Le coin du polar

La Chine, l’amour et le polar

Peter May vient de Glascow et vit aujourd’hui dans le Lot. A la fin du siècle dernier, il s’était lancé dans une « série chinoise » mettant en scène un couple étrange aux yeux de leurs deux communautés, Margareth Campbell, américaine, médecin légiste et Li Yan, commissaire de police à Pékin. Tout les sépare saut l’amour et les enquêtes policières. Peter May a réussi à unir l’information sur la société chinoise, les préjugés des deux côtés et le roman policier. Une grande réussite que ces 6 enquêtes Peter May La série chinoise 1menées conjointement, mêlant astucieusement vie privée et enquêtes. Les éditions du Rouergue ont décidé de les rééditer en deux Peter May la série chinoise 2forts volumes. C’est un plaisir de les retrouver plongés chacun leur tour dans l’univers de l’autre. Pour appréhender les enfermements dus au rejet de l’Autre simplement parce qu’il est Autre. Peter May participe à une lutte intransigeante contre tous les rejets sans fondements. L’ironie en plus et le rire, le propre de l’être humain, pour dialectiquement réunir les négations. La fin n’est pas réjouissante mais juste. A lire de toute urgence. Lire la suite

Conjoncture.

Crise financière et crise économique.

Les résultats du premier trimestre 2016, pour l’économie française, ont fait croire à une reprise possible. Ces prévisions de l’INSEE, comme celles du gouvernement, ne tenaient compte ni d’un environnement international marqué par la récession ou la baisse de la croissance pour tous les pays émergents à commencer par l’économie chinoise, ni de la faible reprise américaine, ni par l’ombre de la crise financière qui ne demande qu’une étincelle pour se déclencher. Que ce soit l’INSEE ou l’OFCE, les économistes semblent dépourvus d’outils pour analyser la configuration actuelle des liens, évidents depuis août 2007, entre la crise financière et la crise économique. Depuis août 2015 – la chute des bourses chinoises – les réactions des banques centrales notamment indiquent la profondeur possible de ces crises.
La BCE, pour parler de la zone euro, a promu, à l’instar de la Banque centrale du Japon, des taux d’intérêt négatifs. En clair, le prêteur paie l’emprunteur ! Pour le dire encore autrement : les États se font payer pour emprunter sur les marchés. Une grande première. Désormais les grands pays capitalistes empruntent à des taux d’intérêt négatifs. Comme, depuis quelques temps, les grandes entreprises. La même BCE, pour soulager les banques de ce poids – ces taux pourraient les conduire à la faillite – crée massivement de la monnaie pour racheter les obligations de la dette publique et celle des grandes entreprises. Les sommes sont fabuleuses : 1000 milliards d’euros d’obligations de la dette publique possédées par la BCE via les banques centrales des pays de la zone euro. Ainsi la Banque de France détient plus de 10% du stock d’emprunt d’État français. Les effets se font aussi sentir du côté des assureurs qui enregistrent des bénéfices sur les fonds en euros constitués d’obligations. Lire la suite

C’est la rentrée (littéraire) !

Le rire de Proust et des voyages pour deux premiers romans

La rentrée littéraire ressemble à la politique monétaire de la BCE : une édition de livres impossible à suivre pour un lecteur même anormal : 560 romans si j’en crois les publications. Comment faire un choix raisonnable ? Impossible. Il faut faire confiance au hasard et (un peu, pas trop) aux attachées de presse. Il faut attacher une attention particulière aux premiers romans, ils en disent beaucoup sur notre monde.
Proust pour rireMais avant, un livre étrange, venu d’ailleurs. Le titre est tout un programme : « Proust pour rire, bréviaire jubilatoire de A la recherche du temps perdu  ». Laure Hillerin, l’auteure, est une voyageuse dans l’œuvre de Proust. Son objectif : faire lire Proust en extrayant de cette Recherche, l’humour, l’ironie pour faire rire. Elle y réussit. Il faut dire que le Marcel n’est en rien un triste sire mais un joyeux drille. La « grande littérature », celle enseignée dans nos écoles, suscite un rejet instinctif. C’est une erreur que ce livre permet de corriger. Lire la suite

Université populaire, séminaire jazz, le calendrier

Bonjour,

Le jazz reste inscrit, malgré mon absence à la présentation, dans les proposions de l’UP.
Ci-après, les dates retenues. Les séminaires auront lieu, comme d’habitude au Café Mancel de 18h à 19h30, le mercredi.
A vous revoir.
Comme d’habitude, je les annoncerai dans Ouest-France.

