Histoires de chansons françaises.

Le jazz a un tournant, panne d’inspiration de Gainsbourg…

Frédéric Régent poursuit Serge Gainsbourg, dans le volume 2 de cette « Intégrale Serge Gainsbourg et ses interprètes » qui couvre des années étranges 1960 – 1962. Étranges par la nouveauté que représente le « phénomène yé-yé ». Le succès de Johnny Hallyday, des « Chaussettes noires », des « Chats sauvages » éclipsent totalement les chanteurs dits « rive gauche » – à cause de l’emplacement des cabarets où ils et elles se produisent -, la chanson française qui devra, de nouveau, se renouveler. Gainsbourg suivra les rythmes du temps, de ce temps pour faire vivre ses textes. Continuer la lecture →

Le coin du polar (2)

Lyon, 1920.

La première guerre mondiale a laissé des traces. La grippe espagnole aussi qui aurait autant de morts que la Grande Boucherie. La France se réveille du cauchemar. Un cauchemar qui n’en finit pas de renaître sous des cendres chaudes. La guerre a permis aussi des découvertes médicales et scientifiques.

A Lyon, dans ces années 20, une série de crimes visent des femmes âgées atrocement violentées par un objet non déterminé. Les vieilles familles lyonnaises du textile gardent jalousement leurs secrets à l’image des vieilles familles britanniques ou américaines qui font le bonheur de toutes les histoires de roman à clés.

Odile Bouhier, dans ce climat d’après guerre lyonnais présente une double figure de « détectives privés », un commissaire, Victor Kolvair et un scientifique, Hugo Salacan, créateur de cette « police scientifique » qui prendra le relais des fameuses « brigades du Tigre » – créées bien sur par Clemenceau – pour alimenter des enquêtes reposant sur des constations objectives pour éviter les aveux obtenus par des procédés plus ou moins légaux. Il fallait un troisième personnage, incarnation des cauchemars de la guerre, pour parfaire les intrigues. Continuer la lecture →

Le coin du polar.

 

Une (re)lecture réjouissante.

Tous et toutes les amateur(e)s de polar connaissent Dashiell Hammett (1894 – 1961), les autres ont sûrement vus « Le faucon maltais », de John Huston, dans lequel Humphrey Bogart donne un visage – en forme de « v », c’est de cette façon que le décrit allusivement Hammett – à Sam Spade, un nom étrange pour un détective privé qui ne l’est pas moins. Dashiell – ce nom lui vient de sa mère et de ses ancêtres français, son premier prénom fut… Sam – a une place de premier plan dans la littérature américaine et mondiale. Il a créé un genre, dans les années 1920-30, le polar « hard-boiled », « dur à cuire » pour des intrigues qui refusent toute solution provenant de la seule logique. Refus d’un roman policier type Agatha Christie et de son détective belge, Hercule Poirot qui pense pouvoir résoudre tous les meurtres « en chambre » armé de « ses petites cellules grises ». La littérature descend dans la rue, elle se heurte à toutes les réalités des forces sociales en présence, des intérêts politiques, économiques et au pouvoir. Continuer la lecture →

Imagination et prévision

Quand un roman noir d’anticipation percute l’actualité de la guerre.

Le titre, « Un escalier de sable », m’avait laissé rêveur. C’est sans doute pour cette (mauvaise) raison que je l’avais laissé de côté. Par hasard, je l’ai retrouvé. Il était enfoui sous une masse d’autres livres plus récents et se trouvait abandonné. Marché sur une pile de livres ressemble à un escalier de sable impossible à franchir. Un escalier en forme de mirage… Continuer la lecture →

Elvis et nous.

Un pan de notre mémoire.

Bruno Blum, par l’intermédiaire des coffrets publiés par Frémeaux et associés sur Elvis Presley, poursuit son œuvre de salubrité publique mêlant les souvenirs, le travail de mémoire et l’histoire culturelle. Le tout à travers la trajectoire d’Elvis Presley. Le volume 1 s’arrêtait en 1956, au moment où Elvis commence à connaître la gloire. Ce tome 2 ne couvre qu’une année, 1956-1957, mais remplie de bruits et de fureurs, de dénigrements, de calomnie, d’accusations plus imbéciles les unes que les autres de ces « ligues » de défense de la morale, de ces Eglises qui ne savent qu’exclure, excommunier. Peter Guralnick, cité ici, dans sa monumentale biographie d’Elvis (traduite aux éditions du Castor Astral) reprend tous les articles, toutes les déclarations contre Elvis. Bruno Blum rajoute les appréciations de Boris Vian qui – il l’a affirmé à plusieurs reprises – n’aimait pas le rock. Il trouvait – et il n’a pas toujours tort – que c’était une simplification du blues et qu’il était souvent vulgaire faute d’introduire le « double entendre », comme disent les Américains, du blues, cette ironie singulière qui transforme la grossièreté apparente en une poésie étrange. Continuer la lecture →

Rendez-vous de la semaine.

Bonjour,

 

Mercredi 20 février 2013 de 18h à 19h45 ou 20h – pour rattraper le cours écourté (joli nom ?) d’il y a 15 jours – rendez-vous au Café Mancel pour repartir à Chicago en compagnie de Booker Little et de quelques autres qui viennent de Memphis. Je suis en train d’écrire – un work in progress – une sorte de résumé en forme de contrepoint des séminaires que vous pouvez consulter sur ce même site.

