Retour à la normale ?

Les Bourses du monde entier ont brutalement chuté le 5 février 2018.

Surprise de tous les journaux économiques (et des autres un peu plus tard) : le lundi 5 février 2018 Wall Street a chuté et à la suite les Bourses du monde entier. Les niveaux atteints par les indices boursiers flirtaient avec des records. Le « Dow Jones » – indice phare de la Bourse de New York qui contient les 30 valeurs industrielles les plus importants – avait crevé les plafonds en dépassant les niveaux atteints avant la crise d’août 2007. L’euphorie emportait toutes les réticences et mises en garde de certains économistes et même celles des traders conscients que « ça ne pouvait pas durer ». Lire la suite

Les monnaies virtuelles font la une

Bitcoin, une monnaie ?

Il est beaucoup question, ces derniers temps du bitcoin. Mais ce n’est pas la seule « cryptomonnaie », une production monétaire par les techniques de cryptographie qui suppose des ordinateurs très puissants pour créer ce type de monnaie. Un marché opaque et fortement spéculatif géré par des inconnus et dont les transactions sont anonymes. Lire la suite

Université populaire Économie du 23 janvier

Revenu de base ? Revenu universel ?

Les points d’interrogation viennent signifier l’incertitude de la dénomination. D »autres termes ont existé comme revenu de citoyenneté.
Sur le fond plusieurs théories s’opposent.

Revenu de base, un RSA généralisé ?
Le revenu de base est une politique qui se trouve justifiée par les théories de Milton Friedman et des « Chicago Boys ». L’idée est simple. La protection sociale – le « Welfare » aux Etats-Unis, des budgets votés tous les ans – se traduit par une intervention de l’État qui perturbe le bon fonctionnement des marchés. Il faut donc laisser faire la concurrence. Il propose d’instituer un revenu de base – au niveau du RSA par exemple pour la France – versé à toute la population en âge de travailler, sans critère. Ensuite, via – une hypothèse non démontrée – l’égalité des chances, chaque individu peut décider des moyens qu’il veut mettre en œuvre pour gagner plus ou s’en contenter. Chaque individu est libre en fonction de ses compétences.
La conséquence de ce revenu de base est de supprimer purement et simplement toute la protection sociale, y compris les allocations chômage – j’allais écrire surtout les allocations chômage, ceux et celles qui veulent travailler trouvent un emploi.
Les défenseurs de ce revenu de base aujourd’hui s’appuient – comme souvent – sur une réalité. Les démarches pour « toucher » le RSA sont humiliantes. Il faut se déclarer « pauvre » et pas seulement. Il faut apporter la preuve de sa pauvreté. C’est une des raisons qui expliquent que beaucoup d’allocataires potentiels refusent de remplir un questionnaire pour y avoir droit. Ensuite les « effets de seuil » jouent à plein. Votre revenu est légèrement supérieur à la barre fixée et vous êtes redevables du soi disant trop perçu.

Comment le financer ?
Ils ajoutent, ces partisans du revenu de base, la paperasserie et la bureaucratie inhérente aux critères qui permettent d’accéder au RSA – après le RMI, une idée de Rocard. Aujourd’hui ce versement, comme la plupart des dépenses sociales, sont des compétences départementales.
Ils prétendent – voir le débat Denis Clerc et Marc de Bastiat dans la revue « L’Économie politique » n°71 de’ juillet 2016 – que le versement automatique de ce revenu de base permettrait de telles réductions de dépense, moins de paperasse et moins d’emplois, que son élargissement serait autofinancé.
Derrière cette proposition, c’est toute la théorie néo-classique qui s’exprime, la confiance dans les mécanismes du marché et dans une perspective différente de la place de l’État.
Question subsidiaire et fondamentale : le revenu de base peut-il faire reculer la pauvreté ? Réduire les inégalités ? Si la disparition de la protection sociale est le prix à payer pour cet élargissement, il est intuitivement évident que les moins riches y perdront. S’il faut payer l’hôpital, les soins de manière générale sans sécurité sociale qui pourra se soigner ? Le droit à la santé sera fortement remis en cause.

Revenu universel comme résultat de la révolution numérique ?
Le revenu universel, tel que l’a proposé dans le premier temps – au moment des Primaires – de sa campagne, Benoît Hamon tenait d’une autre vision. La révolution numérique sera telle qu’il faut se dégager de la relation emploi/travail – les deux notions ne sont pas équivalentes – et revenu. Comme, dans cet avenir, l’emploi n’est pas assuré, le revenu doit s’autonomiser. Chacun-e doit pouvoir vivre. Le travail, du coup, supporterait une autre définition. Cette idée d’une part est loin d’être partagée, d’autre part pour pouvoir répartir de s richesses, il faut d’abord en créer.

