Le Jazz quand même….


Frontières, je vous hais !

Hubert Dupont, bassiste et contrebassiste, est en train de construire une musique d’un temps qui fait des explosions une manière de survivre en détruisant. Le chamboule tout est devenu le sport à la mode.
Est-il possible de créer dans cet environnement mortifère ? Comment vivre et résister tout en appelant à un monde fraternel de rencontres de cultures pour forger une modernité ? Il a voulu relever le gant en se servant des cultures des opprimés, des cultures qui restent populaires tout en étant savantes. Il a forgé un groupe et des compositions pour répondre aussi à un projet politique, la lutte des Palestiniens pour faire reconnaître leurs droits. « Golan » – dont c’est le volume 2 – en est résulté. Golan est une question de frontières et de définition aussi du possible État palestinien. Un symbole. Lire la suite

U.P Jazz du 10 mai 2017 (suite)

Bonjour,

J’ai commencé la présentation de ces deux dernières séance de cette année – nous poursuivrons l’année prochaine pour un voyage de côte à côte, cote à cote – avec l’article intitulé UP du 3 et du 10.
Pour éviter l’encombrement, j’ouvre ce nouvel opus. Pour la suite de ce spécial saxophone.
Pour faire le lien, je vous propose, en ouverture, un enregistrement de 1975 (octobre) réunissant Al Cohn et… Dexter Gordon. Dex, « Long Tall », a une place spécifique dans le jazz des années d’après seconde guerre mondiale. il est l’un des introducteurs du bebop sur la côte ouest. Il est né à LA, son père était dentiste (pour rappel). Al Cohn, né à Brooklyn, est un des représentants des « frères »… Lire la suite

Musiques Noires

Une somme.

Jérémie Kroubo Dagnini, auteur d’une thèse sur les musiques jamaïcaines, a voulu interroger les musiques noires pour comprendre leur origine, leur place et leur devenir. Il a fait appel, à des sociologues, ethnologues, philosophes, musiciens… pour évoquer leur diversité. Toutes ont en commun la culture des esclaves déportés lors de ces criminelles « traites négrières », porteurs de ces tambours capables de parler. Le verbe est premier, associé au rythme. Les contributions parlent de jazz, de reggae, de la « dub poetry », du hip-hop, du rap, du gwoka, du zouk… tout en évoquant des questions clés comme le féminisme et la révolte. Révolte contre l’ordre établi, révolte contre l’oppression qui donnent à ces musiques la capacité d’être des musiques de la jeunesse. Lire la suite

Jazz sous les Pommiers, 36e éditions

L’Ascension du jazz

flyer_pageCette année se situe après l’élection présidentielle mais avant la fin des élections législatives. Un contexte que ne perturbera pas le festival, seulement les festivalières et festivaliers. Le soleil sera de cette fête des jazz et des musiques cousines, un peu de bossa, un peu de funk, un peu de Dub, sans parler du hi hop, du reggae ou du rap comme de l’électro. Il faudra ajouter à ces musiques noires, celle du Portugal – le fado -, de la Turquie – une pensée pour ce pays -, de la Syrie en proie à une répression violente. Les musiques permettent aussi de prendre conscience des drames d’un monde en train d’éclater. Naïssam Jalal, flûtiste franco-syrienne, évoquera les combattants de la liberté en Syrie et en Palestine.
Jazz sous les Pommiers, comme tous les autres festivals, n’oublie pas les scolaires, les jeunes pour les faire pénétrer dans cet univers particulier. Un effort nécessaire pour éviter que le festival ne se fasse à côté d’elles et eux, pour les intégrer et éviter tous les clichés autour du « jazz, musique d’intello ». Lire la suite

U. P. Jazz des 3 et 10 mai 2017

Bonjour,

Terminer l’année – la notre, celle de l’UP, pour le reste cette année 2017 semble interminable et si je peux me permettre ce n’est pas fini… – en beauté est toujours difficile. Surtout sur la côte ouest où le soleil fait semblant de briller où le pont de San Francisco attire tous les regards – souvenez vous d’un James Bond avec un Roger Moore vieillissant et un superbe « Requin » – ou sur Hollywood Boulevard à la recherche des stars perdus qui, souvent, ont laissé des traces, des mains par exemple. Ou partir dans le ghetto noir de Watts en compagnie de Walter Mosley et de Charles Mingus, contrebassiste, pianiste et compositeur avant qu’il n’émigre à New York. Ces contrées sont très fréquentées. Noirs et Blancs se partagent « La Scène ». C’est le titre d’un polar de Clarence Levi Cooper, un quartier de drogués et de dealer de New York mais qui peut se transposer à Los Angeles dans ce milieu des années 50.
Pour ces deux dernières, bien placées dans l’entre deux tours, je vous propose un spécial saxophone ténor. Lire la suite

Musique et chansons venues d’ailleurs

Vers d’autres rencontres.

