A propos Nicolas Beniès

Nicolas Beniès est économiste de formation. Il est tombé dans la grande marmite du jazz dans son adolescence, une énorme potion magique qui rend la vie différente. Il est devenu naturellement critique de jazz. Il a collaboré un peu à Jazz Hot, à Jazz Magazine. Il a également écrit dans Rouge, Contretemps), la Revue de l’École Émancipée, Le Monde Diplomatique et l’US Magazine. Il a longtemps - 20 ans - proposée, préparée et animée des émissions de jazz sur une radio associative. Il reprendra bientôt cette activité. Conférencier sur le jazz et l'économie, il est l'auteur du Souffle bleu - C&F éditions -, un essai sur le basculement du jazz en 1959 qui a donné son titre au blog/site, et de plusieurs ouvrages sur l'économie dont "Petit manuel de la crise financière et des autres" (Syllepse éditions). Il prépare deux nouveaux ouvrages. Un sur le jazz, "Tout autour du jazz", l'autre sur l'économie "Le basculement d'un monde".

JAZZ, retour qsur les années révolution, première partie

Retour sur les années révolution.(1)

La fin de la seconde guerre mondiale fait apparaître une révolution esthétique, mais aussi sociale, chez les laissés pour compte de cette société américaine qui n’en finit pas de se complaire dans son hégémonie, les Africains-Américains. Le bebop, c’est le nom de cette révolution, dont l’incarnation sera le génie incontestable de Charlie Parker, Bird, l’Oiseau pour l’éternité. Continuer la lecture →

Le jazz et la France

Petite histoire du jazz en France.

Vous ai-je déjà dit que le jazz avait débarqué en France en 1917 avec l’orchestre Jim Europe ? Le jazz a conquis droit de cité, comme le rappelle Lucien Malson dans la Revue Europe – étrange, non ? – consacrée à « Jazz et Littérature ». Cocteau fut tout de suite conquis et s’institua (mauvais) batteur. Le label «Swing» créé par Charles Delaunay en 1937 fut entièrement consacré au jazz. Django Reinhardt allait abondamment enregistrer sur ce label. Frémeaux et associés, distribué par Night & Day, sous la houlette du bon Daniel Nevers est en train d’éditer les œuvres complètes du Tsigane. Le volume 8 vient de sortir et couvre les années 1938-39. A part le quintet du Hot Club de France, on trouve une curieuse rencontre avec l’harmoniciste Larry Adler, et un extrait pris sur le vif de la « Grande Nuit du jazz »…. Sur sa lancée Delaunay créa, avec Hughes Panassié, la revue Jazz Hot.
Après la deuxième guerre mondiale, en 1948, Swing allait laisser la place à Vogue dont le capital allait se diversifier. Aujourd’hui, bizarrement, « Swing » est distribué par EMI, et Vogue par BMG. Daniel Baumgarten et Rémi Sommers – deux fous de jazz – ont décidé de rééditer tous ces albums resté dans l’ombre, sous l’égide de BMG France. Certains n’existaient qu’en 25 cm d’origine. Je connais des collectionneurs déçus… C’est d’abord la redécouverte du saxophoniste ténor et flûtiste belge Bobby Jaspar, qui partira faire carrière aux Etats-Unis et jouera avec le tromboniste Jay Jay Johnson pour finalement y mourir. Deux albums reprennent une grande partie de son œuvre enregistrée entre 1953 et 1955, « Bobby Jaspar et Henri Renaud » – pianiste influencé par Al Haig devenu producteur chez Sony Music – et « Bobby Jaspar & his Modern Jazz » où un tout jeune guitariste fait ses premiers pas, Sacha Distel et où l’on rencontre un vibraphoniste belge, Fats Sadi. Le même est avec Martial Solal pour des enregistrements de 1956 in « Martial Solal, The Complete Vogue Recordings, volume 2 ». Le pianiste est moins virtuose qu’aujourd’hui, ses influences sont plus nettes mais il y a du soleil dans les bleus. Le volume 1, reprenant les séances de studio de 1953 à 1955 verra Martial accompagné par Joe Benjamin (bassiste) et Roy Haynes (batteur), à l’époque avec Sarah Vaughan…
En 1956, le saxophoniste ténor Lucky (chanceux) Thompson est à Paris et Vogue décide de la faire jouer avec l’orchestre de Dave Pochonet, batteur, dans lequel on retrouve Martial Solal qui devait passer sa vie dans les studios. En deux volumes, « The Complete Vogue Recordings » of course, le bonheur de retrouver une sonorité de ténor qui tient beaucoup de Lester Young et a subi l’ascendant de Parker dans une ambiance décontractée où son talent, son mérite est reconnu. C’est sensible dans sa manière de jouer. Il repartira aux États-Unis et il sera oublié… Il reviendra en 1960 pour un concert public où il joue aussi du soprano. Faisons vivre Lucky Thompson…
Et Barney Wilen… RCA Victor (toujours BMG) réédite un coffret de deux CD, « Barney au Club Saint Germain (Paris 1959) » pour le retrouver en public, avec le trompettiste Kenny Dorham et Duke Jordan au piano notamment pour des moments volés à l’oubli…
NB