16 novembre

23 novembre

7 décembre

21 décembre

4 janvier

11 janvier

18 janvier

8 mars

22 mars

5 avril

A vous revoir.

Nicolas

Université populaire de Caen. Calendrier des cours d’économie

Bonjour,

Absent pour cause de vacances – il faut bien en prendre de temps en temps et aller rêver d’un monde différent ailleurs – à la présentation de cette nouvelle année scolaire, je vous donne c–après les dates retenues. Cette année, ce sera le mardi et non plus le jeudi. sur ce blog, vous trouverez à la fois des information et des textes en lien avec les séminaires.
Une année charnière et pas seulement à cause des élections présidentielles américaines – voir deux articles sur ces Etats-Unis de recension de deux livres et d »un Atlas – et françaises mais surtout par les changements prévisibles des politiques monétaires. La crise est loin d’être terminée…
Voir aussi les deux articles écrits récemment sur la conjoncture.

Les dates :
15/11

22/11

6/12

3/01

31/01

28/02

14/03

30/05

6/06

13/06

Nicolas.

Les incertitudes alimentent la crise

Le « ça va mieux » de Hollande a fait long feu.

La préparation du budget en France est à la fois électoraliste – dans la mesure du peu de possibilité que laisse les politiques de baisse des dépenses publiques – et hors de l’analyse de la conjoncture. Les signes de rechute de crise financière et de crise économique se multiplient. Le gouvernement Hollande, comme la droite, n’en a cure. Il reste bloqué sur la prévision de croissance de 1,5% et une amélioration pour l’année prochaine qui ferait baisser le ratio déficit sur PIB par l’augmentation plus forte du PIB que le déficit pour atteindre les fameux 3%. Un optimisme de commande qui ne correspond pas aux chiffres récents de l’INSEE et à l’incertitude qui domine le monde. Lire la suite

Larousse 2017

Une madeleine qui ne mange pas de pain.a

Qui ne connaît cette fameuse image de Proust de la madeleine censée raviver des souvenirs lointains abandonnés dans l’inconscient ? Les madeleines sont aussi diverses que le lac qui baigne notre cerveau fait de sensations diverses capables de nous projeter dans le passé ?
Pour plusieurs générations successives – et pas aussi vieille que Jean d’Ormesson qui sert de parrain à cette édition et pas forcément de droite – le « Larousse » a été, avant l’apparition du Robert qui a changé la donne, l’outil de la découverte du vocabulaire. Pas seulement des mots mais aussi de ces fameuses « pages roses » dont Goscinny s’est beaucoup servies pour construire les dialogues de ses aventures d’Astérix. Que serait le Jules César de cette BD sans les pages roses ? « Alea Jacta est » parle à toutes ces générations. Nous savions, avant même d’étudier le latin, que les « dés étaient jetés » pour Jules avant même de franchir le Rubicon, un ru qui longe Rome dans la campagne avoisinante. Cet apprentissage se fera à partir de cette étincelle rose. Lire la suite

Etats-Unis entre passé et futur

Le rêve américain serait-il un cauchemar ?

