A propos Nicolas Beniès

Nicolas Beniès est économiste de formation. Il est tombé dans la grande marmite du jazz dans son adolescence, une énorme potion magique qui rend la vie différente. Il est devenu naturellement critique de jazz. Il a collaboré un peu à Jazz Hot, à Jazz Magazine. Il a également écrit dans Rouge, Contretemps), la Revue de l’École Émancipée, Le Monde Diplomatique et l’US Magazine. Il a longtemps - 20 ans - proposée, préparée et animée des émissions de jazz sur une radio associative. Il reprendra bientôt cette activité. Conférencier sur le jazz et l'économie, il est l'auteur du Souffle bleu - C&F éditions -, un essai sur le basculement du jazz en 1959 qui a donné son titre au blog/site, et de plusieurs ouvrages sur l'économie dont "Petit manuel de la crise financière et des autres" (Syllepse éditions). Il prépare deux nouveaux ouvrages. Un sur le jazz, "Tout autour du jazz", l'autre sur l'économie "Le basculement d'un monde".

Docu fiction

Travail de mémoire.

Faudrait-il créer, grâce à Roger Martin, une nouvelle catégorie, le « roman pédagogique » ? « Dernier convoi pour Buchenwald » se veut le parcours d’un individu, Robert Danglars, militant trotskiste, instituteur dans le malstrom des années d’après Front Populaire qui voit la formation du PSOP de Marceau Pivert. L’espérance a du mal à se frayer un passage. Déporté en 1944 dans ce camp de la mort, il vivra les expériences du convoi, des camps français et des formes d’organisation de tous ces camps. Les « politiques » avaient pris tous les postes de responsabilité. Narrateur de ce récit, il pratique le retour en arrière permis par un changement de typographie. Pour lutter contre la seule description, l’auteur a habillé l’Histoire d’une intrigue policière. Un travail de mémoire nécessaire et qui résiste à la « prise de tête » comme diraient nos élèves. A conseiller sans modération.

N.B.

« Dernier convoi pour Buchenwald », Roger Martin, Le Cherche Midi, 428 p.

Article publié dans l’US Mag de septembre 2013

Marjolaine Reymond en Aphrodite ?

Poésie et musique ? Quel ménage !

Marjolaine Reymond n’est pas une inconnue, mais reste trop souvent ignorée. Elle se veut à la fois chanteuse, vocaliste serait peut-être plus juste, compositeure et créateure d’univers. Elle se refuse à considérer des frontières entre musique contemporaine – elle a chanté Berio, Stockhausen, Kagel, Cage eux-mêmes influencés par le jazz -, jazz et la simple musique des mots, la plus difficile à atteindre. André Breton rêvait d’une fusion entre poésie et musique pour atteindre d’autres cieux, les plus inaccessibles. Continuer la lecture →

Villes et musiques du monde, un festival étrange, 14e édition

Un festival étrange qui veut nous amener ailleurs en renouant avec la tradition.

 

Villes et Musiques du Monde est le nom de ce festival qui va couvrir les villes de la banlieue parisienne : Aubervilliers, Bagnolet, Bobigny, Bondy, Épinay-sur-Seine, La Courneuve, Le Blanc-Mesnil, Le Bourget, Montreuil, Pierrefitte sur seine, Paris, Saint-Denis, Sevran, Villetaneuse. Continuer la lecture →

Nouveautés en jazz, octobre 2013

Rencontre de mondes sous le signe de la révolte.

Hubert Dupont – on dirait un pseudo -, contrebassiste de jazz, chercheur de musiques qui pourraient représenter l’esthétisme d’un 21e siècle en panne de grandes créations collectives. Les utopies de transformation sociale ont disparu du paysage emportées par le tsunami postmoderne.

Le jazz lui-même, et pour la première fois de sa relativement courte histoire, se trouve englué dans la redite. Il fallait en sortir. Les musiques dites du monde – disons plus exactement les autres cultures dont la culture arabo-andalouse riche d’une tradition millénaire – peuvent représenter une porte de sortie qui pourrait être une entrée vers de nouvelles structures. Renaud Garcia-Fons – tiens, un autre bassiste – regarde aussi de ce côté.

Hubert Dupont a décidé de célébrer les noces du jazz – dont il conserve la forme – et des révolutions arabes qui, même si elles marquent le pas, retournent en arrière, en Égypte, en Tunisie, ont quand même changé la face du monde.

Pourront-elles changer le visage de ce siècle nouveau qui a toutes les couleurs du gris ? C’est le pari qu’il voudrait relever avec ses compositions réunies dans cet album Jasmin, les couleurs de cette révolution.

