Un tromboniste, Samuel Blaser

Spécial Samuel Blaser.

L’actualité discographique est ainsi faite qu’il arrive plusieurs nouvelles d’un même musicien sur des labels différents. C’est le cas de Samuel Blaser, tromboniste né à La Chaud-de-Fonds en Suisse, lieu aussi de villégiature de Sidney Bechet – qui avait plusieurs maisons et plusieurs familles – comme de Kenny Clarke. Des références même si le jeune musicien a fréquenté les conservatoires et a récolté une multitude de prix. Il a joué aux côté de Phil Woods, Clark Terry, a été brièvement engagé dans le Vienna Art Orchestra puis est parti étudier à New York. Il a remporté le prix Jay Jay Johnson, le tromboniste de référence. Ce n’est pas rien.

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Au fil du jazz

Le jazz fait sa rentrée.

 

Le jazz, musique rebelle par excellence, musique-art-de-vivre, fait l’objet à la fois de livres, de films, de festivals. Désormais, cette musique se décline dans des festivals qui fleurissent un peu partout en France. Ainsi Banlieues bleues s’étend de plus en plus pour proposer des concerts découvertes, « Jazz au fil de l’Oise » accueillera Edouard Bineau, un des pianistes compositeur qu’il faut découvrir, qu’il faut entendre – son album « Wared » permet d’en rendre compte -, Alexandra Grimal est une saxophoniste qui vous deviendra essentiel et beaucoup d’autres qui se partageront l’affiche du 4 novembre au 9 décembre. Même le pays d’Ouche – autour de la ville de L’Aigle – s’y met pour la deuxième année,, autour du 26 novembre.

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Deux démiurges du jazz

Un patrimoine à conserver et à défendre.

DEUX GÉNIES DU JAZZ

Louis Armstrong.

Frémeaux et associés, éditeur, s’est lancé dans deux projets fous. La réédition de toutes les faces enregistrées par Louis Armstrong et une vraie-fausse intégrale de Charlie Parker. De quoi couvrir une grande partie du périmètre et de la surface du jazz, musique qui rythme le 20e siècle.

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Crise systématique et restructuration du capitalisme.


La panne d’avenir.

La crise systémique du capitalisme qui démarre en août 2007 est loin d’être terminée. Une crise aux dimensions multiples et qui pose des questions nouvelles à la fois sur les terrains théoriques et pratiques. Contrairement à la crise dite de 1929, le capitalisme n’a pas suscité un nouveau Keynes – ni une politique économique différente – pour offrir des outils théoriques et pratiques permettant de forger des réponses adaptées à la profondeur de cette crise. Pourtant, comme pour celle de 1929, il serait nécessaire, pour comprendre le monde, d’interroger toutes les théories.

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Marx, le capitalisme et les crises, annexe 3 non publiée

______________________annexe 3______________

La théorisation de la mondialisation par Ulrich Beck

(critique des thèses de « Pouvoir et contre-pouvoir à l’ère de la mondialisation » (Alto/Aubier)

Ulrich Beck est un penseur ambitieux. C’est plutôt une bonne nouvelle. Il veut, dans le sens que lui donnait Wright Mills, redonner de la place à « l’imagination sociologique » pour construire, c’est le titre du chapitre premier, « Une nouvelle Théorie Critique » et dessiner les contours du monde qui nous attend. Il veut démontrer – quelque fois seulement indiquer, avec des concepts en construction – que le monde, l’humanité est entrée dans une phase de transition entre la Première et la Deuxième Modernité – les majuscules sont de lui. La première était celle du siècle des Lumières, la Deuxième serait celle du « cosmopolitisme » adapté à la mondialisation. Le nationalisme méthodologique comme le socialisme ou le communisme et même le néo-libéralisme ont vécu. Il faut changer de paradigmes pour changer de monde. Il insiste sur la nécessité de l’idéalisme, d’une théorie qui permette d’appréhender ces métamorphoses. En fait, toute sa rhétorique est construite sur la nécessité de choquer pour faire réfléchir, pour lutter contre le post modernisme refusant tous les systèmes d’explication, sans vouloir pour autant construire une « Grande Théorie », référence je le suppose, à celle de Marx. Continuer la lecture →

Anthropologie ?

