités et légitiment toutes les violences des extrêmes droites. Lire la suite

Le coin du polar


Vrai-faux polar.

« La légende de Bruno et d’Adèle », titre mystérieux, se situe à Tel-Aviv. Le commissaire Yona Merlin – une référence au roi Arthur ? – enquête sur une série de meurtres signés par des graffitis qui sont, apprend-on via une jeune fille de 17 ans, Zoé, extraits de l’œuvre de Bruno Schulz, un des grands auteurs sous estimés, assassiné en 1942. Les victimes expiatoires d’une même famille payent les turpitudes d’un ancêtre. Les meurtriers sont à la fois décalés et attachants dans la grande ville administrative d’Israël. Amir Gutfreund (1963-2015), auteur de « Les gens indispensables ne meurt jamais » (Folio), décrit la ville ignorée, celle des quartiers défavorisés comme on dit, qui recèlent des trésors d’intelligence pour interroger les politiques gouvernementales. Lire la suite

Le coin du polar

Un coin du polar en forme de voyages dans les temps et les espaces, de l’Antiquité romaine par un Texan à notre actualité française violente dans le monde de la pègre où n’existe aucun lien y compris familiaux en passant par un Boston qui n’est pas celui de Dennis Lehane et un premier polar grec. Lire la suite

Polar étrange venu d’ailleurs

Déprime.

Le commissaire Winter, Erik de son prénom, va mal. Un symptôme : il n’écoute plus Coltrane mais… Michael Bolton qu’il cite à toute occasion. Il est séparé de sa famille. Après deux ans d’arrêt, il a repris du service. Commissaire il est, commissaire il reste. On se souvient qu’il a failli mourir au fond d’une piscine et il a été sauvé in extremis. Il lui reste des acouphènes et une profonde déprime qu’il soigne, comme tout le monde, à coups de whiskys. Il a besoin d’un psy lui dit Angela, sa compagne, de l’Espagne où elle est restée avec les filles qui fréquentent l’école espagnole et ne veulent pas revenir à Göteborg où il fait froid et noir pendant une grande partie de l’année. Lire la suite

Le coin du polar

Deux grands détectives

Viviane Moore est attirée par ce milieu du 16e siècle en France qui voit fleurir les alchimistes à la recherche de la pierre philosophale. Ils feront avancer la science sans jamais la trouver. Dans cette série, le détective, Jean du Moncel, commissaire, mène l’enquête pour trouver « Le souffleur de cendres ». L’explication du titre se trouve dans le résultat de l’intrigue. Une évocation du Paris de 1587, de la Cour des Miracles et de la place des femmes via Sybille obligée de se transformer en homme pour exercer sa profession. Lire la suite

Le coin du polar (2)

Mélanges de temps.

Jean d’Aillon a eu une idée qu’il faut bien qualifier d’intelligente : se servir des intrigues de Conan Doyle et les projette en plein 15e siècle, en 1422 par exemple pour ce recueil de nouvelles qui se déroule pendant la guerre de 100 ans entre Armagnac et Bourguignon. Paris souffre de la disette et presque de la famine. Rien ne va plus. Dans ce contexte qui a vu Jeanne d’Arc faire couronner Charles VII, puis sa condamnation comme « sorcière » par l’évêque Cauchon, des intrigues se nouent. Peu de traces dans les histoires du temps mais suffisantes pour susciter l’imagination de l’auteur capable de « coller » les enquêtes de Sherlock Holmes. Lire la suite

Le coin du polar.

Guerre civile

A partir des expériences des Zadistes – de ZAD, zone à défendre -, Jérôme Camut et Nathalie Hug construisent « Islanova », un pays sis du côté de l’île d’Oléron gardé par une intelligence artificielle et surveillé par des drones. Les habitant-e-s se nomment les « 12-10 », jour où Colomb a découvert l’Amérique, et prêtent serment pour faire partie de l’armée du 12 octobre. Une sorte de gourou, Vertigo, conduit ce petit monde jusqu’à son assassinat par un mercenaire. A partir de là, la guerre civile commence. L’Etat, le gouvernement, ne peut permettre l’éclatement du territoire national… Le tout s’organise dans un projet d’alimentation en eau de tout le continent africain. Lire la suite

Polar historique

Londres, 1381.

