Le coin du polar

Deux grands détectives

Viviane Moore est attirée par ce milieu du 16e siècle en France qui voit fleurir les alchimistes à la recherche de la pierre philosophale. Ils feront avancer la science sans jamais la trouver. Dans cette série, le détective, Jean du Moncel, commissaire, mène l’enquête pour trouver « Le souffleur de cendres ». L’explication du titre se trouve dans le résultat de l’intrigue. Une évocation du Paris de 1587, de la Cour des Miracles et de la place des femmes via Sybille obligée de se transformer en homme pour exercer sa profession.

« Barcelona », de Daniel Sanchez Pardos, met en scène, dans la Barcelone de la fin du 19e, un nouveau détective, Antoni Gaudi, futur architecte, en formation, au moment où cette histoire commence. Pardos se moque des codes chers à Conan Doyle. Gaudi joue au détective et se trompe sur les données d’un complot. C’est drôle souvent, enlevé, laborieux pour l’intrigue mais le contexte de cette Espagne en butte aux luttes de pouvoir est décrit de manière réaliste.

Histoires d’un tueur à gages.
Lawrence Block a des héros récurrents. Keller, le tueur à gages, en fait partie. « Tue-moi » ne dit pas son nom d’un recueil de nouvelles. C’est souvent drôle même si certaines histoires sont un peu téléphonées. On connaît trop bien cet auteur. Il n’arrive plus à nous surprendre. On le retrouve pourtant avec plaisir, comme un vieux cognac.

De la Suède à l’Argentine
« Tango fantôme » emmêle des secrets de femmes faits de désirs et de peurs, d’angoisse aussi. Hélène est confrontée à elle-même au moment de la mort de sa sœur qui enquêtait sur la mort de leur mère loin de la Suède, à Buenos Aires, en 1977. La référence à « Che » Guevara s’impose comme l’indique la photo de couverture. Quels rapports entre tous ces événements ? Tove Alsterdal épaissit tous les mystères par un aller-retour entre soleil et froid, lumières et ombres. Un monde, le nôtre, se défait. Une intrigue solide, une écriture resserrée et une traduction qui rend hommage à la romancière-journaliste.

Apocalypse prévue.
Une intrigue qui n’est pas originale : un engin nucléaire doit exploser quelque part et faire disparaître une bonne partie des habitants de la planète. Guy-Philippe Goldstein avec « Sept jours avant la nuit », sait raconter une histoire tout en jouant avec nos peurs, nos angoisses. Un « thriller » un peu trop en phase avec notre réalité, avec les risques que fait peser un Trump sur l’utilisation de l’arme nucléaire.
Nicolas Béniès.
« « Le souffleur de cendres », Viviane Moore, « Barcelona », Daniel Sanchez Pardos, traduit par Marianne Millon, Grands détectives/10/18 ; « Tue-moi », Lawrence Block, traduit par Sébastien Raizer, Série noire/Gallimard ; « Tango fantôme, Tove Alsterdal, traduit par Emmanuel Curtil, Rouergue Noir ; « Sept jours avant la nuit », Guy-Philippe Goldstein, Série noire/Gallimard.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *