Compléments au « souffle de la révolte », une photo

Bonjour,

« Le souffle de la révolte » est en train d’être « finalisé » – mot étrange qui vient sous la plume faute d’un terme plus approprié. Les photos, la musique est en train d’être négocié. Pas toujours simple. La parution est fixé, nouvelle « dead line » – il faut bien parler anglais pour suivre notre Président – fin juillet au plus tard.

En attendant une photo étrange prise à Harlem à l’été 1958 à l’instigation du magazine Esquire. La photo ci-dessus est extraite d’un CD réalisé à l’occasion de la sortie d’un documentaire réalisé par Jean Bach qui a été récompensée par un Oscar. « A Great Day In Harlem » est à la fois le titre de la photo, du documentaire et de l’album Columbia paru en 1995 qui reprend des thèmes des musiciennes et musiciens présent-e-s dans le film de Jean Bach. Une musique qui a tendance à partir dans tous les sens, qui fait l’intérêt de l’album. En mélangeant les Jazz Messengers qui débute à Gene Krupa et son orchestre pour finir presque évidemment par Thelonious Monk en passant par Duke Ellington, Mingus – présent sur la photo -, Lester Young… En passant, signalons que Charles Mingus composera « Good Bye Pork Pie Hat » en 1959 à la mort de Lester, nom du chapeau que portait le saxophoniste ténor. Lire la suite

La renaissance de Harlem

Redécouvrir Langston Hughes

Christine Dualé propose, dans « Langston Hughes et la renaissance de Harlem », une véritable fresque du Harlem des années 1920, véritable centre culturel qui irradie le monde et influence écrivains, essayistes, photographes, musicien-ne-s. Harlem, sous la pression des Antillais fête même le 14 juillet. Elle n’oublie pas les grandes littératrices comme Zora Neale Hurston. Elle parle des voix de Harlem comme « une nouvelle tradition littéraire noire » mêlant jazz, blues – Langston Hughes n’aura de cesse de rendre toute sa place à la poésie des blues -, révolte et revendication de dignité. La « Negro Renaissance », la négritude comme on dira quelque fois en France pour valoriser cet apport, est partie intégrante de ces « années folles », « Roaring Twenties », « Âge du jazz » suivant les auteurs pour dire la libération des corps, l’appel désespéré à une autre société, l’espoir fou que le monde bascule sur ses bases pour faire place à un monde solidaire sans guerre. Le féminisme est partie prenante de toutes ces libérations.
Christine Dualé rappelle ce contexte et le le lien entre Harlem, Paris, les Antilles. Aimé Césaire ou Senghor feront partie de ce mouvement de fierté noire.
Elle propose ensuite une plongée dans la vie et les œuvres de Langston Hughes pour le rendre vivant. « Émergence d’une voix noire américaine » est le sous titre pour qualifier la place de ce poète globe trotter et militant des droits civiques. Influencé par le gospel, le blues et le jazz, ses poèmes sonnent la révolte. Il veut faire reconnaître les anti-arts que sont jazz et blues comme partie prenante du patrimoine de l’Humanité. L’influence de ces musiques est indéniable sur la littérature, la peinture et la poésie. Ce livre incite à (re)découvrir tous et toutes ces écrivain-ne-s liés à la Renaissance de Harlem qui rythme les années 1920, les années Jazz.
NB
« Langston Hughes et la renaissance de Harlem », C. Dualé, L’Harmattan.