Aspects de la crise

Crise du travail ou crise du capitalisme ?

Le chômage de masse, son accroissement sans frein, la pauvreté qui en découle pose des questions de fond sur les modalités actuelles du fonctionnement du mode de production capitaliste.1 Les théorisations les plus étranges apparaissent dont la moindre n’est pas celle de la «fin du travail » qui fait florès, tout en déplaçant la problématique. Le problème principal ne serait plus la réalisation du plein emploi, la lutte contre le chômage, mais la définition d’un revenu pour tous, séparé du travail salarié. Cette thèse présente un autre intérêt, pour les tenants du libéralisme, elle fait du travail non-salarié, le travail «indépendant », la forme de travail de l’avenir. Dans le rapport du Plan, « Le travail dans 20 ans »,2 sous la direction de Jean Boissonnat, il était proposé de remplacer le contrat de travail à durée indéterminée – la base du droit du travail – par un contrat d’activité. Les auteurs du rapport ne cachaient pas qu’il faudrait mettre « à plat » tout le droit du travail pour le restructurer de fond en comble. Les libéraux ont applaudi. Dans leur optique le droit du travail représente des « rigidités », empêche l’élargissement de la flexibilité et donc, pour eux – mais ils ne l’ont jamais démontré – les créations d’emploi. Lire la suite

Marx, le capitalisme et les crises, annexe 2 au deuxième mouvement non publiée

 

 

La fin du capitalisme vue par Hardt et Negri.

Hardt et Negri sont les deux théoriciens à la mode sur les campus américains. Leur vision du monde est discutée partout dans le monde, sauf en France. Quelques sociologues s’y réfèrent pourtant et relaient leurs analyses.

Avant de les critiquer reconnaissons leur un mérite, rendre à Marx ce qui revient à Marx, une place essentielle dans la capacité à analyser les modalités de fonctionnement de nos sociétés. Ses thèses, et une fois encore la crise actuelle le dévoile, restent nécessaires, ses concepts et sa méthode à condition de les relier à la réalité actuelle du capitalisme. Ce mode de production évolue et nous avons la nécessité de forger de nouveaux concepts. Ainsi, l’Etat est absent du Capital, alors que le fonctionnement du capitalisme le met au premier plan en termes de » définition d’une stratégie permettant l’accumulation du Capital. Disons-le d’emblée, en renvoyant à la partie de ce deuxième mouvement concernant l’Etat, c’est ce manque qui se manifeste de manière éclatante dans les manières d’appréhender le capitalisme par ces deux auteurs. Il faut dire qu’ils semblent être rejoints par Immanuel Wallerstein partant pourtant d’autres points de départ. (Cf. « Comprendre le monde » sous-titré « Introduction à l’analyse des systèmes-monde, Repères/La Découverte). Il est, peut-être révélateur d’un courant qui considère que cette crise marque la fin du capitalisme. Il faudrait dire d’un certain capitalisme… Il n’est pas besoin d’avoir une vision catastrophiste – la crise finale – pour le comprendre. Ces économistes semblent partager la vision de cet économiste de l’école autrichienne, Joseph Schumpeter – le créateur des cycles Kondratieff -, partisan du libéralisme économique, pourfendeur de Marx, qui, dans le gros de la crise de 1929, écrivait, dans « Capitalisme, Socialisme et Démocratie » (traduction française, Payot) que le capitalisme était mort. A son corps défendant, disait-il, le socialisme semble le système de l’avenir. Cet avenir qui lui donnera tort… Wallerstein me semble révélateur d’un courant qui considère que cette crise est profonde et peut-être de même nature que la crise de 1929. De ce point de vue, je ne peux leur donner tort. Lire la suite