Le coin du polar.

Un grand amour rétrospectif
Conan Doyle avait décidé de se séparer de Holmes en le faisant mourir dans les bras de son ennemi intime le professeur Moriarty dans « Le dernier problème ». Il a été obligé, sous la pression populaire, de le faire revenir du royaume des morts. Le docteur Watson est très elliptique dans la recension de l’aventure. Annelle Wendeberg a décidé de combler les trous pour raconter cette histoire via sa détective privée, médecin, Anna Kronberg. La première rencontre Sherlock/Anna avait eu lieu dans « Le diable sur la Tamise ». « La dernière expérience » fait la part belle à la guerre bactériologique dans laquelle se lance Anna, séquestrée par Moriarty. Les relations avec son geôlier occupe une grande partie de cette aventure. Un peu fastidieux mais les zones d’ombre de l’enquête de Holmes disparaissent. Intéressante expérience.

Dépasser ses peurs et ses préjugés.
« Entre deux mondes » est un résumé de la vie de ces migrants obligés de quitter leur pays pour protéger leur vie, leur famille, la possibilité même d’un avenir. Après un périple aux embûches multiples, souvent par la Libye aux mains des cliques et des gangs, ils arrivent par l’Italie morts ou presque pas vivants pour se retrouver dans la rue, à Calais par exemple. Dans le pays de la « liberté, égalité, fraternité », il est possible de tuer sans être recherché par les forces de l’ordre, dans endroits de non-droit(s). Olivier Norek raconte cette inhumanité via la rencontre entre Adam et Bastien, deux flics, qui recherchent la femme et la fille d’Adam, amitié qui vient comme une antidote à la perte de soi et à la peur de l’Autre. Une enquête informée et nécessaire.

Les pays d’Europe du Nord à la fête.
« Made In Sweden » est le premier volet d’un diptyque relatant les exploits d’une famille auteur de braquages en Suède dans les années 1990 qui ont défrayé la chronique. Basée sur des faits réels, cette saga est surtout une plongée dans les profondeurs de cette société « où l’on vit le mieux » suivant des sondages récents. Anders Roslund est journaliste d’investigation et Stefan Thunberg, scénariste et membre de cette famille révoltée, cassée et cherchant une voie de survie. Des personnages souvent antipathiques avec le soupçon nécessaire d’humanité dans une société qui rejette les « derniers de cordée ». comment faire la différence entre passé et présent ?

« Les chiens de chasse » – Jorn Lier Horst, l’auteur a eu le prix du meilleur polar scandinave – est une visite de la Norvège version mise en cause d’un policier pour une enquête qui remonte dix-sept ans auparavant. William Wisting est devenu un flic respecté d’un seul coup suspecté par la police des polices d’avoir trafiqué les preuves. Scandale médiatique qui implique la fille du policier devenue journaliste. La recherche du scoop mêlée à la volonté de notoriété de l’avocat dans un environnement dont la corruption affleure transforment ces quatre jours en une sorte d’introspection du policier sur son métier et une interrogation sur le fonctionnement de cette société.
Nicolas Béniès.
« « La dernière expérience », Annelle Wendeberg, traduit par Mélanie Blanc-Jouveaux 10/18 Grands détectives ; « Entre deux mondes », Olivier Norek, Michel LAFON ; « Made in Sweden », Roslund & Thunberg, traduit par Frédéric Fourreau, actes noirs/Actes Sud ; « Les chiens de chasse », Jorn Lier Horst, traduit par Hélène Hervieu, Série Noire/Gallimard.

Marx 200e

Un curieux « Bon anniversaire »

Karl Marx est né un 5 mai à Trêves et a failli être Français. Son spectre continue de hanter le monde armé de sa méthode et de ses concepts. L’analyse qu’il propose dans une œuvre ouverte, contrairement à une idée répandue, permet d’appréhender les ressorts des crises du capitalisme et les modalités de son fonctionnement. Marx a influencé en profondeur les grands théoriciens à commencer par John Maynard Keynes pour l’économie sans compter les philosophes, sociologues, ethnologues…
« Marx, une passion française », sous la direction de Jean-Numa Ducange et Antony Burlaud, propose une rétrospective des visages et des domaines couverts par l’ombre portée de l’auteur du « Capital » sans oublier les problèmes de traduction que pose la création des concepts souvent venus de la philosophie hégélienne et transposés dans un autre environnement théorique. Ainsi le « Marx des socialistes » prend, pour le moins, quatre formes différentes suivant les époques tout en restant la référence des renouveaux du PS, deux pour le Marx du Parti Communiste pour conclure sur celui de l’extrême gauche dans cet après 1968 qui voit la profusion des études marxistes ou marxiennes. Lire la suite

Un an après…

Cours, Macron, le vieux monde est en train de te rattraper !

