A propos de la vague de commémorations

Notre mémoire et la leur

Le deux centième anniversaire de la révolution française a marqué l’entrée dans l’ère des commémorations sous prétexte de raviver le passé.1 Il a coïncidé avec la chute du Mur de Berlin (en novembre de cette année 1989) métamorphosant l’architecture du monde. Le monde politiquement divisé en deux avait vécu – curieux terme pour dire qu’il était mort -, désormais le concept de «mondialisation » s’imposait pour décrire un monde divisé économiquement en trois, à la recherche de nouvelles règles. La commémoration dresse un rideau de fumée devant l’absence de futur de dirigeants qui ne savent plus comment se diriger, sans parler de diriger les autres. C’est une constatation qui fait peur, personne ne sait où va le monde, ce qui n’empêche pas d’y aller, avec une détermination qui laisse rêveur – il faudrait plutôt parler de cauchemar. Lire la suite