Etats-Unis : prédateurs d’hier et d’aujourd’hui

Un combat toujours actuel
Le 2 mars 1955, une collégienne, Claudette Covin refuse, de laisser sa place à une Blanche dans le bus à Montgomery, un geste politique improvisée due à la fatigue. Elle le paiera cher. Elle le racontera et créera vers la fin de sa vie une fondation. Elle a participé, seule, sans soutien, à la lutte contre la ségrégation.
Quelques jours plus tard, Rosa Parks (1913-2005) sera au centre de l’attention. Présentée souvent comme une vieille femme fatiguée par sa journée de labeur, elle est une militante pour les droits civiques depuis longtemps. Caroline Rolland-Diamond retrace sa vie. Nécessaire !
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« Rosa Parks », Caroline Rolland-Diamond, Folio/Biographies

Roman d’espionnage ? Reportage ?

« Le dossier du président », paru en 2020, se présente comme une recherche d’un dossier secret des services secrets russes – le FSB bien connu – sur le président des États-Unis nouvellement élu, un magnat de l’immobilier propriétaire de Tours un peu partout dans le monde,à New York comme à Panama. Toute ressemblance avec le président actuel est justifié. Le dénouement est conforme à la main mise du pouvoir sur la CIA et le FBI. L’affaire Epstein – il est impossible de ne pas y penser – est une illustration en plusieurs dimensions de l’intrigue ici développée.
James A. Scott nous entraîne dans ces mondes où les trafiquants de toute sorte se rencontre notamment les oligarques poutiniens qui s’enrichissent sur les dos des Russes sans créer de valeur. Des pilleurs et des prédateurs qui font école avec Trump aux États-Unis.
L’auteur décrit, c’est la partie documentaire, les mécanismes de blanchiment de capitaux via les projets immobiliers du Président. Il explique les circuits, les formes et les raisons qui font de l’immobilier le vecteur de l’exportation illégale de capitaux Un dossier explosif qui mêle perversions sexuelles et emprise politique et financière. Un polar qui nous fait aussi visiter la Fédération de Russie et ses oppositions pour comprendre la dimension interne de la guerre en Ukraine. Le tout enveloppé dans une action sans répit. A lire de toute urgence.
NB
« Le dossier du président », James A. Scott, traduit par Christophe Goffette, éditions nouveau monde, collection sang froid


Mémoire de l’esclavage

« Sous le règne du fouet, une histoire orale de l’esclavage aux États-Unis » réuni 27 parcours, surtout des femmes, collectés dans les années 30 par le Federa lWriter’ Project. Témoignages qu’il faut corriger par celui ou celle qui le recueille pour trnir compte des biais possibles. Bouleversants souvent, codés toujours, ils ouvrent des portes à l’analyse de la société américaine d’aujourd’hui. La préface de Françoise Vergès va bine au-delà de la présentation en abordant des questions du colonialisme et du néo-colonialisme à la fois système d’oppression mais aussi d’aliénation culturelle . Un débat à poursuivre.
NB 
« Sous le règne du fouet », textes réunis et traduits par Elsa Quéré, Éditions Ici-bas

Le côté émotif de Sherlock Holmes

Qu’allait-il faire dans cette galère ?

Il faut avoir une sacré dose de haine envers Sherlock Holmes pour le lancer dans une aventure perdue d’avance : innocenter le capitaine Dreyfus. Une affaire sans doute plus connue de ce côté ci du Channel que de celui de Holmes. Il se heurte comme tous les enquêteurs – appelés dreyfusards alors qu’il recherche la vérité – à la « raison d’État » représentée par son frère Mycroft essayant à toute force de la justifier en reprenant les arguments de la hiérarchie militaire française, l’antisémitisme en moins. Holmes, comme d’autres, essayera de la faire évader et, comme toutes ces tentatives, ce sera un échec. Continuer la lecture

Polar suédois, Questions d’actualité


La nuit tombe vite à Stockholm en novembre

Pascal Engman, auteur suédois à la figure juvénile si j’en crois la photo, sait, comme personne, se saisir des sujets d’actualité pour les raconter sous la forme d’une fiction crédible qui attire en même temps l’attention sur des questions à résoudre. Son roman précédent au titre explicite « Féminicide » avait été un succès. Dans « Les veuves », les personnages principaux se retrouvent à commencer par Vanessa Frank et Nicolas Paredes, couple qui n’arrive pas à se former tout en se retrouvant. Les veuves, ce sont les femmes des « croisés » de Daech décidées à venger leur mari, leur frère, les enfants tués dans ces guerres étranges, sorte de renouveau des dogmes religieux dans nos sociétés dénuées de toute spiritualité, soumis à la règle de la rentabilité maximum. Le fanatisme de l’argent-roi a répondu le fanatisme religieux qui ne s’appuie réellement sur aucun texte sinon sur la haine de l’autre pour oublier la haine de soi et sa propre responsabilité. Continuer la lecture

Malades dans un monde malade

La drogue fête fétide
Décrire le quotidien, quasi heure par heure, un couple de drogués, appelés ici Arnaud et Nadia et qui plus est à Charleroi (Belgique) est une gageure. « 24 heures héro », respectant l’unité de temps de la tragédie, veut relever le défi. Sans l’aide d’une intrigue policière. La scène se réduit à ces deux personnages. En quête d’auteur ? De salut ?
Compagnons de déroute et d’infortune mais aussi compagnons tout court sans en avoir vraiment conscience sauf à certains moments cruciaux, il et elle, elle et lui tour à tour, essaient de se sortir d’un piège qu’ils se sont eux-mêmes fabriqués. Ce sont les pièges les plus mortels. Elle, a dû avoir le coup de foudre pour lui, du moins il est possible de le penser. Lui, c’est moins clair. Comme tout mâle qui se respecte, il a besoin d’une mère qui le protège et d’une femme qui le secoue dans le même moment. Elle et lui ne sont pas accros de la même façon. Leur profit psychologique, leur besoin de drogues ne proviennent pas des mêmes sources. Continuer la lecture