Années folles, années de libération des femmes
« Les garçonnes », une figure majeure des « années folles », n’ont pas suscité beaucoup d’études sociologiques. De manière générale, cette période de l’entre-deux-guerres reste un peu ignorée des historiens français. « La garçonne », on s’en souvient peut-être, est un roman de Victor Marguerite qui fit scandale et se vendit comme des petits pains. L’auteur en perdit la légion d’honneur ! Il mettait en scène une femme trompée, puis lesbienne et droguée pour trouver, à la fin, l’amour bourgeois.
Christine Bard se saisit de cette représentation pour aborder le sujet de l’homosexualité féminine surtout, en multipliant les références dans la littérature à commencer, bien sur, par Colette, pourtant, comme elle le souligne, une référence ambiguë. La garçonne – « flapper » pour Scott Fitzgerald, terme qui aura la vie aussi courte que garçonne – sera le terme qui synthétisera l’émancipation des femmes pendant cette période qui verra aussi l’apparition des « mannequins ». Les femmes se libèrent des corsets et autres jupons pour enfiler des vêtements masculins comme le pantalon – qui sera interdit à l’école publique jusque dans les années 1960 – et des vêtements amples permettant aux corps de vivre et surtout de danser sur des airs arrivés d’outre atlantique début 1918 via l’orchestre de James Reese Europe. « Jazz » est la dénomination la plus utilisée. Jazz devient un synonyme de « garçonne ». Il ne faudrait pas oublier les vents, les souffles de la révolution russe qui alimentent les désirs de transformation. Tout est possible dit-elle à la face du monde.
La mode – tenue souvent par des hommes – mettra du temps à intégrer cette nouvelle donne. Sans retour en arrière possible. Les cris d’orfraie de toute la droite, commencer par l’Action française, n’y feront rien. Comme d’habitude les Juifs seront accusés de tous les maux, Léon Blum en particulier pour son « Traité du mariage » dans lequel il préconisait une vie sexuelle avant le mariage. Christine Bard donne des indications facétieuses sur les longueurs des robes ou des jupes autorisées au fil de ces années. Continuer la lecture
D’une épidémie, l’autre
La peste noire, une épidémie de 13 ans
1348, le Royaume de France est sous la menace de mort de la peste noire. Les morts envahissent les vivants, les cimetières débordent, les fosses communes se multiplient et les populations s’enferment en suspectant les autres de transporter les souches. La ville du Puy subit la déferlante. Les tavernes sont fermées, les difficultés d’approvisionnement affament les habitant.e.s.
13 ans plus tard, l’épidémie a perdu de sa force mais personne n’en est encore assuré. L’Hôpital, tenu par l’Église, ne possède plus ni lits ni personnels nécessaires pour soigner ou même enterrer les morts. Les malades ne mangent pas à leur faim ni le « personnel soignant ». Les sœurs – certaines n’ont pas fait leurs vœux – sont au bord du « burn out » si elles ne sont pas mortes. Certaines sont passées à côté du virus pour des raisons souvent inconnues. Continuer la lecture
Annulation du cours de mercredi
Bonjour,
Les fantômes de New York resteront enfermés dans leur boîte? Iels – merci le Robert – ne seront pas content.e.s. Il faut s’attendre à des représailles la prochaine fois – le 2 février si le virus accepte de régresser – mais nous verrons bien. Invoquer des fantômes n’est pas sans risque.
Nicolas
En guise d’excuse, un extrait du concert de l’orchestre de Woody Herman à Carnegie Hall en 1946, « Blowin’ up a storm »
Annulation de mon cours ce mardi soir
Bonjour,
Ce soir comme vous, je serai frustré. Pas de cours d’éco alors que les marchés financiers entrent dans un moment de tourmente. Désolé de faire faux bond – belle expression, comment se figurer un bond en faux ? – mais je subis l’attaque d’un virus, qui n’est pas lié à la pandémie mais qui se traduit par la paralysie de la face, gauche bien sur !
On se retrouve le 22 février. En forme.
Nicolas
Polar historique, la révolution française revisitée
La révolution française au prisme du polar.
Anne Villemin-Sicherman continue la saga des enquêtes du vétérinaire Duroch sis dans l’Est de la France, du côté de Metz. « 1792, la femme rouge » nous projette dans la ville de Metz assiégée par les armées austro-prussiennes. Plus importantes en nombre que les armées de la révolution, mieux entraînées, mieux armées la victoire semble de leur côté. Par un coup de génie militaire, Kellerman à Valmy inversera la donne bien aidé par une dysenterie qui ravage les troupes ennemies. Continuer la lecture
Un essai littéraire
Une vraie-fausse autobiographie.
