Sonny Rollins à propos de son album Freedom suite (1958)

Sonny Rollins, dans la Gazette de Mosaïc – une petite compagnie spécialisée dans la réédition de coffrets richement documentés – réagissait à un article sur les liens jazz/mouvements pour les droits civiques. (La Gazette du 5 mars 2017). Comme concluait Cuscuna, il devrait écrire son autobiographie…

It was quite distressing to see that the JazzTimes article on protest music in jazz jumped from Louis Armstrong’s “(What Did I Do to Be So) Black and Blue” and Billie Holiday’s “Strange Fruit” right to 1960 and Max Roach’s We Insist! The Freedom Now Suite. Well, before that was Freedom Suite.

Sonny Rollins réagit à un article publié dans la revue de jazz américaine, « JazzTimes » sur la musique de protestation allant de louis Armstrong jusqu’à le disque publié par Candid en 1960 signé par Max Roach, nous insistons ! Liberté maintenant suite. Comme conlut Rollins, avant il y eut « Freedom suite »…

I had an activist grandmother, and when I was a little boy, 3, 4, 5 years old, she used to take me on marches up and down Harlem for people like Paul Robeson and segregation cases on 125th Street. That was just a part of my upbringing. Later, when I was playing music and making a little name for myself, I was able to record “The House I Live In,” which was very much a civil-rights anthem at the time. And I made an early record with Miles Davis, “Airegin,” which was Nigeria spelled backwards. It was an attempt to introduce some kind of black pride into the conversation of the time. That was my history.

Il avait une grand mère militante qui l’amenait dans des marches pour Paul Robeson – un chanteur de Negro Spirituals mondialement connu, membre du Parti Communiste Américain et comme tel blacklisté – et contre la ségrégation sur la 125e rue – Harlem. Une part de son éducation. Il a enregistré, plus tard lorsqu’il s’est fait un nom dans la musique, « The House I Live In », un véritable hymne des droits civils en ce temps – années 1950. Il a composé « Airegin » pour Nigeria, qu’il a enregistré avec Miles Davis. C’était un tentative d’introduire la fierté noire. C’est mon histoire… (traduction personnelle, NB)

The record Freedom Suite was made in the beginning of 1958. It was a trio recording with Max Roach and Oscar Pettiford, and it was an important album. The producer, Orrin Keepnews, took a lot of heat for that record. I made a statement [about civil rights on the back cover of] that record, and he even had to say at one time that he wrote the statement, which is ridiculous. But he wanted to record me on his Riverside label, and that was the piece that he had, and he accepted it.

L’enregistrement de « Freedom Suite » (Liberté) a été réalisé début 1958. Un trio, lui (Rollins) Max Roach (Batteur, dr) et Oscar Pettiford à la contrebasse (b) pour cet album important. Orrin Keepnews, le producteur des disques Riverside, a subi des pressions pour cet enregistrement. Sonny avait fait un commentaire sur les droits civils sur la pochette (l’envers comme il se doit ) et Orrin, sans même lui dire, l’avait change en écrivant d’autres notes de pochette ridicules. Mais il voulait m’enregistrer sur Riverside et il avait accepté cette suite.

I took some heat for it as well. I was playing a concert in Virginia, something at a school down there, and I remember being confronted—not in a hostile or violent way, just verbally—about why I made this record, and so on and so forth. There were a lot of those [incidences]. It wasn’t a big deal for me, because as I said, it was quite normal. I was born into a family that was always very cognizant of those things. I do remember that the controversy was slightly scary—but not too much, because I was a big, strong guy, and when you’re young you think you’re indestructible. But in retrospect it was a little scary, yes. And it was also one of these situations where some people talked with me about it and some people didn’t, but it was always there, hanging over everything. Especially at that time; 1958 was pretty early on in the consciousness of the civil-rights movement.

J’ai aussi subi des pressions. Lors d’un concert en Virginie, je me souviens d’avoir été confronté à des violences verbales sur les raisons pour lesquelles j’avais fait ce disque. Il répète qu’en ce temps, 1958, c’était les débuts de la prise de conscience du mouvement des droits civils.

So it wasn’t like something that nobody knew about; it was a controversial record. They actually changed the title to Shadow Waltz [when the album was reissued by the Jazzland label in the early 1960s]. “The Freedom Suite” took up one half of the album, and the other half was standard compositions. So they took a name from the other half of the record.

Un disque controversé. le titre en était changé « Shadow Waltz » au lieu de « Freedom Suite » dans la réédition « Jazzland » en 1960.