Samedi 23 février, juste avant les vacances – en souhaitant qu’il n’y ait un concert gratuit que je n’aurai pas noté -, pour un voyage dans les nouveautés du jazz de 17h à 18h et plus si affinités… Ne pas hésiter à me dire si le jour, l’heure ne sont pas bien choisie et me faire quelques propositions. Merci.

Bonnes vacances.

Bonne année, article publié dans la revue de l’Ecole Emancipée

2012 est morte, vive 2013

Une accalmie ou la fin de la crise ?

Comme à chaque nouvelle année, les vœux se multiplient. Tout ira mieux en 2013. La preuve ? La crise de l’euro est derrière nous, les marchés financiers sont calmes, les Bourses, en 2012, ont connu une montée régulière même si ses sores sont encore inférieurs à ceux d’avant le troisième acte de la crise en août 20111, les taux d’intérêt pour les emprunts à court terme de la France et à moyen terme pour l’Allemagne sont négatifs, Obama a surmonté la falaise budgétaire… La crise est finie, comme l’a presque dit notre Président de moins en moins normal et de plus en plus sarkozien du moins dans sa communication. Poudre aux yeux ? Continuer la lecture →

Une réédition qui s’impose

L’Oiseau en liberté.

Charlie Parker est, peut-être, l’incarnation du génie toute musique confondue. Ses aventures sont semblables à celles de Mandrake. Je ne sais si la génération d’aujourd’hui lit encore ces bandes dessinées mais ce magicien avait le don de se transformer, de se mettre en danger à chaque fois. Jamais le même tout en conservant la même apparence. Parker avait cette volonté. Ne jamais être le même, surtout ne pas se rejouer, susciter l’inattendu, la surprise. Etre là où on ne doit pas se trouver. Se mettre en danger, pour créer la nouveauté. Ne pas respecter la mesure pour mieux la retrouver, lui donner sa visibilité. Surtout ne pas faire semblant. S’impliquer totalement. Au risque de se perdre. De s’envoler vers des contrées dont on ne revient jamais. Longtemps, il a réussi ce tour de force qui nous apparaît, à l’écoute des enregistrements, comme une évidence. Une évidence qu’il a rendue possible. Avant lui, ces paysages n’existaient pas. Il nous les a fait découvrir comme il a permis à d’autres de les fréquenter. C’est vrai qu’ils donnent l’impression d’être usés. Continuer la lecture →

A propos d’idéologies

Itinéraire

Pierre Stambul, dans ce gros livre Du refus d’être complice à l’engagement, retrace sa prise de conscience des réalités du conflit israélo-palestinien. Il critique ses positions passées pour construire des outils théoriques et pratiques de compréhension des causes profondes de cette guerre. Les droits des Palestiniens ont été bafoués, piétinés pour construire l’Etat d’Israël et l’idéologie sioniste s’est toujours refusée à reconnaître cette spoliation de départ. Une idéologie qui tend à gommer la mémoire en construisant un monde sans rapport avec la réalité d ela construction de l’Etat d’Israël. Déconstruire cette idéologie est uen nécessaité et l’auteur s’y emploie.

Ce livre est celui de l’itinéraire d’un « baby boomer » – et beaucoup se reconnaîtront dans les « effets générationnels » -, avec sa spécificité « juive » et sa volonté de construire un autre monde.

N.B.

« Israël/Palestine. Du refus d’être complice à l’engagement », Pierre Stambul, préface de Michel Warschawski, Acratie, 597 p

 

Idéologie quand tu nous tiens…

« Totalitarisme » est employé à toutes les sauces et à toutes les sauces idéologiques. Il a un mérite, visible dans les programmes d’Histoire, il s’oppose presque naturellement à « libéralisme ». Une opération de promotion réussie. Comment enseigner l’Histoire, interroge Roger Martelli dans « Pour en finir avec le totalitarisme », avec ce faux concept qui bloque toutes les compréhensions des sociétés aussi différentes que l’URSS et l’Allemagne nazie ? Abandonner ce faux concept permet de se poser d’autres questions comme celle de l’alliance libéralisme et remise en cause des libertés démocratiques. A lire pour changer les programmes…

N.B.

« Pour en finir avec le totalitarisme », Roger Martelli, La Ville Brûle, 159 p.

 

 

Les polars de janvier 2013

Le coin du polar

La législation anti terroriste est contradictoire avec toute la déclaration des droits de l’Homme. Chacun(e) de nous peut-être fiché(e) sans le savoir. L’accusé(e) d’un attentat qualifié de « terrorisme » – où commence et où s’arrête cette définition ? – ou même la complicité présumée peut donner lieu à une arrestation arbitraire et un enfermement dans avocat ni possibilité de se défendre. Alex Berg, journaliste, raconte cette histoire via l’avocate – jeune et brillante comme il se doit – Valérie Weymann. L’Allemagne, comme tous les pays, à voter, après le 11 septembre 2001, cette législation liberticide. Cette « Zone de non-droit » a des zélateurs qui ne se posent aucune question. Des fonctionnaires fossoyeurs de la démocratie. C’est rien de dire que le lecteur y croit. Continuer la lecture →