Enquête paresseuse dans une ville étonnante, Venise

Voir Venise en 1742

« La gondole des ténèbres » – titre de ce policier historique – sert de guide à une visite de cette ville presque sous l’eau aux palais luxuriants appartenant à une noblesse décatie victime de folies meurtrières pour créer un autre univers à partir d’un matériel humain. Le musée des horreurs est une vieille rengaine reposant sur l’être humain comme modalité de création.
Le carnaval de l’année 1742 dévoiles les fastes et les faux semblant d’une aristocratie qui veut, avant tout, se faire voir, se faire admirer au-delà de ce qu’elle est réellement.
En journaliste, Robert Laroche donne à voir. Son intrigue, un peu mince et sans rebondissements, lui permet de nous faire naviguer sur ces canaux où les gondoliers amènent chacun et chacune vers son destin. Le détective, Flavio Toscarini, n’a pas grand-chose à faire…
Nicolas Béniès
« La gondole des ténèbres », Robert de Laroche, Folio/Policier

Stratégie meurtrière et suicidaire : la baisse du coût du travail

A propos du livre de Clément Carbonnier « Toujours moins ! »

Clément Carbonnier, économiste et statisticien, analyse « l’obsession de la baisse du coût du travail » par les gouvernements occidentaux inspirés par le néolibéralisme. Il est question, dés le sous titre, de « l’impasse stratégique du capitalisme français ». Sa démonstration, sans appel, s’appuie sur des travaux économétriques comme sur des rapports officiels – il est l’auteur de quelques-uns – pour énoncer les conséquences de ces politiques étatiques socialement comme économiquement. La Sécurité sociale créée en 1945 avait comme objectif de hausser le marché final de la consommation pour tirer la croissance qui reposait sur ce socle. Continuer la lecture

Nuit et brouillard encore présents en 1948

Polar dans l’histoire

Rééditer le « prix du quai des orfèvres  1948 » est à la fois une redécouverte d’un auteur oublié, Yves Fougères (1921 – 1953) et une manière de ressusciter l’ambiance de ces temps étranges où le nazisme est encore présent suscitant beaucoup de fantasmes. Les travaux d’historiens montrent que les hauts fonctionnaires fascistes sont restés très présents dans les pays d’Europe de l’Ouest protégés par la « chasse aux sorcières » communistes.
Le prix du quai des orfèvres, comme le rappelle Marc Lemonier dans ses « Ballades policières dans Paris » (nouveau monde éditions), est décerné par un jury présidé par le de la police judiciaire et doit respecter « l’exactitude matérielle des détails et du respect du fonctionnement de la Police et la justice française », rien de moins. Continuer la lecture

Comment mobiliser les masses ?

Peut-on faire jouer aux relations publiques un rôle progressiste ?

Un petit livre de Simon Tremblay-Pepin, Intrigues, petit manuel pour une critique des relations publiques, qui mérite bien son titre. C’est d’abord un vrai manuel dans sa deuxième partie, où il passe en revue les grands auteurs d’intrigues, à commencer par le duc de Saint Simon dans ses mémoires, pour aborder la théorie des « pseudo-événements » de Daniel Boorstin, et celle de la manipulation des signes vus par Jean Baudrillard qui tendra à s’éloigner de toute réalité en s’enfermant dans le seul langage des signes. Il évoque la plupart des penseurs de cette discipline pour se permettre de construire une théorie et une pratique alternatives de communication au service d’une entité à définir, peut-être de la vérité toujours difficile à approcher. Continuer la lecture