Jazz musique au présent

Ombre d’arc-en-ciel

Reggie Washington, bassiste, vit désormais en Belgique. Pour ce « Rainbow Shadow », volume 2, il a décidé de rendre hommage au guitariste Jeff Lee Johnson qui nous a quittés fin janvier 2013 alors qu’il devait se produire au festival « Sons d’hiver » de ce mois de mars 2013. Il avait 54 ans et était un habitué des concerts de jazz en France. De Philadelphie, il avait forgé le « Philly sound » de ces années 2000. Une synthèse de tous ces « sounds » qui ont constitué le jazz spécifique de la ville de Benjamin Franklin. Il faut dire que les ancêtres ont des noms célèbres à commencer par celui de Coltrane ou de Benny Golson. Continuer la lecture →

Cadeaux à faire ou à se faire.

Le temps d’écouter…

Un anniversaire.

2016 fêtait les 30 ans du « Label Bleu » créé en son temps – 1986 donc – par la Maison de la Culture d’Amiens. Un label qui a connu bien des vicissitudes dont une faillite pour renaître récemment. Pour que la fête soit complète, le Label Bleu a choisi de proposer une carte blanche à Henri Texier, contrebassiste, qui a enregistré une vingtaine d’albums « Label Bleu ».
Henri, 70 ans aux prunes, s’est entouré de musiciens de générations différentes, de Michel Portal à Edward Perraud en passant par Thomas de Pourquery, Manu Codjia et Bojan Z. Il manque la génération d’aujourd’hui pour parfaire le tour d’horizon des compositions d’Henri qui marque son parcours et celui du Label Bleu.
Il est possible de dater chacune des compositions proposées à la mémoire de l’auditeur qui connaît sans reconnaître ces thèmes habités qu’ils sont par de nouveaux musiciens.
Une expérience nécessaire, un album du présent que ce « Concert anniversaire 30 ans à la Maison de la culture d’Amiens ».
Nicolas Béniès
« Concert anniversaire, 30 ans à la Maison de la Culture d’Amiens », Label Bleu/L’autre distribution.

Une rencontre entre un pianiste et une écrivaine.
Agnès Desarthe, on s’en souvient, était tombé sous le charme d’un pianiste de jazz et en avait fait un livre « Le roi René (Odile Jacob), où elle racontait ses rencontres avec René Urtreger. En forme de revanche, le pianiste a fait de l’écrivaine, une chanteuse. Agnès a pris comme référence – non avouée – Julie London, actrice qui savait murmurer des mots d’amour sans prétendre à être une vocaliste de jazz. Julie avait fait un succès de « Cry me a river ».
« Premier rendez-vous » est le résultat de ces entretiens autour du livre. Ce n’est pas un tête-à-tête. Géraldine Laurent, saxophoniste alto, déchirante dés le début sur « The Man I Love » qu’elle transfigure et donne à cette reprise de standards pour l’essentiel, la touche qui, sinon, leur aurait manquée. Une mention spéciale aussi au violoniste Alexis Lograda sur « Le premier rendez-vous » et « La géante » deux originaux et le dialogue violon/saxophone alto. La voix de l’écrivaine déraille un peu de temps en temps mais pas suffisamment pour nuire à ces entretiens musicaux.
Pierre Boussaguet, contrebasse, qu’il faut entendre sur la composition la plus connue de René, « Thème pour un ami » montre qu’il a tout entendu et sait rendre l’âme de cet « ami » ; Simon Goubert, batterie, sait se taire à certains moments, se faire discret à d’autres tout en montrant sa capacité à exprimer le rythme fondamental nécessaire à toutes les aventures de tous ces musicien-ne-s. Et René bien sur, ses mémoires, son jeu de piano qui ne reste jamais ancré dans le passé et un accompagnement curieux qui ressort plutôt de la conversation, un art de plus en plus rare.
« Premier rendez-vous » est un de ces disques qui vous restent dans l’oreille comme un murmure du temps.
N.B.
« Premier rendez-vous », René Urtreger, Agnès Desarthe, Naïve/Musicast

« Sunny » Murray, batteur.

