La crise systémique du capitalisme, crise de civilisation,

Retour de l’État Nation contre la démocratie.

Le « printemps arabe » avait posé un axiome dont l’actualité ne se dément pas : les populations veulent décider de leur avenir et, pour ce faire, la démocratie est essentielle. Restait à en définir les contours. Il n’en eût pas le temps. Les pouvoirs, souvent dictatoriaux dans cette partie du monde, se sont déchaînés contre cette volonté, contre ces espoirs d’un changement total des incarnations du pouvoir. La Syrie représente le cas le plus extrême. Bachar el-Assad a été jusqu’à gazer ses populations pour les punir d’avoir cru, un moment, qu’elles pouvaient agir sur le terrain politique sans le soutien du père de la nation…
Les incarnations de cette démocratie, y compris la démocratie dite bourgeoise, parlementaire, les processus électoraux, sont contestées. Non seulement par le Front National en France et ses homologues en Europe mais aussi par des représentants de cette droite appelée auparavant « parlementaire », « officielle » qui, prenant prétexte du risque –réel – du terrorisme veulent remettre en cause toutes les libertés démocratiques.
Ainsi Nicolas Sarkozy ne craint pas de déclarer, en assurant qu’il ne sera jamais « le président de l’impuissance », que « c’est le droit qui doit s’adapter à la réalité de la menace, ce n’est pas le contraire. » (sic) Une construction du français qui se perdra – heureusement – avec la disparition de Sarkozy de la scène politique. Le contraire de quoi ? On ne sait pas mais on subodore une signification : le droit disparaît pour laisser la place à une construction dictatoriale qui saura faire ce qu’il faut sans aucun contrôle… Lire la suite

L’idéologie libérale en crise

Brainstorming chez les économistes officiels.

La crise systémique du capitalisme qui commence en août 2007 a ouvert un basculement du monde dont les conséquences se font sentir sur l’idéologie. Le libéralisme a fait la preuve de son incapacité à analyser le monde, le capitalisme. La théorie néo classique des marchés auto-régulateurs a volé en éclats. Lire la suite

Les mots pour le croire

La religion libérale

« La novlangue néolibérale » reparaît augmentée pour tenir compte du renouvellement (faible), du discours dominant depuis l’entrée dans la crise systémique du capitalisme en août 2007. Une nouvelle interrogation surgit. La crise a totalement discrédité les théories néo-classiques sur lesquelles s’appuie le néolibéralisme. Après le temps du choc, elles restent présentes, latentes souvent, références moins affirmées des politiques économiques. Les justifications changent un peu mais les croyances comme autant de fétiches restent. Alain Bihr construit des explications sur cette résistance. Stimulantes.
N.B.
« La novlangue néolibérale. La rhétorique du fétichisme capitaliste », Alain Bihr, coédition Page 2/Syllepse.

Musiques Noires

Une somme.

Jérémie Kroubo Dagnini, auteur d’une thèse sur les musiques jamaïcaines, a voulu interroger les musiques noires pour comprendre leur origine, leur place et leur devenir. Il a fait appel, à des sociologues, ethnologues, philosophes, musiciens… pour évoquer leur diversité. Toutes ont en commun la culture des esclaves déportés lors de ces criminelles « traites négrières », porteurs de ces tambours capables de parler. Le verbe est premier, associé au rythme. Les contributions parlent de jazz, de reggae, de la « dub poetry », du hip-hop, du rap, du gwoka, du zouk… tout en évoquant des questions clés comme le féminisme et la révolte. Révolte contre l’ordre établi, révolte contre l’oppression qui donnent à ces musiques la capacité d’être des musiques de la jeunesse. Lire la suite

Essais

La démocratie en faillite ?
Un monde disparaît. Les destructions sont massives. Pas seulement économique ou sociales mais aussi politiques. Un champ de ruines qui ouvre la voie à des interrogations sur les formes de la démocratie, de société à créer. « Nuit debout » a participé de cette interrogation. Matthieu Niango, dans « La démocratie sans maîtres » dresse l’acte d’accusation des « professionnels de la politique » de plus en plus séparés de l’intérêt général, commun. L’auteur se sert de son expérience dans les cabinets ministériels pour illustrer son propos. Stimulant.
« La démocratie sans maîtres », Matthieu Niango, Robert Laffont/Nouvelles mythologies.

Histoire versus identité.
L’insistance actuelle sur l’identité française portée par la droite et l’extrême droite conduit à la négation de l’Histoire. La réédition de la thèse de Suzanne Citron, « Le mythe national, l’histoire de France revisitée » apparaît comme une nécessité, malgré ses 30 ans d’âge. Dans sa préface de 2017, elle fait l’histoire de cette thèse. Elle rappelle qu’il faut distinguer État et Nation et que les « enchaînements de l’histoire nationale sont une mise en scène du 19e siècle » pour mettre en œuvre une démarche critique. Les ruptures sont une composante de l’Histoire. Le travail historique permet une lecture ouverte du présent riche de possibles.
« Le mythe national », Suzanne Citron, Les Éditions de l’Atelier

Essai sur la discordance des temps modernes

Définitions du « civilisé » ? Qui est le barbare ? Où est-il?

Un drôle de livre. Son titre a de quoi interroger « Dracula ou la croisade des Temps modernes » et son sous titre n’arrange rien « Essai sur la figure de l’étranger ». Peut-on cerner l’argumentation de Farhad Khodabandehlou ? Je me le demande. Pourtant j’avoue un énorme plaisir pris à la lecture de ces commentaires – au sens philosophique – du roman de Bram Stocker, « Dracula ». L’histoire est connue : l’affrontement d’un vampire et d’un clerc de notaire dans le château que le comte Dracula veut mettre en vente. Histoire apparente qui sert de fil conducteur. Stocker envisage la victoire possible de la barbarie qui se reflète dans le miroir de la civilisation. Comme le vampire, la barbarie n’a pas de reflet. Lire la suite