B.B. King.
Le plus important des grands bluesmen de l’après seconde guerre mondiale est né à environ 150 km de Memphis sur le Mississippi, le 16 septembre 1925 dans la ferme où ses parents sont métayers. Il se fera appeler BB King.
La crise de 1929 va passer par-là. Les difficultés s’amoncellent, les privations et les vexations sont sans doute son lot quotidien. Le blues est là, qui prend ses aises.
Il sera profondément influencé par Lonnie Johnson, le premier virtuose de la guitare. Alonso gagnera tous les concours et enregistrera à la fin des années 1920 avec Louis Armstrong et Duke Ellington. Il découvrira ensuite Charlie Christian, « l’inventeur » de la guitare électrique et Django Reinhardt. Mais celui qu’on entend le plus dans son jeu dans ses premiers temps – en 1949-1951, influence revendiquée – T. Bone Walker qui marquera de son empreinte indélébile le jazz de l’après seconde guerre mondiale. Continuer la lecture
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Un batteur d’entre les batteurs : Roy Haynes
A Roy Haynes avec toute mon admiration.
Roy Owen Haynes est batteur. Une définition de la batterie à lui seul. Du jazz dans ce qu’il possède d’outrances, de capacité à rester le même tout en se transformant. Roy Haynes s’est toujours senti dedans – avec ses groupes, ses employeurs à commencer par Lester Young, Charlie Parker, Sarah Vaughan une sorte de gotha du jazz de l’après seconde guerre mondiale sans oublier Thelonious Monk, Eric Dolphy et John Coltrane – et en dehors, une manière de se voir jouer pour servir la musique. Il aurait pu prendre comme slogan ce que Cortazar fait dire à Johnny Carter, une incarnation de Charlie Parker, « Je l’ai déjà joué demain », ce cauchemar du Bird qui faisait de chaque jour, de chaque rencontre une aventure. De ce point de vue la ressemblance est patente. Ce n’est pas que le Bird comme Roy Haynes n’aient pas de tics – qui n’en a pas ? – mais, à chaque fois, il faut inventer, se faire reconnaître sans se répéter. A chaque fois il s’agit de faire découvrir « l’inquiétante familiarité » – pour citer Freud qui en faisait une des caractéristiques de l’œuvre d’art – du thème. Sonny Rollins, à son tour adoptera cette attitude reprenant quelques vieilles chansons ou des nouvelles pour les faire siennes et interpeller l’auditeur(e) mal à l’aise qui ne sait plus ce qu’il connaît. Continuer la lecture
Pour Max Roach
A Max Roach (10 janvier 1924 – 16 août 2007), architecte hasardeux.
La collection Quintessence, dirigée par Alain Gerber, consacre un coffret de deux CD à Max Roach, batteur inestimable, prince du bebop, oreilles grandes ouvertes à la tradition et à l’innovation, à la construction comme à l’improvisation. Max fut une des incarnations du jazz, avec tous ses oxymores. Continuer la lecture
Une réédition qui s’impose
L’Oiseau en liberté.
Charlie Parker est, peut-être, l’incarnation du génie toute
musique confondue. Ses aventures sont semblables à celles de Mandrake. Je ne sais si la génération d’aujourd’hui lit encore ces bandes dessinées mais ce magicien avait le don de se transformer, de se mettre en danger à chaque fois. Jamais le même tout en conservant la même apparence. Parker avait cette volonté. Ne jamais être le même, surtout ne pas se rejouer, susciter l’inattendu, la surprise. Etre là où on ne doit pas se trouver. Se mettre en danger, pour créer la nouveauté. Ne pas respecter la mesure pour mieux la retrouver, lui donner sa visibilité. Surtout ne pas faire semblant. S’impliquer totalement. Au risque de se perdre. De s’envoler vers des contrées dont on ne revient jamais. Longtemps, il a réussi ce tour de force qui nous apparaît, à l’écoute des enregistrements, comme une évidence. Une évidence qu’il a rendue possible. Avant lui, ces paysages n’existaient pas. Il nous les a fait découvrir comme il a permis à d’autres de les fréquenter. C’est vrai qu’ils donnent l’impression d’être usés. Continuer la lecture
Jazz, des coffrets nécessaires.
Deux géants un peu trop ignorés.
Les hasards de l’édition, ou volonté délibérée ?, deux géants du jazz bénéficient d’une édition dans la collection « The quintessence » que dirige Alain Gerber aux éditions Frémeaux et associés. Dans l’imagerie des passionné(e)s de jazz, ils apparaissent comme situés sur des planètes différentes, « Cannonball » Adderley, saxophoniste alto, et Bill Evans, pianiste. L’un et l’autre ont su s’imposer sur la scène du jazz et, à leur manière, ils ont contribué à la révolutionner dans cette fin des années 50. Ils ont été à la fois éclipsés par l’ombre porté du génie hors norme de ce temps, John Coltrane qui les a influencés, tout comme il a subi leur influence. Tous les trois ont fait partie de ce sextet qui marque l’année 1959 via la réalisation de cet album, chef d’œuvre d’entre les chef d’œuvre, « Kind of Blue » – voir « Le souffle bleu » pour plus de détails -, sous la direction de Miles Davis et direction convient bien, même si Bill Evans a beaucoup travaillé les compositions qui, pour certaines d’entre elles, portent son empreinte, en particulier ce « Blue in Green » que Alain Gerber a repris dans ce double album consacré à Bill. Continuer la lecture