Mort d’un révolutionnaire

Qui aurait pu penser à le voir – une tête à la « Sonny » Liston – dans les années 1960, aux côtés de Albert Ayler, qu’il vivrait jusqu’à cet âge de 81 ans ? Certain-e-s donnent l’impression d’être éternel-le-s, lui non. Le battement sauvage de la batterie donnait l’impression de courir entre les premiers temps du jazz où cette révolte s’exprimait et la modernité d’un temps qui appelait la révolution, le changement brutal. Le tout s’exprimait dans cet instrument créé par le jazz et pour le jazz, un instrument révélateur de toutes les transformations de cette musique à travers le siècle. Des premiers temps où le jazz ne s’appelait pas encore jazz mais ragtime, jusqu’à la révolution totale, puissante du Free-Jazz, la batterie s’est métamorphosée. Continuer la lecture →

Une froide chaleur

Le festival PAN une réussite.
Le trio O.R.B.I.T.

Ce soir, 8 décembre 2017, « La fermeture éclair » a connu un moment de grâce. C’est rare. Le trio O.R.B.I.T. était sur scène. Tom Rainey est un batteur qui sait remplir nos rêves de rythmes brisés alliés à une pulsation qui assure la continuité du propos. Le voir est un spectacle réjouissant. Les batteurs ne sont pas morts, tués par les percussions. Au plaisir des yeux qu’il ne faut pas bouder s’ajoute celui de l’oreille. Il sait se faire soliste tout en laissant croire qu’il accompagne.
Sébastien Boisseau, comme ses illustres prédécesseurs – ce soir, il m’a fait penser à Eddie Gomez et à quelques autres contrebassistes plus ou moins connus qui ont su se faire les hérauts d’un jazz qui s’est appelé libre – sait faire chanter la contrebasse ou la transformer en instrument rythmique capable de rivaliser avec la batterie tout en la faisant pleurer ou rire et même crier.
Stephan Oliva, le denier à se mettre en orbite, allie colère et émotions rentrées en une élégance du toucher qui donne à cet instrument la capacité de se transformer. C’est le troisième instrument percussif de ce trio pour permettre à chacun de s’envoler vers d’autres cieux. L’art de Stéphane tient dans l’éventail des possibilités qu’il laisse entrevoir pour en choisir une à un moment donné. Tous les styles sont convoqués à cette table où il ned manque aucun ingrédient. Intégrer Bill Evans, Cecil Taylor, Don Pullen, toutes celles, tous ceux qui ne viennent pas à l’esprit est un petit miracle.
Comment croire que ces trois là ne se voient pratiquement pas. Le batteur est à New York, le bassiste à Nantes et le pianiste à Montpellier… Ils donnent l’impression de se connaître de toute éternité, comme si le jazz venait juste d’abolir les distances.
Dans cet endroit voué à être détruit en 2018, le froid s’appliquait à se montrer envahissant. On pourrait même parler de harcèlement. Pourtant la chaleur de la musique envahissait les esprits ce pendant que les corps restaient quasi sans vie. Cet engourdissement a-t-il favorisé la réception d’une musicale original faite de composition de Stéphan ou de Sébastien dans des arrangements nouveaux dus à la plume de Stéphan.
CE concert, même dans le froid, avait le goût des grands étés, des grandes chaleurs sympathiques qui obligent le corps comme à l’esprit à devenir un peu liquides pour trouver de nouvelles portes d’entrée face à un monde qui semble ne connaître que la guerre pour régler ses problèmes.
Cette musique ne donne pas de leçons, elle ouvre le cœur et l’esprit. Une fois entendue, elle ne laisse provisoirement plus de place à d’autres.
Que le dernier groupe trouve aussi mes excuses. Je ne voulais pas rompre le charme. Ce charme là est devenu tellement rare que j’ai voulu le garder le plus longtemps possible.
Pour l’instant ce trio ne trouve pas de producteur…

Nicolas Béniès.

Festival PAN, le 8 décembre 2017

Un festival détonnant

Le festival PAN aura lieu en partenariat avec « La fermeture éclair », lieu où se produira le festival, quoi François Mitterrand, à Caen.
Il annonce ci-après les changements dans sa présentation. Avant, tous les mois, il proposait un groupe ou deux, désormais il se transforme en un festival d’un jour et ce, tus les trimestres.
Je suppose que les contraintes budgétaires ne sont pas étrangères à ces changements.
La programmation est alléchante. Le travail de programmation est bien fait. Trois groupes se partagent l’affiche

« Ciel mes bijoux » à 19 heures, un groupe à découvrir que j’avoue ne pas connaître…

Le clou, à mon avis, le trio O.R.B.I.T. à 20h30 avec le pianiste Stephan Oliva, dans la lignée de Bill Evans mais aussi influencé par Cecil Taylor, une sorte de synthèse de tous ces jazz conduite par une sensibilité à fleur de peau. Il fait passer un frisson par un jeu de piano fait de ruptures, de surprises dans une sorte de continuité étrange.
Si vous ne connaissez pas ce pianiste, il faut vous presser à la Fermeture éclair pour une mise en orbite garantie.

