Une exposition multimédia à la Cité de la Musique

GREAT BLACK MUSIC

Great Black Music ! Le titre de cette exposition sonne comme une provocation et, du coup, interroge. Qu’est-ce qu’une musique noire ? Quels liens entre les musiques africaines, le jazz, le reggae et d’autres branches aisément classées dans cette catégorie comme la samba ou la bossa-nova ? Une partie de la réponse se trouve dans le voyage dans le temps et dans l’espace que proposent Marc Benaïche et Emmanuel Parent. Un voyage que le visiteur se doit de construire pour éviter de se perdre dans ce dédale. La pléthore de sollicitations amène une sorte de frustration de ne pouvoir tout voir, tout entendre. Une seule journée n’y suffira pas. Continuer la lecture →

Les femmes du JAZZ, Mary-Lou Williams

A Mary Lou, en mémoire de toutes les femmes ignorées

Il a fallu attendre. Consacrer un coffret de trois CD pour faire vivre l’art magnifique et original d’une des musiciennes, Mary Lou Williams, qui ont marqué l’histoire du jazz, avait l’air d’une entreprise périlleuse. Enfin, il est là. Jean-Paul Ricard signe un livret d’une grande justesse pour rendre sa place à la pianiste/compositeure – que je préfère à compositrice.
Notre présent est fait de commémorations du passé. Tout est bon pour faire oublier les causes des événements pour se contenter uniquement d’émotions, de ressentis. Il est, pourtant, des anniversaires qui s’oublient. Celui de Mary Lou en fait partie. Continuer la lecture →

JAZZ Cool en Europe

La mémoire du jazz.

Le jazz, il faut le répéter, a rythmé le 20e siècle. On a oublié que, sous ce terme unique, des réalités plurielles existent. Pas seulement sous la forme de styles différents, « New Orleans », « Dixieland », « Swing », « Be-bop », « Cool » ou « West Coast », « Free Jazz » mais aussi avec des spécificités nationales originales. Sous des références à un vocabulaire et une grammaire semblables, les modalités, les phrasés, les matériaux sont assez spécifiques. Continuer la lecture →

John Coltrane, pour toujours

John Coltrane, génie de la musique.

john coltraneColtrane, un nom d’origine écossaise, résultat de ce brassage obligé entre maîtres et esclaves dans ces Etats-Unis pas encore unifiés, fut le dernier génie d’une musique sans nom, le jazz, qui en compta beaucoup. Le jazz, musique du 20e siècle, a accéléré brutalement toutes les mutations, toutes les transformations à force de révolutions avec comme objectif inavouable de distendre le temps, de le rendre élastique par la grâce du swing. Quelle forme artistique a connu autant de basculements ? Aucune vraisemblablement. L’accélération de l’Histoire n’est pas un vain mot. Ce « court 20e siècle » – pour reprendre notre historien préféré Eric Hobsbawm – a connu, parfois simultanément, des poussées d’espoirs de changement radical et la barbarie. Le jazz a synthétisé ses contradictions dans un changement permanent, au moins jusqu’aux années 1980s, enveloppé dans un rythme étourdissant.
Coltrane, à sa mort le 17 juillet 1967 – le 7 ne l’aimait pas pourrait-on croire -, était devenu, pour son malheur posthume et le nôtre, une icône. La religion, les dogmes, les images pieuses ne sont pas bonnes conseillères en matière de créations et d’imagination.
Il fallait bien lui redonner vie, le rendre à son itinéraire qui fut loin d’être simple et sûrement pas un long fleuve tranquille.
Il était né dans le ghetto de Philadelphie, 40 ans plus tôt, là où rien ne semble possible, où l’avenir est dans le flou, perdu dans des nuages industriels. La crise de 1929 n’allait rien arranger. Continuer la lecture →

Europa djazz et jazz sous les pommiers, deux grands festivals de jazz

Le printemps est là, celui des jazz et de la liberté.

