Un état du monde

Tour d’horizon.

Le CEPII – centre d’études prospectives et d’informations internationales – propose, comme chaque année son bilan de l’année 2013. Il est révélateur au moins à deux titres. D’abord parce qu’il propose un résumé de ce « monde en mutation » et une réflexion de Michel Aglietta sur la politique monétaire, « nouveaux territoires, nouveaux horizons » mais aussi des traces de l’idéologie libérale dans ce chapitre sur les relations croissance/endettement dont les conclusions sont loin d’être démontrées dans le cours du texte. Plus encore, l’analyse du futur traité transatlantique entre l’Union Européenne et les États-Unis (voir article ci-contre) n’est vu que par le prisme de la défense des vieilles nations contre la Chine et d’autres émergents. Un peu court. Tel que, il donne le pouls de certains économistes plus que de l’économie. A lire pour se faire une opinion.

Nicolas Béniès.

« L’économie mondiale 2014 », CEPII, Repères/La Découverte.

Encore sur la reprise

La reprise, la reprise crie-t-il en sautant comme un cabri…

L’été fut resplendissant. Un soleil de plomb, une chaleur décoiffante. Il n’en fallait pas plus pour faire taire toutes les craintes, toutes les angoisses. A la fin du mois d’août les journaux se faisaient l’écho d’une croyance des directions des grands groupes du CAC401 qui voyaient la fin de la crise. L’été avait été marqué, il est vrai, par de grandes fusions-acquisitions de ces grands groupes à commencer par Publicis. Continuer la lecture

DICTIONNAIRE

K comme Krach financier.

Un krach financier se traduit par un effondrement du cours des titres sur les marchés financiers. Les titres sont l’expression d’une opération financière d’une grande entreprise ou d’un État. Ils sont aussi divers qu’il existe de marchés financiers, réglementés ou non. Ce processus s’est appelé « titrisation ». Ces innovations financières sont liées aux banques qui les mettent sur les marchés en les garantissant. Cet aval est une opération dite « hors bilan » puisqu’elle ne se traduit pas par une rentrée ou une sortie d’argent. En cas de faillite de l’opérateur, la banque se trouve obligée d’inscrire dans ses comptes ces titres à la valeur dépréciée. Elle affiche donc des pertes et se trouve en butte au manque de confiance des autres opérateurs financiers ou des autres banques qui craignent qu’elle ne fasse faillite. Les prêts se tarissent, le système de compensation est gelé. Les banques qui possèdent des liquidités ne prêtent plus à celles qui en ont besoin, au jour le jour. La faillite est au bout. Pour l’éviter, les banques centrales ont toute baissé leur taux d’intérêt – directeur ou d’escompte – pour permettre le refinancement à bas prix des banques. Pour prendre la place du système de compensation défaillant et, ainsi, éviter la faillite à court terme. Sans régler aucune des contradictions mais en les reportant dans le temps. Continuer la lecture

Libéralisme et libéraux

 

Le libéralisme à l’aune de sa pratique

Il est deux manières principales de critiquer des théories. Soit par une critique interne pour faire la démonstration du manque de logique entre les hypothèses et les conclusions ou démontrer que les hypothèses contiennent déjà les conclusions, soit par une critique externe pour confronter théorie et réalités et mettre l’accent sur les contradictions entre théorie et pratique. Dominique Losurdo – traduit par Bernard Chamayou – a emprunté cette dernière voie. Le résultat est à la fois une leçon d’histoire sur les États-Unis, sur l’esclavage cette contradiction violente des libéraux d’avec leur théorie – , une synthèse de ces théories libérales – sur le terrain politique et accessoirement sur le terrain économique – et deux réflexions qui terminent l’ouvrage sur « Conscience de soi, fausse conscience, conflits de la communauté des hommes libres » pour poursuivre un débat commencé notamment avec George Luckas dans « Histoire et conscience de classe » (traduction française aux Éditions de Minuit) et « Espace sacré et espace profane dans l’histoire du libéralisme ». Une thèse qui ouvre des espaces à notre réflexion.