La soirée se terminera avec « April Fisches », prévu à 21h30

N’hésitez pas.

Nicolas BENIES

Le communiqué de PAN :

La saison du Collectif PAN change de formule !

Pour cette saison 17/18 la programmation sera trimestriel, pour chaque saison nous vous préparons une grosse soirée pour découvrir la variété du jazz; une en hiver, une au printemps et une en été. La première aura lieu le 8 décembre prochain avec au programme :

Ciel! Mes Bijoux! à 19h

Trio O.R.B.I.T à 20h30

April Fishes à 21h30

En Partenariat avec :

TARIFS :
10 € plein
7€ réduit
gratuit moins de 12 ans

Comme une définition du Jazz

Espérance.

Sylvain Cathala, saxophoniste ténor et compositeur ; a intitulé son dernier album « Hope », Espérance. C’est oser. Dans le monde qui se considère comme le nôtre, l’espoir est passé de mode. Un siècle après la révolution russe et les révolutions artistiques qui passaient par le jazz, le monde apparaît désenchanté. Il ne croit plus au Père Noël, il ne croit plus au changement, il reste bloqué dans un passé décomposé et recomposé.
Avec ses compères qui forment un septet, le compositeur veut à la fois dénoncer et proposer. La musique, surtout lorsque se veut en relation avec le jazz, s’abreuve au social et au sociétal. Il est difficile de ne pas être sensible au sang qui bouche notre vue, de cette histoire de guerre qui oblige à des migrations, à l’instar d’Enée héros grec et latin comme un pont entre les cultures, un pont nécessaire dans ces sociétés où les individus sont repliés sur eux-mêmes.
Il faut forcer l’espoir. A grands coups de guitare, celle de Marc Ducret, légèrement assagi tout en sachant être violemment doux – ménagés par le Fender Rhodes, tenu par Benjamin Moussay qui calme la logorrhée de l’instrument pour faire surgir des espaces de réflexion, le saxophone alto de Guillaume Orti se souvient des cris du free jazz qu’il oppose au sérieux du saxophone baryton – Bo Van der Werf – se servant de la basse de Sarah Murcia, un socle, et de la batterie de Christophe Lavergne.
Le tout bouscule quelques certitudes et oblige à repenser l’espoir.
Nicolas Béniès.
« Hope », Sylvain Cathala septet, Connexe Records

Le Jazz là où ne l’attend pas

Une fusion porteuse d’avenir.

Rez Abbasi a déjà une longue carrière. Voir son site ou Wikioedia

Rez Abbasi est guitariste et joueur de sitar. Ses origines indiennes expliquent cette dualité. Dans son nouvel album, « Unfiltered Universe », il réussit le tour de force de fusionner ses cultures indiennes et le jazz, via l’influence revendiquée de Pat Metheny. Il a abandonné le sitar pour cet album qui lorgne résolument vers le jazz, loin des « musiques du monde », de cet assemblage qui se veut vendeur et ne réussit qu’à aseptiser toutes les musiques pour en faire un produit de consommation courante.
Rez Abbasi revendique toutes ses traditions, toutes ses mémoires pour les bousculer, les rendre vivantes capable d’inventer un présent. En compagnie de Vijay Iyer, pianiste essentiel de notre temps et de Rudresh Mahanthappa au saxophone alto avec lesquels il partage une formation commune, ils ne craignent de renverser les codes, d’aller vers l’inconnu. Ils ont des repères, dans le jazz, dans les musiques indiennes mais ils ont décidé de franchir toutes les barrières, notamment celles du collage pour proposer une sorte de dialectique de cultures, une sorte de choc pour construire une autre musique.
Il faut les entendre avec attention. Se retrouvent tout autant le jazz des années 1960-70, le son du sitar revisité, la rage lumineuse des grand-e-s du jazz, de tout le jazz – la batterie de Dan Weiss en témoigne comme la contrebasse Johannes Weidenmueller -, les métriques des musiques de ce pays à la culture immense et même, via le violoncelle de Elizabeth Mikhael, un soupçon de musiques dites classiques pour faire surgir des compositions originales de la plume du guitariste.
Nicolas Béniès
« Unfiltered Universe », Rez Abbasi, Whirlwind Recordings.