Anyway, it’s history—but it is history. And that’s why I was distressed to see it omitted from the list. In the modern jazz era, that was the first record that reflected the civil-rights period. That was the first that I know of. It was an important thing, a groundbreaking record. I just don’t want to be written out of history.

De toute façon c’est de l’histoire, et c’est pourquoi je suis déçu qu’il soit omis d ela liste. Dans le jazz moderne, c’est le premier disque qui reflétait la période des droits vils. Le premier à ma connaissance (dit Sonny)…

(Traduction et compression personnelle, NB)

Université populaire Jazz, le 8 mars 2017

Bonjour,

Surprise ! Dans le cadre du thème de cette année, la « West Coast », les projecteurs sur les femmes de ce style qui n’existe pas, allant des chanteuses aux instrumentistes ou l’inverse.
Exceptionnellement, nous démarrerons à 18h15 pour finir à 19h45.

Les femmes du jazz west coast participent de la même épopée des autres femmes du jazz et d’ailleurs. Certaines peuvent être très connues de leur vivant mais, une fois mortes, elles disparaissent de tous les cadrans.
Je citais, dans un texte que vous trouverez sur ce blog, le cas de Augusta Holmes, une anglo-française qui composa l’ode à la révolution française en 1889, des chansons… Une fois morte, au début du 20e siècle, elle a disparu de toutes les anthologies et autre histoire de la musique. Elle a été re découverte récemment.
Pour la west coast, les chanteuses eurent leur heure de gloire. Une fois disparue qui connaît encore Lucy Ann Polk, Frances Faye, June Christy, Chris Connor et même Anita O’Day, inspiratrice des deux dernières citées et de la west coast rêvée…
Les instrumentistes sont, sans doute, encore moins bien lotie pour ce qui est de la mémoire. Qui se souvient de ce Big Band uniquement de femmes : International Sweethearts Of Rhythm dans le quel jouait du piano Lorraine Walsh devenu Geller de par son mariage avec le saxophoniste alto, de le côte ouest, mais parkérien en diable, Herb Geller ? Qui connaît encore Clora Bryant, trompettiste et chanteuse ?
Qui se souvient du scandale provoquée par Mae West dans ce Hollywood coincé des années 30. Sa conduite, libre – comme un homme ! – suscita le courroux de ces mêmes hommes ? Qui se souvient aussi que Mae West (je n’ai pas eu le temps de vous la faire écouter) avait enregistré avec l’orchestre de Duke Ellington en 1934, pour la radio, ce « My Old Flame », un des thèmes des « Musicals » notamment « Gay Divorcee » avec Fred et Ginger

Et toutes celles, oubliées dont personne ne se soucie, celles qui, pourtant, forment le patrimoine, la moitié, de l’humanité, du jazz pour ce qui nous concerne ?
Plus encore, toutes celles qui se sont – ou ont été – effacées par leur mari, leur compagnon, où sont elles ? Comment les découvrir ?
Les rapports de domination de sexe ont des conséquences dramatiques pour notre propre histoire, pour notre mémoire.
Il est nécessaire de réévaluer cet apport et pas seulement un jour de l’année. Reconnaissons que c’est difficile. Le mâle tend à prendre toute la place…
(à suivre. J’essaierai de mettre après notre rendez-vous quelques extraits musicaux)

D’abord cet orchestre (Big Band) uniquement féminin « International Sweethearts of Rhythm », en 1941 ou début 42
Don’t get it Twisted

Lorraine Geller, née Walsh, qui a participé au Sweethearts of Rhythm, le groupe qui a succédé au précédent. Morte à 30 ans
Everybodys-Blues a été enregistré en 1954

Betty Bennett, chanteuse, n’a pas beaucoup de trace sur le net… Pourtant…
Treat me rough

Une autre grande chanteuse qui a eu beaucoup de succès sur cette West Coast quoique née à Brooklin (NYC),
Frances Faye
Its allright with me

Lucy Ann Polk fut la chanteuse de l’orchestre de Les Brown où elle succédé à Doris Day. Ici en 1958, avec Marty Paich (p) et Howard Roberts (g)
Wrap-Your-Troubles-in-Dreams

Clora Bryant, trompettiste et chanteuse, ici en 1957
Man-With-The-Horn

Peggy Lee, et son grand succès, « Fever » de 1959 avec James Bond (b) et Al « Tootie » Heath (dr)

Chanteuse et siffleuse, Debby Moore, en 1959, avec Harry Edison (tp)
Why Dont You Do Right


Nicolas.

Voir : Les femmes du jazz.

