La France à un goût de rock

Le rock américain débarque… à l’Olympia forcément.

Octobre 1958. La guerre d’Algérie provoque des traumatismes durables dans une grande partie de cette jeunesse partie combattre pour conserver une colonie sous la direction de généraux et de colonels qui ont perdu le sens de l’honneur. Le Général de Gaulle arrive comme le Sauveur. Il est présenté ainsi par le Président René Coty qui ne nomme, après un coup d’État – au moins un ! – Président du Conseil. Début octobre, un référendum constitutionnel permet l’avènement de la Ve République. La guerre se poursuit et le Général dira, en une formule ambiguë : « Je vous ai compris ». Il n’avait pourtant pas compris les aspirations d’une jeunesse en train de trouver un langage commun, une musique générationnelle de tous ces ados, ces « teens » comme on disait de l’autre côté de l’Atlantique, le « rock and roll » déjà bien installé aux Etats-Unis avec Elvis Presley, Gene Vincent et beaucoup d’autres.
En France cette musique était dénigrée par les amateurs de jazz dont Boris Vian et Henri Salvador qui avaient fait des tubes de rock « comiques » à leur grand étonnement. Lire la suite

La virtuosité humaniste d’Oscar Peterson.

La geste du piano

Oscar Peterson, le piano dans toute sa plénitude, dans toute sa rigueur qui sait parcourir les 88 touches à la vitesse d’un champion olympique de 100 mètres. Oscar, un « Dieu » bis. « Dieu » premier – pour le piano -, Art Tatum, fut ainsi qualifié par « Fats » Waller un soir où Tatum entrait dans un club où officiait Fats. Une anecdote peut-être apocryphe qui dit bien le respect et plus encore de tous ces grands artistes envers la virtuosité tatumienne. Même le plus grand ne pouvait rivaliser. Lire la suite

Verlaine et Rimbaud, un concert révolutionnaire.

Esprit de corps

Mon premier était né à Metz, mon second à Charleville (Ardennes), leurs pères étaient capitaines – pour l’un dans le Génie, pour l’autre dans l’infanterie, Verlaine était mauvais élève, attiré par d’autres plaisirs et sensations, Rimbaud un élève surdoué remarqué par ses enseignants. Leur attirance venait d’abord de la poésie avec comme référence commune Charles Baudelaire, révolutionnaire endurci de la langue française et des formes du poème, rejeté par tous les biens-pensants – pansants.
Arthur Rimbe, Ribaude suivant les temps de Paul, reçut comme un don de la terre la poésie de Paul qui l’incita à se lancer dans l’aventure. Une aventure pas seulement intellectuelle. Le besoin de révolution ne s’agite pas seulement en une seule dimension, il est en 3D au moins. Lire la suite

Le centenaire du premier disque de jazz, 1917 une année clé dans l’histoire du monde et du jazz.

Rendez-vous à Coutances le jeudi 25 mai, aux Unelles, 18h30

Bonjour,

Cette année, l’horaire n’est pas au top – comme on dit à la télé, je sais il ne faudrait pas l’utiliser – et le jour non plus même s’il s’agit d’Ascension. Une ascension vers la mémoire du jazz, la mémoire du 20e siècle. Le jazz s’inscrit dans l’histoire du 20e, il en rythme les ruptures.
Il s’inscrit aussi dans la naissance du 20e siècle. La guerre, la Première Grande Boucherie Mondiale, marque la fin du 19e siècle qui avait duré de 1750 à 1914, un long 19e de naissance et de développement du capitalisme industriel. La première révolution industrielle, la machine à vapeur, avait révolutionné le travail et les emplois. Le partage du monde entre les grandes puissances industrielles, la Grande-Bretagne d’abord, la France ensuite, via le colonialisme allait dessiner une nouvelle planète et construire de nouvelles idéologies, la Nation lié à un récit linéaire de l’Histoire et le racisme comme l’antisémitisme. Lire la suite

Jazz pour rigoler

Expérimentations

Henri Salvador, invité de Daniel Filipacchi dans l’émission « Pour ceux qui aiment le jazz » entre janvier et juin 1958 – le temps était aux coups d’État -, s’était livré à quelques « challenges » proposés par le meneur de jeu. Mettre des paroles françaises sur « Little Darling » ou improvisé sur une contravention de Filipacchi ou un article de journal… « Mes inédits » – ceux de Salvador bien sur – n’est pas un témoignage impérissable mais un sourire que nous adresse le Henri des familles d’outre tombe. De quoi vous faire sourire pour vous conduire à lire sur un air de blues les journaux ou prendre à la rigolade les petits travers, les petits malheurs dont notre vie est souvent faits pour les dépasser et revenir au rire, le propre de Henri Salvador.
Nicolas Béniès
« Mes inédits », Henri Salvador, « La collection des grands concerts parisiens »/Frémeaux et associés.