UIA de Caen, JAZZ

Bonjour,

Lundi 27 novembre 2017, premier cours sur le jazz de cette année. Il se situe dans la lignée de celui de l’an dernier.
Rappel : l’an dernier nous avions commencé l’histoire de la batterie, des premiers temps enregistrés – en commençant en 1914 par le premier solo de batterie enregistré par « Buddy » Gilmore dans l’orchestre de Jim Europe. Je l’avais fait précéder par un batteur de ragtime pour faire entendre la différence. La constitution de la batterie est un « work in progress », un mouvement comme le jazz lui même dont elle est issue et qu’elle représente. Instrument de cette mémoire en mouvement, la batterie incarne le jazz.
Les deux grands batteurs de la Nouvelle Orléans étaient au premier plan,

« Baby »Dodds, à la batterie, Lil Hardin au piano

« Baby » Dodds et Zutty Singleton sans oublier les Minor Hall et beaucoup d’autres. Je ne crois pas vous avoir fait entendre Tommy Benford qui joue dans les groupes de Jelly Roll Morton mais je ne l’oublie pas.
J’ai aussi attiré votre attention sur le batteur de l’ODJB, Tony Spargo comme il se fera appeler qui joue entre 2/2 et 4/2. Il participe de la création du « cha da ba ».
Je vous ai fait aussi entendre les batteurs laissés de côté parce qu’ils sont Blancs ou classés comme « Dixieland » comme Ray Bauduc

Un set de batterie actuel

L’invention de la cymbale « Charleston » ou « Hi-Hat » allait changer la donne surtout pour les grands orchestres. il semble bien que l’inventeur fut Vic Berton. L’orchestre de Fletcher Henderson allait trouver dans cette nouveauté, la souplesse dont il avait besoin. Le batteur Walter Johnson fut le titulaire du poste dans la fin des années 20. Il remplaçait « Kaiser » Marshall que certains voient comme l’inventeur de la cymbale en question.

Ce rappel étant fait, cette année nous allons élargir le champ en passant au panoramique.
en remontant à 1917, année clé pour la guerre et pour le jazz. sur la base demon livre, « Le souffle de la révolte » à paraître début 2018.
Pour décrire le contexte de ces folles années 20 et appréhender la place spécifique, première du jazz.
Mais de quel jazz parle-t-on ? Les minstrels en font-ils partie ? « Le chanteur de jazz » – « The jazz singer » – est-il un film sur le jazz ? Présenté, en 1927, comme premier film parlant, il semblerait plutôt qu’il soit le dernier film muet… Quelle appréciation ?
Qu’entendent les surréalistes pour éprouver des émotions tellement profondes qu’elles changent de leur vie ? le jazz, dans ces années là, est un facteur essentiel d’entrée dans la modernité.

Quelques interrogations nécessaires au centre de notre propos.

A lundi.

Nicolas.

PS Voir aussi le « résumé  » de l’UIA Coutances.

Illustrations du « Souffle de la révolte », avant première

Bonjour,
Puisque retard il y a, profitons pour publier quelques photos en référence à cette période qui va de la fin de la première guerre à 1939.

« Congo square, », la place du marché aux esclaves à la Nouvelle-Orléans. Sur cette place aussi, les tambours du vaudou et les danses le dimanche.

Un dessin pour rappeler le marché aux esclaves à la Nouvelle Orléans, à « Congo Square », une place qui sera aussi dévolue à la danse. Barbara Hambly dans les enquêtes de Benjamin Janvier, pianiste qui joue Mozart, Chopin et dont la sœur est prêtresse vaudou, raconte cette Nouvelle Orléans sous domination française jusqu’en 1830. Je cite souvent ses ouvrages parce qu’ils participent du travail de mémoire. Pour l’histoire littéraire Hambly écrit surtout des romans de science fiction. C’est dommage qu’elle n’ait pas continué. Elle pratique l’union des contraires avec une certaine dextérité.
Benjamin a été affranchi par son père blanc (et Français) qui lui a payé des études pour devenir médecin. Mais il est Noir noir et comme tel soumis à l’arbitraire de tous les Blancs. Il se balade avec ses papiers collés à la peau. Une préfiguration de l’après guerre de Sécession.

