Le jazz débarque en France. Naissance d’histoires d’amour…

Pour éviter toute tentative de commémoration… Mémoire et histoire à travers les révolutions esthétiques du jazz…


Les deux débarquements du jazz. Le jazz et la France, une histoire d’amour.

Premier débarquement (31 décembre 1917, 1er janvier 1918, Saint-Nazaire et Brest)

Jim Europe – ça ne s’invente pas – Reese débarque avec son 369th US Infantry Band. On retrouve des traces de cet orchestre dans un coffret de deux CD publié par Frémeaux et associés, « Early Jazz, 1917 – 1923 ».

Immédiatement, le jazz séduit les surréalistes, Cocteau, les Dadaïste. Robert Goffin, avocat et écrivain (belge, je sais c’est pour ça qu’il n’est pas très connu), écrira beaucoup sur le jazz dont une histoire rêvée de cette musique. Michel Leiris recevra le choc de sa vie qui le conduira sur les entiers menant vers l’ethnologie.
Voir « Le jazz à la lettre », Yannick Séité (PUF) Lire la suite

A Boris Vian

A l’adolescent pataphysicien pressé
Boris Vian.

Aucun anniversaire ne nous est désormais épargné. Les enterrements se succèdent sous la forme de la commémoration. Peut-on y résister ? La réponse ne viendra que plus tard. Il est des auteurs qui reviennent sur le devant de la scène pour s’affirmer comme fantômes vivants malgré le poids des ans. Boris Vian aurait eu cette année 79 ans – il était né le 10 mars 1920 à Ville-d’Avray. Pas croyable ! Il est mort le 23 juin 1959 à la projection privée de “ J’irai cracher sur vos tombes ”, film issu du livre publié en 1946 sous le pseudonyme de Vernon Sullivan et qui fît un énorme scandale. Aujourd’hui, le lecteur se demande pourquoi. Ce temps était celui des caves, des “ existentialistes ” – Sartre, De Beauvoir -, du jazz – surtout -, celui de Saint-Germain-des-Près décrit par les gazettes comme le repaire des sans-lois, des zazous. Boris Vian allait synthétiser toute cette haine contre la-jeunesse-qui-ne-respecte-rien. Il en avait tous les attributs. Une intelligence singulière, un refus des lieux communs, une volonté de travail pour faire oublier ses faiblesses physiques et par-dessus tout l’amour du jazz. Il jouait, on s’en souvient, de la trompinette dans l’orchestre Abadie pendant la guerre, courant des risques – comme Django – en rentrant à la levée du jour malgré le couvre feu. Il sera obligé d’abandonner son instrument. Il se fera parolier en parodiant – là encore – le rock naissant. Henri Salvador sera son instrument de diffusion. Ils feront des succès. Ironie d’une histoire sans rebondissements.
Entre temps, et la vie est dans cet “ entre ” – comme insiste James Sallis dans son dernier roman, “ La mort aura tes yeux ”1 -, il aura publié L’écume des jours, le roman de toutes les adolescences, de toutes les angoisses, de toutes les découvertes avec en arrière fond la musique insistante, têtue de Duke Ellington,2 et la poésie comme seule façon d’appréhender le monde.3
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