Tout autour du piano (2)

stephan Oliva vaguement godardJazz et nouvelle vague.
Le solo de piano est un art à lui seul. Surtout lorsqu’il s’agit de jazz. C’est une mise à nu. Il faut être sincère avec soi-même tout en maîtrisant ces 88 touches rétives, leur faire dire l’explicite et l’implicite, faire rêver par des bribes de musique pour laisser l’auditeur(e) déterminer un chemin, le sien. L’imagination de l’un doit susciter l’imagination de l’autre. A condition de considérer l’existence d’une mémoire commune, une sorte de patrimoine culturel à partager et à faire fructifier. Continuer la lecture →

Rendez-vous exceptionnel ce dimanche à 10h30

Des nuages de jazz (et de joie) pour lutter contre l’angoisse.

L’INSEE titre ses prévision pour 2014 « Reprise poussive »… Il n’y a que la reprise… « Poussive » est un bon adjectif pour qualifier un état d’esprit. Sans parler du fait qu’on se pousse le plus souvent… Il faudrait revenir à la fraternité qui devrait unir tous et toutes les êtres humain(e)s. Autour du jazz par exemple.

Pour lutter contre cette « poussivité » je vous invite, dimanche 22 décembre au Café Mancel, à l’heure de la messe (mais ce peut être avant ou après), soit de 10h30 à 12h, à entendre quelques extraits d’albums récents qui font les jazz d’aujourd’hui.
Si ce jour et cette heure conviennent, il faudra organiser un rendez-vous régulier, tous les mois par exemple.
N’hésitez pas à passer, pour écouter et pour me donner votre sentiment sur le jour et l’heure.

Comme ce dimanche s’inscrit dans les hottes du Père ou de la Mère Noël, il n’est pas trop tard pour penser à des cadeaux qui ont nom disques de jazz, musiques de notre temps, d’un temps certes « poussif » mais formidable tout de même.

A dimanche.

Nicolas Béniès.

Le renouveau des brass bands

Jazz

Le présent du passé pour creuser l’avenir.

Les fanfares de la Nouvelle Orléans ont fait la démonstration que le jazz n’était pas né dans les bordels – contrairement à une idée répandue par la « bonne » société américaine – mais bien dans la rue. Musique fécondée ensuite par de grands compositeurs au premier rang desquels il faut compter Louis Armstrong.

Le terme « jazz » est conçu en relation avec les bordels, avec le sexe. S’explique ainsi le refus des musicien(ne)s de ce terme péjoratif. Ils préfèrent Musique Classique Noire… Continuer la lecture →

Redécouverte.

 

2013, année Michel Warlop.

Michel qui ?

En 2011, une biographie documentée, « Michel Warlop, génie du violon swing », l’Harmattan, par Pierre Guingamp, voulait redonner sa place à ce musicien curieux, tourmenté qui créait difficilement, de tout son corps, de tout son esprit, Body and Soul – thème emblématique du jazz.1 Première tentative pour rendre compte de manière exhaustive de son parcours. Daniel Nevers, dans plusieurs notes de pochette avait lancé quelques pistes proposant même le qualificatif de « génie » pour ce violoniste. A juste titre même si les « puristes » font profession de détester les cordes sauf, peut-être, Stéphane Grappelli. Ils ne savent pas que, avant la trompette, le violon était l’instrument maître des premiers orchestres de jazz… Continuer la lecture →

Rendez-vous le samedi 30 novembre 2013 au Café Mancel pour un voyage dans les nouveautés jazz, à 17 h

Bonjour,

Je reprends cette année la présentation des nouveautés jazz au Café Mancel pour faire découvrir quelques enregistrements. Tout ne vous plaira pas. Mais il faut accepter les déconvenues. Pour le savoir, il faut avoir écouter ces cds. Il est aussi possible de découvrir des musiques. Tel est mon objectif.

Les albums de jazz sont les parents pauvres. Ils ne représentent que 1,5% du marché total tous supports confondus. Les festivals de jazz, par contre – un paradoxe – font le plein…

Je vous invite, un samedi par mois (17h au Café Mancel) à faire ce voyage avec moi.

Vous pouvez passer… Ou rester… Samedi 30 novembre de 17 à 18h, plus si affinités…

Nicolas Béniès.

Rendez-vous le 27 novembre 2013 de 18h à 19h30 au Café Mancel pour le séminaire de jazz

Bonjour,

L’Université Populaire de Caen (Basse-Normandie) a rouvert ses portes virtuelles.

Les séminaires de jazz ont déjà commencé le 13 novembre. Cette année, après Chicago – voir le « work in progress » sur ce site concernant les séminaires de l’an dernier, un travail toujours en cours -, la visite de Detroit s’imposait. Ville aujourd’hui en faillite, elle fut un des lieux de régénérescence du jazz dans les années 50.

