A propos Nicolas Beniès

Nicolas Beniès est économiste de formation. Il est tombé dans la grande marmite du jazz dans son adolescence, une énorme potion magique qui rend la vie différente. Il est devenu naturellement critique de jazz. Il a collaboré un peu à Jazz Hot, à Jazz Magazine. Il a également écrit dans Rouge, Contretemps), la Revue de l’École Émancipée, Le Monde Diplomatique et l’US Magazine. Il a longtemps - 20 ans - proposée, préparée et animée des émissions de jazz sur une radio associative. Il reprendra bientôt cette activité. Conférencier sur le jazz et l'économie, il est l'auteur du Souffle bleu - C&F éditions -, un essai sur le basculement du jazz en 1959 qui a donné son titre au blog/site, et de plusieurs ouvrages sur l'économie dont "Petit manuel de la crise financière et des autres" (Syllepse éditions). Il prépare deux nouveaux ouvrages. Un sur le jazz, "Tout autour du jazz", l'autre sur l'économie "Le basculement d'un monde".

Nouveautés jazz (2)

 

Renouveau du troisième courant.

Le sous titre de cet album, « Amadeus & the Duke » m’a fait irrésistiblement penser à Boris Vian qui vouait une admiration éperdue (et justifiée) à Duke Ellington – il faut se souvenir que « L écume des jours » est construit sur des compositions du Duke – et qui affirmait « Mozart m’emmerde » (c’est aussi quelque fois justifié). Raphaël Imbert, saxophoniste, clarinettiste basse et un peu pianiste a voulu les réunir. « Heavens », c’est le titre de cet album. Aux cieux sans doute le Duke, toujours habillé avec soin, a rencontré celui qu’on présente comme débraillé, Mozart. Il n’est pas sur que leur rencontre n’ait pas été exempte d’une certaine rancœur ou compétition. Tous les deux avaient le souci de la performance. Une bien bonne chose contrairement à ce que disent beaucoup de bien-pensants. Et Boris Vian était passé par-là, bien sur qu’il aurait mis un peu d’huile sur ce feu. Pour dire que les collages ne sont pas aussi faciles qu’il le semble au premier abord. Continuer la lecture →

Dans les nouveautés en jazz

Un duo contrebasse, Diego Imbert, guitare, Michel Pérez, deux musiciens importants de la scène du jazz en France. Ils ont participé aux stages donnés à Lisieux (14) et savent construire des machines à géométrie variable. Le duo est un exercice difficile. Surtout guitare/contrebasse. « Double entente » – une référence peut-être au « double entendre » des bluesmen pour signifier une traduction de l’anglais « blanc » en anglais « noir, pour entendre derrière des problèmes de femmes, les relations toujours difficiles des Noirs avec les Blancs – proposent une musique en demi-teinte qui préfère souvent la joliesse à la violence. Dans ce monde de brutes, c’est difficile de leur en vouloir. On aimerait une musique plus brute, moins apprêtée. Continuer la lecture →

Le coin du polar, mars 2013

Un sauvage qui ne l’est pas…

Comment s’appeler « Sauvage » lorsque le but est de glander le plus possible loin des enquêtes de terrain ? Élisa Vix a voulu jouer de l’oxymore pour faire sourire tout en construisant une intrigue qui oblige le lecteur(e) à poursuivre les investigations malgré cette figure de « détective » qui repousse au loin toute possibilité d’identification. Un peu « macho », un peu fainéant, un peu « mauvais père », un peu compassionnel et pas plus sympathique pour autant. Un inspecteur « normal », un peu trop. Continuer la lecture →

Une semaine chargée

Bonjour,

Une semaine qui semblera ne pas en finir.

Début mardi 26 mars, 17h30 – 19h30, Panta Théâtre, reprise des cours d’économie. L’actualité est riche à commencer par Chypre et la suite du feuilleton « crise de l’euro ». Il sera temps de fair ele point sur la situation géopolitique et économique d’un monde en train de subir une grande mutation.

Mercredi 27 mars, 18h – 19h, au Café Mancel, dernière session de l’année sur Chicago, en forme de synthèse (voir aussi mon « work in progress » sur les séminaires de l’année) pour entendre du blues, du jazz. Pour aller à la découverte de musicien(ne)s qui, pour la plupart, ont subi l’enseignement du capitaine Dyett à la Du Sable. Le parcours est semblable pour Johnny Griffin, Gene Ammons et beaucoup d’autres parmi lesquelles il faut compter beaucoup de saxophonistes.

Je vous propose aussi un petit voyage dans les nouveautés jazz, samedi 30 mars, de 17h à 18h, plus si affinité… au Café Mancel toujours. Pour finir la semaine en beauté, forcément en beauté.

Université populaire jazz, mercredi 13 mars 2013, reportée au 20 mars

Le rendez-vous de la semaine

 

Mercredi 13 mars à 18 heures (jusqu’à 19h30) au Café Mancel pour un nouveau voyage vers et dans Chicago.Le cours est annulé, la neige s’incruste et la fin de la journée pourrait être marquée par des gelées. Autant ne pas prendre de risque. Le séminaire est reporté à la semaine prochaine le 20, qu’on se le dise…

Cette semaine, aller retour entre blues et jazz à travers quelques labels indépendants, Chess – et sa sous marque Argo devenu Cadet -, Vee-Jay, premier label créé par des Noirs qui enregistrera à la fois du blues, du jazz et de la « pop music » – appelée « soul » dans la grande époque des années 60.