N.B.

« Contre-histoire du libéralisme », Dominique Losurdo, La Découverte.

 

Lorsque l’économie se livre en livres

EconomieDe la critique du libéralisme à de nouvelles propositions.

1) La crise en questions

Philippe Askenazy et Daniel Cohen récidivent. Sous leur direction, Albin Michel avait publié, en 2008, « 27 questions d’économie contemporaine » – qui, soit dit en passant, parlait peu de la crise systémique qui s’était déclenché, sans les prévenir, le 9 août 2007 – pour brosser un tableau des manques de cette dite science sociale, suivi, en 2010, des « 16 nouvelles questions d’économie contemporaine » qui abordait les causes de la crise financière et celle de l’Etat providence tout en proposant des pistes nouvelles pour l’assurance vieillesse ou la fiscalité. Pistes contestables dont certaines se retrouvent dans la vulgate gouvernementale, séparées de leur environnement théorique. Elles deviennent des « tartes à la crème » – comme le partage de l’espérance de vie entre travail contraint et travail non contraint, expression d’un recul idéologique profond portant sur la réduction du temps de travail – qui ôtent toute saveur au débat théorique sur la nécessité de ces propositions. Le gouvernement actuel rend un bien mauvais service à la cause de la science économique et à la gauche toute entière. Continuer la lecture

Le temps du libéralisme s’estompe, l’austérité reste

Novembre en mai, l’automne des politiques d’austérité ?

Le climat changerait dans l’Union Européenne ?

L’Union Européenne se trouve à la croisée des chemins. Ce cliché prend une réalité inédite dans le contexte actuel. Les politiques d’austérité font la démonstration, dans tous les pays de la zone, de leur inefficacité pour lutter contre les déficits publics et l’endettement. Elles démontrent, dans le même mouvement, leurs responsabilités dans la profondeur de la récession. Chypre en est le dernier exemple. Pour éviter la faillite des banques, la troïka – la commission européenne, la BCE et le FMI – ont exigé du gouvernement de droite nouvellement élu une politique d’austérité drastique dont le résultat attendu sera une profonde récession dés cette année 2013, de plus de 10% suivant certains estimations. Avec son cortège habituel de croissance des inégalités, de pauvreté… Continuer la lecture

Université populaire, séminaire Economie.

Les rendez vous de cette fin d’année (scolaire).

Les mardis 4, 11 et 18 juin – il faut bien terminer par un appel ! -, trois derniers séminaire économie de l’UP.

Le 4, j’avais prévu de parler de l’exception culturelle mais l’actualité grossit autour des questions financières qui demandent à être expliquées et mises en perspective.

Le 11, si l’actualité se désengorge, il sera question de cet accord de libre échange Europe/USA où se retrouve une sorte d’AGCS – Accord général sur le commerce des services, un des grands dossiers (mal) traité par l’Organisation Mondial du Commerce au moment de sa création en 1995 – remis au goût du jour. La culture – comme l’Éducation – a toujours suscité les appétits capitalistes. Un nouveau marché prometteur…

Le 18, je vous proposerai une synthèse et quelques pistes de solution…

A vous revoir ou vous voir.

Nicolas Béniès.

Université populaire économie de mardi 21 mai 2013

Université populaire économie.

Notre prochain rendez-vous, mardi 21 mai, au Panta Théâtre de 17h30 à 19h30 comme d’habitude. On restera au sein de l’Union Européenne après la conférence de presse du,président de la République et sa proposition d’un gouvernement économique de la zone euro, proposition accueillie avec scepticisme par le gouvernement allemand. il faut dire que Sarko l’avait déjà faite.

Au même moment, la taxe Tobim et les accords de Bâle 3 devraient se mettre en place. Le monde de la finance les refuse, bloque toutes les possibilités de limiter les effets de la crise financière et économique.

L’imagination n’est pas au pouvoir. Au moment où le monde en a besoin.

Par contre la corruption est en train de bloquer le fonctionnement de toutes les institutions…

A mardi pour regarder un monde en pleine transmutation.

 

Nicolas Béniès.