Polar irlandais

Ulster, 1983
Adrian McKinty réussit avec « Ne me cherche pas demain » ce qu’il faut bien appeler un tour de force : nous intéresser à une sempiternelle intrigue de meurtre en salle fermée. Le contexte de la guerre civile en Ulster, en cette année 1983, l’aide beaucoup. Il décrit les peurs, les angoisses mais aussi la réalité des attentats comme la place étrange de l’inspecteur Sean Duffy, catholique dans une police protestante. Il est considéré comme un traître des deux côtés. Continuer la lecture

Littérature bulgare, un récit de Victor Paskov.

Dans « Ballade pour Georg Henig », Victor Paskov met en scène la rencontre d’un vieux luthier tchèque – le Georg du titre – et un garçon de 11 ans, Victor, dans la Bulgarie des années 1950, dans un quartier pauvre de Sofia. La ballade est construite comme un morceau de musique organisé autour du violon dans toutes ses dimensions. Le vieux luthier construit un huitième de violon pour le petit Victor et termine sa vie en créant un violon hors norme, à la sonorité d’un orchestre, pour Dieu.
Le père de Victor est trompettiste et il court de répétitions en engagements dans un « opéra de quartier » tandis que la mère coud à perdre haleine des pièces de tissu avec une Singer – qui réveille des souvenirs dans toutes les familles européennes.
Paskov décrit, avec les yeux du garçon l’environnement de la pauvreté. Un point de vue qui évite tout mélo : faute de comparaison, Victor ne sait pas qu’il est pauvre et ne comprends pas l’injonction du vieil homme « roi Victor, sois fier d’être pauvre ». Passe aussi quelques notations de cette Bulgarie sous la domination du Parti Communiste forcément stalinien concernant la répression et, en contrepoint, le système de santé gratuit. Continuer la lecture

Le coin du polar…belge néerlandais

Un titre accrocheur, « L’affaire Magritte », pour une rédemption, une sortie de dépression de l’enquêteur Alex Berger confronté à des meurtres étranges qui proviennent d’un autre temps.
Que vient donc faire le peintre belge surréaliste dans cette histoire ? Le spécialiste des visages en forme de chapeau, de trou ou qui n’arrivent pas à se rapprocher séparés et unis, l’utilisateur de la dialectique et de la psychanalyse freudienne sert-il de fil directeur ? Toni Coppers se sert de sa connaissance du peintre pour faire surgir des liens étranges entre l’assassin et l’enquêteur. Continuer la lecture