A propos Nicolas Beniès

Nicolas Beniès est économiste de formation. Il est tombé dans la grande marmite du jazz dans son adolescence, une énorme potion magique qui rend la vie différente. Il est devenu naturellement critique de jazz. Il a collaboré un peu à Jazz Hot, à Jazz Magazine. Il a également écrit dans Rouge, Contretemps), la Revue de l’École Émancipée, Le Monde Diplomatique et l’US Magazine. Il a longtemps - 20 ans - proposée, préparée et animée des émissions de jazz sur une radio associative. Il reprendra bientôt cette activité. Conférencier sur le jazz et l'économie, il est l'auteur du Souffle bleu - C&F éditions -, un essai sur le basculement du jazz en 1959 qui a donné son titre au blog/site, et de plusieurs ouvrages sur l'économie dont "Petit manuel de la crise financière et des autres" (Syllepse éditions). Il prépare deux nouveaux ouvrages. Un sur le jazz, "Tout autour du jazz", l'autre sur l'économie "Le basculement d'un monde".

Hommage

 

Le coin du polar.

Thierry Jonquet a été, un jour de 2009 – il avait 55 ans – victime d’un tueur intérieur, l’épilepsie. Il nous a laissé orphelin. Il savait montrer la barbarie d’un monde sans repères, il savait aussi que le noir est la seule couleur qui s’impose, que le pire est toujours sur. Il avait découvert les fondateurs du polar, Hammett, Chandler et a été influencé par les mondes de Jim Thompson par sa manière de mettre en scène des « monstres », des révoltés contre cet ordre social injuste. Le Seuil, avec une préface-hommage de Hervé Delouche, met à la disposition du public des nouvelles écrites à différents moments avec des contraintes spécifiques. « 400 coups de ciseaux » permet de s’introduire dans l’œuvre de cet auteur comme dans sa vie. Le premier texte, donné au Temps Modernes, retrace sa biographie et sa démarche. Continuer la lecture →

Une loi à la Hollande…

Le Parlement entérinera le projet de loi sur les banques

Une réforme bancaire bancale

La nouvelle loi bancaire devrait être votée par le Parlement en ce mois d’avril. Sénateurs et députés l’ont déjà adoptée sans opposition notable. Elle veut corriger la loi du 24 janvier 1984 qui instaurait la banque universelle. La séparation entre activités de prêts aux ménages et aux entreprises (gagés sur les dépôts) et les activités de marché, spéculatives (la banque d’investissement) avait vécu. Les années 1980, marquées par la grande vague libérale de déréglementation, promouvait les marchés financiers comme le modèle de la nouvelle forme du capitalisme. La vulgate de la liberté des marchés devenait le nec plus ultra de toute politique. Continuer la lecture →

Voir le monde

Barbey d’Aurevilly, romancier.

Réactionnaire et romantique, dandy et royaliste.

Barbey d’Aurevilly (1808 – 1889) est de ces romanciers troubles dont la France a le secret. Royaliste, partisan de l’ordre, journaliste pro Napoléon III, il est en même temps sulfureux par ses outrances, par sa description des corps en fusion, par son langage cru, par sa radicalité littéraire. Dandy, il se réclamait de Lord Byron qu’on lisait dans le texte en ces temps du 19e siècle. Il est aussi un enfant de ce siècle secoué par les révolutions. 1830 et 1848 resteront inachevées instaurant le pouvoir de la bourgeoisie que ce nobliau normand exécrait, comme Balzac son contemporain. A l’instar de Dumas, dans « Le Chevalier Des Touches », il jouera avec le temps, reconstruisant un passé qu’il a décomposé, comme un espace-temps spécifique, son Cotentin natal qu’il rêvera à l’aide de ses souvenirs. Il parlera d’évocation pour défendre sa notion floue du temps. Continuer la lecture →

Le polar historique à l’honneur.

 

France, 1919.

Guillaume Prévost continue sa saga, via les enquêtes de l’inspecteur François-Claudius – le prénom s’explique par le fait que, orphelin, abandonné par sa mère, il a été élevé dans un orphelinat dirigé par un curé qui lui a fait confiance, d’aucuns diraient qu’il était le « chouchou » – Simon, de cette après première guerre mondiale. Ces années qui ruissellent encore du sang des jeunes gens sacrifiés, victimes aussi de la grippe espagnole. Un pays exsangue que l’auteur s’attache à décrire. Il prend pour matière, un feuilleton – c’est la mode depuis la fin du 19e siècle – au titre évocateur, « Les Maudits » qui donnent aussi son titre générique à des films « à suivre », ancêtres de nos séries télé. Continuer la lecture →

Un art spécifique, celui de la rencontre, du couple

Musique/Jazz

Découvrir un duo.

Un piano, une voix féminine, un accord curieux et semé d’embûches. Comment concilier les instruments ? Comment faire passer les sentiments sans tuer les paroles ? Comment écrire ? A toutes ces questions, Ran Blake et Jeanne Lee avaient commencé à apporter des réponses. Jeanne nous a quitté, reste les enregistrements qu’elle a réalisé notamment ceux chez Owl Records de Jean-Jacques Pussiau.