Un an de présidence du jeune Emmanuel Macron et le nouveau monde se fait attendre. Les vieilles lunes du néolibéralisme sont encore de mise. Encore et toujours la réduction des déficits publics, le poids de la dette publique pour justifier la réduction drastique de la dépense publique et la déstructuration des servies publics. Le changement le plus significatif se trouve dans l’insigne faiblesse des responsables politiques, du Premier au plus obscur des secrétaires d’Etat.
« Redonner du sens à la mondialisation » avait dit le Président, sous-entendu lutter contre la perte de légitimité de la construction européenne et les tentations de repli sur soi qui frappe l’ensemble des pays de l’Union Européenne. L’ambition affichée de Macron, c’est d’accéder au rang de dirigeant européen de premier plan. Tournant le dos au réel, la réplique de la crise financière fait partie de notre présent, il suit la voie ouverte par Trump en baissant les impôts des plus riches et en déréglementant les marchés financiers. Lire la suite

La croissance française sur la sellette

Macron, un décroissant qui s’ignore ?

La croissance française comme celle de l’Union Européenne, est remontée à la fin de l’année 2017. Après 0,7% en 2016, ce fut 2,2% en 2017 pour la France. Cocorico ! L’économie française renouait avec une croissance plus élevée, le taux le plus haut depuis 2011. Une manière de dire pour cacher la réalité de la déflation de 2011 à 2016 et la récession. En fait, 2017 marquait la fin de la séquence ouverte par 2011. Sans résoudre la crise de l’euro qui marquait l’acte deux de la crise financière ouverte en août 2007 aux Etats-Unis. L’Union Européenne, au grand dam de Macron, est incapable de faire face à cette crise qui s’est réfractée sur toute la construction européenne se traduisant par une crise profonde de sa légitimité aux yeux des populations. Crise qui explique, pour une grande part, la montée des populismes comme le montrent les élections en Italie qui ont tendance à raconter notre futur. Lire la suite

Le retour du FMI en Argentine

L’Argentine dans la crise financière et économique.

14 mai 2018, le peso argentin chute en perdant 6,9% de sa valeur. Le 8 mai le gouvernement de Mauricio Macri a fait appel au FMI pour obtenir un prêt qui lui permettrait de répondre à la spéculation des opérateurs sur les marchés financiers. Ce prêt a l’avantage de ne pas passer par les marchés financiers pour soutenir le cours de la monnaie. Il rappelle les souvenirs de la grande crise de la dette qui a touché l’Argentine en 2001.
Qu’en est-il aujourd’hui ? L’Argentine a voulu, bénéficiant de la hausse des prix des matières premières – dont le maïs transgénique -, rembourser en 2006, la totalité de sa dette. Une erreur. Qui a conduit à une pression importante sur les finances publiques au détriment des populations les plus faibles. Mauricio Macri, élu fin 2015, un libéral venant des classes les plus riches, est allé jusqu’à payer la dette aux fonds vautours, ceux qui s’étaient procuré des obligations publiques argentines à bas prix pour en demander le remboursement intégral. Il a été applaudi par le FMI.
Pour faire face au ralentissement de la croissance et continuer à financer les dépenses publiques et faute de réserve de change accumulée mangée par le remboursement de la dette, la dette externe a beaucoup augmenté depuis 2016. Les mesures prises par Macri ont renoué avec la déréglementation en revenant sur toutes les lois votées sous la présidence de Kirchner dont la plus emblématique, la levée du contrôle des capitaux. Dans le même temps, le gouvernement a renoué avec le diktat libéral de la baisse du déficit public qui ne peut passer que par la baisse des dépenses publiques. Le résultat est connu : approfondissement des inégalités mais aussi dépendance totale vis-à-vis du marché mondial et des marchés financiers. Pendant cette période, le prix des matières premières s’est orienté à la baisse réduisant les capacités du pays à payer les intérêts de sa dette. Lire la suite

