Université populaire jazz le mercredi 25 mars 2015, Pittsburgh (suite)

Bonjour,

L’année avance – curieuse expression n’est-il pas ? Comme si ce concept s’intégrait dans une réalité étrange, comme si la reprise allait se manifester juste parce que le temps s’écoule non pas d’une fontaine mais d’une montre, cette invention qui permet de compter le « temps qui passe » et « l’année qui avance »… – et nous arrivons à la 10e qui, cette année 2015, ne sera pas la dernière. Nous vivrons une 11e le dernier mercredi d’avril, soit le 29 si je ne me suis pas trompé dans des calculs de temps… Entretemps, je vous donnerai rendez-vous pour une présentation – toujours au Café Mancel – en musique du prochain festival de jazz de Coutances, Jazz Sous Les Pommiers. Nous en reparlerons… Continuer la lecture

Université populaire Jazz le mercredi 11 mars

Bonjour,

Mercredi 11 mars, au Café Mancel, 17h30 – 19h30 comme d’habitude, nous restons à Pittsburgh, d’abord avec Erroll Garner que nous retrouvons et une pléiade de pianistes qui ont fait la renommée de la ville. Dodo Marmarosa, le frère d’Erroll, lui aussi pianiste, Ahmad Jamal – Fritz Jones pour son nom de naissance à Pittsburgh – et quelques autres.

Pour la conclusion – mais ce ne sera pas la dernière, cette année j’ai prévu 11 séances, l’ultime sera pour le 29 avril pour faire la synthèse de cette année et annoncer l’an prochain – sur Pittsburgh, je prendrai une famille, les Turrentine mais je vous en dirai plus la prochaine fois.

A mercredi.

Nicolas.

PS Infos et extraits musicaux suivront… Continuer la lecture

Miles, notre contemporain… pour l’éternité !

Miles Davis, tome 2

La collection « Quintessence » dirigée par Alain Gerber propose un Miles 2edeuxième volume pour retracer le parcours de Miles Davis. Né à Saint-Louis dans le Missouri, Miles commence par jouer aux côtés de Charlie Parker et, dans une foulée étrange, de créer un nouveau son, une nouvelle manière de faire vivre la révolution du bebop, parkérienne. Il crée un nonet, en 1948, avec Gil Evans, Gerry Mulligan, John Carisi, John Lewis comme arrangeurs. Plus tard, bien plus tard, Capitol publiera ces faces en LP sous le titre « Birth of The Cool » mais sur le moment cette révolution dans la révolution passera complètement inaperçue.
En 1949, Miles sera salué comme la nouvelle star de la trompette en France lors du troisième festival international du jazz à Paris co-organisé par Charles Delaunay et Boris Vian. L’amitié entre Miles (23 ans) et Boris (28 ans) sera immédiate.
De retour aux États-Unis, c’est la désillusion qui l’attend. OU plutôt personne ne l’attend. Il erre dans cet espace qui ne le reconnaît pas. Comme beaucoup, il sombrera dans la drogue allant de « gig » en « gig », sans orchestre régulier pour payer sa dose. Quelques éclairs malgré tout… Continuer la lecture

Louis Armstrong en France, 1948

Chapitre 14 des aventures d’un enfant du siècle

En février 1948, 14 ans après sa première venue en France, Louis Armstrong se produit au deuxième festival de jazz avec son « all stars » à Nice. Une manifestation organisée par Hughes Panassié avec le concours de la ville de Nice et La Radio Diffusion Française qui permettra à Paris Inter de faire entendre ces concerts soit en direct soit en différé. Pas toujours bien enregistrés ou conservés, ces concerts restent comme traces d’une libération mais aussi d’une scission qui marquera longtemps ce monde du jazz, celle du Hot Club de France fondé au début des années 1930.
Louis Armstrong vol 14Un contexte particulier illustré par ce festival de Nice et par la venue salle Pleyel de « Dizzy » Gillespie et son orchestre les 20, 22 et 29 février de cette même année 1948. La plupart des discographies datent ce concert – et j’ai repris cette date dans « Le souffle de la liberté, 1944 le jazz débarque », C&F éditions – du 28 février, oublieuses de cette année bissextile. La remarque vient de Daniel Nevers dans le livret qui accompagne cette « Intégrale » soulignant au passage que Louis et Teagarden y assistèrent or le 28 ils étaient en concert… Un élément important qui indique que les exclusions ne faisaient partie des travers des musiciens de jazz. Continuer la lecture