Du coup, le revenu universel renvoie à la théorie. Dans le capitalisme, la valeur créée résulte de la dépense de travail humain via le travailleur-salarié. C’est la grande révolution du capitalisme par rapport aux modes de production qui l’ont précédés – esclavage, servage -, le travailleur libre de vendre sa force de travail. Si la dépense de travail humain disparaît, la valeur disparaît avec elle. C’est la grande leçon de Marx. La déconnexion du revenu et de l’emploi – beaucoup de théoriciens comme André Gorz parlent du « travail » – pose des problèmes d’abord théoriques.
Dans la pratique, mis à part le montant des richesses à distribuer – la société d’opulence est combattue par les inégalités profondes résultat des politiques libérales – se pose la question des possibilités de réalisation. Quelles forces sociales porteraient ce projet ? La revendication du revenu universel peut-elle favoriser les mobilisations sociales ?
Ne faudrait-il pas mieux axer sur la réduction du temps de travail d’abord pour vaincre le chômage de masse actuel qui pèse sur les capacités de mobilisation ? Pour combattre aussi l’intensification du travail ?
Comment intégrer toutes ces revendications dans un programme global qui inclut les réponses à la crise écologique et les mutations climatiques ?
Dans la crise systémique actuelle et le recul des utopies de transformation
sociale comment résister et construire un mode de production en rupture avec le capitalisme ?

On comprend que le thème de la semaine prochaine soit « La révolution numérique »…

Nicolas.

A lire pour poursuivre le débat
La revue « L’Économie politique » n° 67, juillet 2015, « Faut-il défendre le revenu de base ? »; n°71 : « Peut-on faire l’économie du bonheur ? » et le n° 73 : « La social-démocratie a-t-elle un avenir ? »
Erik Olin Wright, « Utopies réelles » qui défend le revenu universel (mais pas le revenu de base) comme « moyen d’éroder le capitalisme », en refusant le « grand soir » ou même l’idée de construire un autre système que le caîtalisme même s’il parle de « postcapitalisme », une expression – il ne le dit pas – qui a eu son heure de gloire aux débuts des années 1960, moment où il est question d’une nouvelle classe ouvrière soi-disant enfermée dans le capitalisme via la société de consommation.
Cette thèse fait partie des débats stratégiques nécessaires même si – surtout – elle est contestable.

La crise systémique du capitalisme, crise de civilisation,

Retour de l’État Nation contre la démocratie.

Le « printemps arabe » avait posé un axiome dont l’actualité ne se dément pas : les populations veulent décider de leur avenir et, pour ce faire, la démocratie est essentielle. Restait à en définir les contours. Il n’en eût pas le temps. Les pouvoirs, souvent dictatoriaux dans cette partie du monde, se sont déchaînés contre cette volonté, contre ces espoirs d’un changement total des incarnations du pouvoir. La Syrie représente le cas le plus extrême. Bachar el-Assad a été jusqu’à gazer ses populations pour les punir d’avoir cru, un moment, qu’elles pouvaient agir sur le terrain politique sans le soutien du père de la nation…
Les incarnations de cette démocratie, y compris la démocratie dite bourgeoise, parlementaire, les processus électoraux, sont contestées. Non seulement par le Front National en France et ses homologues en Europe mais aussi par des représentants de cette droite appelée auparavant « parlementaire », « officielle » qui, prenant prétexte du risque –réel – du terrorisme veulent remettre en cause toutes les libertés démocratiques.
Ainsi Nicolas Sarkozy ne craint pas de déclarer, en assurant qu’il ne sera jamais « le président de l’impuissance », que « c’est le droit qui doit s’adapter à la réalité de la menace, ce n’est pas le contraire. » (sic) Une construction du français qui se perdra – heureusement – avec la disparition de Sarkozy de la scène politique. Le contraire de quoi ? On ne sait pas mais on subodore une signification : le droit disparaît pour laisser la place à une construction dictatoriale qui saura faire ce qu’il faut sans aucun contrôle… Lire la suite

L’imagination au pouvoir

Renouer avec les utopies.