Une lettre, une simple lettre d’un fils à sa mère sans atours, sans mensonges ou pas trop, c’est la présentation qu’a choisi Kiese Laymon pour se raconter, raconter les États-Unis et la trajectoire d’un Africain-Américain dans le Sud profond où le racisme est permanent. Sa mère, universitaire, veut croire à la force de la culture, de l’instruction, de la connaissance qu’elle enseigne à son fils trop grand, trop gros, trop vite. Le titre originel, « Heavy » contient à lui seul tous les trop qui investissent la vie du pré ado et de l’ado, « Balèze », la traduction française bien trouvée, n’en retrace qu’une partie. Continuer la lecture
JAZZ : Rhoda Scott groove comme jamais
Rhoda Scott, organiste « aux pieds nus » faut-il le rappeler, 83 printemps, a construit un quartet de Lady toujours en devenir. Elle a décidé d’aller encore plus loin avec « Lady All Stars », un septet composé de la fine fleur du jazz en France. Sophie Alour, saxophone ténor, Céline Bonacina au saxophone baryton, Lisa Cat-Berro, Géraldine Laurent, les deux au saxophone alto dans des registres différents, Airelle Besson à la trompette et au bugle, Anne Paceo, Julie Saury aux batteries pour créer une musique joyeuse, revendicative, pleine de bruits de cette fureur contre un système capable de discréditer les femmes parce qu’elles sont femmes. En se regroupant, elles montrent aux yeux de tous qu’il est nécessaire de redécouvrir toutes les femmes oubliées enfouies sous le patriarcat ambiant. Des sensibilités différentes pour mettre en œuvre des compositions et arrangements de chacune pour jouer sur les questions réponses entre l’orgue et le petit grand orchestre comme un écrin pour les solistes. Continuer la lecture
Je vous présente toutes mes excuses
A toustes participant.e.s de l’UIA Économie politique.
Je vous présente toutes mes excuses pour mon absence de ce soir (17 janvier 2022) due à des problèmes de transport. Plusieurs défections dues à des causes aussi diverses que les personnes en sont à l’origine. J’ai bien essayé les transports en commun mais je me vu obligé de renoncer en raison de retards qui s’accumulaient. Je serai arrivé à la fumée des cierges – expression intéressant si on la creuse un peu.
Merci à toustes les présent.e.s. Je vous donne rendez vous pour le 31 janvier et à ceux et celles qui aiment le jazz – je promet de la musique.
pour l’économie, il faudra attendre février.
Bonne année même si elle commence vraiment mal.
Nicolas
UIA Caen le 17 janvier 2022 Économie politique
Bonjour,
Bonne année… on ne sait jamais.
En ce début d’année je ne dérogerai pas à la coutume. Bilan et perspective, bilan de l’année écoulée avec deux grandes questions : la reprise économique qui atteint, en France, plus de 6% et l’inflation – la hausse des prix – très élevée aux États-Unis – un peu moins dans la zone euro – qui suscite beaucoup d’interrogations.
Le contexte financier est toujours au beau fixe. les indices – CAC40 pour la Bourse de Oaris, Dow Jones pour New York – volent de records en records avec des paliers de baisse sans susciter le moindre commentaire. La distribution de bénéfice, les dividendes, n’ont jamais été aussi élevée démontrant que les capitalistes n’investissent pas dans la production. L’accumulation du capital est essentiellement financière.
La politique budgétaire continue d’être expansive malgré les déclarations des gouvernements. La négociation autour des traités européens, suspendus depuis 2020, devraient indiquer l’orientation future de la politique économique.
La politique monétaire des banques centrales est au menu de l’année qui commence. La FED – la banque de réserve américaine – a décidé d’arrêter doucement la quantitative easing (Q/E) qui se traduit par l’arrêt de la création monétaire pour racheter les Bons du Trésor du gouvernement. Les taux d’intérêt devraient un peu augmenter.
La BCE reste en retrait pour le moment.
2022 se présente pleine de points d’interrogation.
Nous essaierons de relier tous ces questions pour déterminer une image des sociétés en cette année électorale en France et aux États-Unis notamment.
DE 17 à 19h, Campus 2 amphi S3 057
Nicolas
Les premiers temps de l’enregistrement

Pochette du disque 33 tours, « Saydisc », consacré au « Cylinder Jazz, volume One, « early jazz and ragtime recordings from Phonograph cylinders 1897-1928 », qui montre et les cylindres et la machine qui permettait la lecture appelée déjà phonographe. Cette modalité allait perdurer malgré le 78 tours. Sans doute une photo publicitaire. La pochette n’indique pas d’auteur de la photo.
En réponse à ma question, Jacques Fouquoire écrit :
En réalité – du moins à ma connaissance – il s’agit d’une gravure publicitaire de la compagnie de Thomas Edison éditée sous 2 formes; la première est une affiche que l’on mettait dans une vitrine de magasin et la deuxième forme est une carte postale et sous le titre se trouve un texte sur l’histoire de l’invention du phonographe par Edison. Entre les 2 formats les gravures diffèrent légèrement par la dimension du pavillon. Elles ne sont pas, apparemment, signées.Je ne connais pas la date précise d’édition mais elles datent des années 1900. Je saisqu’on a imprimé des reproductions vers 1972.