Université populaire Jazz du 25 février 2015

Bonjour,

Nous nous retrouverons après les vacances, le mercredi 25 février au Café Mancel, à 18h pour une nouvelle visite à Pittsburgh.
Le premier enfant de cette ville quia profondément marqué l’histoire du jazz est trompettiste et né en 1911, Roy Eldridge. Il influencera durablement tous les trompettistes à commencer par « Dizzy » Gillespie qui reconnaîtra sa dette.
Surnommé « Little Jazz » à la fois à cause de sa petite taille et de sa capacité à incarner le jazz. C’est le trompettiste phare des années 30 et 40. Jusqu’à l’arrivée de Dizzy et des trompettistes bebop.

Quelques éléments de son parcours, en musique

Le 14 mai 1936, sous la direction de Teddy Wilson, pianiste, il enregistre Warmin’ up

Et Blues u=in C sharp minor qui met aussi en valeur le contrebassiste Israel Crosby – qui jouera plus tard avec Ahmad Jamal – et le batteur Sidney Catlett sans oublier Buster Bailey clarinettiste virtuose et « Chu » Berry saxophoniste puissant.

Le 23 janvier 1937, en compagnie de son frère Joe saxophone alto et de « Zutty » Singleton à la batterie, il réalise un tour de force sur Wabash stomp

Le 28 janvier 1937, avec les mêmes cet autre tour de force After you’ve gone

Le 29 janvier 1944, pour un petit label dirigé par Harry Lim « Keynote » (Voir « Le souffle de la liberté » pour plus de renseignements), il enregistre « Saint Louis Blues » avec deux autres trompettistes Joe Thomas et Emmett Berry plus Johnny Guarnieri (p) Israel Crosby et Cozy Cole.

Pour le même label, il rencontre Coleman Hawkins avec Teddy Wilson, Billy Taylor (b) et Cozy Cole, « Bean at the Met » – Bean, haricot, est l’un des surnoms de Coleman Hawkins.

Le 13 octobre 1944, un festival de trompettes Sidney de Paris, Paul Cohen, et de trombones Wilbur de Paris – le frère – Vic Dickenson ((tb), aux saxes le frère de Roy, Joe et à la batterie Cozy Cole, Fisch market

Pour finir (provisoirement) le très freudien « Wrap your troubles in dreams » (enveloppez vos soucis, vos ennuis dans le rêve) et une sorte d’autoportrait « Little Jazz en compagnie d’Oscar Peterson (ici à l’orgue), Barney Kessel (g) Ray Brown (b) et « Buddy » Rick (dr) tous deux enregistrés pour Norman Granz le 13 décembre 1952.

So le temps nous le permet – celui qui passe et qui passe toujours trop vite « le temps d’apprendre à vivre il est déjà trop tard… » – un autre enfant du pays qui fut célèbre et qu’on oublie pour des raisons qui tiennent peut-être à sa célébrité de son vivant, le pianiste Erroll Garner. Quelques échantillons pour montrer sa place :

Le 19 février 1947, il enregistre avec Charlie Parker (Bord) avec « Red » Callender » (b) « Doc » West (dr), « Cool Blues ». Erroll a toujours considéré ces enregistrements comme ses meilleurs…

Le 29 avril 1947, il participe aux jam sessions organisées par Gene Norman, « Just Jazz Concert » où il retrouve Red Callender et rencontre Wardell Gray, saxophoniste ténor qui réalise la fusion des influences de Lester Young et Charlie Parker, Irving Ashby est à la guitare et Jackie Mills à la batterie (dr)

En trio – Red Callender Harold « Doc » West – il enregistre, le 19 février 1947, pour Dial le label créé par Ross Russell, « Trio »

Ce chef d’œuvre « Play, piano play » date du 10 juin 1947 toujours pour Dial

Pour vous permettre d’attendre…

A bientôt.

Nicolas.

PS D’autres éléments suivront…

A réécouter après l’UP de mercredi 28 janvier 2015

Bonjour,

Nous avons notamment entendu – à la fin – ce thème de « Sonny » Clark, pianiste mort à 33 ans originaire de Pittsburgh – plus exactement une ville minière proche -, « Cool Struttin' », titre éponyme de l’album Blue Note. Art Farmer est le trompettiste, Jackie McLean le saxophoniste alto, Philly Joe Jones le batteur, Paul Chambers le bassiste, 1er mai 1958;

D’autres suivront…

Au mois prochain, le 25 février, 18h, Café Mancel

Nicoals.