Naomi Klein, dans « Dire non ne suffit plus » sous titré « contre la stratégie du choc de Trump », dresse un réquisitoire contre la politique qu’il met en œuvre ou qu’il voudrait mettre en œuvre. Une politique faite de défense des intérêts des nouveaux milliardaires et des sociétés multinationales installées dans le court terme sans projet d’avenir et, souvent, sans comprendre le passé. Contre tous les biens communs, toutes les solidarités collectives, pour la défense des super marques devenues humaines comme Trump lui-même, le néo libéralisme mâtiné désormais de revendications identitaires broie toutes les oppositions et bafoue la démocratie à coup de « fake news » pour organiser une société uniquement répressive, en s’appuyant sur des groupes fascistes et suprématiste blanc.
Pour lutter contre cette politique globale, il faut, dit-elle, « oser rêver », renouer avec le utopies pour démontrer que « le temps est venu de bondir ». Son argumentation s’appuie sur une analyse sous-jacente de la crise systémique du capitalisme qui rend crédible toutes ces visions pour forger un avenir commun, collectif d’abord contre les mutations climatiques, la crise écologique pour édifier un autre monde qu’elle voudrait « solidaire et bienveillant ».
Isabelle Delannoy, ingénieure agronome, se pose des questions similaires. Elle y répond en proposant des techniques qui permettent à la fois d’économiser de l’énergie, de lutter contre les crises écologiques et de développer la production. Elle passe en revue la permaculture, un procédé qui respecte la terre considérée comme un bien gratuit, l’économie circulaire et beaucoup d’autres procédés absolument nécessaire. Elle nomme cet ensemble qui veut « faire vivre en harmonie les êtres humains et les écosystèmes », « L’économie symbiotique » avec un sous titre qui manque singulièrement de modestie : « Régénérer la planète, l’économie et la société ». Il manque pourtant une ambition, comprendre le fonctionnement du capitalisme, déterminer les forces sociales – comme le fait Klein – opposées à cet avenir. Appréhender le passé est vital pour définir une autre société qui fonctionne sur d’autres critères. Les êtres humains sont insérés dans des enjeux qui les dépassent, ils font leur propre histoire dans des conditions qu’ils n’ont pas librement déterminées.
Dans la construction d’ « utopies réelles » – pour reprendre le titre de Erik Olin Wright, La Découverte – les réponses nécessaires aux crises, aux inégalités croissantes sont des points de départ pour synthétiser toutes les solutions partielles.
Nicolas Béniès.
« Dire non ne suffit plus », Naomi Klein, Actes Sud ; « L’économie symbiotique », Isabelle Delannoy, Actes Sud/Colibri.

UIA Économie du 20 novembre 2017

Bonjour,

Aujourd’hui le thème sera « L’endettement »

Comment se pose la question de l’endettement public ? Quel lien avec les déficits publics ? Faut-il rembourser la dette ?

Le monde de la finance souhaite, malgré les dictats du libéralisme – plus exactement des théories néo-classiques – que l’État, les collectivités territoriales s’endettent. Pourquoi ? Parce que c’est un placement sur.
Pourquoi les États se trouvent dépendants des marchés financiers ? Est-ce inéluctable ?

Pourquoi ne parle-t-on pas plus de l’endettement privé ?

Quelques questions auxquelles nous tenterons de répondre.

Lundi 17h Campus 2

Nicolas.

Fin de la séquence ouverte en 2011

Une reprise économique inédite.

Une reprise de l’économie française comme celle des grands pays développés relativement faible avec une absence de taille : l’inflation qui reste à des taux très bas, bien loin de l’objectif de 2% fixé par les banquiers centraux, (comme la FED et la BCE). L’épée de Damoclès de l’arrêt des politiques monétaires expansives pouvant provoquer une crise financière reste d’actualité. Lire la suite

L’idéologie libérale en crise

Brainstorming chez les économistes officiels.

La crise systémique du capitalisme qui commence en août 2007 a ouvert un basculement du monde dont les conséquences se font sentir sur l’idéologie. Le libéralisme a fait la preuve de son incapacité à analyser le monde, le capitalisme. La théorie néo classique des marchés auto-régulateurs a volé en éclats. Lire la suite

Les mots pour le croire

La religion libérale

« La novlangue néolibérale » reparaît augmentée pour tenir compte du renouvellement (faible), du discours dominant depuis l’entrée dans la crise systémique du capitalisme en août 2007. Une nouvelle interrogation surgit. La crise a totalement discrédité les théories néo-classiques sur lesquelles s’appuie le néolibéralisme. Après le temps du choc, elles restent présentes, latentes souvent, références moins affirmées des politiques économiques. Les justifications changent un peu mais les croyances comme autant de fétiches restent. Alain Bihr construit des explications sur cette résistance. Stimulantes.
N.B.
« La novlangue néolibérale. La rhétorique du fétichisme capitaliste », Alain Bihr, coédition Page 2/Syllepse.

Reprise es-tu là ?

Les institutions internationales croient au retour de la croissance

Successivement, le FMI, l’OCDE, la Banque Mondiale ont livré leurs prévisions pour l’année 2017. Le constat est semblable, ils s’abreuvent des mêmes modèles : la croissance mondiale est au plus haut depuis 6 ans. Elle atteindrait 3,5% en 2017 contre 3% l’an dernier. Elle serait tirée prioritairement par la zone euro, « à l’aube d’une décennie dorée » comme le croit le « Financial Times » sans doute dopé par la victoire de Macron et son attitude jupitérienne. Qu’en est-il ?

Le taux de croissance prévue pour la zone euro dépasserait celui des Etats-Unis, 1,7% contre 1,6% dans un environnement marqué par le retour de l’inflation, entre 1,7 et 1,5% et une diminution du chômage à 9,4%. Il reste que le pouvoir d’achat des salarié-e-s diminue, que l’investissement s’oriente vers des progrès de productivité en intégrant des technologies numériques plutôt que des investissements de capacité, l’augmentation du nombre de moyens de production. Lire la suite