L’imagination au pouvoir

Renouer avec les utopies.

Naomi Klein, dans « Dire non ne suffit plus » sous titré « contre la stratégie du choc de Trump », dresse un réquisitoire contre la politique qu’il met en œuvre ou qu’il voudrait mettre en œuvre. Une politique faite de défense des intérêts des nouveaux milliardaires et des sociétés multinationales installées dans le court terme sans projet d’avenir et, souvent, sans comprendre le passé. Contre tous les biens communs, toutes les solidarités collectives, pour la défense des super marques devenues humaines comme Trump lui-même, le néo libéralisme mâtiné désormais de revendications identitaires broie toutes les oppositions et bafoue la démocratie à coup de « fake news » pour organiser une société uniquement répressive, en s’appuyant sur des groupes fascistes et suprématiste blanc.
Pour lutter contre cette politique globale, il faut, dit-elle, « oser rêver », renouer avec le utopies pour démontrer que « le temps est venu de bondir ». Son argumentation s’appuie sur une analyse sous-jacente de la crise systémique du capitalisme qui rend crédible toutes ces visions pour forger un avenir commun, collectif d’abord contre les mutations climatiques, la crise écologique pour édifier un autre monde qu’elle voudrait « solidaire et bienveillant ».
Isabelle Delannoy, ingénieure agronome, se pose des questions similaires. Elle y répond en proposant des techniques qui permettent à la fois d’économiser de l’énergie, de lutter contre les crises écologiques et de développer la production. Elle passe en revue la permaculture, un procédé qui respecte la terre considérée comme un bien gratuit, l’économie circulaire et beaucoup d’autres procédés absolument nécessaire. Elle nomme cet ensemble qui veut « faire vivre en harmonie les êtres humains et les écosystèmes », « L’économie symbiotique » avec un sous titre qui manque singulièrement de modestie : « Régénérer la planète, l’économie et la société ». Il manque pourtant une ambition, comprendre le fonctionnement du capitalisme, déterminer les forces sociales – comme le fait Klein – opposées à cet avenir. Appréhender le passé est vital pour définir une autre société qui fonctionne sur d’autres critères. Les êtres humains sont insérés dans des enjeux qui les dépassent, ils font leur propre histoire dans des conditions qu’ils n’ont pas librement déterminées.
Dans la construction d’ « utopies réelles » – pour reprendre le titre de Erik Olin Wright, La Découverte – les réponses nécessaires aux crises, aux inégalités croissantes sont des points de départ pour synthétiser toutes les solutions partielles.
Nicolas Béniès.
« Dire non ne suffit plus », Naomi Klein, Actes Sud ; « L’économie symbiotique », Isabelle Delannoy, Actes Sud/Colibri.

UIA Économie du 20 novembre 2017

Bonjour,

Aujourd’hui le thème sera « L’endettement »

Comment se pose la question de l’endettement public ? Quel lien avec les déficits publics ? Faut-il rembourser la dette ?

Le monde de la finance souhaite, malgré les dictats du libéralisme – plus exactement des théories néo-classiques – que l’État, les collectivités territoriales s’endettent. Pourquoi ? Parce que c’est un placement sur.
Pourquoi les États se trouvent dépendants des marchés financiers ? Est-ce inéluctable ?

Pourquoi ne parle-t-on pas plus de l’endettement privé ?

Quelques questions auxquelles nous tenterons de répondre.

Lundi 17h Campus 2

Nicolas.

Fin de la séquence ouverte en 2011

Une reprise économique inédite.

Une reprise de l’économie française comme celle des grands pays développés relativement faible avec une absence de taille : l’inflation qui reste à des taux très bas, bien loin de l’objectif de 2% fixé par les banquiers centraux, (comme la FED et la BCE). L’épée de Damoclès de l’arrêt des politiques monétaires expansives pouvant provoquer une crise financière reste d’actualité. Lire la suite

L’idéologie libérale en crise

Brainstorming chez les économistes officiels.

La crise systémique du capitalisme qui commence en août 2007 a ouvert un basculement du monde dont les conséquences se font sentir sur l’idéologie. Le libéralisme a fait la preuve de son incapacité à analyser le monde, le capitalisme. La théorie néo classique des marchés auto-régulateurs a volé en éclats. Lire la suite

Les mots pour le croire

La religion libérale

« La novlangue néolibérale » reparaît augmentée pour tenir compte du renouvellement (faible), du discours dominant depuis l’entrée dans la crise systémique du capitalisme en août 2007. Une nouvelle interrogation surgit. La crise a totalement discrédité les théories néo-classiques sur lesquelles s’appuie le néolibéralisme. Après le temps du choc, elles restent présentes, latentes souvent, références moins affirmées des politiques économiques. Les justifications changent un peu mais les croyances comme autant de fétiches restent. Alain Bihr construit des explications sur cette résistance. Stimulantes.
N.B.
« La novlangue néolibérale. La rhétorique du fétichisme capitaliste », Alain Bihr, coédition Page 2/Syllepse.