UIA Jazz, lundi 6 mars 2017, dernière… pour cette année.

Bonjour,

La batterie subit des transformations durant la période dite « Swing », celle des Big Bands – mais aussi des petits ensembles appelés « combos ».
Dans les deux premières sessions pour cette année scolaire, nous avosn découvert l’invention de cet instrument. Une batterie est assemblage de plusieurs types de tambours venant des fanfares. Grosse caisse, caisse claire – provenant des tambours militaires – et d’autres caisses venues s’ajouter à la première. Le tout joué par un seul individu pour des raisons d’économie. les différentes origines culturelles permettent de comprendre le choc de titans des cultures existantes sur le sol américain. La synthèse est une musique noire. Elle est réalisée par les esclaves libérés, après la guerre de sécession porteurs de cette musique.
Les premiers grands batteurs se servent de cet instrument comme des tambours pour construire une musique qui ne craint pas d’utiliser tous les accessoires de la rue des grandes villes. « Baby » Dodds, « Zutty » Singleton ont été les plus importants. Une définition du jazz en émane, liée à l’urbanisation, aux ghettos.Comme nous l’avons entendu lors de notre première session.
Cette définition du jazz ne va plus suffire. L’invention de la cymbale Charleston, jouée au pied changera et la batterie et le jazz. L’espace temps se transformait. Comme le cinéma parlant se traduisait par la re-naissance de cet art spécifique du 20e siècle. La batterie indiquait que le jazz s’outrepassait tout en conservant la mémoire du passé. Ce fut notre deuxième session par le biais des batteurs des grands orchestres? Jo Jones, Gene Krupa mais aussi Chick Webb et d’autres sans oublier les oubliés…
Pour cette session, troisième et dernière pour cette année, nous resterons dans ces années 30, cette « swing Era », période dans laquelle le jazz deviendra musique populaire avec tous les avatars de la répétition d’une musique qui marche, qui se vend.
Comment évolue la batterie ? Pour l’entendre, nous allons nous tourner vers ces petits groupes qui prolifèrent et qui, malgré ne nombre de séances d’enregistrement, arrivent à être créatifs.
Gene Krupa participe au trio, quartet de Benny Goodman, Jo Jones aux groupes de Teddy Wilson et Billie Holiday, Sidney Catlett avec « Chu » Berry et Roy Eldridge…
Nous nous arrêteront d’abord sur un batteur un peu ignoré parce qu’il est caché par le génie du chef d’orchestre, « Sonny » Greer chez « Duke » Ellington.

Sonny Greer, Duke, 18 janvier 1938, Drummer’s Delight


(à suivre)

Nicolas

Université populaire Économie, mardi 28 février 2017

Bonjour,

La nouvelle année est arrivée, toutes les nouvelles années… Même l’année chinoise sous le signe du coq. Un coq gaulois, ce serait drôle…
Il nous faire le point de à la conjoncture, sans tomber dans la post vérité ou les altertnative facts chers au cœur de Donald Trump.
Nous éviterons de voir ce qui n’est pas, pour en rester à ce qui est. Comment qualifier la politique américaine ? Isolationnisme ?
Est-ce une « bonne » nouvelle que les marchés financiers soient au plus haut, Wall Street surtout ?
Sommes-nous en « reflation » comme disent les Américains ? La croissance revient, l’économie va mieux ?
Quelles conséquences de la nouvelle politique monétaire en train de se profiler, à la FED, à la Bce ?
Pourquoi le retour des CDS ?
Le « Brexit » sera-il une chance pour la Grande-Bretagne ? Quel avenir pour l’Union Européenne ?
Le monde en a-t-il fini avec le basculement ? Que avenir pour le chamboule tout ?

Et j’en garde quelques-unes pour la suite.

A mardi.

Nicolas.

UIA Économie, lundi 27 février 2017

Bonjour,

Les vacances n’ont rien arrangé. L’incertitude demeure. Pas seulement du fait des élections présidentielles françaises qui restent ouvertes. Même pas à cause de Trump qui rêve aux attentats, à sa gloire en construisant une réalité à côté de la réalité. Un vieil rêve des dictateurs de toute espèce. Il voit des attentats, en Suède – pourquoi la Suède ? – et ne publie aucun communiqué d’excuses… Les Étasuniens croyait élire un président, ils ont mis aux postes de commande une pythie, de celle qui prévoit ce qui n’arrive pas. Il embrouille la lisibilité du monde, un monde déjà difficile à décrypter.
Le reste du contexte est à l’avenant. Theresa May s’arc-boute sur le Brexit… pour gagner les élections, vacance du pouvoir quasiment en Italie, L’UE en crise profonde de légitimité, scandales, corruption un peu partout dans le monde…
Les instituts de conjoncture font le pari qu’en disant que « ça va mieux » – l’antienne de François Hollande pendant un temps où ça allait de mal en pis -, ça ira mieux. Pourtant rien n’est réglé. Pire encore, le changement de politique monétaire des banques centrales peuvent avoir des effets d’implosion des marchés financiers. La montée du Dow Jones recèle des risques important de chute.
Il nous faudra revenir sur ce contexte et expliquer la remontée des CDS…
A lundi 17h à l’amphi 500, Campus 2.
Nicolas.

