L’assassinat de Martin Luther King

L’autre cinquantenaire

Le 4 avril 1968, le pasteur noir opposé à la guerre du Vietnam, Marin Luther King tombait sous la balle d’un tireur d’élite. Une seule balle avait suffit. Cinquante plus tard, la lumière n’a toujours pas été faite sur les responsables de cet assassinat. James Earl Ray reconnu coupable du coup de feu n’a jamais eu de procès véritable. Il a toujours nié être l’auteur du coup de fusil même si, vraisemblablement, il a participé à la préparation de ce meurtre. Lire la suite

UP Jazz dernière pour l’année 2017-2018, le 21 mars, jour d’arrivée théorique du printemps.

Bonjour,

Finalement je nous ai fait rester sur la côte Ouest. Je n’arrivais pas à me résoudre au départ. Trop de musiciennes et de musiciens un peu trop ignoré-e-s, pas assez entendu-e-s. La conséquence sera, pour l’an prochain, de prendre l’avion pour débarquer à New York. Enfin, entends-je de tout côté.
Pour ce 21 mars, veille de ce 22 mars à la fois historique pour ce 50e anniversaire de mai 68 dont on nous saoule un peu trop et veille d’une grande manifestation, la première contre les déstructurations mises en œuvre par le gouvernement Macron.
En ce printemps étrange qui régresse vers un hiver qui se croyait dépassé, le blues fera un timide retour avec Chris Cain, un de ces musiciens qui ne font pas de bruit – c’est relatif – et largement ignoré du public français.
Nous ferons aussi une part à Sonny Rollins venu, en cette année 1956, enregistrer pour Contemporary – de Lester Koenig – un album, « Way Out West » avec le contrebassiste Ray Brown et le batteur Shelly Manne. Un trio assez révolutionnaire pour cette époque.
En 1956, « Gus » – Ronald Bernard pour l’état civil -, jeune musicien de 23 ans né à Rochester (dans l’état de New York), réalise son premier enregistrement sous nom pour le label Fantasy (de la Côte Ouest). Multiinstrumentiste, il joue aussi bien de la batterie, du piano mais choisi un curieux instrument usité dans les fanfares, le baritone horn (euphonium). On le retrouvera en quartet, avec Cal Tjader, vibraphoniste, percussionniste et ici batteur avec Eddie Duran à la guitare, Vince Guaraldi au piano, Richie Kamuca au saxophone ténor ou Joe Romano qui a enregistré avec Art Pepper.

A tte.

Nicolas. (à suivre)

UP Jazz du 7 mars 2018, La Côte Ouest au féminin

Bonjour,

J’ai dû annuler la session de ce jour, 7 mars. Le Café Mancel est en réfection. J’avais demandé la salle du bas pour recevoir les auditeurs, auditrices. Mais le personnel – heureusement pour lui – est en vacances dans ces vacances scolaires. Ce n’était pas une chose à faire. Une prévision qui ne tient pas compte des vacances, on se demande… Désolé pour cette erreur dont je suis le seul responsable.

Pour cette session annulée, nous allons écouter quelques musiciennes de jazz
A commencer pâr Lorraine Geller qui eut une vie trop brève (1928-1958). Née Winifred Walsh, elle épousera le saxophoniste alto Herb Geller et s’installe à Los Angeles (L.A.)
Début 1958, elle se produira au festival de Monterey
En 1954, elle enregistre une de ses compositions « Clash by night » en compagnie de Leroy Vinnegar (b) et « Bruzz » Freeman (dr)

Toshiko Akiyoshi, pianiste elle aussi et futur chef d’orchestre, participe pleinement de la Côte Ouest, du Pacifique même si elle commence à enregistrer à Boston. Elle y épousera son prof, Charlie Mariano, saxophoniste alto, classé lui aussi dans les « west coasters ».
En 1956, elle enregistre une de ses compositions « Pee, Bee and Lee », en compagnie de Oscar Pettiford (b) Roy Haynes (dr)

Joyce Collins (1930-2010), autre pianiste, s’est installée à L.A. où elle devient la première femme à diriger le local47 du syndicat des musiciens.
En 1960, avec Ray Brown (b) et Frank Butler – un des grands batteurs de la Côte Ouest. Un standard, « Just In Time »

Dexter Gordon, né là à Watts – ghetto de Los Angeles – enregistre en 1947 avec la tromboniste Melba Liston. Charles Fox (p) Red Callender (b) Chuck Thompson (dr). Une commpo de Dex, « Mischevious Lady »