Un roman sur la culture américaine…

« Le Sax » de John Clellon Holmes, aux éditions Balland, collection Nouvelles Angleterres, 313 pages, Paris, 1988, 129 francs.

Il est rare que la littérature réussisse à mettre en scène le jazz et les jazzmen pour raconter les vicissitudes de la création. Julio Cortazar1, dans sa nouvelle «L’homme à l’affût »,2 avait approché le mystère Parker mieux que la plupart des critiques de jazz ou des témoins de l’époque. C’est dans cette lignée que se situe le roman de John Clellon Holmes, «Le Sax ». Dans la préface, écrite pour la réédition américaine de 1988 – soit 30 ans après sa première publication, et il faudra attendre 10 ans de plus pour cette première traduction en français -, Archie Shepp3 avoue qu’il est incapable de déterminer si l’auteur est Noir ou Blanc mais qu’il mériterait d’être Noir tellement il a su comprendre de l’intérieur la situation de l’artiste – le génie dans le cas de Parker – africain-américain dans un contexte où il est nié en tant qu’homme, qu’être humain. C’est un roman sur la schizophrénie des Américains. La seule culture créée sur le sol américain – le jazz et le blues comme résultat d’un même processus de fusion – est niée comme culture par la majeure partie de la population, et rejetée comme la «musique du diable »,4 en fonction du racisme imprégnant dés sa constitution les Etats-Unis.
Holmes fait partie de la « Beat Generation » – c’est lui qui aurait trouvé le terme – et a voyagé avec Jack Kerouac, des voyages immobiles le plus souvent. Kerouac l’a entraîné dans la découverte d’un nouveau continent, le bebop, lui qui n’aimait que le « Dixieland ».5 Jack avait voulu retrouver dans son écriture le rythme – le beat, le battement, le swing – du jazz, du bop dans les sonorités des mots leur donnant un autre sens, ou un sentiment là où la froideur régnait en maîtresse. Il truffait son texte de références aux mondes du jazz. La traduction française de « On The Road » – « Sur la Route », chez Folio – souffre de cette absence de compréhension du jazz de la part du traducteur.6
Chez Holmes, il n’est pas question d’ignorer le jazz et moins encore les jazzmen et les jazzwomen. Françoise Brodsky, la traductrice, a dû réaliser un travail de compréhension de ces galaxies. C’est la matière première de son roman. Par la fiction, il approche de beaucoup plus près la vérité de ces musiciens qui ne font pas seulement de la musique, mais sont aussi des créateurs de culture. Il les dessine de l’intérieur, comme s’il en avait une connaissance intime. Nous les découvrons sous d’autres jours, ou plutôt sous d’autres nuits. Les modèles sont reconnaissables. Edgar Poole – le personnage central, et Edgar Poe n’est pas très loin, poète américain s’il en fut -, saxophoniste ténor est une synthèse de Charlie Parker7 et de Lester Young, l’inspirateur du premier. Leurs vies se mêlent pour forger ce personnage attachant, irritant, à l’humour dévastateur et dirigé contre lui-même, avec un langage propre comme si celui des autres n’était pas le sien constituant un portrait de l’auteur en saxophoniste ténor. Il s’était d’ailleurs essayé à la guitare qu’il avait abandonnée après avoir écouté Charlie Christian.8 Sage décision. Il dit avoir écrit ces pages dans l’euphorie que le lecteur palpe à la lecture. La fin est plus pénible. Entre les premières ébauches et le roman tel qu’il est enfin publié en 1958, il y eût la mort de Parker en 1955 et il fallait donc que Poole mourût, après s’être répété pour la première fois de son existence. Il fallait qu’il perde cette capacité de créer des univers nouveaux pour mourir. On sait que Miles Davis s’est répété pour l’unique fois quelques mois avant de mourir…
Poole, défait lors d’une « jam session », pense retourner chez lui, à Kansas-City, pour retrouver son enfance, une nouvelle candeur qui lui redonne le goût de jouer, de créer. C’est la fin. Il le sait. Se le cache. Va voir les amis. Un trompettiste – on reconnaît Dizzy Gillespie -, une chanteuse – Billie Holiday sous le nom de Géordie -, les autres, tous les autres qui se lancent à sa recherche pour l’aider ou pour le voir disparaître, on ne sait trop. Tous ces portraits sont ressemblants, pas seulement avec ceux qui les ont inspirés mais avec la quintessence des musiciens de jazz.
Ce roman peut se lire en lui-même, sans connaître les figures du jazz qui ont inspiré le romancier. A la fin, le lecteur se verra obligé d’aller entendre cette musique qui provoque autant de cataclysmes, autant de transformations. Il se demandera pourquoi. En écoutant Parker – ou Lester, ou Billie, ou Armstrong -, il ne comprendra pas…tout de suite. Il sera tenté d’abandonner…et de passer à côté de mondes nouveaux, de cette création spontanée qui s’est traduite par de véritables chefs-d’œuvre à la fois inscrits dans le moment et éternels pour cette même raison. S’il insiste, sa vie changera. Comme celle de Holmes. Ce livre est donc à entrée multiple, dont la moindre n’est pas de dire aux Américains, là est votre culture !9
Nicolas BENIES.

