Jeux sur les temporalités. Fantômes du futur unissez vous

Illusion d’une Venise

Jean-Luc Bizien est un pro du mélange, des genres, des références et des époques. Pour cette « Enquête ,à Venise », tome deux des la série « Le cabinet des illusions », il place son magicien pas vraiment chinois malgré les apparences et son nom « Chung Ling Soo face au futur fantôme de l’Opéra, roman policier de Gaston Leroux dans une Venise qui doit beaucoup à Hugo Pratt dont le père ou le grand-père à un rôle dans cette histoire comme la franc maçonnerie.
Pas de miracles ni de magie dans une investigation classique secouée par les numéros de prestidigitation qui suppose tout un appareillage et une préparation méticuleuse de toute une équipe qui doit savoir faire semblant naturellement. La ballade dans cette Venise forcément noyée de brume, sujette à la montée des eaux – déjà en 1907, année où se passe cette histoire – qui fait que la ville lacustre ne se reconnaît pas elle-même cachée par ces masques qui répondent à ceux portés par les Vénitiens plus souvent que les Vénitiennes. Les fêtes données dans les beaux quartiers pourraient servir de bruit de fond.
Le coupable de la mystification apparaît logiquement. C’est le seul possible. Par contre ses mobiles ne sont pas très convaincants. Pourquoi un fantôme alors qu’un magicien se produit dans le théâtre Rossini et, surtout pourquoi les meurtres ? Hugo Pratt sans doute ferait appel à Corto Maltese pour dire que l’absurde est la seule explication possible.
Nicolas Béniès
« Le cabinet des illusions, enquête à Venise, 1907 », Jean-Luc Bizien, édition Maison Pop

Centenaire en 2000

Pour Jacques Prévert

Ce 4 février 2000, il aurait eu 100 ans. Le bel âge aurait-il dit. Car tous les âges de la vie sont beaux. Il n’y a guère que les flics et les militaires pour ne pas s’en apercevoir. Parce qu’ils ne voient pas la lumière. Empêtrées dans ce qu’ils croient être la réalité, ils s’engluent dans la répression. Comme si toute révolte était soluble dans la répression. Il avait hérité cette phobie de son grand-père, vieil homme irascible sur de son bon droit et de sa connerie qui avait martyrisé son père. Des années plus tard, le père continuera à en faire des cauchemars. Comme quoi Freud n’est pas loin… Continuer la lecture

Spécial Michel Legrand

Histoire de génération(s)

Michel Legrand fait partie de notre paysage musical, à la fois auteur de musiques de films, pianiste de jazz, chanteur, arrangeur, chef d’orchestre, accompagnateur, auteur de succès inaltérables qui restent dans les mémoires de toutes les générations, autant françaises qu’américaines. Il nous a quittés le 26 janvier 2019. Il n’a, sans doute, pas voulu voir la pandémie et la Covid19. Comme on le comprend !
Lui consacrer un coffret de 10 CD, une sorte de tome 1 couvrant les années 1953 – il a 21 ans – à 1962, permet de (se) rendre compte de sa palette mais aussi des changements effectués à la fois dans la musique et dans la société. « Le monde musical de Michel Legrand » est le titre générique de ce travail de mémoire qui reprend, presque chronologiquement, les enregistrements qu’il a signés dans ces années. Continuer la lecture

Michel Legrand

Bonjour,

Un peu en retard, mon hommage à Michel Legrand

Toute la journée du samedi 26 janvier 2019, les radios ont multiplié les émissions spéciales pour rendre hommage à Michel Legrand mort dans la nuit du vendredi au samedi, à l’âge de 86 ans. Tout a été dit sur ses 3 Oscars, pas grand chose sur le jazz.

EN 1964, « Quand ça balance »

Deux extraits de cet album inespéré voulu par Michel Legrand, « Le grand Jazz » de 1958, avec Miles Davis, John Coltrane, Bill Evans…
Un arrangement réussi de « Jitterburg Waltz », une composition de Fats Waller.

Et « Round About Midnight »

Cet album avait été précédé par « I love Paris » sorti en 1954, avec un grand orchestre qui sonne aujourd’hui un peu désuet, vendu plus de 8 millions de copies de par le monde.

Deux extraits, I Love Paris d’abord de Cole Porter pour « Can Can », une comédie musicale

>Et Mademoiselle de Paris, chanté par Jacqueline François qu’il (Michel Legrand) avait accompagnée. Un grand succès d’époque.

Cette notoriété lui a permis de commencer à composer aux Etats-Unis. la firme Columbia lui avait donné carte blanche pour enregistrer ce qui deviendra « Lz Grand Jazz » réunissant, outre Miles, Trane et Bill Evans, Phil Woods, Ben Webster, Herbie Mann, Betty Glamann (harpiste), Paul Chambers, Milt Hinton…