Polar historique

La guerre, la grande virtuelle, celle de « 100 ans »

Les livres d’Histoire de l’enfance de Jean d’Aillon – né en 1948 – parlaient de cette guerre sans fin opposant les Français aux Anglais. En fait de guerre de 100 ans, cette guerre a été marquée par les questions de succession entre des dirigeants de la même engeance, des mêmes familles. Ces manuels d’un temps qui apparaît désormais ancien pratiquaient une confusion entre les Angles, habitants de l’Angleterre, et les Britanniques tels qu’ils sont aujourd’hui. Le Royaume-Uni est une construction étatique réunissant différentes formations sociales. Dans le contexte actuel, cette alliance est en train d’éclater. Les tendances centrifuges rendent visibles les réalités du passé. Lire la suite

20 ans et toutes ses envies

Le collectif Jazz de Basse-Normandie s’étend.

aff 1MJN16 33x33La fusion des deux Normandie a déjà un effet. Le collectif Jazz ex Basse Normandie devient le Collectif Jazz en Normandie. Toute la nouvelle Région est désormais susceptible d’être touchée par la grâce du jazz. Enfin, pas tout à fait. Pas encore. Mais la route est tracée. Pour l’heure, le jazz se baladera surtout entre la Manche, le Calvados et l’Orne pour ce mois de mars 2016 avec l’objectif de fédérer d’autres réseaux que Focus Jazz pour alimenter les lieux du jazz.
Suivez le calendrier que vous pouvez consulter en cliquant sur le lien ci-dessous pour découvrir à la fois les musicien(ne)s officiant dans l’ex-Basse-Normandie, sans oublier le « Petit Label » qui enregistre tous ces musiciens et beaucoup d’autres et les « invités » dont Bernard Lubat renouant son histoire d’amour avec la batterie et l’ONJ – Orchestre national de Jazz – en clôture de ce mois de jazz.
Nicolas Béniès.

CP 1MJN 2016

Jazz, Louis Armstrong, 1962

Un concert à Paris (Olympia) le 24 avril 1962.

Louis Armstrong à ParisLouis Armstrong transporte son « All Stars » de villes en villes, de pays en pays depuis la fin des années 1940. Partout, il est accueilli comme un roi. Ce qu’il est sans conteste. Roi des Zulus que la Nouvelle Orléans élit tous les mardi gras, roi de ce royaume superbe et inconnu, le jazz. Louis est le génie tutélaire du jazz à n’en pas douter. La folle créativité fut sienne dans les années 20-30 à s’en péter les lèvres.
Dans les années 50/60, il se répète en reprenant les thèmes habituels d’un jazz appelé traditionnel ou dixieland. Il reste une voix inspiré par des muses étranges qui arrive à nous charmer. Les sirènes avaient-elles sa voix rocailleuse ? Boris Vian, à juste raison, sera déçu de la prestation du all star armstronien. Il s’attendait à un Dieu flottant sur les temps, il n’eût que le trompettiste ayant largué toutes ses bombes. Il restait Louis Armstrong malgré et contre tout. Sa biographie ne dit pas tout. Les légendes sont si nombreuses qu’il faudrait plusieurs livres pour les combattre. A quoi bon, vous connaissez la formule de John Huston : « Quand la légende est plus belle que la réalité, il faut imprimer la légende ». Souvent, se multiplient les anachronismes. Telle citation de Dada n’est pas remise dans son contexte, telle appréciation n’est pas vérifiée et le tout à l’avenant. On le sait, on ne prête qu’aux riches…
Le répertoire du all star change peu, le spectacle non plus. La multiplication des enregistrements publics le montre à l’évidence. Pourtant, il en est qui sortent du lot et celui là, à Paris ce 24 avril 1962, en fait partie.
Paris est une des capitales du jazz en ce temps là. Louis y est déjà venu. Deux fois. En 1934 – et il n’a pas pu rencontré Django – et en 1948. L’Olympia, un lieu particulier dans ces années 50/60, en lien avec Europe 1 et « Pour ceux qui aiment le jazz ». La jeunesse inonde les fauteuils de cette salle, prenant possession des lieux. Ce sera sa caverne, plus saine que le Tabou. Elle y cassera les fauteuils dés 1955 pour un concert de Sidney Bechet. Lire la suite

Le coin du polar.

Le polar est un genre en train de tellement se diversifier que, bientôt, il faudra abandonner cete classification. De plus il s’introduit dans toutes les sphères de la littérature à croire qu’il est le seul à être encore un peu soit peut vivant.
Pour cette sélection, trois types de polar donc. Historique et sociologique – un peu artistique – pour faire revivre ce Paris étrange, celui de l’Occupation, littéraire avec Benjamin Black qui recrée la figure de Philip Marlowe en s’inspirant de Chandler pour continuer son œuvre prenant une dimension abstraite faute de définir la chronologie mais ce flou procure de nouvelles sensations et, enfin, pénétrer dans notre monde moderne de plus en plus barbare avec un nouveau personnage, un enquêteur de 27 ans, « Zack » – titre aussi de ce roman écrit à 4 mains dans la Série Noire – capable d’incarner les vices qui rongent nos sociétés comme la suédoise.
Une confrontation étrange. Les méthodes d’investigation sont très différentes. Malgré le contexte de l’Occupation, l’enquête est classique, la barbarie est extérieure pour « Occupe-toi d’Arletty », cependant que Black investit la barbarie intérieure – une nouvelle contrée – et Kallentoft/Lutteman la déstructuration de la société suédoise, une société comme la plupart des autres totalement corrompue.
Peut-être dans ce partage de la barbarie trouve-t-on la cause principale de la victoire du polar. Ce genre s’est fait connaître par l’utilisation de la violence, la description de la société « réelle » pour créer des personnages un pied – quelque fois plus – hors de ce monde. Il faut de la distance pour être un détective privé à la sauce Hammett ou Chandler, avec un code de vie qui ne permet pas de céder aux corrupteurs, une distance nécessaire pour décrire toutes les barbaries. Lire la suite