Jazz pas forcément d’hier…

Retours en avant

Le nom de cet orchestre dévoile son projet, « Vintage orchestra ». Le premier album était u hommage à Thad Jones. Un hommage bienvenu. Thad n’était pas seulement un grand trompettiste, un des plus fins et intelligents de son temps – la notoriété de Miles Davis a laissé l’ombre s’écraser sur lui – mais aussi un compositeur et un arrangeur de talent. Le « Vintage » nous a laissés sans nouvelles depuis 8 ans. Diable ! Ce deuxième opus se veut rappeler la capacité de Thad à arranger pour Joe Williams d’un côté et de Ruth Jones de l’autre, respectivement en 1966 et 1968. D’où le titre et le sous titre : « Smack Dab in the Middle, the vocal side of Thad Jones ». Lire la suite

Le coin du polar

Un nouveau – nouvelle – Détective.

Annelie Wendeberg, née es Allemagne de l’Est, est microbiologiste. Elle se sert de sa matière pour construire des romans policiers qui pourraient s’intituler « scientifiques », comme il en est historique. Elle réunit les deux caractéristiques situant son environnement dans les années de règne de la Reine Victoria, fin du 19e siècle.
Elle décrit la manière de construire des vaccins, ceux du choléra et du tétanos en l’occurrence dans cette Grande-Bretagne victorienne. La structure de cette société ne reconnaît pas aux femmes le droit d’être médecin. Anna Kronberg, notre détective, est obligée de se transformer en Anton Kronberg, le prénom de son père, pour pouvoir exercer son art. Lire la suite

Le coin du polar


Visite du nouveau 36 quai des orfèvres…

Le siège de la Police Judiciaire à Paris est un lieu mythique, rempli de toutes ces histoires de policiers et de truands, plus ou moins légendaires à commencer par Vidocq créateur de cette police après avoir été un truand, un lieu aussi agréable avec vue sur la Seine, le Tribunal et le quartier latin. Cette année 2017 verra la fin du « 36 » pour un transfert dans la ZAC de Batignolles, dans le 17e arrondissement. Un changement difficile pour tous les personnels. A voir les photos, le bâtiment est fait d’un grand rectangle en forme d’un Titanic et d’une structure ressemblant à trois voiles allant de la plus petite en haut à la plus grande en bas. Il ne donne pas l’impression de respecter les lois de l’équilibre ou, plus exactement, d’un équilibre flottant comme dans un tableau de la peinture abstraite. Sous un autre angle il prend les traits d’une forteresse qui se veut imprenable, un petit air de château fort stylisé. Lire la suite

Le Jazz quand même….


Frontières, je vous hais !

Hubert Dupont, bassiste et contrebassiste, est en train de construire une musique d’un temps qui fait des explosions une manière de survivre en détruisant. Le chamboule tout est devenu le sport à la mode.
Est-il possible de créer dans cet environnement mortifère ? Comment vivre et résister tout en appelant à un monde fraternel de rencontres de cultures pour forger une modernité ? Il a voulu relever le gant en se servant des cultures des opprimés, des cultures qui restent populaires tout en étant savantes. Il a forgé un groupe et des compositions pour répondre aussi à un projet politique, la lutte des Palestiniens pour faire reconnaître leurs droits. « Golan » – dont c’est le volume 2 – en est résulté. Golan est une question de frontières et de définition aussi du possible État palestinien. Un symbole. Lire la suite

U.P Jazz du 10 mai 2017 (suite)

Bonjour,

J’ai commencé la présentation de ces deux dernières séance de cette année – nous poursuivrons l’année prochaine pour un voyage de côte à côte, cote à cote – avec l’article intitulé UP du 3 et du 10.
Pour éviter l’encombrement, j’ouvre ce nouvel opus. Pour la suite de ce spécial saxophone.
Pour faire le lien, je vous propose, en ouverture, un enregistrement de 1975 (octobre) réunissant Al Cohn et… Dexter Gordon. Dex, « Long Tall », a une place spécifique dans le jazz des années d’après seconde guerre mondiale. il est l’un des introducteurs du bebop sur la côte ouest. Il est né à LA, son père était dentiste (pour rappel). Al Cohn, né à Brooklyn, est un des représentants des « frères »… Lire la suite