Une affaire d’État ?

Crimes oubliés, de femmes, une enquête nécessaire.

« Triple assassinat au 147 rue La Fayette » est une enquête détaillée sur les raisons pour lesquelles trois femmes kurdes, Sabine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, sont tuées dans le petit appartement sis à cette adresse, le 9 janvier 2013. Les soupçons se portent sur un Turc, Ömer Güney qui s’était fait accepter par la communauté kurde de France. Les assassinées font partie des dirigeantes du mouvement, sauf Leyla Saylemez, une jeune militante. Le procès du prétendu coupable devait s’ouvrir en janvier 2017 mais Güney est mort, d’une tumeur au cerveau le 17 décembre 2016. Continuer la lecture →

Jazz, mémoire de batteure, Julie Saury

Lutter contre les préjugés.

Il doit rester un grand fonde de sexisme lorsqu’il est question de musique et, particulièrement, dans le jazz. Les instruments auraient un sexe. La batterie notamment serait, malgré son genre, masculin. Le piano, à l’encontre de la grammaire, serait plus féminin et il est loisible de multiplier les exemples.
Ainsi Julie Saury, batteure – évitons batteuse, ça fait par trop moissonneuse – et batteur talentueuse. Elle vient de sortir un album qui navigue entre passé et présent. « For Maxim » est un hommage à son père, le clarinettiste de jazz traditionnel, qui nous a quittés. Il lui avait appris « A jazz love story », une histoire d’amour avec le jazz, histoire qui, dans la famille, commence avec le grand-père, adepte du be-bop et de Charlie Parker.
Les compagnons qu’elle s’est choisi, Philippe Milanta au piano, Bruno Rousselet à la contrebasse, Aurélie Tropez à la clarinette – masculin ou féminin ? -, Frédéric Couderc aux saxes et Shannon Barnett au trombone et au chant partagent son esthétisme qui fait du jazz une entité à visiter. Rien de révolutionnaire ici mais un engagement de toutes et de tous pour faire partager cet amour. Superbe. Last but not least, elle réalise la parité.
NB
« For Maxim, a jazz love story », Julie Saury, CD et Vinyl, Black and Blue. Concert de sortie le 24 février 2017 au Sunside (Paris)

Polar

Polar et Histoire.

Ariana Franklin – morte en 2011 à 78 ans – nous projette, par le biais de la traduction française des aventures de sa jeune « médecin légiste », Adelia Aguilar, dans le royaume de Henri II Plantagenet qui n’en finit pas de guerroyer pour préserver son unité. En 1176, au moment où commence la troisième aventure de cette jeune femme « qui fait parler les morts », il est au pays de Galles pour réduire la rébellion. Il a besoin de prouver que Arthur – celui des chevaliers de la table ronde – est bien mort pour éviter les superstitions qui alimentent les révoltes contre son pouvoir.
L’Abbaye de Glastonbury, associée à la légendaire Avalon du roi Arthur, vient de subir un incendie et on a retrouvé les cadavres d’un couple qui pourrait être Arthur et la reine Guenièvre. De nouveau, Adelia est sollicitée par Henri pour émettre une hypothèse sur l’identité du couple. Elle est en compagnie de son fidèle Maure qui fait semblant, pour éviter les accusations de « sorcière », d’être le médecin et elle retrouve, comme à chaque fois, le père de sa fille, l’évêque Rowley. Il lui faudra découvrir « Le secret des tombes » et on verra que le pluriel s’impose. Continuer la lecture →