Il s’est entouré de Naïssam Jalal à la flûte, de Youssef Hbeisch aux différentes percussions pour couleur cette couleur singulière, de Nelson Veras à la guitare, plus vigoureux qu’on ne pouvait s’y attendre et de Denis Guivarc’h au saxophone alto qui montre ce qu’un Breton se doit d’attendre de ces rencontres de culture. Le tout est une musique qui doit beaucoup aux rythmes de cette musique arabe d’aujourd’hui et de toujours. Le jazz vient donner un supplément de pulsation sans changer fondamentalement la donne. Dans son genre, c’est une réussite.

Nicolas Béniès.

Jasmin, Hubert Dupont, Ultrack.

Attention : Concert de sortie de l’album, mercredi 9 octobre 2013, à 21 h, au Studio de l’Ermitage, 8 rue de l’Ermitage, Paris 20e

Minifest, du 1er au 5 octobre 2013

Le minifest, 8e édition.

 

 

Créé par des musiciens bas-normands, le CJBN est une association loi 1901dont l’objet est la promotion et la diffusion de tous les styles de jazz et de musiques improvisées. C’est également un outil d’aide aux artistes régionaux. Pour soutenir le CJBN, adhérez à la saison 2013-2014 !
Nous proposons aussi une formule « accès gratuit aux événements de la saison, concerts et festivals. » N’hésitez pas à nous contacter :
Collectif Jazz de Basse-Normandie – 65 rue des Rosiers – 14°°° Caen – www.cjbn.fr
Tarifs :
6*/9€ – pass 2 jours 15€ exceptionnel ! pass semaine : 20€
Soirée du vendredi 4 octobre gratuite pour les élèves de Caen Jazz Action et du CRR de Caen ! **
* le tarif réduit s’applique aux adhérents CJBN et Caen Jazz Action,
aux demandeurs d’emploi, aux étudiants et aux élèves du conservatoire de Caen (sur présentation d’un justificatif 2013-2014).
** dans la limite de 20 places disponibles
et sur réservation à minifest.artvivant@gmail.com
Renseignements :
El Camino, chez Yvonne et René
36 rue de l’Eglise – 14000 Caen
02 31 84 40 04
Jean-Benoît Culot :
06 64 95 42 68
[jazzcaen.com/culot/minifest.asp]

Le Collectif Jazz de Basse-Normandie, en partenariat avec Art Vivant, présente :Café-concert El Camino

mardi 1er octobre 21h – Walter Ricci 5tet Walter Ricci : chant / David Sauzay : saxophone /
Pierre Christophe : piano / Michel Rosciglione :
contrebasse / Bernt Reiter : batterie
Un crooner italien au Minifest… Immanquable !
22h30 – jam session

 

mercredi 2 octobre
20h45 – Duo Benhammou/Culot
Mourad Benhammou : batterie / Jean-Benoît Culot :
batterie
Duo de batterie, l’histoire du swing, 8 ans
après…
22h – Jérémy Bruger Trio
Jérémy Bruger : piano / Raphael Dever : contrebasse /
Mourad Benhammou : batterie
Sortie du disque de Jérémy Bruger ; la classe
et le swing.
23h – jam session

jeudi 3 octobre
20h45: Florent Gac Electrik Trio
Florent Gac : orgue / Jean-Baptiste Gaudray :
guitare / Franck Enouf : batterie
Nouveau trio explosif rouennais ! 100% jazz
et groove.
22h – Ron is Back 4tet
Jean-Charles Richard : saxophone / François
Chesnel : piano / Rénald Fleury : contrebasse /
Jean-Benoît Culot : batterie
Hommage aux quatre de Liverpool…
23h – jam session

vendredi 4 octobre
Soirée découverte autour d’Alexandre
Hérichon, gratuite pour les élèves de Caen
Jazz Action et du Conservatoire de Caen ! **
20h45 – LFC + 2
Alexandre Hérichon : trompette / Nicolas Leneveu :
saxophone / François Chesnel : piano / Rénald Fleury :
contrebasse / Jean-Benoît Culot : batterie
22h – Alexandre Hérichon 4tet
Alexandre Hérichon : trompette / Grégoire Jokic :
claviers / Virgile Lechevalier : basse / Anthony
Langevin : batterie
Les deux facettes d’un merveilleux
trompettiste caennais.
23h – jam session

samedi 5 octobre
21h – Flash Pig
Adrien Sanchez : saxophone / Maxime Sanchez :
piano / Florent Nisse : contrebasse / Gautier
Garrigue : batterie
Un quartet magique, une révélation !
22h30 – jam session
Une grande fête pour le boeuf final !du 1er au 5 octobre 2013

Hommage à Marian McPartland, interview dans DownBeat de 1957

by Dom Cerulli // September 1957
Marian McPartland: What’s It Like To Be a Woman in a Man’s Jazz World? It Has Problems
Marian McPartland threw back her head and laughed. “You have no idea how often I’ve been asked that,” she said. “And, actually, I don’t know how to answer it.” The questions were: What are your comments on being a woman in a man’s world, the world of jazz? Are there advantages and disadvantages?

