Les festivals de jazz de mai 2013

Un printemps, des printemps ? les jazz en fête et en concurrence…

Il n’est pas sur – l’incertitude, on le sait, domine notre monde agonisant – que le soleil soit de la fête du printemps inscrit dans le calendrier. L’été ou l’hiver, le choix sera fait. Il ne dépend ni de nous, ni, pour cette fois, du gouvernement mais de cette crise climatique qui n’en finit pas de se décliner.

Ce printemps 2013 offre un pont, celui qui va du 8 au 11 mai, mercredi, jeudi sont fériés. Un doublé qui provoque des changements dans l’organisation de l’Europa Jazz Festival qui bloque ses concerts à l’Abbaye de l’Epau – si vous ne connaissez pas, il faut en profiter – pendant ce laps de temps, pour faire de sa 34e édition, une édition qui s’étend du 12 mars au 12 mai. Le Mans, ville de départ de ce festival, marque, en général, l’apothéose de ce festival qui sillonne la plupart des départements des Pays de Loire mais aussi l’Orne pour faire vivre toutes les villes au rythme du jazz. Les organisateurs – Jean-Marie Rivier, le président et Armand Meignan, le directeur – vont jusqu’à perturber la vie des lycées et collèges pour faire entendre les sons du jazz. Continuer la lecture →

Nouveautés jazz, les saxophonistes

Nouveautés jazz, via les saxophonistes.

Céline Bonacina, saxophoniste baryton pourrait passer pour un oxymore. Un si grand saxo pour une petite bonne femme. Les clichés ont la vie dure. Les musiciennes de jazz, et ce depuis que le jazz existe, ont pratiqué tous les instruments. La voir jouer de ce merveilleux instrument est un plaisir sans partage. Elle a de l’énergie à revendre. Elle a su écouter et digérer l’art particulier de Hamiet Bluiett pour devenir elle-même. Pour cet « Open Heart » – une sorte de devise, un cœur et un esprit ouvert, ne rien s’interdire, pour créer – elle est en compagnie de son batteur habituel, Hary Ratsimbazaty et de Kevin Reveyrand à la basse électrique plus des invités, Himiko Paganotti, vocaliste, Pascal Schumacher vibraphoniste et Mino Cinelu, percussionniste un peu perdu de vue ces derniers temps. Continuer la lecture →

Nouveautés en jazz, les pianistes

A travers les nouveautés en jazz, via les pianistes.

Ludovic de Preissac a constitué un sextet qui devient septet avec le rajout du saxophoniste Sylvain Beuf en deux plages, pour donner vie à ses compositions qui baladent l’auditeur du Sénégal – « Ouakam’s Trip » – à Troyes – « Et de trois, on n’y revient » – , la ville d’élection du pianiste en passant par un portrait d’une photographe, « Alexia », la gamme pentatonique, celle du blues, le gospel, la salsa… pour indiquer l’éclectisme des références et la volonté de « coller » toutes ces cultures. La synthèse est plus difficile. Elle n’est pas encore à l’ordre du jour. Le « bebop » dans son vocabulaire est ici présent – le premier thème « Ouakam’s Trip » démarque très largement une composition connue du be bop -, comme l’influence des grands pianistes de la période dite « hard bop », celle marquée par Bobby Timmons ou Wynton Kelly. Il faut écouter le saxophoniste Michaël Cheret, le trompettiste Michel Gontard et le tromboniste Michaël Joussein pour comprendre le titre de cet album inscrit dans notre air du temps, « L’enjeu des paradoxes ». La démonstration s’organise dans les oppositions apparentes sans tenter de les organiser en une nouvelle manière de construire un autre rapport aux traditions. Les jazz affirment leur présence.

« L’enjeu des paradoxes », Ludovic de Preissac, Frémeaux et associés.

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Nouveautés jazz (2)

 

Renouveau du troisième courant.

Le sous titre de cet album, « Amadeus & the Duke » m’a fait irrésistiblement penser à Boris Vian qui vouait une admiration éperdue (et justifiée) à Duke Ellington – il faut se souvenir que « L écume des jours » est construit sur des compositions du Duke – et qui affirmait « Mozart m’emmerde » (c’est aussi quelque fois justifié). Raphaël Imbert, saxophoniste, clarinettiste basse et un peu pianiste a voulu les réunir. « Heavens », c’est le titre de cet album. Aux cieux sans doute le Duke, toujours habillé avec soin, a rencontré celui qu’on présente comme débraillé, Mozart. Il n’est pas sur que leur rencontre n’ait pas été exempte d’une certaine rancœur ou compétition. Tous les deux avaient le souci de la performance. Une bien bonne chose contrairement à ce que disent beaucoup de bien-pensants. Et Boris Vian était passé par-là, bien sur qu’il aurait mis un peu d’huile sur ce feu. Pour dire que les collages ne sont pas aussi faciles qu’il le semble au premier abord. Continuer la lecture →

Dans les nouveautés en jazz

Un duo contrebasse, Diego Imbert, guitare, Michel Pérez, deux musiciens importants de la scène du jazz en France. Ils ont participé aux stages donnés à Lisieux (14) et savent construire des machines à géométrie variable. Le duo est un exercice difficile. Surtout guitare/contrebasse. « Double entente » – une référence peut-être au « double entendre » des bluesmen pour signifier une traduction de l’anglais « blanc » en anglais « noir, pour entendre derrière des problèmes de femmes, les relations toujours difficiles des Noirs avec les Blancs – proposent une musique en demi-teinte qui préfère souvent la joliesse à la violence. Dans ce monde de brutes, c’est difficile de leur en vouloir. On aimerait une musique plus brute, moins apprêtée. Continuer la lecture →

Université populaire jazz, mercredi 13 mars 2013, reportée au 20 mars

Le rendez-vous de la semaine

 

Mercredi 13 mars à 18 heures (jusqu’à 19h30) au Café Mancel pour un nouveau voyage vers et dans Chicago.Le cours est annulé, la neige s’incruste et la fin de la journée pourrait être marquée par des gelées. Autant ne pas prendre de risque. Le séminaire est reporté à la semaine prochaine le 20, qu’on se le dise…

Cette semaine, aller retour entre blues et jazz à travers quelques labels indépendants, Chess – et sa sous marque Argo devenu Cadet -, Vee-Jay, premier label créé par des Noirs qui enregistrera à la fois du blues, du jazz et de la « pop music » – appelée « soul » dans la grande époque des années 60.