UIA Jazz du 14 mai 2018

Bonjour,

Nous arrivons au bout du cycle de cette année. Une sorte de conclusion provisoire – forcément provisoire.
Je vous ai présenté le contenu de mon nouveau livre – pas encore paru à ce jour – « Le souffle de la révolte » pour présenter le jazz dans toutes ses dimensions, anti-art par excellence. Il vient des déportations d’esclaves venant du continent africain vers les Etats-Unis pour y constituer la main d’œuvre dont avait besoin les grands propriétaires des plantations dans ce Sud agricole. Déportation massive qui est connue sous le nom de « Traites négrières ». Archie Shepp le racontera à sa manière dans « Le matin des Noirs » – la faute d’orthographe dans le titre original, « Noire », sur l’album Impulse doit être corrigée – extrait de l’album « New Thing at Newport » en compagnie de Bobby Hutcherson au vibraphone, notamment. les souffrances, séparations et mépris allant jusqu’à la mort sont des composantes qui resteront inscrites dans la mémoire collective. Les Noirs ne seront jamais vraiment considérés comme des êtres humains à part entière. Trump en donne la démonstration tous les jours en voulant annuler – « Delete » – toutes les mesures décidées par Obama.
Cette déportation massive fera entrer, dans cette reconnaissance bizarre, la culture des Africains-Américains comme composante essentielle de la culture étatsunienne. (voir aussi les compléments au « Souffle de la révolte »)
Le jazz sera un synonyme d’années folles, de Roaring Twenties marquant de son empreinte toutes ces années 20. La question qui hantait les autorités religieuses et morales – le jazz, musique du diable, pervertissait nos « chères têtes blondes » – était « Comment s’en débarrasser. Ce sera le cas à la fin de ces années. La crise dite de 1929 sonnera le glas de ce début sauvage de cette musique en train de révolutionner le monde.
Le murmure s’amplifiait. « Le jazz est mort » entendait-on d’un ton victorieux, « Le jazz est mort » répétait toutes les capitales du monde. Mort de quoi oubliait-on de s’interroger. D’une époque ? Sans conteste. les années folles se fracassaient sur la crise de 1929. Rien n’allait résister. Ni la société, ni même le capitalisme, sans parler de la démocratie.
Et le jazz ? Il allait renaître de ses cendres transformé. Pour la première et seuls fois de son histoire, il devenait musique populaire. Musique de plusieurs entités. La sauvagerie cédait, malgré elle, la place à des codes pour construire une ère qui se retrouvera en sourdine dans la plupart des blues ou de Rhythm and Blues, musiques populaires qui suivront.
« Swing Craze », la folie du Swing, pour qualifier cette nouvelle ère, celle des Big Bands, qui se traduira aussi par les musicals au cinéma par l’intermédiaire du coule emblématique Fred Astaire/Ginger Rodgers.
Nous allons passer sur la transition qui s’opère de 1930 à fin 1935 pour rester avec les représentants de l’ère du Swing.
A commencer par le Roi, « King of Swing », Benny Goodman. Un Roi contesté mais un Roi, qui sait s’entourer. Fletcher Henderson, l’inventeur du Big Band moderne, deviendra l’arrangeur de l’orchestre, Teddy Wilson, spécialiste des accords de 10e, le pianiste, Lionel Hampton, l’inventeur du vibraphone et Charlie Christian, l’inventeur de la guitare électrique seront également de cette fête en compagnie du batteur Gene Krupa. Soit un orchestre mixte, même si la couleur blanche dominait. Benny prend des risques.
Pourtant l’orchestre qui vend le plus disques est celui de Jimmy Lunceford.

