Le rock à l’écrit

Un éditeur, un ou deux auteurs pour la mémoire du Rock.

L’éditeur, « Camion Blanc » – sans doute en référence à l’expression « Beau comme un camion  blanc » – se veut spécialiser dans le rock mais a quand même publié un ouvrage sur « Les musiques noires ». Didier Delinotte et Jacques Vincent, ensemble ou séparément, œuvre à faire connaître et reconnaître les groupes de rock oubliés, tombés dans le néant alors que certains de leurs compositions, interprétations et albums devraient être sauvegardés, écoutés. Ils réalisent un travail de mémoire nécessaire pour, dans le même temps, rendre compte de ces années 1960s (sixties) et 1970s (seventies) qui ont vu un processus de destruction/création extraordinaire. Des barrières sont tombées, des fondations se sont construites pour envahir les 30 années suivantes. Lire la suite

Modèle de destruction

Une histoire américaine

« The Carpenters », Karen et Richard frère et sœur, représente le groupe phare des années Nixon, le moment où les populations veulent oublier la guerre du Viêt-Nam et même leur président. Une musique sirupeuse sauvée par la voix étrange de Karen. Un peu grosse, elle erre de régime amaigrissant en régime amaigrissant. Anorexique, elle mourra à 33 ans d’un arrêt cardiaque ouvrant la porte à la dévotion des fans. Clovis Goux évoque cette Amérique étrange qui connaîtra la vague hippie à la fin des années 60. « La disparition de Karen Carpenter » raconte la descente aux enfers d’une jeune femme trop de son temps et en acceptant toutes les figures de la publicité. Une écriture qui tient à distance son sujet tout en faisant preuve de délicatesse, de pudeur. Ce critique de rock devrait faire romancier.
N. B.
« La disparition de Karen Carpenter », C. Goux, Actes Sud/Rocks

Le roi se meurt une fois encore

A propos du 40e anniversaire de la mort de Elvis Presley

Les commentaires se sont multipliés sur la mort d’Elvis. Les banalités succédant aux on dits. Rien sur son enfance pauvre et malheureuse, rien ou si peu sur « Beale Street » à Memphis qui sert d’entrée dans le ghetto noir, rien non plus sur la grande création de Elvis, le rockabilly, ce mélange propre à la société américaine entre les blues et le « Country and Western », moins que rien sur « Big Boy » Crudup, le bluesman qui inspira le premier 45 tours de jeune Elvis. Silence total sur le producteur, Sam Phillips et de son label « Sun Records ». Tout, par contre sur son succès à partir de 1956 lorsque Sam a cédé les droits des premiers enregistrements à RCA. Ce n’est pas le label RCA qui a pris les risques mais bien Phillips.
Sam Phillips est tombé dans le blues très tôt. Il sert de « talent scout » pour tous les labels indépendants qui naissent après la seconde guerre mondiale dont Chess – qui reste le plus connu. Il enregistre dans des conditions pas toujours optimales, ce qui s’entend. Mais il sait aller à la découverte… Lire la suite

La France à un goût de rock

Le rock américain débarque… à l’Olympia forcément.

Octobre 1958. La guerre d’Algérie provoque des traumatismes durables dans une grande partie de cette jeunesse partie combattre pour conserver une colonie sous la direction de généraux et de colonels qui ont perdu le sens de l’honneur. Le Général de Gaulle arrive comme le Sauveur. Il est présenté ainsi par le Président René Coty qui ne nomme, après un coup d’État – au moins un ! – Président du Conseil. Début octobre, un référendum constitutionnel permet l’avènement de la Ve République. La guerre se poursuit et le Général dira, en une formule ambiguë : « Je vous ai compris ». Il n’avait pourtant pas compris les aspirations d’une jeunesse en train de trouver un langage commun, une musique générationnelle de tous ces ados, ces « teens » comme on disait de l’autre côté de l’Atlantique, le « rock and roll » déjà bien installé aux Etats-Unis avec Elvis Presley, Gene Vincent et beaucoup d’autres.
En France cette musique était dénigrée par les amateurs de jazz dont Boris Vian et Henri Salvador qui avaient fait des tubes de rock « comiques » à leur grand étonnement. Lire la suite