La trompettiste et vocaliste Clora Bryant, en 1957, Roger Fleming (p), Ben Tucker (b) « Buzz » Freeman (dr), « This can’t be love »

« Vi » Redd, saxophoniste alto et vocaliste, est avec Russ Freeman (p)Herb Ellis (g)Bob Whilock (b) Richie Goldberg (dr), 1962 pour « If I Should Lose You »

Quelques chanteuses
D »abord pour les musiques de film. Peggy Lee chante « Johnny Guitar », pour le film au titre éponyme, mars 1954

Marilyn Monroe, dans le film « Les hommes préfèrent les blondes », elle chante « Diamonds Are A Girls Best Friend ». Elle partageait l’affiche avec Jane Russell. Enregistrement de 1953

Lena Horne fut aussi une des vocalistes de la Côte Ouest. Son interprétation de « The Lady is A tramp », avril 1948, orchestre dirigé par son mari Lennie Hayton.

Nicolas (à suivre)

UP Jazz du 21 février 2018, Café Mancel 18 heures

Bonjour,

Quitter la Côte Ouest n’est pas aussi facile. Laisser de côté des musicien-ne-s que les critiques de jazz ont laissé-e-s trop souvent de côté représente un dilemme. On pourrait en faire un thème « Nicolas’ dilemma » – sur le mode de la composition de John Lewis, « Delaunay’s dilemma » – pour souligner la difficulté de quitter la Côte Ouest. Lire la suite

UP Jazz du 7 février 2018

Bonjour,

Pour cette session, nous restons encore un peu – mais ce « peu » commence à faire beaucoup, j’en suis bien conscient – sur la côte Ouest. Pour visiter Monterey. En 1958 naît là un festival de jazz qui prendra de l’ampleur. Dans « Play Misty for me », premier film réalisé par Clint Eastwood, le héros, DJ à la radio (de jazz bien sur), joué par Clint Eastwood of course, passe une grande partie de son temps à sillonner le festival. Il filme plus les gradins, le public que les « performeurs », que les musicien-ne-s. Il cherche toujours quelque chose quelqu’un-e.
Clint allie dans ce film le jazz et le cinéma. Il en restera toujours quelque chose dans ses autres films. La musique fait partie intégrante de sa manière de filmer.
A notre tour, entrons dans ce festival de Monterey qui commence en octobre 1958. Jimmy Lyons, le présentateur – qu’il ne faut pas confondre avec le saxophoniste alto compagnon de Cecil Taylor – introduit aidé par la trompette de « Dizzy » Gillespie jouant l’hymne américain, « Stars Spangled Banner », une rencontre américaine s’il en fut. Jimmy Lyons est homme de radio venant de San Francisco.
Nous écouterons quelques extraits de ces concerts des années soixante.

Pour finir avec les rencontres « Just Jazz » organisées par Gene Norman, le concurrent direct de Norman Granz, de 1947 avec un chef d’œuvre – c’est rare dans ce type de jam, mais ça peut arriver – l’intervention de Lionel Hampton sur « Stardust », la composition de Hoagy Carmichael. Pour prendre conscience du génie de Hampton ce jour là, il faut entendre tous les participants. Ils donnent l’élan à Lionel pour les dépasser tout en intégrant leurs interventions. Une improvisation réfléchie, préparée.

A vous voir.

Nicolas.

En attendant « Le souffle de la révolte », des compléments

La préhistoire du jazz.

L’Histoire commencerait avec l’écriture, dit-on. Il est donc des peuples sans Histoire, des peuples cachés, heureux. Les ethnologues combattent cette idée en insistant sur l’oralité.
Curieusement, le jazz ne sait pas quoi répondre concernant son histoire qui s’inscrit dans l’Histoire. il ne se refuse ni à l’écrit, la partition, ni à l’oralité qui forge le propre de son originalité. Mémoire orale, il s’apprend par l’écoute. Répétons que c’est la raison pour laquelle l’enregistrement est essentiel. Lire la suite

Rencontre de cultures

Aux origines de la contre-culture aux Etats-Unis dans les sixties.