Ces labels sont essentiels pour appréhender l’histoire, la mémoire du jazz. Sans eux pas de Muddy Waters, pas non plus de premiers enregistrements de Wayne Shorter et Lee Morgan, le saxophoniste-compositeur et le trompettiste-compositeur faisaient partie des Jazz Messengers d’Art Blakey.

Une sorte de lecture de cette effervescence du jazz et du blues qui marque les années 50. Les liens entre les deux sont perceptibles. Et Chicago est une des Villes où s’effectuent ces créations via les « studios » d’enregistrement. Pour le blues ce sont souvent des arrières cuisines. les frères Chess, venant d ‘Europe de l’est – il faut lire les descriptions et interviews de Peter Guralnick dans « Feel like going home », traduction française Rivages Rouge – et partageant les mêmes peurs des esprits que les bluesmen. Une communauté de croyances qui montre que la distinction de couleur n’a aucun sens…

Pour suivre les développements de cette saga de Chicago, voir mon « résumé », sorte de work in progress…

A mercredi. Sauf si la neige persiste…

 

Nicolas Béniès.

A travers les nouveautés jazz…

Hommes mages et hommages…

Notre époque, formidable s’il en est, reste trop souvent inscrite dans un passé recomposé. L’âge des musiciens aidant, les hommages se multiplient. Les producteurs pensent que c’est moins risqué que de publier une œuvre originale.

L’actualité en fournit deux exemples.

 

Aldo Romano – il fête ses 70 ans – s’est décidé à faire revivre, grâce à l’aide de jeunes musiciens, Baptiste Herbin au saxophone alto qui « sonne » comme Jackie McLean et Alessandro Lanzoni au piano qui « démontre » trop quel virtuose il est au détriment de l’émotion, ses années 1968-69 où il jouait dans la pièce de Jack Gelber « The Connection ». Il s’est adjoint son vieux complice, le bassiste Michel Benita. Du théâtre-réalité – comme la télé – avant la lettre. Cinq musiciens de jazz attendent leur dealer. Ils sont en manque. Ils jouent la musique de leurs enfers. Continuer la lecture →

Histoires de chansons françaises.

Le jazz a un tournant, panne d’inspiration de Gainsbourg…

Frédéric Régent poursuit Serge Gainsbourg, dans le volume 2 de cette « Intégrale Serge Gainsbourg et ses interprètes » qui couvre des années étranges 1960 – 1962. Étranges par la nouveauté que représente le « phénomène yé-yé ». Le succès de Johnny Hallyday, des « Chaussettes noires », des « Chats sauvages » éclipsent totalement les chanteurs dits « rive gauche » – à cause de l’emplacement des cabarets où ils et elles se produisent -, la chanson française qui devra, de nouveau, se renouveler. Gainsbourg suivra les rythmes du temps, de ce temps pour faire vivre ses textes. Continuer la lecture →

Rendez-vous de la semaine.

Bonjour,

 

Mercredi 20 février 2013 de 18h à 19h45 ou 20h – pour rattraper le cours écourté (joli nom ?) d’il y a 15 jours – rendez-vous au Café Mancel pour repartir à Chicago en compagnie de Booker Little et de quelques autres qui viennent de Memphis. Je suis en train d’écrire – un work in progress – une sorte de résumé en forme de contrepoint des séminaires que vous pouvez consulter sur ce même site.

Samedi 23 février, juste avant les vacances – en souhaitant qu’il n’y ait un concert gratuit que je n’aurai pas noté -, pour un voyage dans les nouveautés du jazz de 17h à 18h et plus si affinités… Ne pas hésiter à me dire si le jour, l’heure ne sont pas bien choisie et me faire quelques propositions. Merci.

Bonnes vacances.

Une réédition qui s’impose

L’Oiseau en liberté.

Charlie Parker est, peut-être, l’incarnation du génie toute musique confondue. Ses aventures sont semblables à celles de Mandrake. Je ne sais si la génération d’aujourd’hui lit encore ces bandes dessinées mais ce magicien avait le don de se transformer, de se mettre en danger à chaque fois. Jamais le même tout en conservant la même apparence. Parker avait cette volonté. Ne jamais être le même, surtout ne pas se rejouer, susciter l’inattendu, la surprise. Etre là où on ne doit pas se trouver. Se mettre en danger, pour créer la nouveauté. Ne pas respecter la mesure pour mieux la retrouver, lui donner sa visibilité. Surtout ne pas faire semblant. S’impliquer totalement. Au risque de se perdre. De s’envoler vers des contrées dont on ne revient jamais. Longtemps, il a réussi ce tour de force qui nous apparaît, à l’écoute des enregistrements, comme une évidence. Une évidence qu’il a rendue possible. Avant lui, ces paysages n’existaient pas. Il nous les a fait découvrir comme il a permis à d’autres de les fréquenter. C’est vrai qu’ils donnent l’impression d’être usés. Continuer la lecture →