La crise financière du Brésil

Crise financière : le retour !

Le Brésil, malgré les efforts financiers conjugués du FMI – Fonds Monétaire International – et des États-Unis, n’a pu éviter la crise monétaire et financière. Le real, sa monnaie, a d’abord dévalué puis flotte se dévalorisant de 40% depuis le début de l’année.

La crise monétaire du Brésil est passée quasiment inaperçue en France. Le ministre de l’Économie et des Finances – DSK – s’en va répétant que la croissance est au coin de la rue malgré « le trou d’air », l’expression est de lui, que nous traversons. Un trou d’air qui pourrait devenir un véritable cyclone. La crise brésilienne vient après celle des pays d’Asie du Sud-Est – démarrant en juillet 1997 en Thaïlande et se poursuivant – et celle de la Fédération de Russie d’août 1998. C’est le troisième coup. Et le troisième échec de la politique d’inspiration libérale du FMI.1 La crise se diffuse par l’intermédiaire de la chute des prix de toutes les matières premières. La déflation menace.
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Sur novembre décembre 1995

RÉFLEXION

RETOUR SUR LE MOUVEMENT SOCIAL

L’appréciation du mouvement social de novembre-décembre 1995 est importante pour déterminer les voies et les moyens de le poursuivre. « L’appel de Bourdieu » – en fait l’appel signé par des syndicalistes et des intellectuels, grande première en France – à des États-Généraux qui auraient lieu le 24 novembre 1996, en est une des suites. Pour que ces États-Généraux soient possibles, il faut les préparer, dans tous les départements, les régions pour constituer des liens entre tous les acteurs de ce mouvement social, pour élaborer nos « cahiers de doléances », et le programme de transformation sociale qui les sous-tend. Continuer la lecture

A propos de méthode d’analyse

Le texte qui suit je l’ai écrit en 1995 pour un numéro spéciale de critique communiste sur Marx. Il porte sur le travail préalable de Marx qui donne quelques clés de la méthode utilisée par Marx dans le Capital. « Les Gründrisse », en fait des manuscrits non publiés, permettent de comprendre la loi de la valeur qui débute Le Capital. Le titre, « Faut-il brûler les Gründrisse ? », doit être compris comme « Le Capital » a permis de dépasser ces manuscrits qui se sont dissous dans les analyses de ce livre I, quintessence de la méthode de Marx et fondation de concepts essentiels pour appréhender ce mode de production capitaliste et ses métamorphoses, ses régimes d’acculation différents au cours de son histoire tourmentée.

FAUT-IL BRÛLER LES « GRÛNDRISSE » ?

Écrire sur Marx est un peu une gageure aujourd’hui. Le marxisme serait mort dans l’écroulement du Mur de Berlin… Trop souvent la référence à l’œuvre de Marx s’estompe derrière les commentateurs, ou, pire encore, le stalinisme, quelquefois présenté comme « l’orthodoxie marxiste ». Le marxisme orthodoxe n’existe pas. C’est une invention stalinienne. L’essai de Luckas, publié dans “ Histoire et conscience de classe ”, intitulé “ Qu’est-ce que le marxisme orthodoxe ? ”, est un plaidoyer pour la méthode marxiste, et donc pour la poursuite de l’élaboration théorique. Le marxisme vivant suppose d’interroger les concepts, les catégories que l’on trouve dans son œuvre, pour savoir s’ils sont toujours efficaces pour comprendre et transformer la société capitaliste. La référence à Marx est nécessaire à condition d’y injecter la réalité du capitalisme, et de son évolution. Il faut conserver à l’esprit qu’il s’adresse à « des lecteurs qui veulent apprendre quelque chose de neuf et par conséquent aussi penser par eux-mêmes ».1 C’est, peut-être, ce qui fait peur… C’est aussi de cette manière qu’il faut comprendre son refus d’être… marxiste, entendu comme le refus de la scolastique, de la répétition sans fin de citations tirées de leur contexte.
Il est vrai, par contre, que les termes comme socialisme, classe ouvrière, et même capitalisme ont perdu de leur sens, sans perdre de leur pertinence. Ces concepts demandent à être redéfinis, pour récupérer l’actualité qu’ils n’auraient jamais dû perdre. La réticence à les utiliser se traduit le plus souvent par des approximations dangereuses pour l’analyse même du mode de production. Le “ Financial Times ” – journal des financiers de la City de Londres, et haut lieu de la pensée libérale – est conscient des nécessités conceptuelles, et a défendu, à la fin de l’année 1993, l’utilisation des termes de capitalisme et d’impérialisme. Ce n‘était pas la première fois que ce journal citait les concepts marxistes, ou les marxistes. Il avait publié, il y a quelques années, un hommage à Rosa Luxembourg et à son livre “ L’accumulation du Capital ”, lecture nécessaire, disait l’auteur, dirigeant d’une banque, pour comprendre les crises et les krachs. Les économistes anglais portent plus haut le cynisme de leur classe que les français.
C’est vrai que le capitalisme apparaît, désormais, comme l’horizon indépassable, tuant de ce fait même toute imagination, restreignant le champ des possibles. La crise des idéologies dont on parle partout est une crise de représentation du monde, d’impossibilité de penser le futur, sinon comme la répétition du passé et du présent aseptisés. Le succès du film « Forrest Gump » aux États-Unis est un révélateur de cette tendance, comme la mode des commémorations. Les affrontements, les tensions, les luttes – des classes en particulier – disparaissent dans un passé reconstruit à coup de consensus, comme “ ouaté ”. L’idée même de progrès est battue en brèche, comme si la société capitaliste était figée pour l’éternité. Continuer la lecture