Nouveautés Jazz

Chansons des rues.

busking-v« Busking » soit, en français dans les textes, « en chantant dans les rues », est un album signé par deux musiciens hors normes, Hélène Labarrière contrebassiste et Hasse Poulsen guitariste. Il permet des expériences à partir de chansons que tout le monde a entendues au moins une fois. Même la seule composition de Poulsen donne l’impression d’avoir cette rondeur d’un air déjà entendu.
Pour tenter le diable, il faudrait d’abord entendre ces chansons sans consulter les titres. Ils vous disent quelque chose. Comme une familiarité qui s’évapore à certains moments. Comme une ombre de la connaissance. Vos oreilles et votre mémoire entre dans un combat de titans. Mettre un titre semble hors de portée – dans tous les sens du terme. Vous naviguez entre le connu et le moins connu. Les deux compères se sont visiblement amusés à tout faire pour vous dérouter. Il faut dire aussi qu’il et elle n’ont pas choisi de vous facilitez la voie. Lire la suite

JAZZ, Les aventures de l’Oiseau se poursuivent

Parker 11e (clap de fin 1952)

Intégrale Charlie Parker volume 11A l’écoute de ce coffret, le 11e donc que consacre Frémeaux (et surtout Alain Tercinet), « This Time the Dream’s on Me » aux aventures de Charlie Parker, Bird, deux évidences s’imposent. La première est connue et je ne fais que la rappeler tellement elle pourrait s’oublier, le Bird est la figure du génie de ce 20e siècle. Un génie de grande envergure. Une fois encore – je me répète, je le sais bien – Julio Cortazar, dans « L’homme à l’affût », avait saisi la singularité du créateur et de celui-là en particulier. La deuxième évidence en découle. Elle se trouve aussi chez Cortazar. Le temps avec Parker se distend, s’étend, se transforme, s’accélère. Né à Kansas City en 1920, il s’impose en 1945 sans contestation possible. L’éclosion d’un génie déjà sur de ses possibilités et capacités. Son champ s’élargit. Il s’envole. L’enthousiasme, l’allégresse de la découverte baignent les enregistrements.
En 1952, là où nous amène ce volume, c’est déjà la fin de cette jeunesse. L’art de Parker se stabilise. Devient adulte. Les envolées sont plus maîtrisées. Il s’impose. Personne, à cette époque, n’est capable de le suivre dans les stratosphères où il a pris position. Il a des émules, des suiveurs, des copieurs. Il suscite des réflexions mais aussi la nécessité de définir de nouveaux territoires, lunaires et ensoleillés, là où il ne règne pas. Miles Davis, absent pendant cette année essaiera, à partir de 1954, de fréquenter d’autres contrées. Lire la suite

Réflexions sur l’Histoire

« Faire » de l’Histoire.

C’est officiel : les historien – ne – s doivent faire preuve d’imagination. Ils n’avaient pas besoin de cet imprimatur. Il fallait bien « couvrir » les blancs sinon la description ressemblait à un squelette. La chair se trouve dans leur capacité à se prendre pour Alexandre Dumas. Pas toujours facile.
La mode actuelle est à l’histoire avec des « si ». Si telle décision n’avait pas été prise, que se serait-il passé ? Une manière de prouver que rien n’est écrit, que la capacité des êtres humain à faire leur propre histoire existe même dans des conditions qu’ils et elles n’ont pas librement déterminées pour citer Marx. Le déterminisme est une invention. Le champs des possibles est immense. De tout temps. L’antienne, une seule politique possible, est un non-sens logique.
Dans le même mouvement, souvent l’Histoire – apolitique par définition – peut servir les desseins idéologiques. Ainsi les pays d’Europe ont écrit, au 19e siècle, une saga étrange au regard des découvertes anthropologiques, celle de la Nation, plus exactement de l’État-nation. Michelet, comme ses contemporains, ont cherché les racines de la France. Nos livres d’Histoire de la génération précédente ont répété à l’envi des moitiés de réalité en faisant des Gaulois les ancêtres des Français. Une sorte de continuité qui faisait fi des transformations des modes de production et des architectures différentes de l’Etat. La nation naîtra, idéologie nécessaire au capitalisme, de ses travaux. Lire la suite

Jazz, Volume 2 de la collection Quintessence consacrée à Sonny Rollins pour les années 1957-1962

Sonny Rollins, l’inclassable new-yorkais

Sonny Rollins 2 Fremeaux.Walter Theodor – pour l’état civil – Rollins est l’une des incarnations du jazz. Ses méandres, ses oxymores, un moderne/traditionnel, ses retournements, sa volonté de vouloir toujours être ailleurs dissimule sans doute, comme Alain Gerber le laisse entendre dans son essai « Un ailleurs où aller » – qui ouvre le livret du volume 2 -, un manque de confiance en soi comme la nécessité de ne pas se laisser embaumer, enfermer dans une case. Il aurait pu refaire, sa vie durant, les improvisations de l’album « Saxophone Colossus » dont ce « Blue Seven » contenu dans le volume 1 de cette collection « Quintessence » dirigée par Alain Gerber et enregistré le 22 juin 1956 pour le label Prestige. Il refusa pour continuer à vivre et à créer. A surprendre. Pour ce faire, il se tourna le dos. Lire la suite