Musiques Noires

Une somme.

Jérémie Kroubo Dagnini, auteur d’une thèse sur les musiques jamaïcaines, a voulu interroger les musiques noires pour comprendre leur origine, leur place et leur devenir. Il a fait appel, à des sociologues, ethnologues, philosophes, musiciens… pour évoquer leur diversité. Toutes ont en commun la culture des esclaves déportés lors de ces criminelles « traites négrières », porteurs de ces tambours capables de parler. Le verbe est premier, associé au rythme. Les contributions parlent de jazz, de reggae, de la « dub poetry », du hip-hop, du rap, du gwoka, du zouk… tout en évoquant des questions clés comme le féminisme et la révolte. Révolte contre l’ordre établi, révolte contre l’oppression qui donnent à ces musiques la capacité d’être des musiques de la jeunesse. Lire la suite

Essais

La démocratie en faillite ?
Un monde disparaît. Les destructions sont massives. Pas seulement économique ou sociales mais aussi politiques. Un champ de ruines qui ouvre la voie à des interrogations sur les formes de la démocratie, de société à créer. « Nuit debout » a participé de cette interrogation. Matthieu Niango, dans « La démocratie sans maîtres » dresse l’acte d’accusation des « professionnels de la politique » de plus en plus séparés de l’intérêt général, commun. L’auteur se sert de son expérience dans les cabinets ministériels pour illustrer son propos. Stimulant.
« La démocratie sans maîtres », Matthieu Niango, Robert Laffont/Nouvelles mythologies.

Histoire versus identité.
L’insistance actuelle sur l’identité française portée par la droite et l’extrême droite conduit à la négation de l’Histoire. La réédition de la thèse de Suzanne Citron, « Le mythe national, l’histoire de France revisitée » apparaît comme une nécessité, malgré ses 30 ans d’âge. Dans sa préface de 2017, elle fait l’histoire de cette thèse. Elle rappelle qu’il faut distinguer État et Nation et que les « enchaînements de l’histoire nationale sont une mise en scène du 19e siècle » pour mettre en œuvre une démarche critique. Les ruptures sont une composante de l’Histoire. Le travail historique permet une lecture ouverte du présent riche de possibles.
« Le mythe national », Suzanne Citron, Les Éditions de l’Atelier

Essai sur la discordance des temps modernes

Définitions du « civilisé » ? Qui est le barbare ? Où est-il?

Un drôle de livre. Son titre a de quoi interroger « Dracula ou la croisade des Temps modernes » et son sous titre n’arrange rien « Essai sur la figure de l’étranger ». Peut-on cerner l’argumentation de Farhad Khodabandehlou ? Je me le demande. Pourtant j’avoue un énorme plaisir pris à la lecture de ces commentaires – au sens philosophique – du roman de Bram Stocker, « Dracula ». L’histoire est connue : l’affrontement d’un vampire et d’un clerc de notaire dans le château que le comte Dracula veut mettre en vente. Histoire apparente qui sert de fil conducteur. Stocker envisage la victoire possible de la barbarie qui se reflète dans le miroir de la civilisation. Comme le vampire, la barbarie n’a pas de reflet. Lire la suite