A leur tour, le « Lilith Duo », Isabelle Calvo, vocaliste, Arnaud Becaus, pianiste, s’inspirant des précédents – sans les copier, surtout pas – veulent répondre. Leur album, « My favorite songs » est une réussite. Il ne faut pas craindre de le dire. Quelque chose de nouveau est en train d’arriver qu’il ne faut pas rater. Ils osent s’attaquer à « My favorite things » – deux versions – et Isabelle Calvo a écrit ce texte qui vous restera dans les oreilles, « La lettre de la femme infidèle »…

N.B.

« My favorite songs », Lilith Duo, Wild 002, www.wildscatprod.com

Article publié dans la revue de l’École Émancipée d’avril 2013

Quand les cultures se heurtent

Rencontres étranges, polar, vaudou et… Miami.

Nick Stone tient à la fois de son père, historien, et de sa mère, descendante d’une des plus anciennes familles d’Haïti. Dans ce mouvement d’appropriation de traditions pour les rendre vivantes, pour les faire siennes, Miami, la ville de Floride, tient un rôle central. Ville de corruption, de réfugiés cubains et haïtiens, à quelques 150 kilomètres de Cuba, est un centre du trafic de drogues. Le dollar corrompt tout et absolument. Une ville qui se trouve aussi dans « Ils vivent la nuit » de Dennis Lehane. Continuer la lecture →

Les festivals de jazz de mai 2013

Un printemps, des printemps ? les jazz en fête et en concurrence…

Il n’est pas sur – l’incertitude, on le sait, domine notre monde agonisant – que le soleil soit de la fête du printemps inscrit dans le calendrier. L’été ou l’hiver, le choix sera fait. Il ne dépend ni de nous, ni, pour cette fois, du gouvernement mais de cette crise climatique qui n’en finit pas de se décliner.

Ce printemps 2013 offre un pont, celui qui va du 8 au 11 mai, mercredi, jeudi sont fériés. Un doublé qui provoque des changements dans l’organisation de l’Europa Jazz Festival qui bloque ses concerts à l’Abbaye de l’Epau – si vous ne connaissez pas, il faut en profiter – pendant ce laps de temps, pour faire de sa 34e édition, une édition qui s’étend du 12 mars au 12 mai. Le Mans, ville de départ de ce festival, marque, en général, l’apothéose de ce festival qui sillonne la plupart des départements des Pays de Loire mais aussi l’Orne pour faire vivre toutes les villes au rythme du jazz. Les organisateurs – Jean-Marie Rivier, le président et Armand Meignan, le directeur – vont jusqu’à perturber la vie des lycées et collèges pour faire entendre les sons du jazz. Continuer la lecture →

Nouveautés jazz, les saxophonistes

Nouveautés jazz, via les saxophonistes.

Céline Bonacina, saxophoniste baryton pourrait passer pour un oxymore. Un si grand saxo pour une petite bonne femme. Les clichés ont la vie dure. Les musiciennes de jazz, et ce depuis que le jazz existe, ont pratiqué tous les instruments. La voir jouer de ce merveilleux instrument est un plaisir sans partage. Elle a de l’énergie à revendre. Elle a su écouter et digérer l’art particulier de Hamiet Bluiett pour devenir elle-même. Pour cet « Open Heart » – une sorte de devise, un cœur et un esprit ouvert, ne rien s’interdire, pour créer – elle est en compagnie de son batteur habituel, Hary Ratsimbazaty et de Kevin Reveyrand à la basse électrique plus des invités, Himiko Paganotti, vocaliste, Pascal Schumacher vibraphoniste et Mino Cinelu, percussionniste un peu perdu de vue ces derniers temps. Continuer la lecture →

Nouveautés en jazz, les pianistes

A travers les nouveautés en jazz, via les pianistes.

Ludovic de Preissac a constitué un sextet qui devient septet avec le rajout du saxophoniste Sylvain Beuf en deux plages, pour donner vie à ses compositions qui baladent l’auditeur du Sénégal – « Ouakam’s Trip » – à Troyes – « Et de trois, on n’y revient » – , la ville d’élection du pianiste en passant par un portrait d’une photographe, « Alexia », la gamme pentatonique, celle du blues, le gospel, la salsa… pour indiquer l’éclectisme des références et la volonté de « coller » toutes ces cultures. La synthèse est plus difficile. Elle n’est pas encore à l’ordre du jour. Le « bebop » dans son vocabulaire est ici présent – le premier thème « Ouakam’s Trip » démarque très largement une composition connue du be bop -, comme l’influence des grands pianistes de la période dite « hard bop », celle marquée par Bobby Timmons ou Wynton Kelly. Il faut écouter le saxophoniste Michaël Cheret, le trompettiste Michel Gontard et le tromboniste Michaël Joussein pour comprendre le titre de cet album inscrit dans notre air du temps, « L’enjeu des paradoxes ». La démonstration s’organise dans les oppositions apparentes sans tenter de les organiser en une nouvelle manière de construire un autre rapport aux traditions. Les jazz affirment leur présence.

« L’enjeu des paradoxes », Ludovic de Preissac, Frémeaux et associés.

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