Count Basie et Ethel Waters

Le plus connu, celui qui est resté dan toutes les mémoires – Duke excepté – est celui de Count Basie pour cause de longévité. Lunceford est lui mort en 1947 au moment où l’ère des Big Bands prend fin.
Si l’on e croit le supplément « L’époque » du Monde des 13 et 14 mai 2018 intitulé « Et que ça swingue », le retour du lindy hop – une danse des années 1920 d’origine harlémite – est à la mode dans les soirées « branchées ». Avec cravates, s’il vous plait !
Nicolas Béniès (à suivre)

Compléments au souffle de la révolte

Bonjour,

La parution se fait attendre. Pb de mise en page, d’arrivée d’argent… Il devrait être là bientôt. Ce terme est volontairement flou.
Pour faire attendre quelques compléments.
Dans « Polices américaines », Didier Combeau insiste sur les différences de construction de l’État entre, notamment, la France et les Etats-Unis. Il insiste à la fois sur les responsabilités des structures administratives dans les tâches de maintien de l’ordre au détriment de l’État fédéral. États, county, municipalités ont la main sur les forces dites de l’ordre. Il met aussi en lumière les changements qui ont suivi les scandales de corruption. La police a servi de rabatteurs pour les élections pour devenir des forces au services des capitalistes.
Dans un premier temps, les agences privées, comme Pinkerton, ont fait le travail du futur FBI pour se mettre au services des chefs d’entreprise dans la répression des grèves.
Pour notre sujet, les années 1920-30, il écrit, page 115 et ss : « Lorsqu’en 1917 les deux chambres votent à la majorité des deux tiers le 18e amendement à la Constitution qui interdit l’importation, la fabrication, la vente et le transport des boissons alcooliques, 26 États regroupant 60% de la population sont déjà « secs »(« dry »). (…) Le Congrès adopte le Volstead Act qui limite le titrage alcoolique à 0,5 %. Il entre en vigueur le 16 janvier 1920 : la prohibition nationale commence et la loi est violée à peu près aussitôt. Le gouvernement fédéral n’a pas les moyens de l’appliquer.  »
Grâce à la Prohibition, Al Capone à Chicago devient un entrepreneur puissant. Exclu de la société américaine, il exerce ses talents à l’intérieur de la pègre. Il pousse la guerre économique à son stade ultime en supprimant ses concurrents.
La législation américaine est une curiosité pour les centralisateurs français : l’État de New York en 1923, Le Montana en 1926, le Wisconsin en 1929, le Massachusetts, l’Illinois et le Rhode Island en 1930 ont aboli leurs propres lois de prohibition. Pour lutter contre la corruption qui touche les forces de police. Au-delà, cette législation n’est pas comprise. Ne pas la respecter n’est pas ressenti comme une illégalité mais comme une nécessité.
Le 21e amendement abroge le 18e en 1933. Le Mississippi sera le dernier à abroger la loi de prohibition en…1966.

à suivre.

Nicolas.

jazz, Deux pianistes, deux mondes,

deux « premier album »

Un trio
« Fairly Wired », nom de ce trio « assez branché » qui veut planter quelques graines pour ce premier album. « Seeds » donc puisque l’anglais s’impose. David Erhard, piano, Jean-Charles Ladurelle, contrebasse et Xingchi Yan à la batterie ont décidé de partager leur amour d’une musique qui a des relations avec le jazz ne serait-ce que par la constitution du trio et l’influence de Keith Jarrett mais aussi de la musique mécanique chère à Carla Bley ou à la musique minimaliste de Steve Reich mais la filiation la plus directe est celle du trio Reis/Demuth/Wiltgen.
Si ces influences s’entendent, la volonté de trouver sa propre voie est perceptible même si ce n’est pas toujours simple. Le danger de la cohabitation de structures simples et répétitives est de lasser l’auditeur. Il faut faire preuve d’énergie, croire dans sa musique. Ils commencent à y réussir.
Faites l’expérience de ce trio. Pour découvrir de jeunes musiciens en quête d’un futur à partir des traditions qu’ils revendiquent. De plus, c’est un vrai trio.
Nicolas Béniès.
« Seeds », Fairly Wired, pour l’instant sans label infos sur www.fairlywired.tumble.com

