A propos Nicolas Beniès

Nicolas Beniès est économiste de formation. Il est tombé dans la grande marmite du jazz dans son adolescence, une énorme potion magique qui rend la vie différente. Il est devenu naturellement critique de jazz. Il a collaboré un peu à Jazz Hot, à Jazz Magazine. Il a également écrit dans Rouge, Contretemps), la Revue de l’École Émancipée, Le Monde Diplomatique et l’US Magazine. Il a longtemps - 20 ans - proposée, préparée et animée des émissions de jazz sur une radio associative. Il reprendra bientôt cette activité. Conférencier sur le jazz et l'économie, il est l'auteur du Souffle bleu - C&F éditions -, un essai sur le basculement du jazz en 1959 qui a donné son titre au blog/site, et de plusieurs ouvrages sur l'économie dont "Petit manuel de la crise financière et des autres" (Syllepse éditions). Il prépare deux nouveaux ouvrages. Un sur le jazz, "Tout autour du jazz", l'autre sur l'économie "Le basculement d'un monde".

Charlie Haden nous a quittés…

A Charlie Haden, avec toute ma reconnaissance…

Il des coïncidences douloureuses sinon malheureuses. Comme mourir le même jour quasiment que Lorin Maazel, grand chef d’orchestre, mort ce 13 juillet en Virginie (Etats-Unis) à l’âge de 84 ans.
Par un effet de ricochet, la disparition de Charlie Haden, le 11 juillet, contrebassiste, leader « naturel » – comme on dit dans les dictionnaires du jazz – n’a pas suscité de démonstrations délirantes sur les ondes. De ce point de vue, il s’en sort mieux, même s’il n’en a plus rien à faire, que Lorin Maazel enterré plusieurs fois sous les louanges.
Charlie Haden est pourtant, pour plusieurs générations confondues mais surtout celle de l’après mai 68 pour la France, un compagnon de presque tous les instants, de ces instants qui comptent parce qu’ils se traduisent par des tournants importants dans nos vies soit individuellement soit collectivement. Ils sont rares ces artistes, ces jazzmen capables de signifier, avec leur musique, la nécessité de la révolte de toute une génération sur tous les continents. LMOCharlie Haden fut de ceux-là avec son « Liberation Music Orchestra » constitué en 1969 et enregistré par Bob Thiele pour « Impulse ! »,1 avec des arrangements de Carla Bley sur des airs révolutionnaires provenant de la guerre d’Espagne et de Hans Eisler. Cet « United Front » reste comme l’une des grandes odes de cette période. Il composera un hommage au « Che » – Guevara bien sur – pour marquer son appartenance à la fraction qui résiste et veut voir advenir le règne de la fraternité. Il reconstruira ce « LMO » à plusieurs reprises sans retrouver cette foi qui animait le premier. Continuer la lecture →

Vacance(s) propice à la lecture des classiques

Pour Dante, la fin c’est la Paradis et pas seulement l’enfer…

« La Comédie », « chant villageois à en croire les définitions courantes au 13e siècle », nous dit le présentateur et traducteur, Jean-Charles Vegliante, de cette édition bilingue de cette épopée, de ce chant d’amour et aussi un poème fondateur de l’Italien moderne. Dante Alighieri, en ce début du14e siècle, se refuse à utiliser le latin pour se servir de la langue vernaculaire de Florence. La traduction du florentin de ce temps est un exercice difficile, fait d’interrogations et de recherches pour rendre le sens voulu par l’auteur. La trahison est nécessaire à partir du moment où le lecteur d’aujourd’hui peut s’approprier le texte, le comprendre tout en le remettant dans son contexte.
Il faut rendre le sens des mots tout en sauvegardant la musique des vers de Dante. La poésie ne s’embarrasse pas forcément d’Histoire même si elle est nécessaire pour exprimer des émotions. Continuer la lecture →

Manières de « faire » de l’Histoire

Le Royaume de France en 1624.

