Le coin du polar…historique.

La Toscane corrompue… en 1895.

Un grand détective auteur d’un livre de recettes de cuisine… italienne – pardon des régions de l’Italie -, à grandes moustaches blanches qui enquête en Toscane chez le Baron Roccapendente où il est invité, ce n’est pas commun. Pelligrino Artusi n’est pas seulement une figure de roman. Il est né le 4 août 1820 en Emilie-Romagne. A l’ouverture de cette première aventure, pour les lecteurs français, il est âgé de 75 ans. En cette année 1895 donc, l’Italie existe sur le papier depuis 20 ans et l’unification est loin d’être réalisée. Les vieilles familles – « Le Guépard » raconte sous une autre forme cette même histoire – sont ruinées. Les enfants ne s’en rendent pas compte. Ils ont conservé » la morgue de leur caste sociale alors qu’ils n’en ont plus les moyens. Sous une forme plaisante, sans se prendre au sérieux, Marco Malvadi, chimiste, chanteur lyrique, spécialiste du Baroque et finalement écrivain, met en scène ces personnages en train de quitter la grande scène du monde. Tout commence par l’assassinat du majordome en passe de quitter ses fonctions. On saura le pourquoi comme il se doit à la fin. Continuer la lecture →

Le coin du polar, juin 2013

Poker en ligne, arnaques et corruption.

Ce titre du monde (des 16 et 17 juin 2013), « Les sites de poker en ligne lancent un SOS à l’État » est une excellente introduction à cette deuxième enquête de la spécialiste du recouvrement, Ava Lee. Le début de l’article est une forme d’explication de l’intrigue de ce roman de Ian Hamilton, « Trois ans après la légalisation (…) le marché français est (…) en train de décliner. » Avant lui, le marché de Las Vegas connaissait aussi des problèmes de financement. Continuer la lecture →

Le coin du polar de juin 2013

 

Un vrai roman noir…chinois.

Renouveler le genre, du roman noir, n’est pas facile. Il faut savoir se servir de la tradition, la bousculer pour construire de nouvelles fondations. C’est le tour de force que réussit Ma Xiaoquan dans ce « Confession d’un tueur à gages ». Les réminiscences sont multiples pour les amateur(e)s de polar et de romans noirs. Il sublime ses influences en décrivant la Chine d’aujourd’hui, sa corruption mais aussi les échos encore actuels de la révolution culturelle, période troublée dont parle toute la littérature chinoise d’aujourd’hui. Continuer la lecture →

Un rendez-vous exceptionnel, le 6 juin 2013, café mancel

Autour des débarquements du jazz

Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquent. la mer est rouge du sang de tous ces jeunes gens venus mourir sur les plages de Normandie. Il faudra attendre le 12 juin pour que les soldats noirs débarquent… Jon Hendriks en faisait partie…

Le jazz débarque en même temps. Le bebop est le nom de la nouvelle révolution esthétique qui bouleversera le monde et la France en particulier. Une bataille d’Hernani partagera la jeune génération d’alors entre les tenants du « vrai » jazz et les partisans du bebop.

La génération précédente, celle de l’entre deux guerres, avait connu la première révolution esthétique, celle de la connaissance du jazz. Les surréalistes, comme les dadaïstes ou Cocteau n’en sortiront pas indemnes. Leur vie en sera changée.

Ce 6 juin, un peu en avance par rapport aux commémorations prévues l’an prochain pour le 70e, je vous propose de revenir sur ces deux débarquements permettant de visiter l’histoire du jazz mêlée à l’histoire tout court, les rapports entre le jazz, la chanson française et la littérature. Pour appréhender l’importance du jazz non seulement comme culture commune du 20e siècle mais aussi dans sa capacité à représenter le monde par l’accumulation de chefs d’œuvre.

Au Café Mancel, jeudi 6 juin, de 15h à 18h pour ce voyage dans le temps, dans l’espace et dans une part de notre histoire.