Omri Mor, au carrefour de toutes les cultures
Israël pourrait avoir une place particulière dans le monde. Le pays est relié par toutes les fibres de sa population à l’Occident et même à l’Europe et se trouve au cœur d’un Moyen Orient dont les musiques ont conquis le monde, musiques du corps et de l’esprit, musiques de danses populaires et qui restent savantes. Comme le jazz lui-même. Si le pays s’ouvrait, reconnaissait les droits des Palestiniens, il pourrait faire naître des chefs d’œuvre qui pourraient transformer le monde.
Omri Mor se veut le porteur de toutes ces traditions, de toutes ces voix. Le piano est l’instrument idéal, à cheval sur le mélodique et la percussion. Classique, jazz, musiques arabo-andalouses, Chaâbi algérien mais aussi le rock se retrouvent dans sa musique.
Pour ce premier album sous son nom, « It’s About Time », sous la direction de Karim Ziad, batteur – remplacé sur une composition par Donald Kontomanou -, il s’est entouré de son ancien employeur, le bassiste Avishaï Cohen – remplacé par Michel Alibo dans quatre plages – et un vocaliste, M’aalem Abdelkbir Merchan sur « Marrakech », la seule composition qu’il n’ait pas signée.
Une virtuosité au service d’un projet de réconciliation et de dépassement pour ouvrir la porte à un monde débarrassé de ses préjugés. La musique est belle et sait faire danser. Sur un volcan !
Nicolas Béniès
« It’s About Time », Omri Mor, Naïve

Jazz, Whirlwind – un label indépendant -,

côté saxophonistes

Tim Armacost et le NYSQ.
Une carrière déjà bien remplie pour Tim Armacost, saxophone ténor et soprano -, né à Los Angeles et qui a créé son quartet, comme les initiales l’indiquent – NYSQ – à New York. Récompenses multiples pour ce musicien qui a commencé à se faire connaître au Japon. Il se situe, pour cet album « Sleight of Hand » – tout de passe-passe -, apparemment dans la lignée de Sonny Rollins et de toute la tradition du bop et du hard bop. Les compositions choisies en témoignent avec trop d’évidence, de « Soul Eyes » à « Lover Man » en passant par « Ask Me Now » et « I Fall In Love To Easily » ou une recréation d’un thème de Hank Mobley. Une seule composition originale due à la plume du pianiste du groupe, David Berkman… « Sleight Of Hand » qui résume la démarche de « NYSQ », faire supporter aux oreilles et au cerveau un semblant de reconnaissance pour mieux tromper la connaissance.
Le groupe est soudé – Daki Yasukagawa à la basse et Gene Jackson à la batterie complètent le quartet – et sait faire s’envoler les notes pour aller au-delà des apparences. Une sorte d’illusion dans l’illusion. Si vous ne connaissez pas, une découverte nécessaire.
Nicolas Béniès
« Sleight of Hand », NYSQ, Whirlwind Lire la suite

La saga du siècle, du jazz et de Louis Armstrong, volume 15


Les incidences d’une grève.

Pour mémoire : Louis Armstrong est né le 4 août 1901, quasiment avec le siècle. Il incarne le jazz dont il fut le génie tutélaire. Daniel Nevers s’est lancé dans cette grande aventure de l’intégrale qui ne peut être exhaustive. Il n’est pas vraiment possible, ni intéressant de reprendre tous les enregistrements publics des groupes, Big Bands conduits par le trompettiste, génie incandescent puis grande vedette du show biz. La carrière de Sidney Bechet, soit dit en passant, suivra la même trajectoire. Tel que, les 15 volumes parus à ce jour permettent à la fois de suivre les évolutions de sa musique, de revenir sur la chronologie du 20e siècle et d’apercevoir les changements sociaux et sociétaux des États-Unis. Louis Armstrong a façonné les références culturelles de la première moitié du siècle dernier et laissé sa marque sur toutes les musiques dites de variété.
L’après seconde guerre mondiale le verra accéder au rang de star, traînant sa gouaille et sa voix, un peu moins la trompette – mais ce n’est pas le cas en cette année 1948 – sur toutes les scènes du monde, utilisé par le Département d’État américain comme ambassadeur. Au début des années 1960, Dizzy Gillespie sera lui aussi un « ambassadeur » de la diplomatie américaine. Une manière de se payer, de nouveau, un grand orchestre.
L’année 1948 avait commencé, avec le volume 14. Satchmo, comme tout le monde l’appelle et comme il se présente « Louis, Satchmo Armstrong » en oubliant Daniel son deuxième prénom – s’était tourné vers les petites formations. L’ère des Big Band tiraient à sa fin. Il fallait trouver un autre format. Le volume 14 montrait les premiers pas de la formule présentée notamment au festival international de jazz de Nice sous l’égide de Hughes Panassié. En juin 1948, pour des émissions de radio à Chicago et à Philadelphie, le « All-Stars » – le nom est adopté après des hésitations comme le raconte Daniel Nevers dans le livret – se met en place. Lire la suite