Lectures du jazz.

Le jazz est une musique qui n’a pas de nom. Elle n’est pas la seule. La musique baroque est dans la même absence de case. Comment les définir ?

Le jazz donc, faute de mieux et par habitude. Les champs du jazz sont extensibles. Quelquefois au-delà du raisonnable. La bossa nova par exemple, inventée par Carlos Jobim et Vinicius de Moraes comme la samba de la fin des années cinquante est loin (et tout proche, Jobim a souvent reconnu sa dette vis-à-vis du jazz dit de la « West Coast »1) du jazz. C’est tellement vrai que Stan Getz, saxophoniste ténor surnommé « The Sound », joue jazz cependant que Jobim et Jao Gilberto se réfèrent au rythme – au beat – singulier de la Bossa. Une vidéo existe où l’on voit Gerry Mulligan, saxophoniste baryton, compositeur, initiateur du « pianoless quartet » (avec Chet Baker dans le milieu des années cinquante), s’essayer au phrasé de la bossa… sans succès. Pour indiquer que, même si le jazz ne se définit pas, des frontières peuvent se rendre visibles. Continuer la lecture →

femmes dans le jazz

 

Le jazz et les femmes, les femmes du jazz.

 

Dans toute histoire du jazz qui se respecte, les femmes ne sont pas oubliées. Elles sont en général reléguées dans un chapitre à part intitulé « Chanteuses ». Un titre infamant ? C’est du moins la thèse que développe Marie Buscatto dans « Femmes du jazz, musicalités, féminités, marginalisations ».[1] Pour dire que les femmes ont une place à part et une place oubliée. Cet oubli nous prive d’une partie de notre patrimoine, d’une partie de notre mémoire et de notre histoire.

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Crise financière, Acte II

La crise systémique du capitalisme déploie ses ailes.

La Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Irlande (Eire), l’Italie… sont en crise. La spéculation bat son plein sur la dette des États. Elle signe l’acte 2 de la crise financière, commencée en août 2007 et longtemps niée par les gouvernements. Ses causes se trouvent dans les modalités de solution mise en œuvre par les États pour « sauver » le système financier.

L’entrée dans la crise systémique en août 2007.
Rappelons que la crise d’août 20071 s’était traduite par la baisse brutale des cours des titres sur toutes les places financières, avec comme facteur déclencheur, les « subprimes », les dettes des ménages américains titrisées et « structurées » dans des produits financiers spécifiques dont l’innovation revenait aux banques. Ces produits structurés dits SIV – pour Structured Investment Vehicle – avait comme objectif de diffuser le risque pour le rendre impossible. Ces modèles mathématiques ont fonctionné dans un premier temps. Mais la diffusion du risque a des effets non prévus. Elle organise une sorte de solidarité entre tous les acteurs financiers qui subissent les contre coups de cet effondrement.
Les banques avaient, dans le contexte de la déréglementation financière des années 1980, changé de métier. Elles n’étaient plus l’intermédiaire financier obligé, toutes les opérations financières ne passaient plus par elles mais par les marchés financiers. Du coup, elles sont devenues les conseillers des grandes entreprises pour introduire leurs titres sur les marchés financiers, cautionnant l’émission de ces titres.
Lorsque les ménages américains ont été dans l’incapacité de payer les intérêts de leur dette, toute cette construction financière s’est écroulée et les banques se sont retrouvées en première ligne. L’obligation légale leur était faite de mettre dans leur bilan – alors que toutes les opérations de conseil sont « hors bilan » – les titres en question au prix du marché soit dévalorisés. Certains de ces titres ont été considérés comme « illiquide », autrement dit d’une valeur égale ou proche de zéro. Incapable d’absorber tous ces titres, elles ont affiché des pertes gigantesques.
Devant cette situation, le « chacun pour soi » sonnait. Chaque banque, pensant que sa voisine pouvait faire faillite et ne sachant pas à quel niveau chaque banque était engagée sur le marché des « subprimes », refusait de lui prêter. Or, le système bancaire fonctionne au jour le jour suivant un système de compensation : la banque qui a des liquidités prête à celle qui en a besoin pour faire face à ses échéances. Le « gel » de la compensation devait entraîner les faillites des banques, faute de pouvoir honorer leurs dettes au jour le jour. Les Banques Centrales – la Fed comme la BCE – sont venues, dans un premier temps, au secours des banquiers en prenant la place du système de compensation défaillant. Elles ont dégagé des « lignes de crédit » pour éviter la vague de faillites qui s’annonçait. Continuer la lecture →

Aspects de la crise

Crise du travail ou crise du capitalisme ?

