Université populaire Economie le 6 juin 2017

Bonjour,

Pour ce 73e anniversaire du débarquement,,je vous rappelle mon livre « Le souffle de la liberté » sur le jazz de cette époque, 1944 et un peu avant, pour répondre à la question quel jazz en 1944-45, aux éditions C&F. Pas de rapport ,avec l’économie ? Pas tout à fait. La Libération voit la (re)naissance d’un Etat qui s’incarne dans une nouvelle forme. Le libéralisme est, pour un temps, abandonné. Dans « La grande transformation », Karl Polanyi écrira que le grand mérite de notre époque est d’avoir rompu avec le libéralisme responsable de la profondeur de la crise de 1929 et, ajoutons, surtout de l’aveuglement des dirigeants incapables de comprendre la crise. Lire la suite

L’Union Européenne dans la tourmente


Des anniversaires qui interrogent l’avenir

L’UE a du mal à faire le bilan de sa construction. Les gouvernements résistent à la manie des anniversaires. Le Traité de Rome a 60 ans et celui de Maastricht 25 ans…

Le 25 mars 1957 le Traité de Rome est signé par 6 pays, la République Fédérale Allemande, la France, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg et l’Italie. Ils constituent la Communauté Économique Européenne (CEE) pour construire un Marché Commun, une notion qui veut allier à la fois des réalisations économiques et politiques. La grande réalisation de la mise en œuvre de ce Traité à partir des années 1960 : la PAC, la politique agricole commune qui se donnait pour objectif l’autosuffisance alimentaire de la CEE avec la définition d’un « prix vert » sans lien avec le prix du marché mondial. Les avancées supranationales se mettent en place petit à petit et de manière empirique. Lire la suite

La Grèce encore…

L’Union Européenne, le FMI et la Grèce.

La Grèce surendettée voit la prochaine échéance de paiement du service de sa dette arriver en juillet. Elle ne possède pas les 7 milliards nécessaires. L’Union Européenne (UE) et la BCE doivent, selon le troisième volet du plan d’aide, les lui fournir. Le FMI – Fonds Monétaire International – est sceptique… Lire la suite

60 ans après…

Une Europe sous les feux de la crise

Le 25 mars 1957 était signé le Traité de Rome, acte fondateur de la CEE – Communauté Économique Européenne. 60 ans plus tard, cette construction européenne vit une crise profonde de légitimité. La montée des partis d’extrême droite à la fois la révèle et la creuse. Aucun imaginaire ne surgit pour mêler les futurs de ces populations. L’Union Européenne est vécue comme une Gorgone qui pétrifie les êtres.

Le Traité de Rome organise un Marché Commun, une nouveauté, qui ne se réduit pas à une zone de libre échange même s’il est explicitement prévu l’élimination des droits de douane pour permettre la libre circulation des marchandises. La libre circulation des hommes est aussi prévue, comme celle, inscrite plus tard, des capitaux. Dans le même temps, une Cour de Justice et des institutions communes sont crées comme l’Euratom, une politique commune dans les transports et la Politique Agricole Commune, la PAC.
La PAC servira un objectif : l’autosuffisance alimentaire des pays membres. Pour ce faire, les liens seront coupés avec le marché mondial. Le « Prix vert » sera fixé en fonction de la productivité de la plus petite exploitation agricole permettant un très rapide développement de la production agricole. La France deviendra, avec les Pays-Bas, le grenier de l’Europe. Une agriculture productiviste qui survivra à la réalisation de l’autosuffisance…
Ce Traité est signé par la République Fédérale Allemande, la France, le Benelux – Belgique, Luxembourg, Pays-Bas – et l’Italie. Il entrera en application en 1960. C’est une construction pragmatique parce qu’inter-étatique. Il faut l’unanimité pour prendre une décision. La Commission Européenne a le rôle de proposition. Ce sont les Etats qui décident en dernier ressort. Lire la suite

Université populaire Économie, le mardi 14 mars 2017

Bonjour,

Le « chamboule tout », sport ancien qui revient à la mode, déconstruit le paysage. le monde change à une vitesse sidérante. Ce n’est pas la mondialisation ou la démondialisation qui en est l’élément essentiel mais la destruction qui touche tous les aspects de notre environnement. Politique – la gauche et la droite subissent un processus de déstructuration qui oblige à s’interroger sur une nécessaire refondation), social – les inégalités, la précarité et avant tout le chômage sans compter les interrogations sur le travail lui-même -, culturel (quelles sont les valeurs qui nous définissent)…
Ce monde sombre. Il est peuple de « zombies » qui ne savent que répéter – les beau prophètes que voilà – le passé.
Les dirigeants n’ont pas compris qu’il était temps de revoir tous les paradigmes pour entrer de plein pied dans une nouvelle modernité. Le « C’était mieux avant » triomphe faute de définir un futur crédible. Du coup la figure du monde est floue. Tout est permis surtout les images « post vérité » qui fait la part belle aux « Fake News » qui, à la fois renforce l’incertitude et brouille l’analyse nécessaire pour proposer des solutions.
Je vous propose de revenir, à propos du 60e anniversaire du Traité de Rome, sur la construction européenne et sa crise de légitimité actuelle.

Mardi de 17h30 à 19h30, au Panta Théâtre comme d’habitude.

Nicolas Béniès.

