Un tueur de Mussolini à Paris
Alexandre Courban est autant historien que romancier. Il raconte les années 1930, années marquées par le fascisme italien et le nazisme en Allemagne. Il situe le cœur de ses intrigues à Paris et plus précisément au journal L’Humanité, quotidien du Parti Communiste Français, section de l’Internationale Communiste (SFIC), comme le PS est la section française de l’Internationale ouvrière (SFIO). Via « Rue de l’Espérance 1935 » il nous permet d’assister à la conférence de rédaction du journal sous la direction d’André Marty chargé de faire respecter la ligne du Parti.
L’année 1935, s’il faut le croire, est marquée par des assassinats d’opposants à Mussolini commis par le tueur qu’il a commandité. Un tueur capable de se transformer à l’image d’Arsène Lupin. Non seulement il réussit dans son entreprise mais il arrive aussi à rejoindre l’Italie.
L’enquête est menée conjointement, en secret, par un journaliste de l’Humanité Gabriel Funel et par le commissaire Bornec, non gangrené par le fascisme qui monte, en particulier dans la hiérarchie policière. L’un et l’autre par des biais différents identifie le criminel sans pouvoir l’empêcher de nuire. Le contexte en France de cette année là, est transcendé par la montée de l’espoir dans le changement, par la victoire possible des gauches réunifiées, par la fusion syndicale entre la CGT et la CGTU, par des manifestations unitaires, par la fête. Une héroïne s’ajoute aux deux enquêteurs, Camille Dubois, ouvrière licenciée qui travaille au journal. A travers elle se découvre les humiliation comme les conditions de vie de la classe ouvrière de l’avant 1936 qui expliquent le grèves massives qui suivront la victoire du Front populaire… Mais il faudra attendre le prochain roman…
« Rue de l’Espérance 1935 », A. Courban, Folio/Gallimard