On ne perdra pas l’occasion de parler radio et de rendre hommage à Sim Copans dont l’histoire personnelle s’est trouvé en phase avec celle du débarquement – comme celle de Louis Guilloux dont on parlera via son roman « OK Joe » – et celle de la radio française par la création des émissions de jazz sur les ondes nationales, la RTF à l’époque.

Nicolas Béniès.

Hommage

 

Le coin du polar.

Thierry Jonquet a été, un jour de 2009 – il avait 55 ans – victime d’un tueur intérieur, l’épilepsie. Il nous a laissé orphelin. Il savait montrer la barbarie d’un monde sans repères, il savait aussi que le noir est la seule couleur qui s’impose, que le pire est toujours sur. Il avait découvert les fondateurs du polar, Hammett, Chandler et a été influencé par les mondes de Jim Thompson par sa manière de mettre en scène des « monstres », des révoltés contre cet ordre social injuste. Le Seuil, avec une préface-hommage de Hervé Delouche, met à la disposition du public des nouvelles écrites à différents moments avec des contraintes spécifiques. « 400 coups de ciseaux » permet de s’introduire dans l’œuvre de cet auteur comme dans sa vie. Le premier texte, donné au Temps Modernes, retrace sa biographie et sa démarche. Continuer la lecture →

Le polar historique à l’honneur.

 

France, 1919.

Guillaume Prévost continue sa saga, via les enquêtes de l’inspecteur François-Claudius – le prénom s’explique par le fait que, orphelin, abandonné par sa mère, il a été élevé dans un orphelinat dirigé par un curé qui lui a fait confiance, d’aucuns diraient qu’il était le « chouchou » – Simon, de cette après première guerre mondiale. Ces années qui ruissellent encore du sang des jeunes gens sacrifiés, victimes aussi de la grippe espagnole. Un pays exsangue que l’auteur s’attache à décrire. Il prend pour matière, un feuilleton – c’est la mode depuis la fin du 19e siècle – au titre évocateur, « Les Maudits » qui donnent aussi son titre générique à des films « à suivre », ancêtres de nos séries télé. Continuer la lecture →

Quand les cultures se heurtent

Rencontres étranges, polar, vaudou et… Miami.

Nick Stone tient à la fois de son père, historien, et de sa mère, descendante d’une des plus anciennes familles d’Haïti. Dans ce mouvement d’appropriation de traditions pour les rendre vivantes, pour les faire siennes, Miami, la ville de Floride, tient un rôle central. Ville de corruption, de réfugiés cubains et haïtiens, à quelques 150 kilomètres de Cuba, est un centre du trafic de drogues. Le dollar corrompt tout et absolument. Une ville qui se trouve aussi dans « Ils vivent la nuit » de Dennis Lehane. Continuer la lecture →

Le coin du polar, mars 2013

Un sauvage qui ne l’est pas…

Comment s’appeler « Sauvage » lorsque le but est de glander le plus possible loin des enquêtes de terrain ? Élisa Vix a voulu jouer de l’oxymore pour faire sourire tout en construisant une intrigue qui oblige le lecteur(e) à poursuivre les investigations malgré cette figure de « détective » qui repousse au loin toute possibilité d’identification. Un peu « macho », un peu fainéant, un peu « mauvais père », un peu compassionnel et pas plus sympathique pour autant. Un inspecteur « normal », un peu trop. Continuer la lecture →

Un polar saissisant

Quand un roman noir d’anticipation percute l’actualité de la guerre.

Le titre, « Un escalier de sable », m’avait laissé rêveur. C’est sans doute pour cette (mauvaise) raison que je l’avais laissé de côté. Par hasard, je l’ai retrouvé. Il était enfoui sous une masse d’autres livres plus récents et se trouvait abandonné. Marché sur une pile de livres ressemble à un escalier de sable impossible à franchir. Un escalier en forme de mirage… Continuer la lecture →