Un roman jazz, « Le Sax »

Un roman sur la culture américaine…

« Le Sax » de John Clellon Holmes, aux éditions Balland, collection Nouvelles Angleterres, 313 pages, Paris, 1988, 129 francs.

Il est rare que la littérature réussisse à mettre en scène le jazz et les jazzmen pour raconter les vicissitudes de la création. Julio Cortazar1, dans sa nouvelle «L’homme à l’affût »,2 avait approché le mystère Parker mieux que la plupart des critiques de jazz ou des témoins de l’époque. C’est dans cette lignée que se situe le roman de John Clellon Holmes, «Le Sax ». Dans la préface, écrite pour la réédition américaine de 1988 – soit 30 ans après sa première publication, et il faudra attendre 10 ans de plus pour cette première traduction en français -, Archie Shepp3 avoue qu’il est incapable de déterminer si l’auteur est Noir ou Blanc mais qu’il mériterait d’être Noir tellement il a su comprendre de l’intérieur la situation de l’artiste – le génie dans le cas de Parker – africain-américain dans un contexte où il est nié en tant qu’homme, qu’être humain. C’est un roman sur la schizophrénie des Américains. La seule culture créée sur le sol américain – le jazz et le blues comme résultat d’un même processus de fusion – est niée comme culture par la majeure partie de la population, et rejetée comme la «musique du diable »,4 en fonction du racisme imprégnant dés sa constitution les États-Unis. Continuer la lecture →

Pour mémoire : « Tina » Brooks

Tina Brooks, Le retour 1.

Blue Note, distribué par EMI, nous gratifie d’une réédition nécessaire pour combler un des vides les plus béants de l’histoire du jazz. Les saxophonistes de cette période, celle où Coltrane commence à régner en maître, sont trop souvent relégués dans les oubliettes. C’est le cas de Hank Mobley actuellement. Ce fut toujours le cas de Harold Floyd Brooks pour l’état-civil, dit Tina pour l’éternité. Ike Quebec l’avait fait découvrir à Lion et Wolff qui avaient décidé de l’enregistrer. Quelques-uns uns de ses albums ne sont jamais sortis à l’époque, pour des raisons indéterminées. Il a fallu attendre que Lourie et Cuscuna sortent un coffret Mosaic pour permettre sa redécouverte, encore que le «re » soit de trop. Continuer la lecture →

