Le coin du polar

La Chine, l’amour et le polar

Peter May vient de Glascow et vit aujourd’hui dans le Lot. A la fin du siècle dernier, il s’était lancé dans une « série chinoise » mettant en scène un couple étrange aux yeux de leurs deux communautés, Margareth Campbell, américaine, médecin légiste et Li Yan, commissaire de police à Pékin. Tout les sépare saut l’amour et les enquêtes policières. Peter May a réussi à unir l’information sur la société chinoise, les préjugés des deux côtés et le roman policier. Une grande réussite que ces 6 enquêtes Peter May La série chinoise 1menées conjointement, mêlant astucieusement vie privée et enquêtes. Les éditions du Rouergue ont décidé de les rééditer en deux Peter May la série chinoise 2forts volumes. C’est un plaisir de les retrouver plongés chacun leur tour dans l’univers de l’autre. Pour appréhender les enfermements dus au rejet de l’Autre simplement parce qu’il est Autre. Peter May participe à une lutte intransigeante contre tous les rejets sans fondements. L’ironie en plus et le rire, le propre de l’être humain, pour dialectiquement réunir les négations. La fin n’est pas réjouissante mais juste. A lire de toute urgence. Lire la suite

Le coin du polar.

Le polar est un genre en train de tellement se diversifier que, bientôt, il faudra abandonner cete classification. De plus il s’introduit dans toutes les sphères de la littérature à croire qu’il est le seul à être encore un peu soit peut vivant.
Pour cette sélection, trois types de polar donc. Historique et sociologique – un peu artistique – pour faire revivre ce Paris étrange, celui de l’Occupation, littéraire avec Benjamin Black qui recrée la figure de Philip Marlowe en s’inspirant de Chandler pour continuer son œuvre prenant une dimension abstraite faute de définir la chronologie mais ce flou procure de nouvelles sensations et, enfin, pénétrer dans notre monde moderne de plus en plus barbare avec un nouveau personnage, un enquêteur de 27 ans, « Zack » – titre aussi de ce roman écrit à 4 mains dans la Série Noire – capable d’incarner les vices qui rongent nos sociétés comme la suédoise.
Une confrontation étrange. Les méthodes d’investigation sont très différentes. Malgré le contexte de l’Occupation, l’enquête est classique, la barbarie est extérieure pour « Occupe-toi d’Arletty », cependant que Black investit la barbarie intérieure – une nouvelle contrée – et Kallentoft/Lutteman la déstructuration de la société suédoise, une société comme la plupart des autres totalement corrompue.
Peut-être dans ce partage de la barbarie trouve-t-on la cause principale de la victoire du polar. Ce genre s’est fait connaître par l’utilisation de la violence, la description de la société « réelle » pour créer des personnages un pied – quelque fois plus – hors de ce monde. Il faut de la distance pour être un détective privé à la sauce Hammett ou Chandler, avec un code de vie qui ne permet pas de céder aux corrupteurs, une distance nécessaire pour décrire toutes les barbaries. Lire la suite