PHILOSOPHIE DE LA CONTRE REFORME

Note introductive : cet article, je l’ai écrit en 2003, au temps du quinquennat de Jacques Chirac, élu, il faut s’en souvenir, avec plus de 80% des suffrages. De ce score inédit – et tout a été inédit dans cette élection – Chirac n’en a rien fait. Comme Hollande, il voulait juste devenir président sans programme, sans vision. Une remarquable continuité…
Le mouvement social cité à la fin fait référence à la mobilisation contre la remise en cause des retraites… Déjà!
Je n’ai pas changé une virgule. Je crois même avoir laissé quelques fautes d’origine. Je le publie en janvier 2017 pour deux raisons. D’abord pour mes archives et conserver la mémoire, enfin pour porter à la connaissance des analyses nécessaires pour appréhender cette période. Pour donner aux historiens des éléments de ce temps d’avant la crise systémique…

En mémoire

Le gouvernement actuel s’attaque à tous les acquis sociaux construits tout au long du 20e siècle, remettant en cause le « compromis social » de la Libération, synthèse des droits des salariés acquis dans les luttes sociales et dans la forme de reconstruction de l’Etat après la collaboration des classes dominantes avec le nazisme. Cet Etat, appelé « Etat providence » avait deux aspects principaux, il était national et social.
Aujourd’hui, il s’agit, via les politiques d’inspiration libérale, de déstructurer cette forme d’Etat et imposer de nouvelles règles du jeu. Les services publics, de manière générale, sont dans le collimateur.
Une partie d’entre eux pourrait être facilement « marchandisée ». C’est le cas des Télécommunications, de l’Électricité, du Gaz… et de l’enseignement supérieur. D’ores et déjà, au sein de l’OMC – Organisation Mondiale du Commerce – se discutent les « demandes » des Universités américaines d’ouverture à la concurrence de l’enseignement supérieur européen. L’échec de la conférence – « assemblée générale » – de Cancun tenue au milieu de septembre des 146 pays signataires n’empêche pas la poursuite des négociations dans les salons feutrés de l’Organisation à Genève loin des caméras et des représentants des pays du tiers monde venus perturber le consensus traditionnel qui se réalise entre les pays de la Triade, les Etats-Unis, l’Union Européenne (représentées par le commissaire européen, Pascal Lamy) et le Japon. Ce consensus là n’a pas été possible. De ce fait l’OMC est en crise et devrait déterminer d’autres modalités de fonctionnement. Elle ne peut accepter la transparence. L’ombre est propice à toutes ses décisions. Qui sont pourtant de l’ordre du politique. Les décisions de l’OMC deviennent autant de règles, de lois que les Etats doivent respecter. C’est le sens de la ratification du traité de Marrakech (1994) créant à la fois l’OMC et définissant ses prérogatives. Continuer la lecture →

JAZZ: Elvin Jones !

Batteur de génie 

Elvin – son seul prénom suffit, le deuxième était Ray, 1927-2004 – est connu comme le batteur du quartet historique de John Coltrane qui a révolutionné dans les années 1960 les mondes du jazz. Aujourd’hui – en 2017 – peu de saxophonistes échappent à l’emprise coltranienne. Il faut se souvenir que certains se sont perdus dans Coltrane. Art Pepper le raconte mais aussi « Tina » – surnom qui venait, semble-t-il de sa petite taille, Harold pour l’état civil – Brooks à la fin de sa vie n’enregistrait plus jouant comme Coltrane. Le « comme » est à prendre au sens fort. Art Pepper demandait à ses interlocuteurs lors de son dernier retour, à la fin des années 1970, s’ils reconnaissaient le son de son saxophone alto comme étant le sien, celui qu’il avait avant le pénitencier et la chute dans Coltrane.
Souvent, est oublié le batteur. Alain Tercinet pose la question à la fin du livret dans le volume « The Quintessence » consacré à Elvin Jones : « Sans Elvin Jones, Coltrane aurait-il été Coltrane ? », question rhétorique : on ne peut pas revenir en arrière. Mais les indices ne manquent pas. Lorsque Elvin n’est pas là, comme, par exemple les faces enregistrées par Trane avec Roy Haynes – qui ne démérite pas -, la magie n’est pas là, celle de la transgression, celle de la liberté, celle qui conduit tout droit dans les nuages, dans les rêves, dans l’impossible.
L’alchimie de la rencontre est l’un des secrets les mieux gardés du jazz. Les couples sont nécessaires au dépassement de l’un et de l’autre. Des exemples ? Stéphane Grappelli et « Django » Reinhardt, Billie Holiday et Lester Young, Charlie Parker et « Dizzy » Gillespie et bien d’autres encore. « Diz » le dira dans une interview à Jazz Hot. J’avais mon style, Bird avait le sien notre rencontre a été l’étincelle du génie. Ce ne sont pas les termes exacts mais l’idée est celle là. On pourrait appliquer cette équation à tous les couples… du jazz ! Continuer la lecture →