Affiche 2014 festival europa djazzLes festivals, pas seulement ceux de jazz, se conjuguent avec la citoyenneté et l’éducation populaire. L’Europajazz – ex festival du Mans – a soufflé sa 35e bougie en élargissant son champ géographique à toute la région – en débordant sur la Basse-Normandie – et ses activités culturelles vers les collèges et lycées, les Maisons d’arrêt, les maisons de retraite, les hôpitaux et même les entreprises et les conservatoires. Jazz sous les Pommiers suit le même mouvement et fait rayonner le jazz dans les mêmes lieux, comme la plupart des autres festivals. Pour lutter contre une image qui colle à la peau du jazz, « intello », « élitiste ». Le jazz est, à l’inverse, liberté pour créer d’autres sons, d’autres univers. Les jeunes musicien(ne)s l’ont bien compris. Ils et elles sont de plus en plus nombreux sans que le public ne se rajeunisse. Un oxymore pour une musique qui n’en manque pas.
Cette 35e édition de l’Europa avait commencé le 15 mars et se terminera le 16 mai pour laisser la place à Jazz Sous les Pommiers qui lui fêtera son 33e anniversaire.
Uri Caine et Dave DouglasLa fin de la fin de l’Europa a lieu au Mans, la ville de naissance, avec la « Grande fête anniversaire du festival » le dimanche 11 mai dans le parc de l’Abbaye de l’Epeau – un lieu idyllique -, de 11h à 17h, une sorte de ballade dans les fanfares, à l’instar de Jazz Sous les Pommiers qui, traditionnellement, le propose le dimanche – cette année le 25 mai. La conclusion, le vendredi 16 mai, sera laissée à Youn Sun Nah, vocaliste de renom qui a su imposer son style dans les mondes du jazz, en n’oubliant pas sa culture d’origine, celle de la Corée, un pays coupé en deux, à l’histoire tourmentée. Concert qui aura lieu au sein de l’Abbaye, haut lieu de concert de ce festival.
Le jazz envahira, comme chaque année du côté de l’Ascension, la petite commune de la Manche, Coutances pour fêter la liberté comme la Libération et le Débarquement. Pour faire œuvre de mémoire – un travail toujours recommencé – et appréhender le jazz non pas comme une musique du passé mais l’étendard de la révolte de la jeunesse à toutes les périodes troublées de notre histoire. Le jazz et la France, une histoire d’amour, de liberté et d’ouverture vers d’autres possibles, des rêves d’un autre monde.
Soixante dixième anniversaire du débarquement oblige, Jazz Sous les Pommiers se vit aussi au rythme d’un passé jamais dépassé. Le jazz est vivant et le reste. La Libération est une fête folle et le jour le plus long, le jour le plus fou surtout pour les populations de la manche. Le débarquement à Omaha Beach fut une violente boucherie. La mer était rouge de ce sang de jeunes gens.
Le jazz et la danse débarquaient tout autant. La danse surtout, interdite par les autorités d’occupation comme par le Régime de Vichy qui partageaient les mêmes conceptions réactionnaires parlant de musique « dégénérée » à propos du jazz même si certains « collaborateurs » faisaient du jazz une musique blanche et française parce que née à la Nouvelle-Orléans. Les concerts de jazz, contrairement à une idée encore répandue malgré des ouvrages savants, étaient légaux et très fréquentés. Pendant la période de l’Occupation un « jazz français » commençait à se développer. Le « bebop » viendra tout éclabousser jusqu’à l’explosion. La nouvelle révolution esthétique écrasera tout sur son passage. Y compris la mémoire qu’il existait un jazz en France avec deux génies, le premier est connu, Django Reinhardt, le second beaucoup moins, Michel Warlop, violoniste et compositeur.
Ce sera le thème de mes conférences, « Le souffle de la liberté, 1944 le jazz débarque », titre aussi de mon livre aux éditions C&F – voir mon blog www.soufflebleu.fr – que je donnerai, en lien avec Jazz Sous les Pommiers à Argentan le 17 mai, à Granville le 23 mai et à Coutances le 30 mai. Continuer la lecture →

Annonce de mon prochain livre, « Le souffle de la liberté »

souffle_lib_1400x2117Bonjour,

Je publie le 16 mai « Le souffle de la liberté » sous titré « 1944, le jazz débarque » (C&F éditions) pour faire à la fois œuvre de mémoire et éviter les commémorations et participer à l’histoire du jazz après « Le souffle bleu ».
Il est en souscription sur le site

http://cfeditions.com/souffle1944

Je le présenterai le 11 juin de 18h à 19h30 au Café Mancel.

Nicolas.

JAZZ, suite des aventures du Bird

Les aventures d’un génie (suite)
L’Oiseau vole toujours plus haut.

Bird volume 7Charlie Parker, « Bird », l’Oiseau, fait l’objet d’une intégrale dont nous avons rendu compte au fur et à mesure de sa parution. Sous la direction de Alain Tercinet, auteur d’une biographie de Charlie Parker « Parker’s Mood », éditions Parenthèses collection Eupalinos, cette fausse-vraie intégrale en est à son 7e opus et couvre la fin de l’année 1949, début 1950.
Parker revient de son unique périple européen (fin du volume 6) et participe, avec Lester Young et la troupe du JATP – Jazz At The Philharmonic de Norman Granz – à un concert le 18 septembre 1949, au Carnegie Hall. Il vient de se faire remarquer par des déclarations à l’emporte pièce telles que « le bebop n’a rien à voir avec le jazz » et « je n’ai jamais été influencé par Lester Young ». La jam session qui ouvre cet opus fait la démonstration contraire. Tercinet a retenu le montage du LP d’origine qui faisait succéder Lester et Parker pour permettre aux oreilles des auditeurs de se rendre compte de la filiation. Tous les enregistrements réunis ici font la preuve de la connaissance de la mémoire du jazz et du blues. Il peut citer les standards mais aussi le « West End Blues » de Louis Armstrong. Continuer la lecture →

Présentation du festival de jazz de Coutances mai 2014

Je vous propose un rendez-vous exceptionnel le mercredi 7 mai de 18h à 19h30 ou 20h suivant les disponibilités pour vous présenter les faits saillants du festival de jazz de Coutances, Jazz sous les Pommiers.
Nous évoquerons le débarquement. Je fais une série de conférences dans les médiathèques, à Argentan, samedi 17 mai et à Granville le vendredi 23 mai. Enfin à Coutances le vendredi 30 mai.
Pour le reste, de la musique…

AU 7 mai.

Nicolas.

A travers les nouveautés du JAZZ (4)

Mutations musicales.

KrisisUn album qui prend pour titre « Krisis » ne peut que se situer dans les temps mouvants présents. Une référence à la revue des marxistes allemands de l’après première guerre mondiale voulant renouveler le marxisme ? Ou à une figure de rhétorique ? Les deux, peut-être.
L’instrumentation que propose Thierry Mariétan pour son deuxième opus pour le « Petit Label », a tout pour désorienter. Une contrebasse, Mariétan, un violoncelle, Karsten Hochapel associés à un piano, Paul Wacrenier et à un saxophone ténor, Alexandra Grimal pour créer des sonorités nouvelles, pour introduire vers d’autres mondes sans oublier les anciens. Le mariage le plus réussi est une danse séminole, « A seminole dance band », qui permet d’ouvrir les possibilités tout en restant attaché à la nécessité de la danse, du corps qu’il faut faire bouger pour faire pénétrer la musique. Continuer la lecture →