Dans le quartier surnommé « Black Bottom » (une composition de Jelly Roll Morton que j’ai fait écouter le 13 ), dans cette « Hasting street », beaucoup de clubs ont prospéré, beaucoup de bluesmen notamment se font fait remarquer sans que la postérité puisse reconnaitre les siens faute d’enregistrements. Dans les années 30, Detroit (contrairement à Chicago) ne possède pas de studios d’enregistrement. Peu de bluesmen sont donc connus des générations d’aujourd’hui. Deux exceptions, John Lee Hooker – le plus célèbre qui a travaillé dans les usines d’automobile, ce travail à la chaîne a orienté son jeu de guitare, des rythmes répétitifs et puissants – et Kenny Kirkland qui s’est fait reconnaître sur ses vieux jours et que nous écouterons mercredi 27 novembre à 18h (comme d’habitude au Café Mancel).

Ce quartier a été détruit dans les années 1960.

Pour ce mercredi 27 et le 4 décembre, nous allons visiter ces nouveaux venus sur la scène du jazz, en particulier les frères Jones, grande famille de Detroit. le frère aîné, Hank, est pianiste, le benjamin, Elvin, est batteur et le cadet, Thad, est trompettiste.

Une manière de visiter Detroit, Thad Jones a intitulé un de ses albums « Motor City Scene ». Nous en entendrons un extrait.

Le premier musicien a être connu venant de Detroit est le vibraphoniste Milton Jackson qui a su intégrer la grammaire bebop à cet instrument marqué par son « inventeur » (dans le jazz), Lionel Hampton.

Soit une des grandes villes du jazz et du blues que cette ville de l’automobile.

Nicolas Béniès.

 

Les découvertes sont rares…

A Minifest, grandes découvertes.

Comme tous les ans, à Caen, un batteur – Jean-Benoît Culot – et un saxophoniste ténor – Nicolas Leneveu – qu’une génération sépare unissent leurs forces pour offrir à un public aussi nombreux que peut contenir la petite salle, une sorte de cave, de ce café qui porte un nom sans doute prédestiné, « El Camino », un festival qui pour être mini n’en est pas moins un lieu de découvertes. Cette année – 2013 – du 1er au 5 octobre, avec du Collectif Jazz de Basse-Normandie, les rencontres ont été nombreuses. Continuer la lecture →

Un mariage pour tous

Quand le jazz se fait littérature

Les éditions Alter Ego, sises à Céret (Pyrénées orientales), s’est lancé dans une grande entreprise de salubrité publique, publier des livres sur le jazz. Le jazz, c’est la porte grande ouverte à l’imagination, à la mémoire. Ses chocs esthétiques sont durables et organisent toute une vie. Continuer la lecture →

Marjolaine Reymond en Aphrodite ?

Poésie et musique ? Quel ménage !

Marjolaine Reymond n’est pas une inconnue, mais reste trop souvent ignorée. Elle se veut à la fois chanteuse, vocaliste serait peut-être plus juste, compositeure et créateure d’univers. Elle se refuse à considérer des frontières entre musique contemporaine – elle a chanté Berio, Stockhausen, Kagel, Cage eux-mêmes influencés par le jazz -, jazz et la simple musique des mots, la plus difficile à atteindre. André Breton rêvait d’une fusion entre poésie et musique pour atteindre d’autres cieux, les plus inaccessibles. Continuer la lecture →

Nouveautés en jazz, octobre 2013

Rencontre de mondes sous le signe de la révolte.

Hubert Dupont – on dirait un pseudo -, contrebassiste de jazz, chercheur de musiques qui pourraient représenter l’esthétisme d’un 21e siècle en panne de grandes créations collectives. Les utopies de transformation sociale ont disparu du paysage emportées par le tsunami postmoderne.

Le jazz lui-même, et pour la première fois de sa relativement courte histoire, se trouve englué dans la redite. Il fallait en sortir. Les musiques dites du monde – disons plus exactement les autres cultures dont la culture arabo-andalouse riche d’une tradition millénaire – peuvent représenter une porte de sortie qui pourrait être une entrée vers de nouvelles structures. Renaud Garcia-Fons – tiens, un autre bassiste – regarde aussi de ce côté.

Hubert Dupont a décidé de célébrer les noces du jazz – dont il conserve la forme – et des révolutions arabes qui, même si elles marquent le pas, retournent en arrière, en Égypte, en Tunisie, ont quand même changé la face du monde.

Pourront-elles changer le visage de ce siècle nouveau qui a toutes les couleurs du gris ? C’est le pari qu’il voudrait relever avec ses compositions réunies dans cet album Jasmin, les couleurs de cette révolution.

Il s’est entouré de Naïssam Jalal à la flûte, de Youssef Hbeisch aux différentes percussions pour couleur cette couleur singulière, de Nelson Veras à la guitare, plus vigoureux qu’on ne pouvait s’y attendre et de Denis Guivarc’h au saxophone alto qui montre ce qu’un Breton se doit d’attendre de ces rencontres de culture. Le tout est une musique qui doit beaucoup aux rythmes de cette musique arabe d’aujourd’hui et de toujours. Le jazz vient donner un supplément de pulsation sans changer fondamentalement la donne. Dans son genre, c’est une réussite.

Nicolas Béniès.

Jasmin, Hubert Dupont, Ultrack.

Attention : Concert de sortie de l’album, mercredi 9 octobre 2013, à 21 h, au Studio de l’Ermitage, 8 rue de l’Ermitage, Paris 20e