Vous avez lu « Les Trois Mousquetaires » ? Vous avez suivi la trame historique déployée par Alexandre Dumas, grand témoin de son temps romantique en diable. Vous n’aimez pas Richelieu. Le Cardinal aurait voulu gouverner contre le Roi, Louis XIII en l’occurrence, pour imposer sa politique.
Le Roi est présenté comme un faible, sous la coupe réglée de son Premier Ministre et de ses séides.
12Et si la réalité historique faisait de Louis XIII un Roi qui décide et de Richelieu un dirigeant du Royaume qui non seulement réalise une sorte d’unité nationale – les mots n’ont pas tout à fait le même sens qu’aujourd’hui – mais construit l’Etat de la monarchie absolue en détruisant les restes de la féodalité et de l’économie domaniale fermée. Il fallait mettre au pas les nobles pour donner au Roi de France sa place de Suzerain.
Victor-Lucien Tapié dans « La France de Louis XIII et de Richelieu » combat toutes les idées reçues et dresse un portrait de ce pays qui subit des transformations d’importance. En 1615, Antoine de Montchrestien publie le premier « Traité d’économie politique » qu’il adresse au Roi. Il se situe dans l’école de pensée des mercantilistes qui dominent à ce moment là avec une différence, il prône le développement des manufactures. Continuer la lecture →

Le coin du polar pour septembre 2014

Vivre dans une île.

Peter May est un auteur aux intérêts multiples. La Chine dans laquelle il nous a entraînés avec un couple, elle médecin légiste et anglo-saxonne, lui inspecteur de la police chinoise, est marquée par la corruption et les désastres sanitaires et écologiques. Le crime est un des moyens pour arriver à des fins politiques ou pour cacher les scandales sociaux. La plupart des scandales qui ont secoué la Chine de ces dernières années – le lait contaminé, la pollution et tout le reste – y ont trouvé leur place. Dans le même mouvement, ce couple mixte lui a permis d’ironiser sur les rejets des deux communautés de l’une et de l’autre. Une ironie teintée d’amertume sur les exclusions, les racismes, les clichés sur lesquelles vivent les populations. Un appel à la fraternité.
Depuis quelques temps – il a dépassé la soixantaine -, il est revenu à ses origines, les îles de la Grande-Bretagne, les racines écossaises. La « Trilogie de Lewis » (Rouergue Noir) nous avait ramené dans ces contrées dures à l’humanité pour revivre le calvaire des enfants orphelins confiés à des institutions religieuses et placés dans des familles dites d’accueil dans lesquelles ils faisaient office de quasi-esclaves. Cendrillon en guenilles sans la fée qui sauve. Un hommage poignant. Ces scandales du passé sont conjugués au présent. Ils secouent périodiquement la Grande-Bretagne et l’Irlande. La mise à jour de ces pratiques vise en même temps les catholiques et les protestants. Égalité dans l’horreur.
11Dans « L’île du serment », la saga des îles se poursuit. Pour qui a vécu quelques temps dans cet environnement, sait que cet enfermement ne permet pas une ouverture au monde. Les petits problèmes du quotidien prennent une dimension disproportionnée.
« Entry Island » devrait se trouver à l’extrême est du Canada, dans l’archipel de La Madeleine. Il ne s’y produit jamais rien. Surtout pas de meurtre. Jusqu’au jour où James Cowell, un riche industriel spécialisé dans les homards, est poignardé. Sa femme, Kirsty, avec qui il ne vivait plus, est soupçonnée. Elle fait la coupable idéal. Trop dirait un enquêteur méfiant comme l’est Sime – pour Simon – McKenzie, d’origine écossaise.
Lorsqu’il voit Kirsty pour la première fois, il a l’impression de la connaître. Occasion pour l’auteur de nous faire revivre les famines, « la crise dite de la pomme de terre » au 19e siècle, qui ont touché l’Écossé – comme l’Irlande – et l’exode nécessaire qui s’en est ensuivi. La domination des grands propriétaires terriens rachetant les terres, les privatisant, a conduit à la mort des paysans endettés qui voulaient, malgré tout, continuer à vivre sur leurs terres. La construction des grandes unités agricoles pour rentabiliser leur capital était à ce prix. Un prix fort payé par l’Écosse.
Un aller retour dans le temps, dans l’espace via les souvenirs d’une grand-mère lisant des carnets d’un arrière-arrière grand-père pour maintenir les liens de la mémoire, de la parole donnée et de l’amour, un amour au-delà des classes sociales. Lecture des carnets et tableaux de ce McKenzie permettront de comprendre les fils invisibles qui relient l’enquêteur et la coupable présumée.
Sur fond d’une histoire, une histoire de famille, d’héritage venant de la nuit des temps, qui ne peut exister que dans les îles rêvées par Peter May.
Malgré quelques grosses ficelles, le plaisir est au rendez-vous. Plaisir de l’écriture, plaisir de découvrir ces histoires enfouies dans les commémorations officielles, plaisir de partager l’aventure amoureuse qui, au-delà des siècles, peut unir deux individus. Le serment donné, même 150 ans après, doit être tenu. Il y va de notre avenir.
Nicolas Béniès.
« L’île du serment », Peter May traduit par Jean-René Dastugue, Rouergue Noir. Parution le 3 septembre.