Paul Doherty est une usine à polar historique. Il plonge dans toutes les périodes de l’Histoire de ce Moyen Age anglais. « Le Héraut de l’Enfer », dernier en date, décrit une fois encore la révolte à Londres des « Hommes Justes » contre le pouvoir de Jean de Gand qui détient la réalité du pouvoir alors que Richard II n’avait que 14 ans. Les complots sont nombreux et les hommes au pouvoir veulent utiliser la révolte populaire qu’ils ont eux-mêmes provoquée par leur politique. Lire la suite

Le coin du polar

Un polar historique
Claude Izner poursuit sa nouvelle saga sur la France du jazz et de la chanson dans cette année 1921. Jeremy Nelson, jeune pianiste de jazz, Américain et Français, continue à chercher fortune et sa famille. Entre Londres et Paris, il enquête. « La femme au serpent » est le deuxième de la série – le premier, « Le pas du renard » est réédité en poche – pour une plongée dans les mondes du spectacle via une série de meurtres dont le point commun est d’être signé d’un portrait de Simonetta Vespucci, modèle de Botticelli, et d’une vipère. Une plongée dans les mondes du spectacle et une relecture des grands compositeurs américains comme français. Clément Doucet et Jean Wiener, un duo de pianos entre musiques contemporaines et jazz (ragtime souvent pour l’époque)… Le monde des années folles, des Roaring Twenties comme si on y était…

Barbaries libérales.
Pour faire de l’argent, tout est permis ? Le sordide, le barbare en tête ? Elsa Marpeau, dans « Les corps brisés », nous enduit de cette mort qui fait semblant d’être vivante. Et elle sait nous y enfoncer. Sarah, coureuse de rallye est victime d’un accident. Elle est sur un fauteuil roulant et a perdu l’espoir de vivre. Notre société n’aime pas les losers et ne fait rien pour permettre aux handicapé-e-s de trouver une nouvelle place. Elle préfère les ignorer… Sarah intègre un centre perdu en haute montagne pour retrouver ses capacités mentales, pour lutter. La peinture de sa compagne de chambre la sauvera de la barbarie. La résistance, le combat contre l’horreur, la solidarité participent de l’espérance.

Aoste, Italie.
Vivre à Aoste ne rend pas de bonne humeur. Le vice-préfet – nouveau nom de commissaire de police en Italie – Rocco Schiavone en est un bon exemple. Mauvaise humeur qui s’alimente d’un meurtre : une femme retrouvée pendue dans son appartement. L’enquête fait découvrir le quotidien de ses habitant-e-s mêlée de réflexions sur l’Italie contemporaine et les secrets nécessaires à toute bonne intrigue. Antonio Manzini dans « Froid comme la mort » sait mêler le noir de la nuit, la poésie et le temps qui sait être relatif sous sa plume. Le tout pimenté d’humour et d’ironie, de fantômes qui empêchent de dormir et de beaucoup d’autres choses qui forment la trame de ce qu’il est convenu d’appeler notre vie quotidienne. Faussement décontracté, le style et le vice-préfet pour déguiser le désespoir.

La Suède, pays fantasmagorique.
Une histoire surnaturelle qui mêle mythologie chinoise et autres croyances de l’au-delà pour dénoncer, comme Elsa Marpeau, l’utilisation mercantile de la souffrance. La révolte perce via ce personnage de mère et de soldate, le lieutenant Jasmine Pascal-Anderson. La guerre n’est pas seulement celle des champs de bataille – ici le Kosovo – mais aussi celle du « Playground » – titre de ce thriller » -, des sites qui alimentent le cauchemar de l’ultra violence pour « faire » de l’argent encore et encore. L’espoir a-t-il perdu toute actualité ? Le libéralisme est un profondément liberticide nous dit Lars Kepler…

Nicolas Béniès.
« La femme au serpent », Claude Izner, 10/18 ; « Les corps brisés », Elsa Marpeau, Série Noire/Gallimard – son précédent, « Et ils oublieront la colère » est réédité en Folio/policier- ; « Froid comme la mort », Antonio Manzini, traduit par Anaïs Bouteille-Bokobza, Folio/Policier ; « Playground », Lars Kepler, traduit par Lena Grumbach, Actes Sud.

Le coin du polar

Un nouveau – nouvelle – Détective.

Annelie Wendeberg, née es Allemagne de l’Est, est microbiologiste. Elle se sert de sa matière pour construire des romans policiers qui pourraient s’intituler « scientifiques », comme il en est historique. Elle réunit les deux caractéristiques situant son environnement dans les années de règne de la Reine Victoria, fin du 19e siècle.
Elle décrit la manière de construire des vaccins, ceux du choléra et du tétanos en l’occurrence dans cette Grande-Bretagne victorienne. La structure de cette société ne reconnaît pas aux femmes le droit d’être médecin. Anna Kronberg, notre détective, est obligée de se transformer en Anton Kronberg, le prénom de son père, pour pouvoir exercer son art. Lire la suite