Les élections aux Etats-Unis attirent tous les projecteurs. Les journalistes en restent souvent aux apparences. Le « clown » Trump a fait rire dans un premier temps, sorte de Donald Duck plus vrai que nature, sorti tout droit du dessin animé créé par Disney. Tex Avery semblait tout proche pour cette caricature. Puis il a fait peur sans s’interroger sur ce qu’il représentait, de quelle figure il était le porteur.
De l’autre côté de ce spectre qui va de l’extrême droite à la gauche, l’autre figure de ces Etats-Unis a surgi, surprenant le petit monde médiatique, Bernie Sanders se réclamant du… socialisme, un concept qui semble faire partie de la mélancolie du monde de l’avant chute du Mur de Berlin.
Deux extrêmes, deux représentations d’un pays en train de basculer, de se transformer, de se refonder. « L’Amérique qui vient » de Christophe Deroubaix, journaliste à l’Humanité, et « Atlas des Etats-Unis », sous titré « Un colosse aux pieds d’argile » – il arrive que les clichés tombent justes – de Christian Montès et Pascale Nédélec reposent des questions clés sur la place des Etats-Unis dans le monde et les déstructurations de cette société. Lire la suite

A propos de la « Beat Generation »

Retour d’expo, traces discographiques et littéraires.

Beaubourg a proposé une exposition sur la « Beat Generation ». Pas totalement réussie, elle avait pourtant le mérite de remettre dans l’actualité ces écrivains et poètes. Une « génération » qui fait partie de notre patrimoine ne serait-ce que par la création du terme « Beatnik » pour signifier une profonde révolte de la jeunesse face à cet ordre dit « établi » qui brisait tous les élans créatifs et d’espérances d’une vie moins routinière. Ce terme, qui a marqué la fin des années 1950, marquait une nouveauté, la place des « teens », des ados. Ces années 1950s verront l’avènement du rock, que les amateurs de jazz ont trop souvent rejeté sans comprendre la révolte dont il était porteur. Elvis Presley en sera la figure tutélaire. Il ne rejetait ni le blues, ni la « country » mais en faisait une dialectique pour construire une nouvelle voie. La mémoire du futur s’assoit sur celle du passé…
Les termes ensuite évolueront pour figurer des changements, changements de forme. Il sera question, plus tard et dans le contexte des mobilisations contre la guerre du Vietnam, de « Hippie ». Comme le note Alain Blum dans le coffret Frémeaux, « Beat Generation, l’anthologie musicale », on avait aussi, dans les ghettos noirs, de « Hep Cat » ainsi que, dans cette jeunesse débridée, de « Hipsters ». Il fallait dans cette fin des années 30 – il faut entendre Cab Calloway inventeur du « Za-Zu-Za » qui donnera « Zazous » – « être hip » pour être dans le coup.

Un duo emblématique
Le groupe, le duo, emblématique de cette fin des années 30 est celui constitué par Slim Gaillard et « Slam » Stewart, bassiste chantonnant à l’octave de son jeu d’archet cependant que Slim s’active principalement à la guitare mais aussi au vibraphone, au piano, aux saxophones… Lire la suite

La crise systémique perdure

Risques de crash financier et de récession.

Le « négationnisme » de la démocratie, du libre débat se répand. Pierre Cahuc et André Zylberberg, économistes du travail, affirment, dans « Le Négationnisme économique » que l’économie est devenue une science expérimentale comme la physique ou la chimie renouant ainsi avec les vieilles lunes libérales. Sans s’apercevoir que l’économie est politique, qu’elle se doit de critiquer et de proposer des solutions pour faire évoluer la société. Faute de cette vision critique, l’analyse n’est pas possible… Comprendre le contexte de crise systémique est nécessaire pour appréhender la conjoncture.(voir les articles précédents sur ce même blog)

L’incertitude est une donnée clé du contexte général et de la conjoncture. Incertitude qui se traduit par une Bourse qui fait le « lapin » – « Bunny ». Le CAC 40 – pour cotation automatique en continu, qui réunit les 40 valeurs les plus importantes, l’indice clé de la Bourse de Paris – connaît, depuis le 15 août 2015 (chute des Bourses chinoises), des évolutions limitées. Entre 4200 et 4500 points. Comme le lapin, il reste assis sur son derrière en regardant à droite et à gauche. Un symptôme de cette incertitude qui empêche toute prévision. Lire la suite