Sur novembre décembre 1995

RÉFLEXION

RETOUR SUR LE MOUVEMENT SOCIAL

L’appréciation du mouvement social de novembre-décembre 1995 est importante pour déterminer les voies et les moyens de le poursuivre. « L’appel de Bourdieu » – en fait l’appel signé par des syndicalistes et des intellectuels, grande première en France – à des États-Généraux qui auraient lieu le 24 novembre 1996, en est une des suites. Pour que ces États-Généraux soient possibles, il faut les préparer, dans tous les départements, les régions pour constituer des liens entre tous les acteurs de ce mouvement social, pour élaborer nos « cahiers de doléances », et le programme de transformation sociale qui les sous-tend. Continuer la lecture →

A propos de méthode d’analyse

Le texte qui suit je l’ai écrit en 1995 pour un numéro spéciale de critique communiste sur Marx. Il porte sur le travail préalable de Marx qui donne quelques clés de la méthode utilisée par Marx dans le Capital. « Les Gründrisse », en fait des manuscrits non publiés, permettent de comprendre la loi de la valeur qui débute Le Capital. Le titre, « Faut-il brûler les Gründrisse ? », doit être compris comme « Le Capital » a permis de dépasser ces manuscrits qui se sont dissous dans les analyses de ce livre I, quintessence de la méthode de Marx et fondation de concepts essentiels pour appréhender ce mode de production capitaliste et ses métamorphoses, ses régimes d’acculation différents au cours de son histoire tourmentée.

FAUT-IL BRÛLER LES « GRÛNDRISSE » ?

Écrire sur Marx est un peu une gageure aujourd’hui. Le marxisme serait mort dans l’écroulement du Mur de Berlin… Trop souvent la référence à l’œuvre de Marx s’estompe derrière les commentateurs, ou, pire encore, le stalinisme, quelquefois présenté comme « l’orthodoxie marxiste ». Le marxisme orthodoxe n’existe pas. C’est une invention stalinienne. L’essai de Luckas, publié dans “ Histoire et conscience de classe ”, intitulé “ Qu’est-ce que le marxisme orthodoxe ? ”, est un plaidoyer pour la méthode marxiste, et donc pour la poursuite de l’élaboration théorique. Le marxisme vivant suppose d’interroger les concepts, les catégories que l’on trouve dans son œuvre, pour savoir s’ils sont toujours efficaces pour comprendre et transformer la société capitaliste. La référence à Marx est nécessaire à condition d’y injecter la réalité du capitalisme, et de son évolution. Il faut conserver à l’esprit qu’il s’adresse à « des lecteurs qui veulent apprendre quelque chose de neuf et par conséquent aussi penser par eux-mêmes ».1 C’est, peut-être, ce qui fait peur… C’est aussi de cette manière qu’il faut comprendre son refus d’être… marxiste, entendu comme le refus de la scolastique, de la répétition sans fin de citations tirées de leur contexte.
Il est vrai, par contre, que les termes comme socialisme, classe ouvrière, et même capitalisme ont perdu de leur sens, sans perdre de leur pertinence. Ces concepts demandent à être redéfinis, pour récupérer l’actualité qu’ils n’auraient jamais dû perdre. La réticence à les utiliser se traduit le plus souvent par des approximations dangereuses pour l’analyse même du mode de production. Le “ Financial Times ” – journal des financiers de la City de Londres, et haut lieu de la pensée libérale – est conscient des nécessités conceptuelles, et a défendu, à la fin de l’année 1993, l’utilisation des termes de capitalisme et d’impérialisme. Ce n‘était pas la première fois que ce journal citait les concepts marxistes, ou les marxistes. Il avait publié, il y a quelques années, un hommage à Rosa Luxembourg et à son livre “ L’accumulation du Capital ”, lecture nécessaire, disait l’auteur, dirigeant d’une banque, pour comprendre les crises et les krachs. Les économistes anglais portent plus haut le cynisme de leur classe que les français.
C’est vrai que le capitalisme apparaît, désormais, comme l’horizon indépassable, tuant de ce fait même toute imagination, restreignant le champ des possibles. La crise des idéologies dont on parle partout est une crise de représentation du monde, d’impossibilité de penser le futur, sinon comme la répétition du passé et du présent aseptisés. Le succès du film « Forrest Gump » aux États-Unis est un révélateur de cette tendance, comme la mode des commémorations. Les affrontements, les tensions, les luttes – des classes en particulier – disparaissent dans un passé reconstruit à coup de consensus, comme “ ouaté ”. L’idée même de progrès est battue en brèche, comme si la société capitaliste était figée pour l’éternité. Continuer la lecture →

