Ray Charles vivant.

Antibes Les 18, 19, 21 et 22 juillet 1961

Le « Genius » – ainsi dénommé aux Etats-Unis – était déjà connu, en cette année 1961, des passionné-es de jazz via l’émission de Franck Ténot et Daniel Filipacchi « Pour ceux qui aiment le jazz » et même de « Salut les Copains » – les deux émissions phares de Europe N°1. Les albums Atlantic de Ray Charles envahissaient les « surprises-parties », des albums enregistrés en 1958-1959. En 1961, comme le rappelle Joël Dufour dans les notes introductives, Ray Charles était parti à la conquête du public blanc via le label ABC et une tonne de violons. Avec un sens du contexte, il livrera au public français de Juan-les-Pins des prestations, des performances marquées du sceau du hard bop – on oublie souvent que l’orchestre de Ray est un orchestre de jazz – et du soul avec des Raelets, dont la soliste Margie Hendrix, au mieux de leur forme. Lire la suite

Mai juin 1962 à Paris…

Paris, Ville Lumière du jazz.

La fin des années 1950 et le début des années 60 sont des années fastes pour le jazz, la soul music comme le rock. Paris, capitale des capitales, prend toute sa place dans ce déferlement de création. Le public parisien fera du « Genius », Ray Charles, la grande vedette, la star de la soul music qu’il sera jusqu’au bout de sa vie.
raycharlesCette collection, « Live in Paris », fait la preuve de sa nécessité majeure à la fois pour faire un travail de mémoire fondamental et pour redonner vie à ces concerts qui ont marqué de son empreinte indélébile toute une génération.
Ray et son orchestre de jazzmen se produisent au Palais des Sports – c’est complet – les 20-21 octobre 1961. Une date sanglante pour la France. Le FLN a décidé de manifester et la répression fut sanglante. La Seine allait charrier des corps d’Algériens morts et Charonne allait laisser sur le carreau des manifestant(e)s venu(e)s protester contre cette résurgence d’une période que les contemporains croyaient appartenir au passé. Michel Brillié, responsable de ces publications, cite une extrait de l’autobiographie de Ray Charles qui prétend – faut-i le croire ? – avoir reçu des assurances du FLN que ses concerts ne seraient pas perturbés. Il arrive que la réalité fasse preuve de plus d’imagination que l’imagination la plus fertile. Curieuse relation entre jazz et politique dans la France de ce temps où les jeunes manifestants étaient aussi des jazzfans conséquents. Lire la suite