A propos Nicolas Beniès

Nicolas Beniès est économiste de formation. Il est tombé dans la grande marmite du jazz dans son adolescence, une énorme potion magique qui rend la vie différente. Il est devenu naturellement critique de jazz. Il a collaboré un peu à Jazz Hot, à Jazz Magazine. Il a également écrit dans Rouge, Contretemps), la Revue de l’École Émancipée, Le Monde Diplomatique et l’US Magazine. Il a longtemps - 20 ans - proposée, préparée et animée des émissions de jazz sur une radio associative. Il reprendra bientôt cette activité. Conférencier sur le jazz et l'économie, il est l'auteur du Souffle bleu - C&F éditions -, un essai sur le basculement du jazz en 1959 qui a donné son titre au blog/site, et de plusieurs ouvrages sur l'économie dont "Petit manuel de la crise financière et des autres" (Syllepse éditions). Il prépare deux nouveaux ouvrages. Un sur le jazz, "Tout autour du jazz", l'autre sur l'économie "Le basculement d'un monde".

Rappel, rendez-vous mercredi 22 avril 2015

Bonjour,

Je vous rappelle que avons rendez-vous le mercredi 22 avril à 18h pour une présentation de JSP, Jazz Sous les Pommiers, qui cette années commencera le vendredi 8 mai – un jour férié – et se terminera le samedi 16 mai. De quoi parcourir une partie des jazz (et de quelques autres musiques comme dans beaucoup de festivals désormais).
Comme tous les ans, je donnerai une conférence vendredi 15 mai à 15h30 aux Unelles, salle de conférence avec comme thème les 70 ans de la Libération de Paris et l’arrivée du bebop en France en même temps que celui qui allait devenir une grande vedette de la variété française, Sidney Bechet. Avec ce dernier, « on » avait déjà cassé l’Olympia… Malheureusement, ça ne sera pas la dernière fois…

Voir aussi l’article sur ce même site sur JSP. Pour commencer…

Au Café Mancel d’abord ce mercredi à 18 heures comme d’habitude.

Nicolas.

La légende de 74 ans sera Pharoah Sanders, né à Little Rock et qui a commencé comme saxophoniste dans les orchestres de R n’ B pour rejoindre Sun Ra qui lui donnera son surnom « Pharoah » et ensuite participer aux dernières envolées de John Coltrane. Carrière de leader de groupes ensuite dont un album avec Kenny Garrett, saxo alto lui aussi présent à JSP…

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Jazz. Découverte.

Une nouvelle vocaliste : Indra Rios Moore.

Indra, heartlandC’est toujours une bonne nouvelle une vocaliste qui veut, à son tour, marquer le paysage. C’est le cas avec Indra – un nom qui signifie, paraît-il, guerrier venu du ciel dans la mythologie hindoue -, fille du bassiste Donald Moore,1résidant au Danemark. Une sorte de trait d’union entre les continents. Une carte de visite.
Indra a décidé de se servir de toute les traditions, de toutes les cultures, du gospel, du blues et du jazz et d’autres pour tenter de se frayer une route dans ce monde encombré par ses passés recomposés comme autant de conformismes et de dogmes. La marchandise exerce ses effets, reproduire à l’identique ce qui a déjà été fait. Pour les hommes de marketing, c’est une sûreté.
Indra possède une touche de toutes ces grandes musiciennes capables d’émouvoir, de transformer des vies, de donner ce goût formidable – terrifiant et étonnant – de l’amour fou, absolu dans des mondes qui ne manque tant. C’est le drame de Billie Holiday, au-delà de sa biographie. Trop d’amour tue le monde qui se venge par ses flics et sa répression. Une femme libre, pensez donc… Continuer la lecture →

Nouveautés jazz, à ne pas manquer

Transmettre pour faire fructifier l’héritage.

something close to something, JaumeUn album qui se titre « Something close to Something », quelque chose prés de quelque chose, se veut clin d’œil. Les notes de pochette lèvent un coin du mystère. En 1991, André Jaume, saxophoniste français et créateur du label CELP, avait produit un album intitulé « Something » avec Bill Stewart à la batterie, Anthony Cox à la contrebasse, Clyde Criner au piano et le très sous estimé Joe McPhee, saxo soprano et trombone à pistons. Un album joyeux, joyeusement classé dans le « free jazz » faute d’autre case. Continuer la lecture →

Nouveautés Jazz

Dessiner d’autres mondes.

