A propos Nicolas Beniès

Nicolas Beniès est économiste de formation. Il est tombé dans la grande marmite du jazz dans son adolescence, une énorme potion magique qui rend la vie différente. Il est devenu naturellement critique de jazz. Il a collaboré un peu à Jazz Hot, à Jazz Magazine. Il a également écrit dans Rouge, Contretemps), la Revue de l’École Émancipée, Le Monde Diplomatique et l’US Magazine. Il a longtemps - 20 ans - proposée, préparée et animée des émissions de jazz sur une radio associative. Il reprendra bientôt cette activité. Conférencier sur le jazz et l'économie, il est l'auteur du Souffle bleu - C&F éditions -, un essai sur le basculement du jazz en 1959 qui a donné son titre au blog/site, et de plusieurs ouvrages sur l'économie dont "Petit manuel de la crise financière et des autres" (Syllepse éditions). Il prépare deux nouveaux ouvrages. Un sur le jazz, "Tout autour du jazz", l'autre sur l'économie "Le basculement d'un monde".

De la Turquie et de la Russie, un roman écrit en prison et un polar en forme de saga

La Turquie en cellule
« Madame Hayat », le roman de Ahmet Altan écrit de sa prison, est un hymne à la liberté. Le portrait de femme, superbe, est amoureusement décrit. Les yeux du jeune homme sont emplis de ce portrait. Entre deux âges – curieuse expression – elle éclate du soleil de la sensualité. Beauté étrange, elle possède ce pouvoir d’attirer les regards. Continuer la lecture

Un cadeau spécial pour le festival Sim Copans et pour toustes qui se souviennent de ses émissions sur Paris Inter


La dernière et page de garde – photo de Sim en cette année 1959 – de la revue « Jazz » de juin 1959, édité par le Jazz Club du Sud Est, avec comme directeur de publication Roger Luccioni qui a réalisé l’interview ci-après.


(Cliquez sur l’image pour la grossir)

Merci à Jacques pour avoir conservé cette (petite) revue mensuelle et à Danièle Kergoat de me l’avoir confiée.

Nicolas Béniès

Cadeaux, cadeaux quand tu nous tiens…

Pourquoi se faire des cadeaux ? pourquoi répondre à cette coutume ? La réponse tient en une sensation : le plaisir. Pas seulement aussi le don. Pour échapper un tant soit peu à la fournaise de la marchandisation. Bien sur les achats dits de Noël peuvent être considérés comme une corvée. Aujourd’hui pourtant la pandémie devrait nous obliger à penser différemment, à chercher des voies de sortie de cette société gangrenée par la nécessité de faire du profit.
Ne boudons pas le plaisir de donner et de recevoir. Pas forcément à Noël! Les propositions qui suivent acceptent d’être offertes à tout moment.
Bonnes fêtes – pas forcément non plus Noël ou le Jour de l’an mais d’autres à construire – contre la pandémie, contre ce monde tel qu’il ne va pas.
Je vous souhaite un lot de petits bonheurs pour cette années 2022 qui se présente pas sous les meilleurs auspices. Continuer la lecture

Sciences sociales. Regards sur un passé dépassé et… présent.


Plusieurs livres analysent l’idéologie dénommée néolibérale.

Bruno Amable, dans « La résistible ascension du néolibéralisme », veut participer de l’économie politique, alliant les différentes branches des sciences sociales pour analyser la « modernisation capitaliste et crise politique en France (1980-2020) ». La référence unique aux modèles néo classiques liés aux préceptes de la « loi du marché » qui réalisent « l’équilibre général » a conduit à une hypermondialisation facteur de désindustrialisation, de privatisations des services publics provoquant des besoins non satisfaits des populations. Les réactions sociales ont, en partie, bloquées le processus prévu. La protection sociale est restée forte en France et les attaques se poursuivent en même temps que les mérites du « modèle français » sont soulignés. La pandémie a rendu visible tous ces mouvements, toutes ces remises en cause tout en actualisant des revendications un peu évanouies comme la réduction du temps de travail. Amable appelle les tenants des politiques néolibérales des « Modernes » mais le virus a mis en lumière qu’ils représentent le passé. Continuer la lecture

Le plan Macron

Un plan « de réindustrialisation » ou « de campagne » ?