Entretien avec Henri Renaud

SOUVENIRS, SOUVENIRS

Les commémorations liées à la fin de la seconde guerre mondiale se poursuivent. Elles obligent à un retour en arrière sur les années de la guerre et de l’après-guerre. Concernant le domaine du jazz, beaucoup d’erreurs ont été commises. Sous prétexte que les Nazis considéraient cette musique comme « décadente », beaucoup d’auteurs en ont conclu qu’elle avait disparu, et qu’il faudra attendre le débarquement pour la voir réapparaître. Vision fausse. A l’inverse de la réalité. Le jazz n’avait jamais eu autant droit de cité que dans ces années de guerre et d’occupation. Il retrouvait là, dans ce contexte particulier, sa nature. Il exprimait la révolte et la revendication fondamentale de liberté, de dignité. A interroger Christian Bellest – trompettiste à l’époque dans « Le Jazz de Paris » -, il apparaît évident que les concerts de jazz réunissaient plus de monde qu’avant la guerre, et qu’après la guerre. Les « jam-sessions » continuaient, avec des risques. Il fallait éviter les patrouilles pour rentrer chez soi au matin, à cause du couvre feu et de l’absence de laissez-passer, se réfugier sous les porches et compter sur la chance. Cette chance l’a protégée. D’aucuns, dans l’orchestre, étaient engagés dans la Résistance, d’autres non. Mais tous exprimaient leur révolte en jouant cette musique « de sauvages ». Il était souvent en compagnie de Django Reinhardt qui continuait à se produire, protégée par sa réputation et par les amateurs de jazz qui existaient aussi dans l’armée allemande. Par contre, se rappelle encore Bellest, il était interdit de danser. Charles Delaunay qui dirigeait la firme « Swing » semble avoir précédé les désirs des occupants en « francisant » les titres des chansons américaines.1Une façon, sans doute, de se moquer du nazisme…

Le témoignage d’Henri Renaud, que nous publions ci-dessous, montre que les disques américains arrivaient en France, avec une étiquette blanche, et qu’ils étaient reproduits. Personne, par contre, même pas les Américains, ne savait qu’une révolution se préparait, celle du Be Bop, celle de Charlie Parker et de Dizzy Gillespie, à cause du « Pétrillo ban », la grève des enregistrements qui dura de 1942 à 1944. Le choc fut d’importance… Continuer la lecture →

A PROPOS DU LIVRE DE JEAN PIERRE DURAND : « LA SOCIOLOGIE DE MARX », collection Repères, aux éditions La Découverte,

DISCUSSION SUR DEUX CONCEPTS CLEFS DE L’ANALYSE MARXISTE, LES CLASSES SOCIALES ET L’ÉTAT.

Soulignons dés l’abord que les éditions La Découverte ne craignent pas de se trouver en dehors de la mode. Publier successivement une « Introduction à l’économie de Marx », de Pierre Salama et Tran Hai Hac, « La philosophie de Marx », d’Étienne Balibar et enfin « La sociologie de Marx », relève du domaine de l’art, si tant est qu’on puisse l’opposer à celui de la marchandise. Difficile d’écrire sur Marx, difficile de parler d’un théoricien aussi décrié, tout en étant l’un des plus actuel, du moins pour sa méthode et ses catégories essentielles.

Le découpage proposé, au-delà de son enjeu commercial, pose un problème de « lecture » de Marx. Il n’était ni philosophe, ni économiste, ni sociologie mais critique de l’économie politique, signifiant par là qu’il se voulait scientifique et militant, homme libre pour qui « rien de ce qui est humain n’est étranger ».1 Continuer la lecture →

Texte de travail d’un article sur les produits dérivés écrit en février 1995

LES MARCHES DÉRIVÉS.

Les pages économiques des journaux bruissent des pertes enregistrées par des entreprises de toutes nationalités sur les marchés dits « dérivés ». La perte la plus importante qui a eu des répercussions sur la Bourse de New York, est celle du Comté d’Orange, une localité proche de Los Angeles, plus de 2 milliards de dollars. L’Etat de Floride, Mettallgesellschaft – plus de 1 milliard de dollars, en spéculant sur le marché à terme des produits pétroliers – Procter and Gamble Japan Air Lines, Tokyo Securities, Kashima Oil… sans parler du financier Soros, ont aussi enregistré des pertes plus ou moins élevées. Continuer la lecture →