A propos Nicolas Beniès

Nicolas Beniès est économiste de formation. Il est tombé dans la grande marmite du jazz dans son adolescence, une énorme potion magique qui rend la vie différente. Il est devenu naturellement critique de jazz. Il a collaboré un peu à Jazz Hot, à Jazz Magazine. Il a également écrit dans Rouge, Contretemps), la Revue de l’École Émancipée, Le Monde Diplomatique et l’US Magazine. Il a longtemps - 20 ans - proposée, préparée et animée des émissions de jazz sur une radio associative. Il reprendra bientôt cette activité. Conférencier sur le jazz et l'économie, il est l'auteur du Souffle bleu - C&F éditions -, un essai sur le basculement du jazz en 1959 qui a donné son titre au blog/site, et de plusieurs ouvrages sur l'économie dont "Petit manuel de la crise financière et des autres" (Syllepse éditions). Il prépare deux nouveaux ouvrages. Un sur le jazz, "Tout autour du jazz", l'autre sur l'économie "Le basculement d'un monde".

Sur les marchés dérivés

LES MARCHES DÉRIVÉS.

Les pages économiques des journaux bruissent des pertes enregistrées par des entreprises de toutes nationalités sur les marchés dits « dérivés ». La perte la plus importante qui a eu des répercussions sur la Bourse de New York, est celle du Comté d’Orange, une localité proche de Los Angeles, plus de 2 milliards de dollars. L’État de Floride, Mettallgesellschaft – plus de 1 milliard de dollars, en spéculant sur le marché à terme des produits pétroliers – Procter and Gamble Japan Air Lines, Tokyo Securities, Kashima Oil… sans parler du financier Soros, ont aussi enregistré des pertes plus ou moins élevées. Continuer la lecture →

Pour Carmen McRae

CARMEN McRAE, GRANDE DAME DU JAZZ

Carmen est morte le jeudi 10 novembre, à Beverly Hills, Los Angeles. Sa route l’avait conduite de la côte Est où elle était née, à la côte Ouest…

Le jazz, on le sait, génère des génies. Au masculin. Carmen McRae, l’était au féminin. Comment devient-on un génie ? Par un travail de titan sur soi-même, pour devenir soi-même. Chemin difficile, escarpé, rocailleux. Carmen était née à New York, ça aide, le 8 avril 1922.1Elle avait commencé par des études de piano, ça aide aussi. Mais sa mère avait voulu faire d’elle une dactylo – la rapport avec le piano est évident -, ce qui lui permettra de vivre, en chantant la nuit, parce qu’elle a décidé de chanter, pour suivre les pas de Billie Holiday dont elle deviendra l’amie. En 1944, pour l’anecdocte, elle épouse le batteur, génie lui aussi du jazz bebop, Kenny Clarke. Elle enregistrera ses premiers disques, avec l’orchestre de Mercer Ellington – le fils du Duke – sous ce nom. L’influence de Sarah Vaughan – autre génie du jazz – y est sensible, et même plus que ça. Ce mimétisme la marquera, marquera son style d’une empreinte indélébile, pour ses premiers albums qu’elle réalise pour Bethlehem, avec l’accordéoniste Mat Matthews en 1954, sous son nom, celui de Carmen McRae. Elle a divorcé d’avec Kenny. Elle ne supportait pas d’avoir un seul homme. Continuer la lecture →

LIRE LE JAZZ (suite sans fin)

JAZZ, LITTÉRATURE ET SOCIÉTÉ AMÉRICAINE

Le jazz, musique de notre temps, et un temps musique de notre futur rêvé, aujourd’hui devenu musique de notre présent, de ce présent encombré du passé, comme s’il pesait de tout son poids pour empêcher l’apparition d’un futur non désiré, trop neuf aux yeux de ce passé trop vieux. L’ensemble de ce qu’on a coutume d’appeler, faute d’un terme plus évocateur, l’art, semble faire du surplace, essayant de régler les comptes avec tous les passés, comme si cette étape était forcément nécessaire pour aller de l’avant. L’architecture est, comme à l’habitude, le révélateur de ce sur place. Le faux concept à la mode vient d’ailleurs de cette discipline. On parle d’une ère « postmoderne »,1 pour qualifier l’architecture de notre présent, manière de dire qu’elle n’existe pas. Actuellement tout est « postmoderne », autrement dit encore, le cri, partie essentielle de la création artistique, a disparu. Tout est lisse. Surtout ne pas faire de vagues. Ressembler à son voisin, plus qu’à soi-même, tel semble être le nouvel impératif catégorique. Le jazz, bien sur, n’échappe à cette folie fin de millénaire, pas plus que le cinéma, qui, un peu plus tard que le jazz, fêtera son centenaire, en 1995.2 Continuer la lecture →

En 1994, Marx déjà

MARX, LE RETOUR 2

Nous avions déjà noté, dans ces colonnes, le retour de Marx en rendant compte d’un ouvrage stimulant de Michel Vadée « Marx, penseur du possible » aux éditions Méridiens Klincksieck en 1992, retour qui se poursuit. Un retour étrange comme le montre le « dossier Marx » du « Magazine littéraire »1 dans lequel cohabitent Louis Janover, Maximilien Rubel d’un côté et François Furet de l’autre qui tend à gommer toute actualité de la pensée de Marx en le transformant en un penseur du 19éme siècle. Peut-on, comme le propose Furet distinguer différents Marx2, en oubliant l’unité de cette pensée en mouvement qui avait choisi la voie de la critique du capitalisme ? Comment expliquer, sinon, les fondements mêmes de son projet scientifique : démontrer que le mode de production capitaliste n’est pas le seul mode de production possible, que son dépassement est nécessaire pour construire la société sur d’autres bases, pour lutter contre l’exclusion, et, finalement, pour réaliser l’égalité, la fraternité et la liberté ? Continuer la lecture →