U.P Jazz du mercredi 28 janvier 2015

Bonjour,

Après une longue interruption due à un je-ne-sais-quoi, nous revenons à Philadelphie pour entendre des musicien(ne)s laissés sur le côté. Contrairement à l’annonce faite, je n’ai pas traité de Philly en tant que telle mais de Charlie Hebdo. Il a fallu que les assassins viennent perturber l’ordre des séminaires sur le jazz en plus d’avoir tué des caricaturistes dont le travail reste indépassable… On a entendu à la fois des musiciens de Philly et de Pittsburgh, une sorte de dépassement des frontières que j’avais fixées.

Il faut bien, après le choc, reprendre le cours de notre vie, sans oublier les disparus qui vivront avec nous, sur nous, dans nous. Ils resteront vivant(e)s dans notre mémoire. Il est difficile d’enterrer les morts…

Je vous ai fait entendre « Moanin » une composition du pianiste Bobby Timmons, lui aussi de Philly, là je vous mets une composition de Wayne Shorter pour un album « Free For All » (Blue Note) de Blakey, le titre éponyme, Cedar Walton (piano), Freddie Hubbard (trompette), Curtis Fuller (tb) :

Ce mercredi nous ferons un tour du côté du festival de Newport – créé en 1954 par George Wein, propriétaire d’une boîte de jazz à Boston, le « Storyville », tout un programme… – de l’année 1965 dans lequel Archie (Archibald) Shepp, né en Floride mais ayant grandi à Philly, cohabitait avec son père spirituel, John Coltrane. Le quartet de cette époque – McCoy Tyner, Jimmy Garrison, Elvin Jones – synthétisait l’apport de deux villes importantes du jazz, Detroit pour ce génie de la batterie que fut Elvin et Philly pour McCoy et Jimmy… Coltrane lui-même a subi toutes les influences de ces deux villes qu’il a su transcender pour occuper la place d’un créateur de traditions. Il n’arrive pas à occuper sa tombe. Il reste tellement vivant qu’il oblige les vivants à être ses suiveurs. Il faudrait rompre avec cet héritage, laisser les morts reposer tout en absorbant tout le patrimoine. Le jazz donne souvent l’impression d’avoir perdu la mémoire. Le travail superbe de Shepp – né le 24 mai 1937 à Fort Lauderdale – de mémoire, de réunion de tous les fils éparpillés, y compris les plus importants ces fils invisibles qui nous relient au monde mystérieux des souvenirs enfouis, se doit d’être souligné. Il revient aux blues pour mieux indiquer les voies d’avenir, pour entretenir les rapports entre les générations.

Un extrait du concert de juillet 1965, Archie Shepp avec Bobby Hutcherson, vibraphone, Joe Chambers – un autre philadelphian -, batteur et Barre Phillips à la contrebasse, une histoire d’esclavage et de transport du dénommé « Bois d’ébène » dans les cales des Négriers. Mal orthographié, en français, « Le matin des Noire » pour « Le matin des Noirs » comme il fallait l’écrire.

Une fois entendu ces musiciens, nous nous dirigerons vers la ville de l’aciérie – qui ne l’est plus tout à fait aujourd’hui, les villes américaines écrivent l’histoire des tournants du capitalisme – de son Zeus impérial et fou, de ce Dieu du tonnerre qu’est le batteur Art Blakey.

Ci-après, sur la photo, Blakey (debout) avec Wayne Shorter (assis au premier plan et écrivant) et le bassiste Jymie Merritt (sur le côté droit).

wayne S Jymie Merritt et Blakey 4 août 1960

Si le temps – celui qui est censé passer – nous le permet nous irons vers cet elfe merveilleux, tout en grognements et sourire ravi, le pianiste Erroll Garner. Comme le disait justement Boris Vian, « Ne renversez pas l’Erroll ». Boris avait compris le génie de ce pianiste, autodidacte – l’un des seuls dans les mondes du jazz – à qui le professeur de piano avait dit : si vous ne voulez pas perdre votre originalité, ce léger décalage main droite main gauche, ne prenez pas de leçons…

Deux extraits, « Robbin’s Nest » et « Play, piano play » pour entendre l’Erroll

A mercredi

Nicolas.

Nouveautés jazz du dernier trimestre 2014

Autour de deux « premier album » de deux saxophonistes.