Ces labels sont essentiels pour appréhender l’histoire, la mémoire du jazz. Sans eux pas de Muddy Waters, pas non plus de premiers enregistrements de Wayne Shorter et Lee Morgan, le saxophoniste-compositeur et le trompettiste-compositeur faisaient partie des Jazz Messengers d’Art Blakey.

Une sorte de lecture de cette effervescence du jazz et du blues qui marque les années 50. Les liens entre les deux sont perceptibles. Et Chicago est une des Villes où s’effectuent ces créations via les « studios » d’enregistrement. Pour le blues ce sont souvent des arrières cuisines. les frères Chess, venant d ‘Europe de l’est – il faut lire les descriptions et interviews de Peter Guralnick dans « Feel like going home », traduction française Rivages Rouge – et partageant les mêmes peurs des esprits que les bluesmen. Une communauté de croyances qui montre que la distinction de couleur n’a aucun sens…

Pour suivre les développements de cette saga de Chicago, voir mon « résumé », sorte de work in progress…

A mercredi. Sauf si la neige persiste…

 

Nicolas Béniès.

A travers les nouveautés jazz…

Hommes mages et hommages…

Notre époque, formidable s’il en est, reste trop souvent inscrite dans un passé recomposé. L’âge des musiciens aidant, les hommages se multiplient. Les producteurs pensent que c’est moins risqué que de publier une œuvre originale.

L’actualité en fournit deux exemples.

 

Aldo Romano – il fête ses 70 ans – s’est décidé à faire revivre, grâce à l’aide de jeunes musiciens, Baptiste Herbin au saxophone alto qui « sonne » comme Jackie McLean et Alessandro Lanzoni au piano qui « démontre » trop quel virtuose il est au détriment de l’émotion, ses années 1968-69 où il jouait dans la pièce de Jack Gelber « The Connection ». Il s’est adjoint son vieux complice, le bassiste Michel Benita. Du théâtre-réalité – comme la télé – avant la lettre. Cinq musiciens de jazz attendent leur dealer. Ils sont en manque. Ils jouent la musique de leurs enfers. Continuer la lecture →

Un polar saissisant

Quand un roman noir d’anticipation percute l’actualité de la guerre.

Le titre, « Un escalier de sable », m’avait laissé rêveur. C’est sans doute pour cette (mauvaise) raison que je l’avais laissé de côté. Par hasard, je l’ai retrouvé. Il était enfoui sous une masse d’autres livres plus récents et se trouvait abandonné. Marché sur une pile de livres ressemble à un escalier de sable impossible à franchir. Un escalier en forme de mirage… Continuer la lecture →

Histoires de chansons françaises.

Le jazz a un tournant, panne d’inspiration de Gainsbourg…

Frédéric Régent poursuit Serge Gainsbourg, dans le volume 2 de cette « Intégrale Serge Gainsbourg et ses interprètes » qui couvre des années étranges 1960 – 1962. Étranges par la nouveauté que représente le « phénomène yé-yé ». Le succès de Johnny Hallyday, des « Chaussettes noires », des « Chats sauvages » éclipsent totalement les chanteurs dits « rive gauche » – à cause de l’emplacement des cabarets où ils et elles se produisent -, la chanson française qui devra, de nouveau, se renouveler. Gainsbourg suivra les rythmes du temps, de ce temps pour faire vivre ses textes. Continuer la lecture →

Le coin du polar (2)

Lyon, 1920.

La première guerre mondiale a laissé des traces. La grippe espagnole aussi qui aurait autant de morts que la Grande Boucherie. La France se réveille du cauchemar. Un cauchemar qui n’en finit pas de renaître sous des cendres chaudes. La guerre a permis aussi des découvertes médicales et scientifiques.

A Lyon, dans ces années 20, une série de crimes visent des femmes âgées atrocement violentées par un objet non déterminé. Les vieilles familles lyonnaises du textile gardent jalousement leurs secrets à l’image des vieilles familles britanniques ou américaines qui font le bonheur de toutes les histoires de roman à clés.

Odile Bouhier, dans ce climat d’après guerre lyonnais présente une double figure de « détectives privés », un commissaire, Victor Kolvair et un scientifique, Hugo Salacan, créateur de cette « police scientifique » qui prendra le relais des fameuses « brigades du Tigre » – créées bien sur par Clemenceau – pour alimenter des enquêtes reposant sur des constations objectives pour éviter les aveux obtenus par des procédés plus ou moins légaux. Il fallait un troisième personnage, incarnation des cauchemars de la guerre, pour parfaire les intrigues. Continuer la lecture →

Le coin du polar.

 

Une (re)lecture réjouissante.

Tous et toutes les amateur(e)s de polar connaissent Dashiell Hammett (1894 – 1961), les autres ont sûrement vus « Le faucon maltais », de John Huston, dans lequel Humphrey Bogart donne un visage – en forme de « v », c’est de cette façon que le décrit allusivement Hammett – à Sam Spade, un nom étrange pour un détective privé qui ne l’est pas moins. Dashiell – ce nom lui vient de sa mère et de ses ancêtres français, son premier prénom fut… Sam – a une place de premier plan dans la littérature américaine et mondiale. Il a créé un genre, dans les années 1920-30, le polar « hard-boiled », « dur à cuire » pour des intrigues qui refusent toute solution provenant de la seule logique. Refus d’un roman policier type Agatha Christie et de son détective belge, Hercule Poirot qui pense pouvoir résoudre tous les meurtres « en chambre » armé de « ses petites cellules grises ». La littérature descend dans la rue, elle se heurte à toutes les réalités des forces sociales en présence, des intérêts politiques, économiques et au pouvoir. Continuer la lecture →