Le Président de la République a annoncé un plan d’investissement de 30 milliards sur 5 ans pour « mieux produire, mieux vivre, mieux comprendre », suivant les termes du discours de présentation du 12 octobre. Objectifs ambitieux pour qui voudrait les prendre au sérieux. Ils supposent une stratégie industrielle en réorientant l’accumulation du Capital vers l’économie dite « réelle » en réglementant la sphère financière. La montée des indices boursiers montre les effets des crises et de l’incertitude se traduisant par le tarissement des investissements productifs. La reprise actuelle a été fortement dopée par l’intervention du gouvernement. C’est à l’État, par la discussion démocratique la plus large, de fixer les priorités essentielles en fonction des besoins des populations. Continuer la lecture

Trump ou Zemmour se reconnaîtront

« Que serait le monde sans la haine ? »

Trump aurait-il lu ce roman ? « Un intrus » pourrait passer pour un scénario qu’il a suivi quasiment à la lettre. Charles Beaumont, en 1959 année de parution, fait la preuve de sa connaissance de la société américaine qu’il sait observer. Un chirurgien social qui découpe, au scalpel, une petite ville du sud des États-Unis, qu’il appelle Caxton. Le Trump de l’époque, Adam Cramer, ne croit à rien mais veut devenir l’homme fort des États-Unis. Il fait aussi, par ses outrances, par son verbe, penser à Zemmour, comme si tous les démagogues, au-delà du temps, se donnaient la main pour construire une autre réalité la leur et l’imposer à des populations qui croient en eux. Rien ne les arrête, capables de chantage pour arriver à leur fin. Continuer la lecture

Derrière la reprise, le basculement du monde

La pandémie a révélé l’hypermondialisation qui s’est installée depuis les années 2000. Elle a structuré le monde. Les États se sont vus dépossédés de leur pouvoir appuyé sur la création de richesses sur le territoire national. Le processus de financiarisation/désindustrialisation s’est synthétisé dans la place nouvelle des multinationales. La richesse est devenue financière et dépendante des marchés financiers. Le constat a été fait avec Musk. En conséquence, la finance impose ses critères de maximisation du profit à court terme. Il est temps de changer d’orientation stratégique. Continuer la lecture

Le jazz mélangé, des origines au free

Vive la fanfare !

Jazz sous les Pommiers, festival de jazz de renommée au moins nationale, fait – à l’exception de 2020 – du dimanche une journée fanfare pour redécouvrir la rue, pour l’investir et jeter des ponts avec les premiers temps du jazz. Celle-ci était présente, à mobylette, pour l’édition de l’an 2000, et s’appelle Legreaux Tobrogoï, pour souligner son élargissement. Ils sont désormais 6 et veulent écraser les solitudes de l’après confinement pour taper sur tout ce qui ne bouge pas. Continuer la lecture

Mary Lou Williams une compositrice tirée de l’oubli

Visite des mémoires du jazz.

Le « Umlaut Big Band » se plaît à redonner une actualité aux grands compositeurs du jazz. Une plongée dans l’histoire liée à la joie de recréer fait tout le prix de ces arrangements. Dirigé par le saxophoniste alto Pierre-Antoine Badaroux, l’orchestre, soudé, fait aussi la part belle aux solistes qui ne se perdent pas dans les méandres de la copie mais expriment leur sensibilité, leur manière d’investir les compositions. Pour le dernier opus – un double album enregistré, s’il vous plait, à la Philharmonique de Paris -, c’est à Mary-Lou Williams qu’ils se sont adressé. « Mary’s Ideas », les idées de Mary sont nombreuses et brûlent tous les styles de jazz. Compositrice et pianiste vedette de l’orchestre d’Andy Kirk dans les années 1930, elle devient la prof de Thelonious Monk pour terminer en duo avec Cecil Taylor qui ne laissa aucun chance au dialogue, un album Pablo en témoigne. Entre-temps, elle travailla pour Duke Ellington et laissa des manuscrits non utilisés à ce jour dont s’est servi le « Umlaut ». Elle avait, comme Lil Hardin avant elle, constitué un orchestre de musiciennes.
Contrairement à une idée répandue, les femmes sont présentes dans le jazz dés l’origine mais, comme dans toutes les sphères de la société, une fois mortes, elles disparaissent des mémoires. Continuer la lecture