De quelques lectures estivales en poche.

Du côté des États-Unis et des années 1920.

F. Scott Fitzgerald (24 septembre 1896 – 21 décembre 1940) s’est voulu l’écrivain de ces « roaring twenties », avec son lot de « Party » et d’alcool frelaté. Mais aussi de jazz. Le jazz qui rythme ces débuts du 20e siècle, de ce jazz qui envahit les grandes villes. Les danses sont toutes issues de cette musique syncopée que ce soit le one-step, le two-step ou le fox-trot qui servira de concept générique pour toute danse « jazzée ». Les comédies musicales tiennent le haut du pavé. Tous les grands compositeurs sont influencés par le jazz.
Les grandes fortunes rapides des gangsters venus des ghettos juifs ou italiens des grandes villes américaines ont changé la physionomie de cette société. L’intégration pour Américains à trait d’union passait soit par le sport, la musique – le jazz – ou le gangstérisme. Une soif de respectabilité habitait ces nouveaux riches. Ils voulaient copier la « bonne » société américaine, ces WASP, pour White, Anglo Saxon, Protestant qui occupaient le devant de la scène.
Cette aspiration fait la trame de Gatsby le magnifique », « The Great Gatsby », et le rêve ou le cauchemar de Scott Fitzgerald lui-même. Continuer la lecture →

Le côté du piano jazz.

Enrico Pieranunzi, grand pianiste

Les grands pianistes ne sont pas légions. Combien pourrait-on en citer de vivants ? De ceux qui savent nous faire entrer dans des mondes différents, en nous forçant à un pas de côté ? Peu me viennent spontanément à l’esprit. Keith Jarrett en fut. Et continue… de temps en temps lorsque l’inspiration est au rendez-vous. On connaît ses foucades. Pas toujours infondées.
A force de ne considérer que des « vedettes » – il faut relativiser dans les univers du jazz -, certains passent inaperçus. Non pas que les critiques n’en parlent pas mais leurs louanges donnent l’impression de glisser sur le public. L’eau passe, aucune plume, surtout pas celle du canard, ne la retient. La mémoire s’englue dans les marais de l’immédiat.
Enrico Pieranunzi est de ceux-là. Est-ce parce qu’il est Romain – de Rome – que le public se méfie de sa capacité à plaire ? Je crois plutôt qu’il ne défraie pas suffisamment la chronique. Continuer la lecture →

JAZZ & CINEMA

Rencontres de troisième type (plus si affinités…)