2017 a fêté un cinquantenaire un peu passé inaperçu sauf sur les lieux du crime. San Francisco, sur la Côte Ouest des Etats-Unis, a vu déferler tout ce que la Californie et au-delà comptaient de Hippies et autres survivants des années dites psychédéliques. 1967 est la date retenue pour la naissance de cette contre culture qui semble née de rien, sinon d’une réaction à la guerre du Viêt-Nam. Fred Turner, directeur du département des sciences de la communication à l’Université de Stanford et ancien journaliste a voulu comprendre les racines un peu cachées de cette émergence d’une culture de la jeunesse de ces sixties. Lire la suite

Université populaire jazz du 10 janvier 2018

Bonjour,

Bonne année dans un monde moderne et a tendance barbare. Que cette vous soit profitable, entourée de découvertes et de surprises.

Pour la commencer, nous restons dans les alentours de San Francisco et de Los Angeles pour terminer les bagages et explorer d’autres contrées.

Nous allons revenir sur les musiciens et musiciennes qui ont fait partie de ce monde. En parlant guitares. Ici nous parlerons d’École West Coast, création des critiques plus que des musiciens. Encore que, pour limiter cette création, les musicien-ne-s y seront un peu sensibles. les oppositions ouest/Est, comme la ligne Mason-Dixon à des interférences sur la manière dont les habitant-e-s des deux Côtes se définissent contre les habitants de l’autre côte. On le voit dans les réactions à Trump.

Un autre modèle, pour Blue Note

La pochette emblématique de Blue Note

Cette opposition, elle se manifeste aussi dans les choix esthétiques des pochettes. Celle de la Côte Est, de New York, sont bien représentés par l’esthétique Blue Note. La photo du musicien, le nom du label, parfois les noms des musicien-ne-s du groupe, le tout composé par un spécialiste et des notes de pochette plutôt informatives dues à la plume de critiques comme Leonard Feather.
Les pochettes de la West Coast sont un peu plus humoristiques sinon plus osées. Un avant goût des sixties psychédéliques sans doute. Contemporary essaiera de varier ses pochettes, d’y mettre de la couleur tout en proposant des notes aussi savantes que celles de Blue Note, parfois avec les mêmes signatures. Le soleil joue aussi son rôle pour égayer un jazz souvent considéré comme sérieux. La proximité de Hollywood accroît la nécessité de faire aimer la musique par un choix quelque fois marqué par les affiches du cinéma. Difficile de résister.

Les guitaristes classés dans la West Coast ne sont, bien entendu, pas tous nés de ce côté. La plupart d’entre eux ont subi deux influences principales, Charlie Christian, un météore considéré comme l’inventeur de la guitare électrique même si d’autres avant lui avaient déjà utilisés cet instrument notamment Eddie Durham, tromboniste et arrangeur dans les orchestres de Jimmie Lunceford et Count Basie par ailleurs ou Teddy Bunn, et… Django Reinhardt. Nous avons déjà parlé précédemment de cette filiation. Le « backlash » se trouve du côté de Joseph Reinhardt très sensible à la manière de jouer des guitaristes de cette Côte Ouest. Django à son tour sera influencé par tous ces guitaristes pour arriver, vers la fin de sa vie, à dominer totalement la guitare électrique laissant pantois et désarmés ses jeunes compagnons à commencer par Martial Solal.

Charlie Christian, Charlie’s choice

Count Basie, beaucoup plus tard, en compagnie de Joe Pass, rendra hommage à Christian, avec ce « Blues for Charlie Christian ».

Django en 1953, Deccaphonie

Barney Kessel fut le plus connu de ces guitaristes pour avoir participé au premier trio d’Oscar Peterson à son arrivée aux Etats-Unis, avec Ray Brown à la contrebasse. Norman Granz qui avait « découvert » Oscar au Canada, à Montréal pour être précis, avait engagé Barney qui avait dit y rester pendant deux ans. Il a tenu promesse malgré l’énorme succès remporté par le trio. Norman Granz fera jouer ce trio – Herb Ellis, un Texan, succédant à Barney – dans tous ces concerts intitulés Jazz At The Philharmonic, JATP pour les intimes. Ces concerts débutent dés juillet 1944 du côté de Los Angeles.

Barney Kessel et Herb Ellis ont enregistré ensemble pour Concord, un label défunt. Les voici sur « Early Autumn »

Herb Ellis, comme la plupart des Texans – nous avons remarqué de même phénomène à propos de T. Bone Walker et de beaucoup de musicien-ne-s de blues – il sera assimilé à la West Coast.
Les précurseurs du be-bop, mis à part Barney Kessel qui avouait avoir appris en jouant, ont nom Jimmy Raney, le plus important pour ses innovations reprises par la plupart des autres guitaristes et Tal Farlow, agoraphobe convaincu.

