Rendez-vous le 6 juin 2013, au Café mancel, le jazz débarque

Le jazz débarque

Sur les cotes de l’Ouest, le jazz a débarqué deux fois. Les 31 décembre 1917/1er janvier 1918, respectivement à Brest et à Saint-Nazaire pour permettre l’arrivée d’une partie des troupes si l’autre bateau rencontrait des torpilles allemandes. Et le 6 juin 1944, ce jour le plus long est plus connu que le premier.

Cette première arrivée du jazz via ce régiment les « Hellfighters » conduit par le lieutenant Jim Europe Reese, chamboulera les mondes intellectuels en Europe. Particulièrement en France. L’histoire d’amour du jazz et de la France commence là.

Le deuxième aura d’autres effets. le bebop entraînera une « bataille d’Hernani », grande spécialité française. On se battra à coups de poings, à coups de sifflets, d’applaudissements pour ou contre cette révolution, pour ou contre Dizzy Gillespie et son grand orchestre, à Pleyel fin février 1948, pour ou contre Charlie Parker, vedette du deuxième festival international de jazz en mai 1949, organisé par Charles Delaunay.

Le monde bascule, le jazz lui donne son beat pour accompagner cette mutation.

Jazz, musique du 20e siècle qui fait partie intégrante de l’histoire de ce siècle. Toutes ses révolutions esthétiques ont rythmé le siècle.

Pour entendre le siècle passé en un jeux de miroirs entrer paroles et musique.

Pour entendre aussi la voix de Sim Copans, créateur des émissions de jazz sur les antennes de la RTF, le nom de la radio service public en ces temps lointains où le mot même de privatisation ne faisait pas partie du vocabulaire courant.

Le rendez-vous est pris…

Nicolas Béniès.

Note : le film « Stormy Weather relate le retour de ces combattants de la première guerre qui se sont battus dans les tranchées aux côtés des troupes françaises certains accumulant les citations. L’armée américaine n’a jamais voulu reconnaitre leurs « mérites » – au sens militaires – parce qu’ils étaient Noirs. Certains d’entre eux sont donc restés en France, à Paris pour animer les Nuits de cette folie furieuse de plaisirs, sorte de réponse à la Première Barbarie.

Le film raconte l’histoire de Bill « Bojangles » Robinson, le plus grand des « sandmen », ces premiers danseurs de claquettes. Un film qui fais voir les performances de tous ces artistes des années 20-30 à commencer par Cab Calloway ou les Nicholas Brothers, Lena Horne… Une sorte de nostalgie des temps déjà anciens au moment où le film est sorti aux États-Unis en 1943 et, en France, en 1945, sur les Champs-Élysées, pour fêter la Libération avec le monde en train de se défaire.

 

Autour de quelques nouveautés en jazz

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L’actualité discographique autorise une sorte de cartographie lunaire du jazz, des jazz peut-être…

Du funk ? En voilà !

Nils Landgren, tromboniste suédois a constitué un groupe, « Funk Unit », au titre explicite, mêlant rap et une forme de jazz portée, en leur temps, par les « Crusaders ». Référence revendiquée. Il a invité, sur cet album « Teamwork », deux des créateurs, Joe Sample, piano et claviers (ici au Rhodes, un instrument bavard qui fait des dégâts… Mais que Joe sait dompter) et Wilton Felder, saxophone ténor. Dans ses albums précédents, il avait déjà joué avec ces musiciens. L’autre influence se trouve chez James Brown et les musiciens qui s’en réclament – ils l’ont accompagné – Maceo Parker et surtout Fred Wesley à qui Nils fait penser. Ils jouent du même instrument !Une musique dansante, sans état d’âme et qui atteint son but. Si vos invité(e)s restent assis(e)s c’est qu’ils et elles sont malades…

Nicolas Béniès.

« Teamwork, Nils Landgren Funk Unit, ACT distribué par Harmonia Mundi. Continuer la lecture →

Un rendez-vous raté

Je vous avais donné rendez-vous au café Mancel, samedi 18 mai pour vous présenter les nouveautés. j’avais préparé une sorte de rétrospective du style « vocalese » illustré par Jon Hendricks, invité exceptionnel à Coutances cette année.

Patatras… Une réunion bruyante m’a empêché de présenter cette préparation. Ils et elles oint du temps a s’en aller et je n’avais pas prévu de micro. Du coup, je n’arrivais pas à me faire entendre.

Ce sera pour une prochaine fois mais cette année (scolaire s’entend).

Il faudra donc attendre l’année prochaine…

J’envisage, plutôt que  e présenter uniquement les nouveautés de vous proposer des thèmes.

Dites moi ce que vous en pensez et si le samedi 17h est un bon jour.

 

Merci.

 

Nicolas.

Impressions de Jazz Sous les Pommiers, 4 – 11 mai 2013, 32e édition.