D’hier…
Le jazz et le cinéma sont les deux anti-arts majeurs du 20e siècle. Ils ont grandi aux Etats-Unis pour devenir des représentations de l’identité de ce pays, colonie de peuplement qui a toujours eu du mal à oublier les vagues d’immigration successives. Le classement par « races » reste vivant dans ce pays. Il faudrait presque écrire par « communautés ».
Les images du cinéma sont des stéréotypes de la culture américaine. Le cinéma, de ce point de vue, est plus que des images qui bougent. Il recèle en son sein les mythes fondateurs de cette nation. Le cinéma a donné des « visages » aux Américains et il a construit toutes les légendes.
Le jazz, avec sa dimension d’oralité – une partition ne permet pas de se faire une idée juste de la manière de jouer – sert de référence évolutive.
Les rapports entre le jazz et le cinéma ne sont pas un long fleuve tranquille. Ils sont à l’évidence trop proches. Par leur date de naissance mais aussi par les liens qu’ils créent entre œuvre d’art/Culture et marchandise. Ils participent l’un et l’autre directement d’une industrie. Ils sont à la fois création ET marchandise. Ils ont besoin du « retour sur investissement », de la valorisation du capital investi. C’est une grande première dans l’histoire des Arts, tels qu’ils se définissent au moment de la Renaissance. Ils conservent, pour les œuvres d’art, l’aura dont parlait Walter Benjamin. Cette cohabitation n’est pas sans poser des problèmes aux créateurs.
Jazz et cinéma subissent aussi le poids des idées reçues. Le jazz ne pourrait se marier qu’avec les « films noirs » pour parler français, les « séries B » aux Etats-Unis, autrement dit avec cette catégorie de films qui ne sont pas considérés comme des « œuvres », un peu des déchets suivant les modes de pensée de ces années cinquante où la censure est maîtresse des bonnes mœurs. Le jazz, musique de bordel, musique du diable suivant ces « bien-pensants » ne pouvaient illustrer que ces « pulp fictions » cinématographiques.
Cette manière de voir a vécu. Les critiques des années 50 et 60, les futurs cinéastes de la « Nouvelle Vague », ont réhabilité ces films.
Les jazzmen seront sollicités dans ces années 1950 pour donner aux images un sens supplémentaire. Shorty Rogers, trompettiste et arrangeur classé dans la « West Coast », soit du côté de Hollywood, composera même la musique d’un « Tarzan », le « vrai » avec Johnny Weissmuller.
jazz et cinémaLe jazz fait partie du cinéma dans ses premiers temps. Au temps du « muet », « Silent movie » dit-on de l’autre côté de l’Atlantique, les jazzmen accompagnaient l’action, soulignant les situations. « Count » Basie, « Fats » Waller mais aussi Stéphane Grappelli (au piano) ont fait là leurs premières armes s’appropriant un répertoire.
Le cinéma parlant arrive avec un titre prédestiné « Le chanteur de jazz » – « The Jazz Singer » – d’Alan Crosland, sorti en 1927 qui raconte l’accession d’un « Cantor » au statu de vedette de la variété américaine. Al Jolson incarne le rêve américain dans cette bluette qui n’a pas grand chose à voir avec le jazz.
Alain Tercinet, dans ce coffret de 3 CD construits comme trois volumes ayant leur spécificité, « Le jazz à l’écran », passe en revue quelques musiques de jazz et des jazzmen qui se manifestent sur les écrans de 1929 à 1962. Il commence logiquement par « Hallelujah » de King Vidor pour s’arrêter à « The Five Pennies » qui fait se rencontrer Louis Armstrong et Danny Kaye pour un échange assez délirant sur « When The Saints ». Entretemps, il nous aura permis de goûter à Mae West en compagnie de l’orchestre de Duke Ellington – qu’elle a imposé aux producteurs – ou Glenn Miller dans un curieux film, sorti en 1942 (disponible en DVD) « Orchestra Wives » – bizarrement traduit en français par « Ce que femme veut… » alors qu’il s’agit bien des épouses des musiciens de l’orchestre – qui raconte les jalousies de ces femmes obligées de subir le rythme infernal des tournées. Il permet de voir les membres de l’orchestre et de savourer quelques compositions et arrangements qui sortent des succès de l’orchestre. Ceci pour le volume 1. Continuer la lecture →

Louis Armstrong volume 13 de l’Intégrale

Louis Armstrong dans la tourmente de 1947.