Jimmy Raney, Stella by Starlight

Sal Salvador (1925-1999), un peu oublié de nos jours, se fera remarquer chez Stan Kenton au début des années 50 et enregistrera avec son propre groupe, un trio souvent, où brille le pianiste/vibraphoniste Eddie Costa (qui avait l’admiration de André Hodeir qui l’engagera pour son album Savoy réalisé aux Etats-Unis en 1956, Michel Legrand à son tour le prendra dans son orchestre de studio pour « Legrand jazz » réalisé en 1958. Malheureusement il sera tué dans un accident de la route en 1962.) Sal est l’auteur de manuels pour guitaristes.

En 1952, il fait partie de l’orchestre de Stan Kenton. Dans « Invention for guitar and trumpet – celle de Maynard Ferguson en l’occurrence – il fait la preuve de sa capacité d’improvisateur et la création d’un son spécifique.

Tal Farlow, né en 1921 à Revolution, oui la ville existe, est un autre innovateur de la taille, de l’importance de Jimmy Raney.

Talmage , Just one of those things

Il en est qui ont été très connus en leur temps comme Johnny Smith ou Howard Roberts, d’autres encore qui ont résistés au temps qui passe comme Jim Hall qui nous a récemment quittés et d’autres encore qui ont voulu rester dans l’entre deux comme Billy Bauer, élève et compagnon de Lennie Tristano, Joe Puma, longtemps compagnon de Herbie Mann…

Howard Roberts, All The things you are

Joe Puma, How about you

Une histoire du jazz…
Nicolas Béniès.

« Sunny » Murray, batteur.

Mort d’un révolutionnaire

Qui aurait pu penser à le voir – une tête à la « Sonny » Liston – dans les années 1960, aux côtés de Albert Ayler, qu’il vivrait jusqu’à cet âge de 81 ans ? Certain-e-s donnent l’impression d’être éternel-le-s, lui non. Le battement sauvage de la batterie donnait l’impression de courir entre les premiers temps du jazz où cette révolte s’exprimait et la modernité d’un temps qui appelait la révolution, le changement brutal. Le tout s’exprimait dans cet instrument créé par le jazz et pour le jazz, un instrument révélateur de toutes les transformations de cette musique à travers le siècle. Des premiers temps où le jazz ne s’appelait pas encore jazz mais ragtime, jusqu’à la révolution totale, puissante du Free-Jazz, la batterie s’est métamorphosée. Lire la suite

U.P. JAZZ du 20 décembre

C’est le moment. On fait les bagages. Il faut se préparer à quitter la Côte Ouest, cette Californie gorgée de soleil qui se refuse à la pluie, en ce moment, pour de gigantesques incendies. Le réchauffement climatique est passé. le jazz aussi, peut-être.
Un jazz curieusement appelé « Cool », frais, pour résister à la chaleur sans doute.
Depuis l’an dernier – l’année scolaire bien sur – nous avons visité Los Angeles d’abord. La Cité des Anges transporte les noms mythiques, Hollywood, Silicon Valley deux manières de marier imagination et bizness, art et marchandise.
Le jazz « West Coast » est intimement marié avec les années 1950, sa date de naissance. Le lieu est plus contesté. Miles Davis signe un de ses certificats de baptême à New York en 1948, en créant un Nonet qui n’a aucun succès. Le disque – le 33 tours 25 cm en l’occurrence – s’en emparera, aux débuts des années cinquante, sous le nom « Birth of The Cool », une trouvaille.
En cette fin d’année 2017, début d’une nouvelle année scolaire, nous sommes passés à San Francisco – Frisco pour les intimes – avec son golden bridge, son quartier mal famé, ‘Barbary Coast », don blues et son jazz.
Aujourd’hui, je ne vous propose pas un bilan mais des raisons de regretter de quitter ce côté ensoleillé des Etats-Unis, The Sunny Side of the USA, en écoutant ceux et celles considérées comme des représentants de ce jazz.
A mercredi.

Que les « fêtes » deviennent vos fêtes, de celles qui mêlent plaisirs, rires et tout ce reste qui fait de nous des êtres humains, une qualité très contestée dans nos temps troublés.
A vous voir.

Nicolas.