“A little of both,” she answered. “I have come to the point where I try not to think about it at all. I just try to concentrate on improving my playing. I’d rather think of myself as a piano player, anyway

Marian McPartland: What’s It Like To Be a Woman in a Man’s Jazz World? It Has Problems
by Dom Cerulli — 9/1/1957
An Exclusive Online Extra
Marian McPartland threw back her head and laughed. “You have no idea how often I’ve been asked that,” she said. “And, actually, I don’t know how to answer it.” Continuer la lecture →

Du côté du second empire…

Une nouvelle venue dans le polar historique.

Irène Chauvy, juriste de formation, historienne par passion a décidé de faire découvrir la France du Second Empire, de ce « Napoléon le Petit » – comme l’avait qualifié Victor Hugo occupé au moment où s’ouvre ce premier épisode, mars 1863, à faire tourner les tables, un peu de spiritisme ne nuira pas au poète -, troisième d’un nom célèbre dans l’Histoire de cette France étrange capable de faire confiance à un auteur de coup d’Etat. Le qualificatif d’Hugo a fait oublier le reste, le contexte, ce capitalisme en train de se construire, un État qui prend une place importante dans l’économie avec la constitution d’un marché intérieur. Le traité de libre échange n’est pas loin avec la Grande-Bretagne. Le libéralisme, en France, s’est toujours teinté d’un interventionnisme nécessaire pour construire chemin fer, voies navigables, réseau routier… Comme de la corruption inhérente à cet interventionnisme. Les « affaires » défraieront durablement les chroniques de cet Empire ainsi que celles de la République, troisième du nom, qui suivra. Continuer la lecture →

Polar versus policier

Un polar nécessaire.

Houston (Texas) et son univers impitoyable est la toile de fonds de ce polar plus sociologique et politique que ne le donne à lire ce titre, « Marée noire », un peu trop en référence à nos plages polluées par les déversements des immondices des pétroliers ou par les naufrages de tankers.

Houston, tout comme Dallas, est une ville organisée autour du pétrole et des magnats de cette industrie qui font la pluie et le beau temps. Une ville qui, comme la Nouvelle-Orléans, a des bayous navigables et, comme toutes les autres villes de ces États-Unis, un ghetto noir. Continuer la lecture →

Aspects de la guitare contemporaine, en jazz (?)

Où est passé Chet Baker ?

Joe Barbieri est guitariste et un peu vocaliste. Pour le 25e anniversaire de sa mort, il a voulu rendre hommage à Chet Baker. « Chet Lives », titre de cet album. Pour le rendre vivant, il faut un peu le bousculer. Le meilleur hommage est celui qui refuse toute copie.

Giuseppe – c’est son prénom – est né à Naples en 1973 et a dû entendre parler du séjour mouvementé de Chet en Italie. Cette histoire a été racontée dans un livre paru en 2004, « Un été avec Chet », signé par Massimo Basile et Gianluca Monastra (traduit en français par Clément Baude, Galaade éditions). Continuer la lecture →

Histoire culturelle des Etats-Unis, une leçon de dialectique

L’Afrique et l’Amérique, un choc !

Le jazz, musique forgée par les Africain(e)s déporté(e)s aux États-Unis pour devenir esclave, est le résultat dialectique d’un choc de cultures ou plutôt d’un choc d’acculturations. Les Européen(ne)s arrivé(e)s sur le sol américain en quête de liberté exportaient dans le même temps leur propre culture. Ces origines diverses de plusieurs strates d’immigration expliquent les spécificités des villes américaines, des accents qui se retrouvent dans la musique. Boston, pas exemple, fut contaminée par l’accent irlandais. Les Africain(ne)s étaient porteurs de cultures spécifiques, orales celle-là, aussi différentes que celles des Européens. Les nations africaines ont leur existence même si les Etats construits par les colonisateurs ne correspondent pas aux Nations anciennes. Les grands propriétaires terriens, esclavagistes – et pas seulement dans le Sud des États-Unis, dans le Nord aussi – avaient comme politique de séparer les familles, les ethnies pour éviter les révoltes. Du coup, à l’intérieur de ces grandes propriétés fermées, c’est un mouvement d’acculturation qui s’est enclenché. Un mouvement qui a duré. Une des résultante fut le vaudou comme synthèse des grands mythes de cette Afrique mais, du coup, l’Afrique se faisait rêve d’un eldorado, d’un Éden passé. Continuer la lecture →