Un rappel, Louis Armstrong, génie tutélaire du jazz, a fourni à la fois des thèmes de la musique américaine mais a aussi influencé tous les musiciens de jazz. L’écouter est à chaque fois un ravissement. Ce plaisir est redoublé, pour cette « Intégrale Louis Armstrong », par le livret signé par Daniel Nevers. Il donne des indications chronologiques, biographiques et discographiques tout en laissant entrevoir les difficultés d’un historien du jazz qui veut dater le plus exactement possible les performances enregistrées surtout lorsqu’il s’agit d’émissions pour la télévision ou pour la radio. Dater exactement relève de l’impossible et accroît le mystère. Daniel Nevers redouble ainsi la jouissance de l’écoute. Il permet de découvrir ou redécouvrir Louis Armstrong.

C’est sensible dans ce volume 13 qui poursuit la visite de l’année 1947 commencée dans le volume précédent et qui s’arrêtera avec le suivant. Louis – Satchmo pour les intimes que nous sommes -, comme le monde, est à la croisée des chemins. Continuer la lecture →

Dédicace du « Souffle de la liberté » au Brouillon de culture le 28 juin 2014

Bonjour,

Le samedi 28 juin je dédicacerai mon livre « Le souffle de la liberté, 1944 le jazz débarque » au Brouillon de culture de 15h à 17H puis à la fête des Coteaux. Le dimanche, je serai aussi à la fête des Coteaux pour une nouvelle signature.

Je vous y attends.

Nicolas Béniès.

Ouest-France a consacré un article à la sortie du livre dans ses pages « culture » lors de son édition du 24 juin 2014.

Compléments au « Souffle de la liberté »

Sur le site de l’éditeur c&féditions.com vous trouverez des vidéos pour illustrer les thèmes du livre, « Le souffle de la liberté, 19944 : le jazz débarque » que je viens de publier.

En DVD, il est possible de trouver quelques films sur lé période. pas immortels en l’occurrence.

« Pot O’Gold », « L’or du ciel » en français, avec James Stewart et Paulette Godard sorti aux Etats-Unis en 1941, tout à la gloire des grands orchestres et à cette musique de jazz, populaire en ces temps là. Pas d’intrigue, juste de la musique. C’est gentillet.

« Orchestra Wives » – traduit en français par « Ce que femme veut » – a comme vedette Anne Rutherford en jeune fille naïve qui apprend à se battre, George Montgomery en trompettiste et l’orchestre de Glenn Miller. A part le trompettiste, tous les autres membres de l’orchestre sont là. Quelques intrigues des femmes des musiciens – d’où le titre – sans conséquences, indiquant surtout l’épuisement des musiciens dans des tournées sans fin, en ces années 1939-40. l’orchestre de Miller est devenu célèbre (à partir de 1938) et les seules rentrées d’argent ce sont les tournées. les disques ne rapportent qu’aux majors compagnies.
Le clou, c’est la présence – à la fin – des Nicholas Brothers superbes danseurs, « sandmen » pour un numéro qu’ils reprendront dans le film « Stormy Weather » sorti aux États-Unis en 1943 et suer les écrans français en 1946.
Un petit film là encore sans véritablement de muse en scène pour voir l’orchestre de Glenn Miller en action, son groupe vocal, son chanteur saxophoniste ténor « Tex » Beneke (qui fait vraiment petit gars du Texas). Seuls le trompettiste donc et le pianiste sont des comédiens.