Un bon cru

Sur le terrain de la fréquentation, un succès. Beaucoup de concerts complets, beaucoup de monde. Logique, conjonction du 8 (mercredi) et de l’Ascension (le jeudi 9) ont permis une affluence souhaitée après les pluies de l’an dernier et un déficit important. Cette année, le temps, sans être réellement printanier – plutôt primesautier – n’a pas mis trop de sable dans les rouages. Même ma conférence sur « lorsqu’une chanson française devient standard du jazz, que reste-t-il de nos amours »1 a vu une affluence « normale », entre 30 et 40 personnes et ce, un vendredi à 15h30 alors que le festival brillait de tous ses feux. Certains étaient venus – comme ce photographe dont je ne connais pas le nom – pour fermer les yeux, goûter à d’autres cieux que ceux du travail à faire. C’est vrai que les photographes ont de moins en moins la vie facile, restriction des temps – 10 mn au début -, surveillance tatillonne, obligation de se justifier à tout moment et, last but not least, aller de concert en concert pour ne pas rater le moment où ils et elles peuvent « faire » leur métier. La pression, le stress est partout. Continuer la lecture →

Un rendez-vous exceptionnel, le 6 juin 2013, café mancel

Autour des débarquements du jazz

Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquent. la mer est rouge du sang de tous ces jeunes gens venus mourir sur les plages de Normandie. Il faudra attendre le 12 juin pour que les soldats noirs débarquent… Jon Hendriks en faisait partie…

Le jazz débarque en même temps. Le bebop est le nom de la nouvelle révolution esthétique qui bouleversera le monde et la France en particulier. Une bataille d’Hernani partagera la jeune génération d’alors entre les tenants du « vrai » jazz et les partisans du bebop.

La génération précédente, celle de l’entre deux guerres, avait connu la première révolution esthétique, celle de la connaissance du jazz. Les surréalistes, comme les dadaïstes ou Cocteau n’en sortiront pas indemnes. Leur vie en sera changée.

Ce 6 juin, un peu en avance par rapport aux commémorations prévues l’an prochain pour le 70e, je vous propose de revenir sur ces deux débarquements permettant de visiter l’histoire du jazz mêlée à l’histoire tout court, les rapports entre le jazz, la chanson française et la littérature. Pour appréhender l’importance du jazz non seulement comme culture commune du 20e siècle mais aussi dans sa capacité à représenter le monde par l’accumulation de chefs d’œuvre.

Au Café Mancel, jeudi 6 juin, de 15h à 18h pour ce voyage dans le temps, dans l’espace et dans une part de notre histoire.

On ne perdra pas l’occasion de parler radio et de rendre hommage à Sim Copans dont l’histoire personnelle s’est trouvé en phase avec celle du débarquement – comme celle de Louis Guilloux dont on parlera via son roman « OK Joe » – et celle de la radio française par la création des émissions de jazz sur les ondes nationales, la RTF à l’époque.

Nicolas Béniès.

Pour Max Roach

A Max Roach (10 janvier 1924 – 16 août 2007), architecte hasardeux.

La collection Quintessence, dirigée par Alain Gerber, consacre un coffret de deux CD à Max Roach, batteur inestimable, prince du bebop, oreilles grandes ouvertes à la tradition et à l’innovation, à la construction comme à l’improvisation. Max fut une des incarnations du jazz, avec tous ses oxymores. Continuer la lecture →

Intégrale Louis Armstrong, volume 12

Une histoire qui est aussi la notre…

Suivre Louis Armstrong par le biais de cette intégrale – elle en est à son volume 12 et couvre les années 1946-1947 – due aux bons soins de Daniel Nevers (auteur du livret qui en fait une partie du charme), c’est remonter le cours du temps en suivant l’histoire de ce curieux pays dont les habitant(e)s n’ont pas de nom, les États-Unis. Un pays dont l’apport à la culture mondiale s’appelle Jazz. Continuer la lecture →

Un art spécifique, celui de la rencontre, du couple

Musique/Jazz

Découvrir un duo.

Un piano, une voix féminine, un accord curieux et semé d’embûches. Comment concilier les instruments ? Comment faire passer les sentiments sans tuer les paroles ? Comment écrire ? A toutes ces questions, Ran Blake et Jeanne Lee avaient commencé à apporter des réponses. Jeanne nous a quitté, reste les enregistrements qu’elle a réalisé notamment ceux chez Owl Records de Jean-Jacques Pussiau.

A leur tour, le « Lilith Duo », Isabelle Calvo, vocaliste, Arnaud Becaus, pianiste, s’inspirant des précédents – sans les copier, surtout pas – veulent répondre. Leur album, « My favorite songs » est une réussite. Il ne faut pas craindre de le dire. Quelque chose de nouveau est en train d’arriver qu’il ne faut pas rater. Ils osent s’attaquer à « My favorite things » – deux versions – et Isabelle Calvo a écrit ce texte qui vous restera dans les oreilles, « La lettre de la femme infidèle »…

N.B.

« My favorite songs », Lilith Duo, Wild 002, www.wildscatprod.com

Article publié dans la revue de l’École Émancipée d’avril 2013