Le coin du polar

La Chine, l’amour et le polar

Peter May vient de Glascow et vit aujourd’hui dans le Lot. A la fin du siècle dernier, il s’était lancé dans une « série chinoise » mettant en scène un couple étrange aux yeux de leurs deux communautés, Margareth Campbell, américaine, médecin légiste et Li Yan, commissaire de police à Pékin. Tout les sépare saut l’amour et les enquêtes policières. Peter May a réussi à unir l’information sur la société chinoise, les préjugés des deux côtés et le roman policier. Une grande réussite que ces 6 enquêtes Peter May La série chinoise 1menées conjointement, mêlant astucieusement vie privée et enquêtes. Les éditions du Rouergue ont décidé de les rééditer en deux Peter May la série chinoise 2forts volumes. C’est un plaisir de les retrouver plongés chacun leur tour dans l’univers de l’autre. Pour appréhender les enfermements dus au rejet de l’Autre simplement parce qu’il est Autre. Peter May participe à une lutte intransigeante contre tous les rejets sans fondements. L’ironie en plus et le rire, le propre de l’être humain, pour dialectiquement réunir les négations. La fin n’est pas réjouissante mais juste. A lire de toute urgence.

Retour du royaume des morts.
Ake Edwardson La maison au bout du mondeIl était mort dans une piscine en Espagne. Au bout de 10 enquêtes, Ake Edwardson avait réussi à avoir la peau de son personnage, le commissaire Erik Winter et de ses interrogations, de ses rêves. Comme Sherlock Holmes, il devait renaître de ses cendres – si je puis dire lorsqu’il s’agit de noyade. Son éditeur, son public le voulait encore. Que peut faire un auteur sinon suivre ses troupes ? Revoilà le commissaire. « La maison au bout du monde » est une histoire de froid, surtout de froid. Le commissaire revient en Suède après deux ans passés en Espagne, sur la Costa del Sol. Il faut réapprendre le pays, les décors, son rôle. Il n’a pas encore tous ses réflexes. Sensation bizarre d’avoir l’impression d’une rupture sensible avec le personnage précédent même s’il écoute toujours Coltrane en passant d’« Impression » à « Love supreme ». Une enquête sur un meurtre d’une femme et ses enfants sauf le bébé. Pourquoi ? C’est le point de départ. Le reste est, comme d’habitude, une description de cette société qui n’arrive pas à penser son avenir et est piquée par tous les venins d’aujourd’hui à commencer par le rejet des immigrés.

Des histoires qui sont aussi les nôtres, des histoires de terreur, de peur, d’angoisses. Les polars sont essentiels pour prendre conscience des plaies qu’il faudrait soigner et non pas les creuser.
Nicolas Béniès.
« La série chinoise » tome 1 et 2, Peter May, traduits par Anne Bataille, Éditions du Rouergue ; « La maison au bout du monde », Ake Edwardson, traduit par Rémi Cassaigne, 10/18.

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