Université populaire Économie, mardi 28 février 2017

Bonjour,

La nouvelle année est arrivée, toutes les nouvelles années… Même l’année chinoise sous le signe du coq. Un coq gaulois, ce serait drôle…
Il nous faire le point de à la conjoncture, sans tomber dans la post vérité ou les altertnative facts chers au cœur de Donald Trump.
Nous éviterons de voir ce qui n’est pas, pour en rester à ce qui est. Comment qualifier la politique américaine ? Isolationnisme ?
Est-ce une « bonne » nouvelle que les marchés financiers soient au plus haut, Wall Street surtout ?
Sommes-nous en « reflation » comme disent les Américains ? La croissance revient, l’économie va mieux ?
Quelles conséquences de la nouvelle politique monétaire en train de se profiler, à la FED, à la Bce ?
Pourquoi le retour des CDS ?
Le « Brexit » sera-il une chance pour la Grande-Bretagne ? Quel avenir pour l’Union Européenne ?
Le monde en a-t-il fini avec le basculement ? Que avenir pour le chamboule tout ?

Et j’en garde quelques-unes pour la suite.

A mardi.

Nicolas.

UIA Économie, lundi 27 février 2017

Bonjour,

Les vacances n’ont rien arrangé. L’incertitude demeure. Pas seulement du fait des élections présidentielles françaises qui restent ouvertes. Même pas à cause de Trump qui rêve aux attentats, à sa gloire en construisant une réalité à côté de la réalité. Un vieil rêve des dictateurs de toute espèce. Il voit des attentats, en Suède – pourquoi la Suède ? – et ne publie aucun communiqué d’excuses… Les Étasuniens croyait élire un président, ils ont mis aux postes de commande une pythie, de celle qui prévoit ce qui n’arrive pas. Il embrouille la lisibilité du monde, un monde déjà difficile à décrypter.
Le reste du contexte est à l’avenant. Theresa May s’arc-boute sur le Brexit… pour gagner les élections, vacance du pouvoir quasiment en Italie, L’UE en crise profonde de légitimité, scandales, corruption un peu partout dans le monde…
Les instituts de conjoncture font le pari qu’en disant que « ça va mieux » – l’antienne de François Hollande pendant un temps où ça allait de mal en pis -, ça ira mieux. Pourtant rien n’est réglé. Pire encore, le changement de politique monétaire des banques centrales peuvent avoir des effets d’implosion des marchés financiers. La montée du Dow Jones recèle des risques important de chute.
Il nous faudra revenir sur ce contexte et expliquer la remontée des CDS…
A lundi 17h à l’amphi 500, Campus 2.
Nicolas.

Revenu universel, utopie et réalité

Penser le contexte pour des solutions sociales et collectives

Le revenu universel, dit aussi revenu de base – pendant un temps on parlait du revenu citoyen – repose, apparemment, sur un scénario simple. Chaque individu reçoit le même revenu ; sans tenir compte de son niveau de richesse. A partir de là, les orientations divergent. Les libéraux fixent le niveau de ce revenu à celui des minima sociaux existants pour lutter contre la « paperasserie » qui bouffe des richesses et pensent le financer par les économies ainsi réalisées. Comme souvent, ils s’appuient sur une réalité. Le RSA d’aujourd’hui est versé à conditions de faire la preuve que la personne est « réellement » pauvre et pour le démontrer il faut remplir un long questionnaire. Se déclarer pauvre est pire encore que d’être pauvre raison pour laquelle, suivant les estimations, un tiers de ceux et celles qui pourraient y avoir droit n’en font pas la demande. Notre société est une société du mépris… On comprend que cette idée d’un revenu universel sans conditions puisse séduire…
La suppression des minima sociaux remplacés par un revenu universel financé par le budget – ou les départements ou les régions, on ne sait pas – pourrait ouvrir la porte à la remise en cause de l’ensemble de la protection sociale. En Finlande, pour rappel, lors de la première mise en œuvre, la proposition était d’un revenu de 800 euros et la suppression de toute la protection sociale. Le gouvernement est ensuite revenu sur cette première mouture pour tester un revenu universel de 600 euros et la protection sociale existante. Lire la suite

Un économiste hétérodoxe, Minsky

Analyser le capitalisme.

Hyman P. Minsky (1919-1996) n’est pas l’économiste le plus connu. Il n’a pas eu le faux-vrai Prix Nobel d’Économie – il est décerné par la Banque centrale de Suède – et a été oublié pendant de nombreuses années, ces années de domination absolue du dit « néo-libéralisme », cette « orthodoxie » qui s’est imposée dans les années 1980. Elle reste hégémonique, notamment dans les manuels et les programmes d’enseignement, alors qu’elle est fondamentalement contestée par la réalité même de la crise systémique du capitalisme ouverte en août 2007. Le refus d’analyse se mêle à la volonté de ces économistes de maintenir leur pouvoir au mépris même de la réalité. Lire la suite

Petit précis d’économie critique

Un Macron économiste ?

Un ancien banquier devenu ministre de l’économie est-il pour autant un économiste ? Pas sur. Politiquement Emmanuel Macron, comme d’autres, surfe sur la mort de la gauche que l’on appellera « organisée » en partis pour s’approprier un mouvement. Le titre de sa future force politique est tout un programme : « En marche ». Les leçons italiennes ont été retenues. La gauche de gouvernement – pour reprendre en vocable que Hollande aime bien – ne pouvait que faillir à partir du moment où elle acceptait les fourches caudines du libéralisme. Elle donnait l’impression de trahir les aspirations de ses électeurs et électrices et, surtout, elle remettait en cause la légitimité de son existence, de sa nature. Les gouvernements Hollande ont multiplié les coups de couteau dans la définition même de la gauche, sur tous les terrains y compris celui de la morale avec la déchéance de nationalité. La crise politique est profonde et Macron peut naître et prospérer sur le désert des propositions. Lire la suite