Mémoire vivante.

Au revoir, Fats Domino.

« Fats » Domino, Antoine Dominique pour l’état civil, né le 26 février 1928 à la Nouvelle-Orléans nous quittés le 24 octobre 2017 après avoir résisté vaillamment à Katrina qui n’a pas eu raison ni de lui ni de son piano. Il a été » obligé, comme beaucoup d’habitants de cette ville, de reconstruire. Mais la résistance a son prix.
Il fallait bien un monument pour lui rendre cette vie qu’il savait communiquer dans chacun de ses concerts où il ne craignait de « faire le spectacle » en poussant son piano avec son ventre. Frémeaux l’a fait avec ce coffret de 6 CD couvrant les années 1949 à 1962, les années de gloire.
Le label Imperial Records créé par Lew Chudd refusait tous les classements et voulaient se tourner vers toutes les musiques particulièrement celles appelées aujourd’hui « musiques du monde. Grâce au trompettiste, arrangeur, chef d’orchestre Dave Bartholomew, Chudd allait découvrir Fats Domino qu’il allait abondamment enregistrer dés 1950. Il faut dire, comme le rappelle Bruno Blum dans le livret, que le show de Fats Domino était déjà au point.
En même temps, 1947 voit la création de la première radio « noire » qui diffusait, à la Nouvelle Orléans, ces musiques étranges qui faisaient danser.
Les « race series », des disques destinés à la seule clientèle noire, disparaissaient au profit du « R’n B », du Rhythm and Blues. La dénomination changeait pour faire face à l’accusation de racisme mais la pratique restait la même. Les classements « RnB » étaient ceux de la clientèle noire. Peu de musiciens franchissaient la frontière de la couleur de la peau. Les « Crossover », franchir le classement « RnB » et avoir sa place dans le classement général donc toucher la clientèle « blanche », étaient rares. Il faudra attendre pour que Fats Domino franchisse cette ligne invisible mais tellement forte.

Un album Imperial de 1956

Son premier disque, « Fat Man », fit partie de la première série en 1949 et fut un des succès de l’année 1950. La musique de Fats Domino envahit toutes les années cinquante. On ne peut faire l’histoire de ces années sans parler de Fats Domino, un des précurseurs du rock. Il influencera Little Richard, Bill Haley et beaucoup d’autres. Le boogie woogie sera le rythme de base de tout le rock and roll. Et Fats Domino son prophète. Il en fallait bien un.
Ses succès encore sur toutes les lèvres faites d’arrangement de standard, de rengaines de la Nouvelle-Orléans, des chansons créoles comme « Hey La Bas » et beaucoup d’autres affluents sans oublier des musiciens talentueux qui firent partie de ses groupes.
Mais ces succès firent oublier les faces B, celles laissées pour compte dans les 45 tours, inventés dés la fin des années 1940 que ce coffret permet aussi d’entendre et c’est, quelque fois, des découvertes.
Un cadeau nécessaire à faire et à se faire pour danser « all the night ».
Nicolas Béniès.
« The indispensable Fats Domino, 1949-1962 », coffret de 6 CD, livret et sélection de Bruno Blum, Frémeaux et associés distribué par Socadisc.

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