Le chômage de masse, son accroissement sans frein, la pauvreté qui en découle pose des questions de fond sur les modalités actuelles du fonctionnement du mode de production capitaliste.1 Les théorisations les plus étranges apparaissent dont la moindre n’est pas celle de la «fin du travail » qui fait florès, tout en déplaçant la problématique. Le problème principal ne serait plus la réalisation du plein emploi, la lutte contre le chômage, mais la définition d’un revenu pour tous, séparé du travail salarié. Cette thèse présente un autre intérêt, pour les tenants du libéralisme, elle fait du travail non-salarié, le travail «indépendant », la forme de travail de l’avenir. Dans le rapport du Plan, « Le travail dans 20 ans »,2 sous la direction de Jean Boissonnat, il était proposé de remplacer le contrat de travail à durée indéterminée – la base du droit du travail – par un contrat d’activité. Les auteurs du rapport ne cachaient pas qu’il faudrait mettre « à plat » tout le droit du travail pour le restructurer de fond en comble. Les libéraux ont applaudi. Dans leur optique le droit du travail représente des « rigidités », empêche l’élargissement de la flexibilité et donc, pour eux – mais ils ne l’ont jamais démontré – les créations d’emploi. Continuer la lecture →

Marx, le capitalisme et les crises, annexe 2 au deuxième mouvement non publiée

 

 

La fin du capitalisme vue par Hardt et Negri.

Hardt et Negri sont les deux théoriciens à la mode sur les campus américains. Leur vision du monde est discutée partout dans le monde, sauf en France. Quelques sociologues s’y réfèrent pourtant et relaient leurs analyses.

Avant de les critiquer reconnaissons leur un mérite, rendre à Marx ce qui revient à Marx, une place essentielle dans la capacité à analyser les modalités de fonctionnement de nos sociétés. Ses thèses, et une fois encore la crise actuelle le dévoile, restent nécessaires, ses concepts et sa méthode à condition de les relier à la réalité actuelle du capitalisme. Ce mode de production évolue et nous avons la nécessité de forger de nouveaux concepts. Ainsi, l’Etat est absent du Capital, alors que le fonctionnement du capitalisme le met au premier plan en termes de » définition d’une stratégie permettant l’accumulation du Capital. Disons-le d’emblée, en renvoyant à la partie de ce deuxième mouvement concernant l’Etat, c’est ce manque qui se manifeste de manière éclatante dans les manières d’appréhender le capitalisme par ces deux auteurs. Il faut dire qu’ils semblent être rejoints par Immanuel Wallerstein partant pourtant d’autres points de départ. (Cf. « Comprendre le monde » sous-titré « Introduction à l’analyse des systèmes-monde, Repères/La Découverte). Il est, peut-être révélateur d’un courant qui considère que cette crise marque la fin du capitalisme. Il faudrait dire d’un certain capitalisme… Il n’est pas besoin d’avoir une vision catastrophiste – la crise finale – pour le comprendre. Ces économistes semblent partager la vision de cet économiste de l’école autrichienne, Joseph Schumpeter – le créateur des cycles Kondratieff -, partisan du libéralisme économique, pourfendeur de Marx, qui, dans le gros de la crise de 1929, écrivait, dans « Capitalisme, Socialisme et Démocratie » (traduction française, Payot) que le capitalisme était mort. A son corps défendant, disait-il, le socialisme semble le système de l’avenir. Cet avenir qui lui donnera tort… Wallerstein me semble révélateur d’un courant qui considère que cette crise est profonde et peut-être de même nature que la crise de 1929. De ce point de vue, je ne peux leur donner tort. Continuer la lecture →