A PROPOS DU LIVRE DE JEAN PIERRE DURAND : « LA SOCIOLOGIE DE MARX », collection Repères, aux éditions La Découverte,

DISCUSSION SUR DEUX CONCEPTS CLEFS DE L’ANALYSE MARXISTE, LES CLASSES SOCIALES ET L’ÉTAT.

Soulignons dés l’abord que les éditions La Découverte ne craignent pas de se trouver en dehors de la mode. Publier successivement une « Introduction à l’économie de Marx », de Pierre Salama et Tran Hai Hac, « La philosophie de Marx », d’Étienne Balibar et enfin « La sociologie de Marx », relève du domaine de l’art, si tant est qu’on puisse l’opposer à celui de la marchandise. Difficile d’écrire sur Marx, difficile de parler d’un théoricien aussi décrié, tout en étant l’un des plus actuel, du moins pour sa méthode et ses catégories essentielles.

Le découpage proposé, au-delà de son enjeu commercial, pose un problème de « lecture » de Marx. Il n’était ni philosophe, ni économiste, ni sociologie mais critique de l’économie politique, signifiant par là qu’il se voulait scientifique et militant, homme libre pour qui « rien de ce qui est humain n’est étranger ».1 Continuer la lecture

Texte de travail d’un article sur les produits dérivés écrit en février 1995

LES MARCHES DÉRIVÉS.

Les pages économiques des journaux bruissent des pertes enregistrées par des entreprises de toutes nationalités sur les marchés dits « dérivés ». La perte la plus importante qui a eu des répercussions sur la Bourse de New York, est celle du Comté d’Orange, une localité proche de Los Angeles, plus de 2 milliards de dollars. L’Etat de Floride, Mettallgesellschaft – plus de 1 milliard de dollars, en spéculant sur le marché à terme des produits pétroliers – Procter and Gamble Japan Air Lines, Tokyo Securities, Kashima Oil… sans parler du financier Soros, ont aussi enregistré des pertes plus ou moins élevées. Continuer la lecture

Sur les marchés dérivés

LES MARCHES DÉRIVÉS.

Les pages économiques des journaux bruissent des pertes enregistrées par des entreprises de toutes nationalités sur les marchés dits « dérivés ». La perte la plus importante qui a eu des répercussions sur la Bourse de New York, est celle du Comté d’Orange, une localité proche de Los Angeles, plus de 2 milliards de dollars. L’État de Floride, Mettallgesellschaft – plus de 1 milliard de dollars, en spéculant sur le marché à terme des produits pétroliers – Procter and Gamble Japan Air Lines, Tokyo Securities, Kashima Oil… sans parler du financier Soros, ont aussi enregistré des pertes plus ou moins élevées. Continuer la lecture

En 1994, Marx déjà

MARX, LE RETOUR 2

Nous avions déjà noté, dans ces colonnes, le retour de Marx en rendant compte d’un ouvrage stimulant de Michel Vadée « Marx, penseur du possible » aux éditions Méridiens Klincksieck en 1992, retour qui se poursuit. Un retour étrange comme le montre le « dossier Marx » du « Magazine littéraire »1 dans lequel cohabitent Louis Janover, Maximilien Rubel d’un côté et François Furet de l’autre qui tend à gommer toute actualité de la pensée de Marx en le transformant en un penseur du 19éme siècle. Peut-on, comme le propose Furet distinguer différents Marx2, en oubliant l’unité de cette pensée en mouvement qui avait choisi la voie de la critique du capitalisme ? Comment expliquer, sinon, les fondements mêmes de son projet scientifique : démontrer que le mode de production capitaliste n’est pas le seul mode de production possible, que son dépassement est nécessaire pour construire la société sur d’autres bases, pour lutter contre l’exclusion, et, finalement, pour réaliser l’égalité, la fraternité et la liberté ? Continuer la lecture