« Les voyageurs de l’espace » est le nom d’un trio composé de Didier Petit, violoncelliste/compositeur – mais aussi créateur du label In Situ -, de Claudia Solal aux chants et Philippe Foch aux percussions mais aussi un projet : raconter l’aventure spatiale,, le voyage interplanétaire. Les paroles disent clairement ce projet.
Ces trois là pourraient venir d’ailleurs pour remplir l’espace de musiques errantes avec l’espoir de communiquer de cet espoir fou de visiter d’autres mondes.
Chantons notre départ en s’échappant de soi-même comme ils nous le conseillent pour devenir notre propre passager clandestin dans un espace sans amarres pour visiter les planètes anciennes nouvellement découvertes par le gros œil des terriens.
La musique habille ces paroles d’une force rêvée, sidérée par la voie lactée pour monter et descendre vers une planète qui s’appelle la terre et ses paysages curieux.
S’éclipser discrètement est toujours difficile surtout lorsqu’il s’agit de chanter que monde est merveilleux (« Wonderful ») repris d’un des derniers albums de Louis Armstrong pour tirer une bizarre révérence.
« Les voyageurs de l’espace » nous convient à un festin fait de contes, d’expériences et d’utopies d’une vie meilleure. Pour tout vous dire, ils nous font chanter… avec l’aide de plusieurs paroliers, des chansons inscrites dans un espace différent. Attachez vos ceintures, départ pour d’autres planètes et pour voir la notre d’un œil neuf.
Nicolas Béniès.
« Les voyageurs de l’espace », Claudia Solal, Didier Petit, Philippe Foch, Basta/Buda Musique

Jazz un piano qui ronfle

Un moderne classique.ou l’inverse

Vincent Bourgeyx, pianiste, a conservé le goût pour la pulsation du jazz classique tout en intégrant dans son jeu, ses compositions la modernité du jazz comme celle des musiques dites contemporaines. Quelque chose de la folie meurtrière des Oscar Peterson, Monty Alexander et autre Chick Corea passe dans sa manière d’aborder le piano. Ces références ne viennent pas appesantir un climat où la relaxation, la confiance réciproque du trio permet la naissance d’une musique qui ne se refuse rien.
Vincent Bourgeix retrouve le bassiste de ses débuts discographiques en 2002, Matt Penman et fait découvrir un batteur très demandé paraît-il, Obed Calvaire, batteur capable de toutes les métriques. Deux invités transforment ce trio en quartet, David Prez saxophoniste et flûtiste et la vocaliste Sara Lazarus pour trois standards qui sont autant de références et d’insertion dans le classique du jazz.
« Short Trip » invite à ces voyages que l’on dit immobiles, de ces rêves qui peuplent notre vie pour la rendre pleine de possibilités. La musique est une ouverture onirique qui métamorphose nos expériences.
Nicolas Béniès.
« Short trip », Vincent Bourgeyx, Fresh Sound New Talent/Socadisc

Jazz quand tu nous tiens…

Chanteuse, un curieux destin.

Un cri pour débuter, d’alarme, d’alerte. Les programmateurs et programmatrices semblent resté-e-s attaché-e-s aux styles que producteurs et distributeurs leur proposent sans chercher à savoir si, dans d’autres cases, d’autres boîtes, il n’existe une perle qui ferait la nique à la plupart des chanteuses dites de variété d’aujourd’hui.
Il serait temps qu’il et elles sortent de leur tour de triage et regardent les réalisations qui s’agitent sous le terme « jazz », un terme qui fait peur. Faudrait-il l’appeler « musique » pour lui trouver une porte d’entrée dans ce château-fort ? Musique certes mais jazz indique des filiations, des mémoires partagées.
Léa Castro a une voix qui devrait lui donner l’accès à tous les médias pour lui permettre d’avoir un succès mérité. Il suffit de mettre sur sa platine « Here comes the sun », de George Harrison pour s’apercevoir de ce que le public potentiel rate. Lire la suite

Jazz, quand un saxo rencontre un autre saxo…La folie n’est pas loin…

Un, deux, trois Jazz ?

Lionel Martin, saxophoniste, est attiré par la transe, celle d’un Albert Ayler par exemple et du free jazz. Je commence mal, je sais. Le Free fait peur. Plus que peur, il panique. Il fait fuir avant même de mettre une oreille dans cette musique. Il fait équipe avec le pianiste Mario Stantchev. Ensemble, ils ont réalisé un album d’hommage à Louis Moreau Gottschalk, un ancêtre du ragtime et donc du jazz. Une idée originale de rhabiller ses compositions moins éloignées qu’on ne le croit de notre modernité.
Il a rencontré, dans un festival, George Garzone, professeur réputé et saxophoniste ténor qui sait tout de l’instrument, à l’aise dans tous les contextes. Ses albums sont convaincants. « Madness Tenors » est le nom du groupe, une dénomination qui tient ses promesses et fait écho au titre d’un album de Sonny Rollins. Benoit Kellet à la contrebasse et Ramon Lopez à la batterie – un batteur à l’énergie percussionniste – complètent le quintet. « Be Jazz For Jazz » est la déclinaison du précédent « Jazz Before Jazz ». Être jazz pour le jazz est une devise difficile à tenir. Faut-il sembler trahir le jazz pour mieux le servir ?
Écoutez ce groupe, mettez un instant de côté vos préjugés, vos idées toutes faites sur la musique. Entrez, n’hésitez pas. Vous ne le regretterez pas. Notre monde moderne est gagné par le vent de la folie barbare. Dans cet album la folie est fraternelle et un appel pour un autre monde.
Nicolas Béniès.
« Be Jazz For Jazz », Madness Tenors, Ouch!Records pour le Vinyle et Cristal Records pour le CD.

Rééditions d’une musique disparue,

Bonjour Fantômes…

Un film sorti en 1972, « L’aventure du jazz, voulait rendre hommage au « vrai jazz ». Il était réalisé par Louis et Claudine Panassié et « préfacé » par l’ayatollah de Montauban Hughes Panassié, ex critique de jazz. Ne reculant devant aucun superlatif, il rendait un hommage un peu trop appuyé aux réalisateurs. Famille oblige me direz-vous. La musique de ce film avait fait l’objet de deux publications préalables dont la dernière en deux CD séparés sous le titre générique de « L’aventure du jazz » agrémenté d’inédits par rapport à la première publication, sous le label « Jazz Odyssey ». En 2001, moment de cette réédition, beaucoup de ceux et celles qui étaient filmés avaient disparus. Lire la suite