Utopia Leïla OlivesiLeila Olivesi, pianiste, compositeure et, un peu, chanteuse a voulu, pour cet album « Utopia », rendre hommage à Cyrano de Bergerac. Pas celui de la tirade du nez – « un pic, que dis-je un pic, une péninsule » et « les trois lettres du mot sot » – mais l’écrivain de cette science-fiction avant la lettre des Etats de l’empire du soleil et de ceux de l’empire de la lune, publiés après sa mort en 1655.
Reprendre à son compte ces mondes d’ailleurs, ces utopies – celle de Thomas More était passée par-là un siècle plus tôt – c’est faire preuve d’un sens du futur paradoxal. Elles ont beaucoup reculé ces temps-ci sous les coups de butoir du libéralisme qui fait du marché – donc de la marchandise, cette bête qui se reproduit à l’identique – le nec plus ultra de toute vision du monde. Cyrano apparaît comme un contemporain critique d’un monde qui ne sait plus où il va mais a décidé, contre toute mesure, d’y aller et vite. Peut-on représenter un gouffre ? Continuer la lecture →

Des nouvelles du petit label

Facettes de Pierre Millet.

Pierre Millet, pour ceux et celles qui l’ignoraient encore, est trompettiste, cornettiste, bugliste mais aussi amateur de jouets auxquels il ne sait pas résister à partir du moment où ils sont créateurs de sons, tout en sachant se servir, à bon et à mauvais escient, de platines vinyle pour agrémenter ses compositions en jouant des références troubles et troublées.
ana_kap_450L’an dernier, à cette même époque – je ne l’ai pas chroniqué pour une raison indéterminée, le CD est resté enfermé sous d’autres – il sortait un album « Ana Kap », en trio. Un drôle de trio, un de ceux qui ne fait pas penser à un trio. Son cornet s’associait à un violon, Manuel Decocq et à un accordéon, Jean-Michel Trotoux pour une musique dont les racines se trouvent du côté de l’expressionnisme allemand de ces années 1920, de Hans Eisler plus que Kurt Weil. Une musique qui permet de se retrouver dans un de ces cafés à Vienne pour croiser Freud ou Stefan Zweig écrivant « Le chef d’orchestre en l’honneur de Gustav Mahler – son ombre flotte aussi sur cette musique – ou d’autres, fantômes d’une culture en train de sombrer. Continuer la lecture →

Nouveautés Jazz

Un retour aux sources ?

saxman« Saxman » est, comme son nom l’indique, un saxophoniste ténor venu de la Côte Ouest, entre San Francisco et Los Angeles. En France, il a réalisé un album associé à un trio français, Guillaume Souriau, contrebasse, Émile Biayenda, batterie, Didier Fréboeuf, piano, un trio qui fonctionne remarquablement bien. Il a même tendance à vivre comme une entité face à l’autre entité, le saxophoniste ténor. Pas toujours sur la même longueur d’ondes, pas le même imaginaire je suppose.
Saxman a voulu rendre hommage aux musiques de ces films considérés comme de série B (à l’époque de leur sortie dans ces lointaines années 40 pour les États-Unis), ces films « noirs » comme on dit en français, ces films réhabilités par la nouvelle critique de cinéma française.Dans cette perspective, le roman vrai de la vie de Dexter Gordon semble servir de toile de fond. Le phrasé de Dex – le petit nom de Gordon et son inévitable « Aimez-vous le basket ball ? » – influence fortement le Saxman en question.
Sur scène, la musique se trouve illustrée par des extraits de ces films que mes musiciens évoquent. Les compositions sont mises en situation. Le disque, l’enregistrement en studio souffre de cette absence de supports. Continuer la lecture →

Jazz et chansons

Autour du monde.

