Un essai sur la place de Debussy à l’occasion du centenaire de sa mort

Révolutionnaire un jour, révolutionnaire toujours.

2018, centenaire de la mort de Claude Debussy, né en 1862, peu fêté sinon le 25 mars jour de la mort du compositeur. Il meurt trop tôt à son gré. Il aurait pu dire, comme Maurice Ravel, « j’ai encore plein de musique ». Il faut dire que ses propos étroitement nationalistes, « anti boches » et contre les métèques ne le feront pas regretter. L’essentiel, comme souvent, n’est pas dans cet emballement imbécile bien dans l’air du temps. Air du temps qui conduit même les plus réfractaires, comme Breton ou Aragon, de s’engager dans cette guerre, présentés comme la lutte des valeurs universalistes de la Révolution française contre la barbarie allemande qui, pourtant, tient le pavé intellectuel en ces années de fin du 19e siècle. La philosophie allemande est enseignée à commencer par Hegel et Marx est la référence de ce Parti Socialiste Unifié (en 1905) qui pleure la mort de Jaurès assassiné juste avant l’entrée en guerre.
L’essentiel, c’est la musique. Là est la révolution. Une révolution profonde dont il faut prendre la dimension. La rupture se veut totale par rapport notamment à Beethoven et au romantisme allemand. Debussy trouve une autre voie. Il sera à la source d’autres révolutions, d’autres créations après la Première Guerre Mondiale via notamment le « Groupe des Six » et le jazz. Lire la suite