Un livre de photos qui entent toute la puanteur de cette guerre et des tranchées. Une coédition Gallimard/le ministère des Armées

Des photos provenant des archives du ministère des armées qui permettent de capter l’environnement des soldats, de ces jeunes gens partis la fleur au fusil et qui se retrouvent dans ces véritables trous à rats que sont les tranchées. la sortie c’est la mort assurée. Des milliers de jeunes gens y laisseront leur peau ou des membres et seront les handicapés, les « gueules cassées », de cet après guerre gagné par la folie de l’Âge du jazz.
Le sentiment de cette boucherie sue de ces photos.
Pas seulement les jeunes français mais aussi les Australiens, les Américains (plus tard), les régiments venant des colonies…
En 1917, les assassinats des déserteurs réels ou pas seront légions. « L’arrière », ceux qui ne se battent pas, abattront sans vergogne ces combattants atteints par l’inutilité d’une telle boucherie.

Pour le centenaire, Gallimard en coédition avec le Ministère de la Défense a voulu rendre vivants ces combattants étranges et étrangers.

« L’Inde dans la grande guerre », sous titré « Les Cipayes sur le front de l’Ouest » est un autre recueil de photos issu de la collaboration Gallimard et le Ministère de la Défense qui porte témoignange de l’engagement de ces troupes venus combattre pour la liberté, l’égalité et la liberté alors que, colonisés, ils étaient en butte à la répression dans leur pays par la puissance coloniale britannique. « La révolte des Cipayes » n’était pas si loin dans le temps. Dans les années 1860, ils s’étaient révoltés. Ces photos font état, comme le montre la couverture de la curiosité des Européens face à cette arrivée. Ils seront aussi dans les tranchées…
La même curiosité touchera les trouoes noires d’Afrique venues combattre et bien sur, le régiment d’infanterie conduit par James Europe.

Deux couvertures pour une période similaire. Claude Izner, dans cette nouvelle saga, nous plonge dan sle Paris des années 20 – exactement en 1921, après la grippe espagnole et la couverture du livre de Florence Martin sur Bessie Smith retrace les années « Minstrels » de l’impératrice du blues, dans les premières pages de cette bio superbe.

Bessie Smith dans sa plénitude, photo de Van Vechten reproduite dans le livre de Florence Martin, aux éditions Parenthèse, « Bessie Smith ».

Bessie Smith, à gauche et à droite. La couverture de la biographie de Bessie par Florence Martin (aux éditions Parenthèses) et de l’autre une photo extraite du même ouvrage pour voir deux facettes de l’impératrice du blues.
De son côté les deux sœurs réunies sous le pseudonyme de Claude Izner ont ouvert, avec « Le pas du renard » – autrement dit le « fox trot » – une nouvelle saga qui se déroule désormais dans le Paris de l’année 1921. (voir ma chronique). Intéressant d’entendre la musique à laquelle fait référence Izner, celle des comédies musicales de Broadway, et les blues de Bessie. Le blanc et le noir se marient en s’opposant.
Comme un résumé de mon livre, « Le souffle de la révolte », qui s’appuie sur les publications – de disques en l’occurrence) tout en tenant compte des dates d’enregistrement pour indiquer les musiques écoutées par rapport à celles ignorées qui seront découvertes plus tard. Pour parler comme Sartre, il s’agit ici de décrire « l’esthétique de l’auditeur » et non pas d’une histoire objective qui s’appuie sur les enregistrements. Ainsi s’explique la confusion sartrienne dans « La Nausée » entre le Noir et le Blanc – la Noire et la Blanche – à propos de Sophie Tucker et du compositeur de « Some Of these days », chanson enregistrée sur 78 tours – élément très important dans cette « esthétique de l’auditeur » lorsqu’il s’agit de jazz.
Nicolas Béniès.

JAZZ, un trio

Plénitude.

Un trio, rien qu’un trio pour s’approprier les compositions de Billy Strayhorn, compagnon et alter ego du Duke à son entrée dans l’orchestre en 1938. Billy Strayhorn est un maître du spleen, une sorte de Baudelaire du jazz. Ses compositions mélancoliques, quel que soit le tempo, parlent d’un monde jamais trouvé, de ce monde qui se perd dans la ligne de l’infini.
Un trio, disais-je, alors qu’à l’origine, la plume de Strayhorn est au service de l’orchestre et de sa palette faite de musiciens spécifiques, autant de prima donna. Continuer la lecture →