Dreisam« Dreisam » est, évidemment, un trio. Qui veut mêler les musiques, les cultures du monde. Le titre même l’indique, « Source » et ce singulier interroge.
La saxophoniste, Nora Kamm, est allemande avec des racines culturelles du côté des Balkans si j’en crois ses compositions, le batteur, Zaza Desiderio, est de Rio de Janeiro – la ville brésilienne transporte plus d’influences, d’effluves que dire simplement Brésil – et le pianiste, Camille Thouvenot, vient de Nîmes, un mélange détonnant, un trio étrange. Continuer la lecture

Séminaire jazz, UP Caen.

Bonjour,

L’année 2015 commence comme 2014 s’est terminée, avec Philadelphie. La Cité de l’amour fraternel nous ouvre ses portes. Le jazz des années 50 lui doit ses « Hard boppers », un peu plus policés que ceux de « Motor City » – Detroit, une ville qui est train de sombrer, se détruit pour renaître peut-être, en tout cas elle sera différente.
John Coltrane CrescentLe jazz de « Philly » marquera aussi les années 60. McCoy Tyner, Jimmy Garrison (1934-1976) sont natifs de cette ville, y ont fait leurs études. C’est la moitié du quartet de John Coltrane en train de révolutionner le jazz.
C’est aussi dans cette ville que Shepp – né à Fort Lauderdale, en Floride le 24 mai 1937 – fera ses études. Il participera à la révolution d’octobre de 1964 qui verra l’affirmation du free jazz. On écoutera un thème, « le matin des Noirs » qui fait la démonstration des structures du free jazz et d’une approche du jazz comme une musique concrète, ce qu’il est aussi.
Ce sera notre dernière virée dans cette ville. La prochaine fois, fin janvier, nous passerons à Pittsburgh, la ville de l’acier – ex, les aciéries ont disparu avant l’automobile – dans le même état. Nous retrouverons quelques-un(e)s des musicien(ne)s évoqué(e)s à Philly mais ce sera surtout la fête du dieu tonnerre avec Art Blakey…
N’hésitez pas à venir. J’ai entendu une émission sur France Inter qui disait que la musique permet de lutter contre Alzheimer… Tout bénéfice, du plaisir thérapeutique…
Rester dans la ville de l’amour fraternel pour commencer l’année est aussi tout un programme.
Je vous la souhaite bonne et jazzy…
Nicolas BENIES.

PS Le film « Whiplash » – coup de fouet – qui tourne autour de la formation d’un jeune batteur a fait l’objet de commentaires qui dévoilent l’absence de culture jazzistique. Thomas Sotinel, dans Le Monde, confond Jo (Jonathan) pour l’état civil et « Philly Joe » (Joseph) ainsi dénommé pour éviter la confusion. « Philly » est né à Jo Jones dans les années 60Philly bien sur et marque le jazz du milieu des années 50 tandis que Jo Jones surnommé le père de la batterie moderne, joue Philly Joe Jones dans les années 70avec l’orchestre de Basie à Kansas City au milieu des années 30 pour forger un nouvel équilibre au sein de la section rythmique. « Tiger » son surnom avait commencé comme danseur de claquettes et il en avait transposé l’essentiel dans son jeu de batterie.
Il faudrait débattre de la référence du prof un peu libéral – sur le terrain économique, la compétitivité comme maître mot – dictatorial sur la cymbale de Jo Jones et de ses conséquences sur le génie parkérien. Une référence un peu trop arrangée…
J’anime un débat au Café des Images le jeudi 8 janvier (séance de 20h30) sur ce film.
Pour entendre la différence, Jo Jones d’abord avec Ray et Tommy Bryant, pianiste et bassiste – deux natifs de Philly pour un thème intitulé « Philadelphia Bound »

Et Philly Joe, « Cherokee », aussi en 1960

Ces deux extraits servent aussi d’illustration à ce que je vous ai fait entendre à la fin de cette année 2014… D’une pierre…

Pour le film, la référence de Andrews c’est plutôt « Buddy » Rich, que l’on entend ici sur « Buddy’s rock », une de ses compositions.

Université populaire Jazz, mercredi 10 décembre 2014

Bonjour,

Une fois encore Économie et jazz se suivent, sans trop se ressembler… C’est involontaire. Un concours que les circonstances ont gagné.
Le voyage dans Philadelphie se poursuit. Commencer par Lee Morgan sur cette composition de Benny Golson « I remember Clifford » que tout le monde a joué, les trompettistes surtout.
Et c’est parti…

Au Café Mancel, mercredi 10, de 18h 0 19H30.

Au plaisir…

Nicolas BENIES.