Reprise es-tu là ?

Les institutions internationales croient au retour de la croissance

Successivement, le FMI, l’OCDE, la Banque Mondiale ont livré leurs prévisions pour l’année 2017. Le constat est semblable, ils s’abreuvent des mêmes modèles : la croissance mondiale est au plus haut depuis 6 ans. Elle atteindrait 3,5% en 2017 contre 3% l’an dernier. Elle serait tirée prioritairement par la zone euro, « à l’aube d’une décennie dorée » comme le croit le « Financial Times » sans doute dopé par la victoire de Macron et son attitude jupitérienne. Qu’en est-il ?

Le taux de croissance prévue pour la zone euro dépasserait celui des Etats-Unis, 1,7% contre 1,6% dans un environnement marqué par le retour de l’inflation, entre 1,7 et 1,5% et une diminution du chômage à 9,4%. Il reste que le pouvoir d’achat des salarié-e-s diminue, que l’investissement s’oriente vers des progrès de productivité en intégrant des technologies numériques plutôt que des investissements de capacité, l’augmentation du nombre de moyens de production. Lire la suite

Université populaire Economie le 6 juin 2017

Bonjour,

Pour ce 73e anniversaire du débarquement,,je vous rappelle mon livre « Le souffle de la liberté » sur le jazz de cette époque, 1944 et un peu avant, pour répondre à la question quel jazz en 1944-45, aux éditions C&F. Pas de rapport ,avec l’économie ? Pas tout à fait. La Libération voit la (re)naissance d’un Etat qui s’incarne dans une nouvelle forme. Le libéralisme est, pour un temps, abandonné. Dans « La grande transformation », Karl Polanyi écrira que le grand mérite de notre époque est d’avoir rompu avec le libéralisme responsable de la profondeur de la crise de 1929 et, ajoutons, surtout de l’aveuglement des dirigeants incapables de comprendre la crise. Lire la suite

L’Union Européenne dans la tourmente


Des anniversaires qui interrogent l’avenir

L’UE a du mal à faire le bilan de sa construction. Les gouvernements résistent à la manie des anniversaires. Le Traité de Rome a 60 ans et celui de Maastricht 25 ans…

Le 25 mars 1957 le Traité de Rome est signé par 6 pays, la République Fédérale Allemande, la France, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg et l’Italie. Ils constituent la Communauté Économique Européenne (CEE) pour construire un Marché Commun, une notion qui veut allier à la fois des réalisations économiques et politiques. La grande réalisation de la mise en œuvre de ce Traité à partir des années 1960 : la PAC, la politique agricole commune qui se donnait pour objectif l’autosuffisance alimentaire de la CEE avec la définition d’un « prix vert » sans lien avec le prix du marché mondial. Les avancées supranationales se mettent en place petit à petit et de manière empirique. Lire la suite

La Grèce encore…

L’Union Européenne, le FMI et la Grèce.

La Grèce surendettée voit la prochaine échéance de paiement du service de sa dette arriver en juillet. Elle ne possède pas les 7 milliards nécessaires. L’Union Européenne (UE) et la BCE doivent, selon le troisième volet du plan d’aide, les lui fournir. Le FMI – Fonds Monétaire International – est sceptique… Lire la suite

60 ans après…

Une Europe sous les feux de la crise

Le 25 mars 1957 était signé le Traité de Rome, acte fondateur de la CEE – Communauté Économique Européenne. 60 ans plus tard, cette construction européenne vit une crise profonde de légitimité. La montée des partis d’extrême droite à la fois la révèle et la creuse. Aucun imaginaire ne surgit pour mêler les futurs de ces populations. L’Union Européenne est vécue comme une Gorgone qui pétrifie les êtres.

Le Traité de Rome organise un Marché Commun, une nouveauté, qui ne se réduit pas à une zone de libre échange même s’il est explicitement prévu l’élimination des droits de douane pour permettre la libre circulation des marchandises. La libre circulation des hommes est aussi prévue, comme celle, inscrite plus tard, des capitaux. Dans le même temps, une Cour de Justice et des institutions communes sont crées comme l’Euratom, une politique commune dans les transports et la Politique Agricole Commune, la PAC.
La PAC servira un objectif : l’autosuffisance alimentaire des pays membres. Pour ce faire, les liens seront coupés avec le marché mondial. Le « Prix vert » sera fixé en fonction de la productivité de la plus petite exploitation agricole permettant un très rapide développement de la production agricole. La France deviendra, avec les Pays-Bas, le grenier de l’Europe. Une agriculture productiviste qui survivra à la réalisation de l’autosuffisance…
Ce Traité est signé par la République Fédérale Allemande, la France, le Benelux – Belgique, Luxembourg, Pays-Bas – et l’Italie. Il entrera en application en 1960. C’est une construction pragmatique parce qu’inter-étatique. Il faut l’unanimité pour prendre une décision. La Commission Européenne a le rôle de proposition. Ce sont les Etats qui décident en dernier ressort. Lire la suite