Patrice Caratini short songsPatrice Caratini, contrebassiste, chef d’orchestre, compositeur a décidé de rompre son quotidien pour s’orienter vers la chanson, de celle qui borde nos mémoires mais aussi transporte dans d’autres pays d’un globe qui n’est plus ce qu’il était.
La vocaliste qui prête sa voix à ce voyage, Hildegarde – un prénom emprunté à une chanson de Boris Vian, « Je suis snob » en l’occurrence – Wanzlawe sait prendre tous les accents pour nous transporter ailleurs. Une manière de promouvoir la fraternité entre les populations. La chanson est un excellent vecteur. Chanter ensemble est le début d’une compréhension mutuelle. Continuer la lecture →

Une anthologie nécessaire. Pour Barney.

A Barney Wilen, souvenirs et mémoire.

Barney WilenUn coffret de trois CD pour raviver une flamme à mon sens par trop éteinte, ce n’est pas trop. C’est même, si j’en crois l’intitulé « Premier chapitre 1954 – 1961 », le début d’une série. Un travail de mémoire mené par Alain Tercinet, nécessaire, vital. Pour plusieurs raisons.
D’abord pour le personnage central de cette saga, Barney Wilen. Né à Nice d’un père américain et d’une mère française, il naviguera dans ce premier temps, entre les deux continents. Il deviendra ainsi un ambassadeur bon teint entre le « Jazz sur Seine » – titre du troisième album sous son nom, en 1958 avec Milt Jackson au piano, pour Phillips – et le jazz sur Hudson pour construire un son original qui tient beaucoup, comme tout le monde à cette époque, au phrasé de Lester Young dont il est, peut-être, le continuateur le plus évident. Le mimétisme que l’on sent poindre de ses débuts se transforme en une digestion qui permet à Barney de devenir lui-même. Il sera ensuite influencé par le découpage du temps et le phrasé rugueux de Sonny Rollins pour se pâmer ensuite dans ceux de Coltrane. Comme tout le monde mais lui ne se perdra jamais de vue. Ce n’était pourtant pas facile. Art Pepper qui avouait s’être perdu dans Coltrane, incapable jouer comme il devait jouer, avec sa sonorité. Il avait même demandé à un critique s’il le reconnaissait, s’il avait conservé quelque chose de sa sonorité d’hier. L’arrivé d’un nouveau génie est toujours difficile à surmonter.D’autres, comme le saxophoniste ténor « Tina » – ainsi surnommé à cause de sa petite taille – Brooks disparaîtront du train des souvenirs. Continuer la lecture →

Combattre la déflation ?


Le double jeu de Mario Draghi

La Banque Centrale Européenne (BCE) née en juin 1998 dans le cadre de la mise en œuvre de l’Union Économique et Monétaire prévue par le Traité de Maastricht, est la seule institution véritablement supra nationale, indépendante de tout pouvoir politique, de l’Union Européenne. Elle est chargée de la politique monétaire de la « zone euro » et décide, sans concertation, à la fois de la création monétaire et des taux d’intérêt de refinancement des banques – taux directeur et taux d’escompte. Elle n’est contrôlée par aucune institution politique. Continuer la lecture →

Une fusion étrange, venue d’ailleurs. Le jazz et la France

Jazz et culture française. Entre Histoire et mémoire

Laurent Cugny – musicien, pianiste et arrangeur – s’est lancé dans une entreprise un peu folle, bien dans l’esprit de cette musique étrange, au nom non défini, le jazz, écrire « Une histoire du jazz en France ». En trois tomes pour trois moments constitutifs de cet anti-art mais aussi de la construction de la culture française.
Le premier tome nous emporte du milieu du 19e siècle à 1929 pour indiquer les prolégomènes qui expliquent la popularité de cette musique et son ancrage dans la société française.
Longtemps, la société américaine, colonie de peuplement au départ, a copié la vieille Europe exportant ses opéras, opérettes et autres spectacles. Dans le milieu du 19e, la situation change subtilement. Les spectacles appelés « Minstrels », des comédiens blancs grimés en noir, arrivent en Europe, en France en particulier. Avec eux, arrivent les danses comme le Cake Walk – ainsi appelé parce que le couple vainqueur de la compétition remportait un gâteau – qui sera joué, notamment, par la Garde Républicaine. Le coule de danseurs Irène et Vernon Castle commenceront à diffuser ces nouvelles danses, comme le « one step ». Ils joueront un grand rôle dans les habitudes d’écoute. Laurent Cugny a raison d’y insister. Continuer la lecture →