Illustrations du « Souffle de la révolte », avant première

Bonjour,
Puisque retard il y a, profitons pour publier quelques photos en référence à cette période qui va de la fin de la première guerre à 1939.

« Congo square, », la place du marché aux esclaves à la Nouvelle-Orléans. Sur cette place aussi, les tambours du vaudou et les danses le dimanche.

Un dessin pour rappeler le marché aux esclaves à la Nouvelle Orléans, à « Congo Square », une place qui sera aussi dévolue à la danse. Barbara Hambly dans les enquêtes de Benjamin Janvier, pianiste qui joue Mozart, Chopin et dont la sœur est prêtresse vaudou, raconte cette Nouvelle Orléans sous domination française jusqu’en 1830. Je cite souvent ses ouvrages parce qu’ils participent du travail de mémoire. Pour l’histoire littéraire Hambly écrit surtout des romans de science fiction. C’est dommage qu’elle n’ait pas continué. Elle pratique l’union des contraires avec une certaine dextérité.
Benjamin a été affranchi par son père blanc (et Français) qui lui a payé des études pour devenir médecin. Mais il est Noir noir et comme tel soumis à l’arbitraire de tous les Blancs. Il se balade avec ses papiers collés à la peau. Une préfiguration de l’après guerre de Sécession.

Un livre de photos qui entent toute la puanteur de cette guerre et des tranchées. Une coédition Gallimard/le ministère des Armées

Des photos provenant des archives du ministère des armées qui permettent de capter l’environnement des soldats, de ces jeunes gens partis la fleur au fusil et qui se retrouvent dans ces véritables trous à rats que sont les tranchées. la sortie c’est la mort assurée. Des milliers de jeunes gens y laisseront leur peau ou des membres et seront les handicapés, les « gueules cassées », de cet après guerre gagné par la folie de l’Âge du jazz.
Le sentiment de cette boucherie sue de ces photos.
Pas seulement les jeunes français mais aussi les Australiens, les Américains (plus tard), les régiments venant des colonies…
En 1917, les assassinats des déserteurs réels ou pas seront légions. « L’arrière », ceux qui ne se battent pas, abattront sans vergogne ces combattants atteints par l’inutilité d’une telle boucherie.

Pour le centenaire, Gallimard en coédition avec le Ministère de la Défense a voulu rendre vivants ces combattants étranges et étrangers.

« L’Inde dans la grande guerre », sous titré « Les Cipayes sur le front de l’Ouest » est un autre recueil de photos issu de la collaboration Gallimard et le Ministère de la Défense qui porte témoignange de l’engagement de ces troupes venus combattre pour la liberté, l’égalité et la liberté alors que, colonisés, ils étaient en butte à la répression dans leur pays par la puissance coloniale britannique. « La révolte des Cipayes » n’était pas si loin dans le temps. Dans les années 1860, ils s’étaient révoltés. Ces photos font état, comme le montre la couverture de la curiosité des Européens face à cette arrivée. Ils seront aussi dans les tranchées…
La même curiosité touchera les trouoes noires d’Afrique venues combattre et bien sur, le régiment d’infanterie conduit par James Europe.

Deux couvertures pour une période similaire. Claude Izner, dans cette nouvelle saga, nous plonge dan sle Paris des années 20 – exactement en 1921, après la grippe espagnole et la couverture du livre de Florence Martin sur Bessie Smith retrace les années « Minstrels » de l’impératrice du blues, dans les premières pages de cette bio superbe.

Bessie Smith dans sa plénitude, photo de Van Vechten reproduite dans le livre de Florence Martin, aux éditions Parenthèse, « Bessie Smith ».

Bessie Smith, à gauche et à droite. La couverture de la biographie de Bessie par Florence Martin (aux éditions Parenthèses) et de l’autre une photo extraite du même ouvrage pour voir deux facettes de l’impératrice du blues.
De son côté les deux sœurs réunies sous le pseudonyme de Claude Izner ont ouvert, avec « Le pas du renard » – autrement dit le « fox trot » – une nouvelle saga qui se déroule désormais dans le Paris de l’année 1921. (voir ma chronique). Intéressant d’entendre la musique à laquelle fait référence Izner, celle des comédies musicales de Broadway, et les blues de Bessie. Le blanc et le noir se marient en s’opposant.
Comme un résumé de mon livre, « Le souffle de la révolte », qui s’appuie sur les publications – de disques en l’occurrence) tout en tenant compte des dates d’enregistrement pour indiquer les musiques écoutées par rapport à celles ignorées qui seront découvertes plus tard. Pour parler comme Sartre, il s’agit ici de décrire « l’esthétique de l’auditeur » et non pas d’une histoire objective qui s’appuie sur les enregistrements. Ainsi s’explique la confusion sartrienne dans « La Nausée » entre le Noir et le Blanc – la Noire et la Blanche – à propos de Sophie Tucker et du compositeur de « Some Of these days », chanson enregistrée sur 78 tours – élément très important dans cette « esthétique de l’auditeur » lorsqu’il s’agit de jazz.
Nicolas Béniès.

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